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 Compte-rendu de voyage à Marseille (23-28/10/2015)

par Christiane Brémond

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Le groupe de retraités

En cette fin d’octobre 2015 si estivale, nous sommes un bon groupe (environ 40 personnes) à nous rendre à Marseille, ou plus exactement à Carry le Rouet où se situe notre hôtel.  Certains d’entre nous connaissent la cité phocéenne mais beaucoup vont la découvrir en surmontant leurs préjugés ou leurs craintes envers une ville souvent vilipendée.

 

Le 23 octobre, nous nous mettons en route pour une journée de car qui, somme toute, passe vite malgré la nouvelle du terrible accident survenu dans le Bordelais entre un car et un camion.

Quand nous arrivons à Carry Le Rouet en fin d’après-midi, nous sommes émerveillés par la jolie petite calanque dans laquelle se situe l’hôtel où toutes nos chambres ont une vue directe sur la mer. Les pins d’Alep, la mer bleue indigo, la roche blanche : une vraie carte postale !

Le lendemain matin il fait très beau ; nous faisons connaissance de notre guide, la charmante Larissa, une Russo-Coréenne qui nous accompagnera les quatre jours sur place et nous partons à la conquête de la cité phocéenne car il s’agit bien de conquête pour une ville qui se présente comme un livre fermé sur 26 siècles d’histoire.

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 Lever de soleil du premier jour à Cary

Cette ville antique sans vestiges notables, fondée au 6e siècle av. J. C. par des Grecs de Phocée (Asie Mineure) fut pourtant l’un des grands ports de commerce de l’Antiquité jusqu’au 1er siècle av. J. C (sous Jules César), puis, restée grecque, devint une grande université pour les riches Romains.

Du Moyen-âge très riche en abbayes, demeure l’église Saint-Victor, vestige de l’ancienne abbaye du même nom, et la tour du Roi René à l’entrée du Port. Au 17e siècle, Louis XIV sera à l’origine de l’ordonnancement du Port et sera construit le chef d’œuvre de Marseille, l’Hospice de la Vieille

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Marseille - Les vestiges du port grec

 Charité. Napoléon III nous laissera le plus grand nombre de témoignages : la Rue Impériale (maintenant Rue de la République) avec l’aide des frères Pereire, mais aussi le Palais Longchamp ou le Palais du Pharo construit pour l’Impératrice.

Tous ces souvenirs dispersés à travers la ville paraissent en effet peu visibles pour le voyageur pressé ou l’historien amateur et il a été bien utile, dès le premier matin, de visiter l’admirable Musée d’Histoire de Marseille, l’un des plus grands de France, visite animée par deux conférencières exceptionnelles qui nous ont rendu vivante cette si longue histoire et que les vestiges du Port Grec dans l’enceinte du musée ont illustrée avantageusement.

Le Musée étant situé près du Vieux-Port où nous devons déjeuner, nous flânons en sortant quelques instants sur le Vieux-Port (le Lacydon des Grecs) en quête de couleur locale. Il est midi, la chaussée

est grouillante de monde qui se presse vers la Canebière ou les rues du centre. Les marchandes de poissons commencent à brader les soles qui sautent encore à la recherche d’air (ou plutôt d’eau !) et les poissons de roche aux magnifiques couleurs, pour la bouillabaisse. Les pécheurs commencent à repartir vers le large sur leurs « pointus ». Les « gabians » (mouettes) tournoient autour des bateaux. Nous avançons et passons sous l’Ombrière, ce kiosque où l’on se voit à l’envers, construit par l’architecte anglais Norman Foster pour Marseille 2013, capitale de la Culture. Nous gagnons le quai de Rive Neuve, bordé des anciens bâtiments des Galères, en quête de notre restaurant.

L’après-midi, nous montons voir le monument emblématique de Marseille, Notre Dame de la Garde, fanal sur son piton rocheux d’où la vue sur la rade  et la ville est la plus belle et la plus complète. Le circuit passe par la Corniche J. F Kennedy, belle route de bord de mer avec au passage un petit arrêt pour les photos à la petite calanque renommée du Vallon-des-Auffes (les auffiers étaient les ouvriers qui travaillaient le chanvre ou auffe), bordée de cabanons typiques et remplie de barques colorées. Elle attire, nombreux, les touristes et les Marseillais dans ses restaurants à la cuisine traditionnelle : pizzas ou bouillabaisse.

