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Voyage en Chine - Sur la Route de la Soie »

par Bernard Pérignon

 

Le texte qui suit est le préambule d'un récit de voyage en 4 tomes et un complément « Une brève Histoire de Chine » pour situer dans l’Histoire etchine1 la Civilisation de la Chine.

Ce récit relate mon voyage en Chine, sur la Route de la Soie, du 19 août au 14 octobre 2009. J’ai effectué ce voyage en "solo traveller", mon épouse Danielle m’ayant rejoint à Xi'an, pour visiter Xi'an et Pékin.

Écrire ce récit constitue la troisième phase du voyage, car, comme l’a si bien dit J. C. Rufin dans La Salamandre : « préparer un voyage, c’est le rêve et l’image, le réaliser c’est l’émotion et l’imprévu ». Je trouve que ces quatre termes sont très bien choisis pour caractériser les deux premières phases d’un voyage.

Celui-ci n’a pas failli à cette citation, bien au contraire. J’y ajoute qu’écrire le vécu au retour permet de faire le voyage une troisième fois en transcrivant : les " choses vues" : sites, vie quotidienne, contacts avec la population, imprévus et émotions, ainsi que certains imprévus qui ont nécessite des approfondissements une fois de retour en France, au total un enrichissement considérable. J’utilise dans le récit, le symbole pour traiter des thèmes particuliers qui méritent quelques détails ou approfondissements complémentaires.

La Chine alimentait régulièrement ma pensée. Ayant voyagé de façon satisfaisante à mon goût, à travers le monde avec Danielle (et parfois mes fils), ne pas connaitre un minimum de la Chine était pour moi passer à côté de quelque chose d’essentiel.

Cela me faisait rejoindre Gérard de Nerval qui a écrit : « Je voyage pour vérifier mes rêves ».

Le livre d’Alain Peyrefitte Quand la Chine s’éveillera… m’avait, en son temps, fortement passionné. J’en profite pour rappeler que le titre de l’ouvrage Quand la Chine s’éveillera…..le monde tremblera, a été emprunte par Peyrefitte à…...Napoléon 1er, phrase que Napoléon prononça au cours d’une entrevue avec l’ambassadeur britannique en Chine, Lord Amherst, qui lui avait rendu visite dans son « île » lors d’un retour de Chine.

Nous connaissons l’Italie de façon assez complète et revenant de Venise, la lecture du récit de Marco Polo, Le devisement du monde, a achevé de me décider.

Après vingt cinq ans passés en Chine, Marco Polo sera fait prisonnier en 1298 par les Génois en guerre avec les Vénitiens. Il partagera à Pise une cellule avec Rustichello auquel il dictera ses Mémoires.

Parmi les innombrables marchands qui ont emprunté cette route, il est, je crois, le seul à avoir laissé un écrit. Je cite un extrait du récit de Marco Polo dans ce Tome 1 à la fin de la description du séjour à Turpan.

Je commençais ma préparation début 2008 pour partir fin aout 2008. Internet est pour cela un outil très puissant. Enfin tout se déroulait normalement quand, au mois de mai, eurent lieu les événements de la Province du Tibet. Je pris alors différents avis, et il parut sage, si c’était possible, de reporter le voyage compte tenu des doutes sur l’évolution de la situation. J’annulais les quelques réservations déjà prises et décidais un report du départ de un an, soit août 2009. Ce report qui m’a un peu contrarié sur le moment va paradoxalement s’avérer très bénéfique.

En effet, je profite de ce délai supplémentaire pour affiner mon programme et surtout je prends conscience fin août que j’ai une année scolaire devant moi ! J’avais, dans ma préparation, pris les dispositions nécessaires pour apprendre seul (avec des livres et des CD) quelques rudiments de langue chinoise ; mais l’évolution de la situation changeait la donne et je me suis inscrit a l’Université Michel de Montaigne Bordeaux III à Talence en licence de chinois (avec les jeunes !!!) pour l’année scolaire 2008/2009 (j’obtins ma seconde carte d’étudiant, 50 ans après la première).

Je m’inscrivais également au cours de chinois de l’Université du Temps Libre (pour les vieux !!!) à La Victoire.

J’ai donc eu jusqu’à deux mois avant mon départ fixé au 19 août, 5 heures de cours par semaine dont 4 heures à Montaigne. J’avais l’impression d’être en recréation à La Victoire, le rythme étant nettement plus faible.

