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Charles Petitjean : pilote d’hélicoptère

par Pierre Couesnon

 

Charles Petitjean est né à Tunis le 15 juillet 1914. Avec son frère de quatre ans son aîné, pupilles de la Nation d’un père capitaine d’infanterie mort au champ d’honneur en 1915, il vit uneimage5 enfance heureuse et choyée à Paris entre une mère et un père en deuxième noce très unis. Toute sa jeunesse, il rêvera de voyage et de découverte du monde. À l’issue de brillantes études au lycée Henri IV, il intègre l’École centrale et se spécialise en aéronautique, sa passion. Peu après sa sortie, c’est la mobilisation : il est incorporé en septembre 1939 à l’école d’artillerie de Fontainebleau et est nommé sous-lieutenant de réserve. Intéressé par les voilures tournantes qui sont alors à leurs débuts dans l’armée de Terre pour le réglage des tirs d’artillerie, il devient élève pilote d’autogyre d’artillerie et est breveté en août 1940. Démobilisé en Algérie, il sert dans les chantiers de jeunesse. Après le débarquement allié en Algérie fin 1942, il reprend les armes, est nommé lieutenant de réserve en mars 1943 et est affecté à l’artillerie de la 7e division. Il n’y reste pas longtemps, car en août 1943, il est muté à la section d’avions d’observation à Lourmel, toujours en Algérie, comme observateur pilote. C’est dans cette école qu’il devient pilote de Piper Cub dont allait être dotée l’artillerie pour les réglages de tirs. En août 1944, lors du débarquement de Provence, il est affecté comme chef de la 46e section d’observation aérienne d’artillerie du 1er corps d’armée et participe aux campagnes de France et d’Allemagne. Jusqu’en mai 1945, il totalise 70 missions de guerre en 100 heures de vol . Plusieurs fois cité, il reçoit la Légion d’honneur en juin 1945.

En septembre 1945, il est intégré dans l’armée d’active comme lieutenant et est affecté au cours pratique d’observation aérienne d’artillerie de Wachenheim (région de Mayence). Il est nommé capitaine en octobre 1946. Il fait ensuite partie du groupe de trois pilotes d’avion détaché à l’école d’hélicoptères Fenwick d’Issy-les-Moulineaux et suit le stage de pilote puis de moniteur pilote d’hélicoptère sur Bell 47 D à Toussus-le-Noble. Le 1er janvier 1954, il devient le premier titulaire du brevet d’hélicoptère de l’armée de Terre, qui vient d’être créé, et par là même, le pionnier de l’aventure des hélicoptères dans l’armée. C’est d’ailleurs fin 1953 que l’armée acquiert ses premiers hélicoptères. En juin 1954, il est affecté au groupe d’hélicoptère n° 1 à Satory. Le 22 novembre 1954, l’Aviation légère d’observation d’artillerie (ALOA) devient l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT). En avril 1955, il est désigné pour convoyer en Algérie, via l’Espagne, des Sikorsky H19/S 55 que l’armée vient d’acquérir.

image1En septembre 1945, il est intégré dans l’armée d’active comme lieutenant et est affecté au cours pratique d’observation aérienne d’artillerie de Wachenheim (région de Mayence). Il est nommé capitaine en octobre 1946. Il fait ensuite partie du groupe de trois pilotes d’avion détaché à l’école d’hélicoptères Fenwick d’Issy-les-Moulineaux et suit le stage de pilote puis de moniteur pilote d’hélicoptère sur Bell 47 D à Toussus-le-Noble. Le 1er janvier 1954, il devient le premier titulaire du brevet d’hélicoptère de l’armée de Terre, qui vient d’être créé, et par là même, le pionnier de l’aventure des hélicoptères dans l’armée. C’est d’ailleurs fin 1953 que l’armée acquiert ses premiers hélicoptères. En juin 1954, il est affecté au groupe d’hélicoptère n° 1 à Satory. Le 22 novembre 1954, l’Aviation légère d’observation d’artillerie (ALOA) devient l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT). En avril 1955, il est désigné pour convoyer en Algérie, via l’Espagne, des Sikorsky H19/S 55 que l’armée vient d’acquérir.

C’est peu après cette mission qu’il est désigné, compte tenu de son expérience et de ses compétences, pour une mission aux Kerguelen. En effet, le ministère des Armées a été sollicité pour mettre en œuvre un hélicoptère à bord de l’aviso hydrographe Lapérouse afin de soutenir la mission du colonel Robert Genty chargé de valider l’emplacement d’un futur aérodrome aux Kerguelen et d’en tracer les pistes. C’est ainsi qu’il effectue un premier séjour aux Kerguelen du 3 février au 9 mars 1956 avec un hélicoptère Hiller 360. Il est accompagné du lieutenant Jean Argouet, second pilote, du maréchal des logis-chef Jacques Ducasse, mécaniciens du service du matériel.