Nous poursuivons en car notre visite rapide de la Corniche. Nous pouvons nous rendre compte de la beauté du site marin et apercevoir quelques-unes des magnifiques villas Napoléon III qui la bordent ;

20151023 img voyage marseille image04Marseille - Le Vallon des Auffes

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puis nous montons vers la Basilique de Notre-Dame de la Garde, construite au 19e siècle dans le style Romano-Byzantin, en vogue à cette époque, édifiée sur d’anciens remparts médiévaux. On accède par un pont-levis à la Crypte (la mal nommée) où les Marseillais sont très nombreux à faire brûler des cierges pour tous les événements de leur vie.

Au-dessus, la Nef se déploie, d’une incroyable richesse en mosaïques d’or des voutes. De très nombreux ex-voto de marbre gravé couvrent le bas des murs. D’autres, maquettes d’avions, de bateaux ou modèles réduits de toutes sortes, tombent du plafond comme une reconnaissance toujours vivante.  On peut difficilement comprendre, si l’on n’est pas Marseillais, la ferveur des gens pour ce lieu qu’ils ont depuis toujours personnalisé en « Bonne-Mère », une ferveur presque superstitieuse et partagée même par les non catholiques, concrétisée par un pèlerinage du 15 août très suivi.

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Marseille - Notre-Dame de la Garde

Pour tous les Marseillais, elle est protectrice. Malheureusement, ce 24 octobre, elle ne l’a pas été pour notre amie Marie-Claude qui est tombée méchamment en redescendant vers le bus et a dû abandonner le voyage. Malgré tout, Marie-Claude, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, montera notre film souvenir de voyage habituel à partir de « rushes » tournés par des cameramen de rechange, difficulté supplémentaire. Nous te remercions infiniment Marie-Claude.

Le jour suivant, nous allons approfondir notre connaissance de Marseille avec la visite du quartier du Panier si souvent mis en scène dans les films (Borsalino par exemple). Auparavant, à l’instar des nombreux croisiéristes qui assaillent la ville depuis « Marseille 2013 Capitale de la culture », nous allons la découvrir en longeant les quais où sont amarrés de nombreux bateaux de croisière et des ferries. Au pied de l’impressionnante tour CGM, deux « sumos » soulèvent un conteneur. Le bus nous laisse au niveau de la grande esplanade du Mucem.

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Marseille - La Villa Méditerranée

De là, nous embrassons, tout à la fois, la vue sur le Marseille traditionnel avec la cathédrale de La Major de style Romano-Byzantin construite sous Napoléon III, le centre « Euro-Méditerranée » avec la « Villa Méditerranée » et son impressionnant porte-à-faux, construite par l’architecte Milanais Stefano Boeri, centre d’expositions temporaires et permanentes, et surtout le déjà célèbre Mucem de l’architecte provençal Rudy Ricciotti, cette dentelle de béton chargé de fibres de fer qui abrite, elle aussi, un parcours permanent et des d’expositions temporaires destinés à faire mieux connaitre les sociétés méditerranéennes.

Entouré d’eau sur trois côtés, il est relié par une longue passerelle au vieux fort Saint-Jean, magnifique vestige du 17e siècle placé en sentinelle à l’entrée du Vieux-Port. En revenant vers celui-ci, nous passons au pied du fort et de sa tour du Roi René d’où l’on a une belle vue sur l’entrée du Vieux-Port, le fort Saint-Nicolas, le palais du Pharo et la Bonne-Mère. Notre guide nous dévoile la véritable histoire de la sardine qui avait bouché le port de Marseille, en fait, une frégate nommée Sartine qui s’était échouée là en 1780 après avoir été touchée par les tirs d’un navire britannique.

 

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Marseille - Le Mucem

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Montée des Accoules

Nous montons ensuite vers le Panier en passant par l’esplanade de l’église Saint-Laurent et la place de Lenche. C’est le quartier le plus ancien de la ville puisqu’il correspond à l’ancienne cité Grecque ; il n’a, malheureusement, que très peu de vestiges architecturaux visibles de l’Antiquité : de l’Acropole, son sommet, pas l’ombre d’une ruine de temple.

