bandeau 3

FLASH INFOS

   re-affichage page d'accueil icone retour page precedente5

Compte-rendu de voyage en Bourgogne

(14-20/09/2014)

par Marie-Thérèse Fernandez

 

 

Hospices de Beaune - Le groupe de retraités

Fidèles à notre formule rituelle d’une escapade dans une région à partir d’un hébergement en VVF pour mieux rayonner alentour, nous voici rassemblés à 37 seniors au garage des Loisirs Girondins ce 14 septembre.

Après avoir traversé la France en diagonale sous un soleil radieux, nous voici arrivés au village de Semur en Auxois vers 19h. L’accueil est chaleureux et chacun prend possession de sa maisonnette. On se retrouve avant le dîner pour le pot d’accueil où le directeur nous présente son équipe. Nous nous retrouvons au restaurant avec un groupe important de Tourangeaux, comme nous seniors. Les vins, en libre service, rouge, rosé et blanc favorisent une ambiance festive ! Après dîner un diaporama sur l’Auxois nous met en chemin.

Lundi matin. Dominique, notre accompagnatrice pour la semaine, nous attend pour la visite du vignoble de Thorey sous Charny. Aurélien Fèbvre, jeune œnologue, dont la famille travaillait à Valduc, nous emmène pédestrement vers ses vignes. En ce début de matinée frais, mais sous le soleil, nous sommes charmés par ce paysage vallonné. Aurélien a repris l’exploitation des vignes de son grand-père, à la 6e génération, depuis 2002. Il nous explique pourquoi il est passé en bio depuis 2010. Il exploite 30ha en Auxois ; il obtient un rendement de 60 hl/ha. Après un descriptif détaillé et très intéressant de son travail, il nous emmène à sa cave pour une dégustation. Son père nous a concocté un buffet très copieux pour apprécier leurs vins. Et c’est en cette fin de matinée que le car de Didier est très apprécié pour transporter les précieuses bouteilles !

Village de La Roncière

Le canal de Bourgogne

Nous embarquons sur la « Billebaude » (réf. à Vincenot) pour une petite croisière. Le parcours de la Voûte, long tunnel de 3333 m, est impressionnant quand on relate le travail des hommes : 2000 ouvriers ont participé aux travaux de la construction du canal, long de 240 km avec 189~écluses qui ont duré de 1775 à 1832. Le canal parcourt la Côte d’Or et l’Yonne. Malgré son exploit technique, son gabarit trop réduit et surtout sa voûte où deux péniches ne peuvent se croiser ont limité son utilisation. Nous débarquons à la base d’Escommes où nous visitons le Toueur. Ce Tower Cap Canal à vapeur tirait sept péniches. Après son électrification, il tirait huit péniches en trois heures. Nous finissons la visite de ce site par un bateau brise-glace. Eh oui, à l’époque, l’eau gelait contrairement au temps magnifique de l’été indien dont nous profitons.

Dominique nous propose un arrêt à Fontaine pour visiter l’église Saint-Thibault qui a reçu ses reliques en 1240. Détruite pendant la guerre de Cent-Ans, puis foudroyée, Viollet le Duc la restaure de 1845 à 1849. Il reconstruit le clocher et enjolive l’édifice avec gargouilles et pinacles.

Ce premier jour se termine par une soirée karaoké, le VVF proposant tous les soirs diverses animations que chacun peut apprécier ou non.

Le deuxième jour nous fait parcourir la route des vins. La Bourgogne produit 333 000 hl de blanc sur 25 600ha. Dans le car, nous visionnons un diaporama sur Dijon. Nous voici au Clos de Vougeot.

C’est au pied de la Côte bourguignonne que l’abbaye de Cîteaux installe sa principale exploitation viticole. Le Clos est né vers 1165 ; il avait 50 ha au Moyen Âge Il a été exploité par l’Abbé de Cîteaux et les Frères Convers puis par des ouvriers agricoles. En 1791, décrété biens nationaux, château et clos sont vendus à des banquiers parisiens. Puis le maire de Vosne les met à la disposition de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Nous visitons la Cuverie qui présente quatre pressoirs du Moyen Âge de type à levier, l’ancien grand Cellier qui est la salle de réception où sont accueillis les 16 Chapitres, le puits, la charpente du dortoir des convers du 14e siècle, le petit cellier. Un film sur le vignoble nous est diffusé. À la Saint-Vincent un dîner réunit de 500 à 600 personnes. Actuellement 12 000 membres appartiennent à la Confrérie du Tastevin.

Château du Clos de Vougeot

Hospices de Beaune

Puis nous reprenons la route des Grands Crus : Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, etc ; pour rejoindre Beaune. La visite guidée des Hospices commence à 13h45. Cet hôpital, palais pour les « les Pôvres », a été fondé en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne et son épouse Guigone de Salins.