À son retour, il est affecté au groupe d’hélicoptères n° 3 à Fès au Maroc. Mais en septembre 1956, il est désigné comme conseiller technique pour laimage2 préparation et la direction de la mission française en Terre Adélie dans le cadre de l’Année géophysique internationale (AGI). Il s’embarque à bord du navire norvégien Norsel à Hobart (Tasmanie) avec un hélicoptère Bell 47 G2, assisté du maréchal des logis-chef Yves Buhot-Launay, second pilote, du maréchal des logis-chef Marc Jardi et du maréchal des logis René Renard, mécaniciens. En Terre Adélie, du 23 décembre 1956 au 7 février 1957, 170 heures de vol sont effectuées et plus de 100 tonnes de matériel transportées entre le bateau, le continent et l’Île des Pétrels où est construite la base sous la responsabilité de Robert Guillard. À son retour, il est nommé chef d’escadron et promu Officier de la Légion d’honneur. Il rejoint à Fès son unité devenue groupe d’aviation de l’armée de Terre n° 4. En octobre 1957, il est muté au groupe d’expérimentation de l’ALAT à Satory en même temps qu’il est désigné pour une mission dans l’archipel Crozet, de nouveau sous la direction du colonel Genty, avant de repartir pour une nouvelle mission en Terre Adélie.

Du 30 octobre au 1er décembre 1957, avec un hélicoptère Djinn SO 1221 embarqué à bord du Gallieni, le navire de ravitaillement des terres australes françaises, il effectue une mission photographique pour la recherche de l’emplacement de la future base de l’Ile de la Possession et la cartographie de l’archipel Crozet puis de certains sites aux Kerguelen. Il est alors assisté du lieutenant André Morel, second pilote et du maréchal des logis Jean-Marie Michel, mécanicien.

Tout juste revenu de son périple dans les terres australes, il s’embarque pour la Terre Adélie via la Nouvelle-Zélande toujours à bord du Norsel avec un Bell 47 G2. L’adjudant Pierre Berthe second pilote, l’adjudant-chef Stanislas Fikowski et l’adjudant Georges Ostrowski, mécaniciens, l’accompagnent. Durant leur présence en Terre Adélie du 8 janvier au 7 février 1958, 108 tonnes de matériels sont transportés et 86 heures de vol effectuées.

C’est lui qui assurera à nouveau le soutien aérien de la campagne suivante en Terre Adélie, de janvier à février 1959, durant laquelle deux Djinn SO 1221 S sont mis en œuvre pour la dernière mission de l’AGI. Il est assisté pour cette mission du capitaine André Toupelin de la Doilière, pilote, du sergent-chef Charles Alaterre, pilote et des maréchaux des logis-chefs Jean-Marie Michel et Jean Aresten, mécaniciens. Durant cette mission, 137 heures de vol sont effectuées et 200 tonnes de matériels transportées. Cette mission sera la dernière du chef d’escadron Petitjean en Terre Adélie. Durant ces campagnes d’été de l’AGI, il image4noue des liens d’amitié très solides avec Paul-Émile Victor et Robert Guillard, le chef des opérations sur le terrain. L’un et l’autre apprécient l’homme, ses remarquables compétences techniques et son art du pilotage dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles surtout à cause du vent. À son retour en métropole, il prend le commandement du groupe d’expérimentation de l’ALAT à Satory où il avait déjà servi, puis en décembre 1960, celui du groupe d’hélicoptères n° 2 à Sétif en Algérie. Il participe aux opérations et totalise plus de 500 heures de vol opérationnel. En janvier 1963, il est affecté à l’état-major de l’ALAT à Paris, puis à la section technique de l’armée avant d’être détaché à la Direction technique et industrielle de l’aéronautique  le 1er mai 1963.

C’est lui qui assurera à nouveau le soutien aérien de la campagne suivante en Terre Adélie, de janvier à février 1959, durant image3laquelle deux Djinn SO 1221 S sont mis en œuvre pour la dernière mission de l’AGI. Il est assisté pour cette mission du capitaine André Toupelin de la Doilière, pilote, du sergent-chef Charles Alaterre, pilote et des maréchaux des logis-chefs Jean-Marie Michel et Jean Aresten, mécaniciens. Durant cette mission, 137 heures de vol sont effectuées et 200 tonnes de matériels transportées. Cette mission sera la dernière du chef d’escadron Petitjean en Terre Adélie. Durant ces campagnes d’été de l’AGI, il noue des liens d’amitié très solides avec Paul-Émile Victor et Robert Guillard, le chef des opérations sur le terrain. L’un et l’autre apprécient l’homme, ses remarquables compétences techniques et son art du pilotage dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles surtout à cause du vent.

À son retour en métropole, il prend le commandement du groupe d’expérimentation de l’ALAT à Satory où il avait déjà servi, puis en décembre 1960, celui du groupe d’hélicoptères n° 2 à Sétif en Algérie. Il participe aux opérations et totalise plus de 500 heures de vol opérationnel. En janvier 1963, il est affecté à l’état-major de l’ALAT à Paris, puis à la section technique de l’armée avant d’être détaché à la Direction technique et industrielle de l’aéronautique  le 1er mai 1963.

Il quitte l’armée en 1964 comme lieutenant-colonel et intègre la direction des armements militaires au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). En 1965, il épouse une infirmière (DE) qu’il avait rencontrée en Algérie où elle effectuait une mission. Ils auront trois enfants. Ils s’installent la même année à Lacanau de Mios, proche du site où il travaille. Dans le cadre de son activité, il effectue de nombreuses missions à Mururoa et dans le Sahara.

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