C’est aujourd’hui une charmante place très calme, bordée de jolies maisons méditerranéennes dont le nom garde le souvenir des quinze moulins qui y furent édifiés au 16e siècle. Du théâtre antique, seul le souvenir de son emplacement reste encore vivace. De l’Agora est issue la place principale du quartier, la Place de Lenche. Ce quartier, le plus visité par les touristes aujourd’hui, avait hier une réputation interlope, quartier des marins et des « immigrants », Italiens, Corses qui s’entassaient en familles entières dans une seule pièce. Il devint vite considéré comme le domaine des petits truands mais aussi du grand banditisme (mafia). En 1943, Hitler en profite pour le faire raser en partie, ce qui est bien dommage. Le long du quai du Vieux-Port ne subsiste pratiquement que l’Hôtel de Ville. Le reste a été remplacé par de nombreux immeubles en pierres banchées construits par l’architecte Fernand Pouillon.

Les rues étroites, les maisons colorées, le linge suspendu mais aussi les nombreux escaliers à l’assaut de la colline dont la Montée des Accoules, confèrent à ce quartier un charme indéniable.

Il est de plus l’écrin de la Vieille-Charité, cet hospice créé pour l’enfermement des vagabonds, construit au 17e siècle par Pierre Puget. En son centre, la chapelle est l’un des plus beaux édifices baroques français, prouesse architecturale par sa coupole ovoïde, magnifiée par sa belle pierre rose sur le bleu du ciel. Malheureusement, ce jour-là, la merveilleuse lumière de Marseille faisait défaut.

Après être revenus sur le Vieux-Port admirant au passage l’ancien hôpital de l’Hôtel-Dieu aujourd’hui Hôtel Intercontinental et l’Hôtel de Ville du 17e siècle, nous nous acheminons vers notre restaurant : le Bar de la Marine. Pas question de traverser le Vieux-Port avec le Ferry-Boat : il est midi et c’est la pause. De toute façon, fonctionne-t-il ce jour-là ? Ce n’est pas certain !

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 Le groupe dans les rues du Panier

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Marseille - Hôtel-Dieu

Le Bar de la Marine ! César, Marius, Panisse, Escartefigue, Monsieur Brun : ils peuplent les lieux de leur immense présence. Même si Pagnol avait situé l’histoire sur le quai d’en face, ce bar était son QG et l’on se prend à rêver …. autour d’une bonne table provençale.

L’après-midi, c’est encore à notre imaginaire que l’on fait appel dans l’excursion en bateau au Château d’If. Comment Edmond Dantès a-t-il communiqué avec l’Abbé Faria ? On nous parle du trou creusé entre les deux cellules !! Comment, depuis ce caillou blanc perdu au milieu de la rade,  a-t-il pu nager jusqu’à la ville ? Était-ce bien le Masque de Fer qui était dans cette autre cellule ? Ce qui est sûr c’est que des figures illustres, comme ce mécréant de Mirabeau emprisonné pour dettes à la demande de son père, peuplèrent les lieux. Tous ces personnages imaginaires ou historiques confèrent à cette prison vide une importance démesurée. Après une attente un peu longue du bateau de retour, nous arrivons presque à la nuit au Vieux-Port et regagnons Carry-le-Rouet.

Le lendemain : en route pour la Camargue. Après avoir jeté un coup d’œil rapide à la station de Carry, fief de Fernandel, nous prenons la route vers Fos/Mer et la Crau, ancien lit de la Durance. Morne plaine ? Pas tant que cela. Au loin, vers le nord, nous apercevons les Alpilles et, si nous regardons bien le paysage aride, battu par les vents et couvert de cailloux déposés là par l’ancienne rivière, nous pouvons voir des tas de pierres en forme de minuscules pyramides. Celles-ci avaient été édifiées par les Allemands pour empêcher les planeurs alliés de se poser dans ce lieu idéal. Aujourd’hui, loin des mirages que l’on peut, soi-disant,  voir l’été quand il fait là une chaleur torride (n’oublions pas Mistral qui nous raconte que Mireille est morte d’insolation en traversant la Crau), le caractère marqué de ce paysage est moins visible. Les agriculteurs, utilisant les moyens actuels d’irrigation et de fertilisation, ont planté arbres fruitiers et rideau de cyprès coupe-vent.

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Le Château d'If

Nous quittons cette route pour nous diriger vers le bac de Barcarin afin de traverser le Grand Rhône et nous retrouver en Camargue. Rappelons, comme nous le dira plus tard le manadier, que celle-ci se limite au triangle de terre, d’étangs et de marécages compris entre le grand et le petit Rhône. Nous longeons des rizières et pouvons voir quelques flamants roses. Nous arrivons aux Salins-de-Giraud, curieux village construit au 19e siècle en briques, semblables aux corons nordistes, sous l’impulsion des entrepreneurs des Salins-de-Giraud. Les salins sont malheureusement moins spectaculaires en cette saison que l’été, avant la récolte du sel, quand l’évaporation a rendu ces étendues mauves au lieu de blanches.