Nous déambulons à travers la Grande salle des « Pôvres », de dimensions imposantes, couverte d’une charpente monumentale peinte en forme de carène de bateau renversée, la Salle Saint-Hugues pour les malades plus aisés, la salle Saint-Nicolas, dans laquelle un pavage de verre permet de voir couler la Bouzaise qui servait à l'évacuation des eaux usées, la cuisine et l’Apothicairerie. Des donations importantes ont constitué un remarquable domaine viticole dont la célèbre Vente des Vins permet aux Hospices de financer la modernisation hospitalière et l’entretien du patrimoine. Un temps libre nous permet de faire quelques emplettes des spécialités bourguignonnes.

 

Notre journée se termine par la Cave Corton André à Aloxe-Corton. C’est un propriétaire négociant-éleveur bourguignon, implanté au pied de la Colline des Cortons, le plus étendu des Grands Crus en Bourgogne. Ce sont 150 hectares répartis sur les 3 communes de Ladoix-Serrigny, Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses ; le Grand Cru Corton produit 2/3 de vins rouges en Pinot Noir et 1/3 de vins blancs en Chardonnay. La géologie argilo-calcaire est très riche. : 36 ares donnent  1200 bouteilles. Bien sûr les coffres du car sont encore investis de quelques bonnes bouteilles pour les fêtes !

Mercredi matin, en route vers Flavigny. Nous longeons l’oppidum d’Alésia sur le Mont Auxois où des fouilles ont été effectuées en 1991 et 1999. Nous voici dans la petite ville de Flavigny, en attente, au chaud soleil, de notre heure de visite commentée de la fabrique. A l’origine abbaye bénédictine, les moines y élaborent la recette des anis dont ils faisaient venir la plante d’Espagne. La recette est connue dès 1595. Ils enrobaient l’anis dans du sucre pour sa conservation, utilisée en plante médicinale. En 1923 Troubat reprend la fabrique. Il en fabriquait 250 tonnes par an dont le tiers à l’export. À côté de la fabrique : visite de la crypte carolingienne du 7e siècle et bien sûr achat des fameux bonbons à la boutique.

Dominique nous entraîne pour une visite pédestre d’un des plus beaux villages de France : maison au donataire Fontaine de Millière et Vierge (1864-68), maison au Loup du 13e siècle, église Saint-Genest   (13-15e siècle), ange annonciateur, porte du Val, fontaine Abel Labourey, Porte du Bourg (15e siècle) avec mâchicoulis.

L’après-midi est consacrée à 2 visites fort intéressantes :

Les Forges de Buffon. C’est à 61 ans que Buffon, naturaliste, se lance dans ce projet de sidérurgie réunissant l’ensemble des opérations de production au siècle des Lumières. Elles ont fonctionné de 1768 à 1866) ; le fer était amené d’Étivey (Yonne). La visite guidée du haut-fourneau avec son escalier d’apparat, de la forge aux soufflets activés par une roue à aubes et de la fenderie permet de suivre les différentes étapes de la transformation de la fonte en fer. Au 18e siècle, la forge produisait 450 tonnes de barres de fer.

Grande Forge de Buffon

Abbaye cistercienne de Fontenay

Elle devient cimenterie de 1868 à 1923. Les crues de la rivière l’ont pénalisée.

Nous poursuivons notre route vers l’Abbaye de Fontenay où nous attend une guide-conférencière. Cette Abbaye cistercienne fut fondée en 1118 par Bernard de Clairvaux. Les cisterciens voulaient réformer la vie monastique et appliquer strictement la règle de Saint-Benoît qui prône une vie de pauvreté en autarcie et dans la solitude. Avant de construire Fontenay, les moines ont accompli de grands travaux d’assainissement. L’abbaye connut la prospérité du 12 au 15e siècle, vendue comme bien national, acquise par Élie de Montgolfier qui la transforma en papeterie. Elle est rachetée en 1906 par Aynard, banquier lyonnais et grand collectionneur, qui entreprend sa restauration.

Notre guide nous entraîne à sa suite dans les différents bâtiments dont l’église et son cloître. Les jardins paysagers sont classés  jardin remarquable.

Nous quittons ce vallon classé avec regret, car de nombreux sentiers pédestres feraient notre bonheur.

Toujours avec le beau temps, jeudi nous attend pour une visite de Semur en petit train, car c’est le jour de repos de notre chauffeur. Dominique nous informe, avec regret, que le petit train n’a pas été agréé au contrôle technique. Nous en sommes heureux, car par ce beau temps nous préférerons faire la visite pédestrement, surtout pour les photographes ! Notre guide Sandrine nous rejoint en costume d’époque. Semur est blotti dans les boucles de l’Armançon, en forme de huit ou de papillon. Elle était une place-forte redoutable. Nous cheminons par la Place d’Armes sur le mont Julio, pour rejoindre l’Avant-Porte. Au gré de notre parcours nous découvrons la statue de Saint-Anne et la porte Guillier. Sur l’Armançon il y avait 7 biefs et 12 moulins.

Retour au VVF où l’après midi sera un temps libre. Nous en profitons par petits groupes pour descendre vers le Lac de Pont, depuis le VVF. Suivant le courage et la possibilité de nos gambettes, certains feront le tour complet du Lac. Ce lac est un lac artificiel, créé à la fin du 19e siècle. D'une capacité de 6,1 millions de mètres

Semur en Auxois

cubes, le lac, directement alimenté par la rivière Armançon et des ruisseaux, servait initialement de soutien à l'étiage du Canal de Bourgogne et à la régulation des crues, puis à l'alimentation partielle en eau de la commune de Semur-en-Auxois. Quelques gouttes, les seules du séjour, nous contraignent à regagner nos logis.