Cela m’a permis d’acquérir quelques éléments de chinois, qui vont s’avérer très utiles et vont complètement transformer ce voyage, bien au-delà de ce que je prévoyais.

Quelques caractéristiques de la Chine

La Chine est découpée en 26 provinces (省 sheng) dont 5 ont le statut de région autonome (qui ne signifie pas : indépendant) : le Xinjiang, le Tibet, le Guangxi, la Mongolie intérieure et le Ningxia.

En outre, elle compte 4 municipalités qui ont rang de province : Chongqing, Pékin, Shanghai et Tianjin.

Et enfin, 2 régions spéciales : Hong-Kong et Macao.

La Chine a une superficie égale a 17 fois celle de la France pour une population d’environ 1,4 milliard soit 21 fois celle de la France.

La densité de population n’est pas très différente mais tranche avec l’impression que j’ai eu en parcourant la Route de la Soie. J’évoquerai cela au fur et à mesure.

Ethnieschine2

En ce qui concerne la population, il me fallait savoir comment elle est constituée pour comprendre les différences de facies, d’habillement et de coutumes que j’allais rencontrer.

Il y a 56 ethnies qui cohabitent en Chine. J’ai bien dit : cinquante six, ce qui donne un éclairage très spécifique…...

Je me contente de mentionner (par ordre d’importance démographique) les 6 ethnies que j’ai côtoyées et donc bien identifiées.

 

 

 

- Han : Pinyin Hàn Zú 汉族chine3Han

Presque 1,2 milliard, les Han constituent la principale ethnie de la Chine : elle représente 92% de la population. Cette ethnie se trouve majoritairement dans les plaines centrales des bassins du Huang He (fleuve Jaune) et du Yangtse, mais on trouve des Han dans presque toutes les régions. La langue chinoise est utilisée par les Han comme par la plupart des ethnies minoritaires.

Les Han sont communément appelés « les chinois authentiques » et d’une façon générale les chinois se considèrent comme « les fils de Han ».

Les Han constituent également l’ethnie la plus importante du monde.

L’ethnie Han s’est trouvée peu à peu mélangée avec les autres ethnies par le fait des conflits permanents de l’histoire de la Chine.

C’est à partir de la Dynastie des Han Occidentaux (206 avant J.C. - 24 après J.C.) que le nom Han apparaît.

La majorité de la population chinoise est d'ascendance ethnique Han. Les Han ont dirigé la Chine pendant la plus grande partie de son histoire, sauf pendant la dynastie Yuan ou les Mongols prirent le contrôle durant moins de 100 ans et pendant la dynastie des Qing ou les Mandchous eurent le pouvoir pendant près de 300 ans.

- Hui : Huí Zú 回族chine4Hui

Environ 9,8 millions, essentiellement dans la région autonome Hui du Ningxia. Ils sont en outre dans les régions suivantes : Beijing, le Hebei, la région autonome de Mongolie intérieure, le Liaoning, l'Anhui, le Shandong, le Henan, le Yunnan, le Shaanxi et la région autonome ouighour du Xinjiang. Les Hui sont des Chinois Han qui pratiquent l'islam.

 

 

 

 

 

- Ouïghour : Wéiwúer Zú 维吾尔族chine5Ouïghour

Environ 8,4 millions de Ouighours, vivent principalement dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Ils pratiquent l'islam et utilisent généralement la langue et l'écriture ouïgoures entre eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Mongol : Mengg_ Zú 蒙古族MongolsMongols

Environ 5,8 millions, ils vivent pour la plupart dans la région autonome de Mongolie intérieure. Le reste se trouve dans les régions : le Hebei, le Liaoning, le Jilin, le Heilongjiang et la région autonome ouigour du Xinjiang. À l’origine nomades, les Mongols se sont peu a peu sédentarisés. Ils ont leur propre langue et une écriture qu’ils utilisent entre eux.

 

 

 

 

 

-- Tibétain: Zàng Zú 藏族chine7Tibétains

Les quelques 5,4 millions de Tibétains vivent pour moitié dans la région autonome du Tibet. Les autres sont dispersés dans le Sichuan, le Gansu, le Qinghai et le Yunnan. Ils pratiquent le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme) et utilisent la langue et l'écriture tibétaines entre eux.