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Salins de Giraud

Nous arrivons à la Manade où nous sommes attendus pour déjeuner et pour en connaître la vie et l’activité. Après l’exposé passionné et passionnant du fils du patron sur la Camargue et sur son travail, le repas nous est servi, simple, typiquement camarguais, excellent. L’après-midi, une petite démonstration sur le terrain nous est proposée dans le but de nous présenter ensuite le travail d’appréciation de la qualité des animaux pour la course camarguaise ; nous montrer aussi quelques « raseteurs » en action.

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Manade

Ceci commence par le tri, un par un, des taureaux dans le troupeau, tâche quasi-quotidienne, réalisée en vue de pouvoir soigner, marquer ou sélectionner, parmi le troupeau, les taureaux pour une course. Une dizaine de gardians à cheval nous font apprécier la difficulté de ce travail. 

Dans la Course Camarguaise, l’enjeu, pour les raseteurs, est de rafler la mise en enlevant, grâce à un crochet, cocarde, glands et ficelles placés entre et sur les impressionnantes cornes du taureau. C’est un vrai spectacle, donné dans de nombreux villages et villes de la région par des jeunes-gens véloces et courageux face à des taureaux nerveux.

 

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Arles - Saint-Trophime

Nous partons ensuite pour Arles, la Rome provençale. Même s’il est difficile de se rendre compte, en si peu de temps, de la splendeur et de la qualité de ses monuments, nous n’oublierons certainement pas ses Arènes rénovées récemment et son théâtre antique plein du charme des ruines. Nous nous rappellerons certainement de l’église Saint-Trophime du 12e siècle. Son portail, similaire à celui de Saint-Gilles renferme un des plus beaux tympans romans et est directement inspiré de la composition des arcs-de-triomphe Antiques comme c’est souvent le cas en Provence.

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Arles - Les Arènes

Mais il faudra peut-être un jour revenir voir les autres monuments antiques de la cité : les Alyscamps, ancienne nécropole, le cirque romain, les cryptoportiques qui sont d’immenses caves voutées sous le Forum. Il faudra revenir voir les rives du Rhône si parlantes du point de vue archéologique, visiter ses riches musées (antiques, modernes ou contemporains), marcher dans les pas de Van-Gogh dont les jours en Arles furent en même temps parmi les plus heureux (car ce fut pour lui un moment d’intense création) et les plus malheureux (c’est là qu’il se coupa une oreille à la suite du départ de Gauguin dont il attendait tant).

 

Le lendemain, en route pour Cassis et les Calanques, but ultime de notre voyage. Malheureusement, le Vent d’Est s’est levé depuis quelques jours et, même s’il est apparemment beaucoup moins violent que le Mistral, les Marseillais savent bien qu’il est rédhibitoire pour les marins (et surtout les touristes) et que les bateaux ne vont pas sortir. Cause aggravante : Cassis, bien protégé du Mistral par le massif des Calanques, est exposé à l’est. Il faudra changer notre programme, nous ne pourrons pas visiter les Calanques en bateau ce matin-là.

Nous commençons par une traversée de Marseille, pas encore bien réveillée, par la rue de la République, le Vieux-Port, le Palais de Justice néo-classique, le tranquille Cours Pierre Puget, la rue Paradis, une des plus longues rues de Marseille (2,9 Km), l’avenue du Prado avec sa quadruple rangée d’arbres et ses deux contre-allées. Les cartes postales défilent plus ou moins colorées. Sur le boulevard Michelet, prolongement de la première partie du Prado que nous venons d’emprunter, lui aussi planté d’une quadruple rangée d’arbres, nous apercevons le deuxième lieu d’adoration des Marseillais, le Stade Vélodrome et son « velum » tout neuf, puis la « Maison du Fada » (alias la Cité Radieuse de Le Corbusier). Nous prenons enfin l’impressionnante route de la Gineste, entrée du massif des Calanques. Sur cette route ont été tournées de nombreuses courses-poursuites en voiture dans des films policiers, d’innombrables voitures ont été balancées dans les ravins par des Marseillais plus ou moins mafieux, du moins pas très écologistes.