Vézelay - Basilique Sainte-Marie-Madeleine

Dernier jour consacré à la « Colline éternelle » : Vézelay. Sur le parcours, dans toute cette région, d’importants troupeaux de vaches laitières sont à l’herbe jour et nuit. Le site avec ses sources salées abritait déjà un temple celte. C’est sur les fondations de l‘ancienne villa que le comte Girard fonde le monastère de Vézelay vers 858 sur les bords de la Cure. Cette abbaye est sous la protection du Saint-Siège, immense privilège. Lors de l’invasion normande, les moines se réfugient sur le promontoire de Vézelay. Là ils s’abritent derrière de solides murailles jusqu’à la fin du 10e siècle. Quand la rumeur se répand que l’abbaye détient des reliques de Sainte-Marie-Madeleine au 11e siècle, les pèlerins affluent. La colline devient un passage obligé sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et enrichit le bourg. Bernard de Clairvaux y prêche la seconde croisade. Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion s’y réunissent pour la 3e croisade. Le déclin commence au 13e siècle. La Révolution procure les mêmes dégradations qu’ailleurs.

Nous grimpons la colline à travers le bourg moyenâgeux jusqu’à l’esplanade de la basilique. Au 19e siècle, Viollet Le Duc, suite au rapport de Prosper Mérimée en 1838, entreprend les travaux de restauration dès 1840. Son travail a été parfois contesté.

Le seuil de l’abbatiale franchi, dans une sorte de sas, une demi obscurité nous fait découvrir les trois tympans intérieurs dont le« Christ en gloire » : jambes de profil, main droite avec le feu au bout des doigts. En entrant dans la Nef, la lumière conduit le regard et la marche vers le chœur éblouissant de lumière, mais plus triste en cette matinée grise. C’est aux solstices que le phénomène de lumière est le plus surprenant. Architecture toute de modestie, le chœur est condamné pour cause de travaux. Vézelay se singularise par sa bichromie de claveaux blancs et bruns sur les arcs-doubleaux. Les chapiteaux représentent un livre de pierre très intéressant (même érotique !). Nous sortons par le cloître, et redescendons la colline par la route principale, rues et venelles du vieux bourg. Tout autour le paysage s’ouvre sur les champs. Par un chaud soleil il rappelle la Toscane. Des écrivains sont venus s’y retirer : Romain Rolland, Jules Roy. Nous repartons sur Arcy sur Cure pour le déjeuner.

Basilique de Vézelay -  Chapiteau

Visite des grottes d’Arcy. C’est un ensemble de cavernes creusées par la Cure dans un massif calcaire corallien émergé à la fin du Secondaire. Les datations s’étagent entre -28 000 et – 33 000. Onze grottes préhistoriques se succèdent. La dernière offre des peintures : mammouth, ours, cerf. Malheureusement, elles ont été très détériorées par le premier chercheur qui a utilisé le karcher ! C’est un site majeur pour l’étude du Paléolithique moyen et supérieur de la France du Nord.

Avallon - Musée du costume

Nous poursuivons sur Avallon pour la visite du Musée du Costume. Cette année, le musée du costume témoigne, à travers les vêtements exposés, des grands bouleversements de l’époque de la Première guerre mondiale. En dévoilant des vêtements allant de 1910 à 1927, l'exposition raconte en effet bien plus que la mode de l'époque. Elle témoigne aussi, à travers l'évolution des vêtements, des grands bouleversements qu'a connus alors la société. Les douze salles de l'ancien hôtel particulier remontent le fil du temps. On commence à la veille de la guerre. C'était une période de faste et d'élégance, avec des robes très travaillées explique Agnès Carton, l'une des deux sœurs ainsi que leur mère, propriétaires du musée, jamais avares de détails. Ces passionnées autodidactes connaissent non seulement les costumes et leur histoire par cœur, mais également le moindre bibelot ou tableau au mur. C’est une incroyable caverne d’Ali Baba qu’elles ont constituée avec un nombreux mobilier, bibelots, tableaux. Partagés en trois groupes nous avons parcouru toutes les salles de cet ancien hôtel particulier de la famille des Condé de 1740.

Nous quittons Avallon et Didier notre chauffeur consent à faire un détour pour une photo panoramique de Semur en Auxois pour notre cinéaste de service, l’irremplaçable Madame Fellini, avant de rejoindre le VVF. Notre séjour a été apprécié de tous.

 Le départ samedi nous fait reprendre la route avec, comme à l’aller, un arrêt au restaurant Vulcania Lemptegy. De la Bourgogne à l’Aquitaine nous apprécions les paysages.

À bientôt de se retrouver pour une nouvelle escapade française en 2015.

 

Pour voir l'album photos, cliquez ici  icone photo 1

Les dix derniers articles publiés ( # selon que vous êtes connecté ou pas)