Nous passons devant le terrain militaire de Carpiagne et arrivons à l’ancien petit port de pêche de Cassis, porte des Calanques. Son site est admirable : lové au milieu de son vignoble, il est dominé à l’est par la plus haute falaise maritime de France, le Cap Canaille haute de 400 mètres. Sur un piton rocheux se dresse un vieux château ayant appartenu un jour à la famille Michelin et aujourd’hui hôtel-restaurant de luxe. A l’ouest, se déploie le petit port bordé de jolies maisons provençales coquettes et bien entretenues. Il faut dire que Cassis est riche ; sa singularité liée à l’exiguïté de son territoire, son microclimat à l’abri du mistral qui lui permet une magnifique végétation, la proximité des Calanques attirant randonneurs et touristes de tous horizons sont de grands atouts auxquels il faut en ajouter un et non des moindres, la proximité de la deuxième ville de France.

Quant à nous, nous sommes contraints de prendre le petit train touristique qui nous fait cheminer au milieu de belles villas jusqu’à la Pointe de la Presqu’ile, balcon sur la première Calanque : Port-Miou. C’est la plus profonde, encombrée malheureusement en grande partie par un port pour les bateaux de plaisance dont la présence lui enlève de sa sauvagerie. La falaise qui la dominait à l’est a été largement entaillée par l’ancienne carrière ce qui la défigure un peu. Rappelons que la pierre de Cassis fut longtemps recherchée pour son aspect similaire au marbre.

Nous n’avons pu apercevoir la deuxième calanque, Port-Pins nettement plus sauvage ni, bien sûr, la perle des calanques, Envau et ses falaises impressionnantes.

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Calanque de Port-Miou

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Port de Cassis

 Nous sommes restés sur notre faim. Une bonne occasion encore de revenir en Provence ! Après une dernière flânerie sur le port, nous repartons, j’espère pas trop contrariés, pour déjeuner à Gémenos,  petite ville au pied du versant sud de la Sainte-Baume en plein pays d’Aubagne et de Pagnol. L’endroit est très agréable, le repas très soigné. L’après-midi, nous regagnons Marseille et la basilique Saint-Victor, cette église fortifiée au 14e siècle, édifiée sur la rive sud du Vieux-Port et dominant le Bassin de Carénage. Victor était un soldat romain gagné au christianisme, décapité au 4e siècle sur l’ordre de l’empereur romain Maximien. Ses restes auraient été transportés par des anges sur l’endroit de l’église actuelle. Saint-Victor est le saint patron de Marseille  dont la fête est le 21 juillet.

Le bâtiment que nous voyons est ce qui subsiste d’une très importante Abbaye Bénédictine, surtout puissante entre le 10e et le 12e siècle. Bénéficiant de liens étroits avec les Vicomtes de Marseille, elle dépendait aussi directement du Pape dont elle profitait ainsi des bienfaits. Elle essaima plus de 300 prieurés en Provence mais aussi en Sardaigne et Catalogne. Cette église, construite dans une période de transition entre roman et gothique (13e siècle), se caractérise par la force architecturale de ses cryptes qui remontent au 5e siècle. Des tombeaux y ont été creusés dans le rocher. La nef supérieure du 13e siècle comprend des bas-côtés voûtés d’ogives tandis que la nef principale est voûtée en berceau brisé.  Deux conférencières de l’Office de Tourisme essaient de nous initier à ce lieu si mystérieux.

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Marseille - Saint-Victor

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Marseille - Palais Longchamp

 

En sortant, nous nous précipitons vers le « Four des Navettes » tout proche, institution marseillaise depuis le 18e siècle. Les navettes, ces petits « pains » en forme de barque, rappellent l’arrivée de Marie-Madeleine en Provence. Puis nous nous apprêtons à rentrer à l’hôtel mais la charmante Larissa demande au chauffeur du car de nous montrer, au passage, l’escalier de la Gare Saint-Charles, intéressante construction Napoléon III, et surtout le Palais Longchamp, ce bel exemple d’architecture Napoléon III également,  dans un style très exubérant où cascades et jets d’eau ont la part belle car ce palais italianisant était, en fait, le principal château d’eau de Marseille alimenté par les eaux de la Durance.

Nous rentrons ensuite à notre hôtel de Carry-le-Rouet, contents, nous l’espérons. C’est la fin de notre court séjour à Marseille. Demain matin ce sera le retour en car vers Bordeaux.

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Photos de Bernard Le Bot et Jean-Jacques Brémond

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