 

 

 

 

 

- Ouzbek: Wuzibiékè Zú 乌孜别克族

chine8OuzbekPlus de 12 400 repartis dans le sud et le nord du Xinjiang. Ils vivent en harmonie avec les Ouigours et les Kazakhs. Ils possèdent leur propre langue et une écriture qu’ils utilisent entre eux.

 

 

 

 

 

Religions

Actuellement cinq religions sont reconnues en Chine. On compte environ 100 millions de pratiquants, ce qui fait dire que les Chinois sont athées.

    - Le bouddhisme

Introduit en Chine par la Route de la Soie au 1er siècle après J.-C. Environ 72 millions de pratiquants.

    - L'islam

Introduit en Chine par la Route de la Soie au 7è siècle. Environ 17 millions de pratiquants. La plupart de ces musulmans habitent les régions de l'ouest de la Chine.

    - Le protestantisme

Introduit en Chine au début du 19e siècle. Environ 5,5 millions de pratiquants.

    - Le catholicisme

Introduit en Chine (le nestorianisme) par la Route de la Soie au 13e siècle. Environ 3,6 millions de pratiquants.

    - Le taoïsme

Fondé en Chine au 2e siècle après J.-C. Environ 1,5 millions de pratiquants. Le gouvernement central chinois tolère la religion, tout en veillant à ce qu’il n’y est aucun écart par rapport à la Constitution de la République populaire de Chine. Cette dernière stipule que : « les citoyens chinois jouissent de la liberté de croyance religieuse » ; mais « Nul ne peut se servir de la religion pour troubler l'ordre social (voir Tome 1 URUMQI), nuire à la santé des citoyens et entraver l'application du système d'enseignement de l'État ».

Des organisations religieuses nationales gèrent la pratique des religions. Elles élisent, selon leurs propres statuts, leurs chefs et leurs organes dirigeants. On trouve ainsi: l'Association de bouddhistes de Chine, l'Association des taoïstes de Chine, l'Association islamique de Chine, l'Association des catholiques patriotes de Chine, l'Episcopat chinois, et l'Association protestante de Chine.

Langue et Écriture

chine9mGottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716)Je cite sur ce sujet, un extrait de Méthode d'initiation à la langue et à l'écriture chinoise, de Joël Bellassen, livre que je recommande pour apprendre le chinois car très riche et limpide.

« À elle seule, l'écriture chinoise imprime à l'ensemble du chinois la marque de la différence radicale. C'est une écriture non alphabétique, non phonétique. Contrairement aux alphabets latin, grec, cyrillique, arabe ou hébreu, elle n'est pas un code qui note les sons. Elle est peinture du sens et des idées. On peut apprendre le sens d'un caractère chinois sans passer par l'intermédiaire de sa prononciation : le sinogramme isolé s'apparente d'une certaine manière au logo, au panneau de signalisation routière ou au chiffre arabe ».

Leibniz (1646-1716), le philosophe allemand du Siècle des Lumières voyait dans le chinois une possible écriture universelle.

Ainsi, le monde chinois est aujourd'hui la seule grande civilisation dont l'écriture n'ait pas connu ce formidable bond vers l'abstrait que constitue l'apparition de l'alphabet. La langue et l'écriture étant plus que de simples instruments de communication, on comprendra qu'il s'agit là d'un fait majeur dont on n'a, sans doute, pas fini de mesurer toutes les conséquences.

Les sinogrammes sont eux-mêmes un objet de savoir : outre les différentes significations qu'ils peuvent avoir, ils possèdent leur structure, leur rythme, leur histoire.

On ne sait jamais « lire le chinois » : on connaît un certain nombre de sinogrammes... et il est préférable que ce nombre soit le plus élevé possible ! On reste toujours à la merci de « rencontrer un tigre sur son chemin » à savoir un sinogramme inconnu. En revanche, l'écriture chinoise est telle qu'un enfant peut apprendre quelques signes dès l'âge de deux ou trois ans.

Le sinogramme est une forme indépendante, invariable. Il doit être centré à l'intérieur d'un espace carré imaginaire, mais non occuper la totalité de cet espace.

La langue nationale est le chinois (ou mandarin). Son nom chinois est putonghua (langue commune) 普通话 (pinyin: p_ tong huà) : c’est la langue des Han.

Les ethnies minoritaires sont fortement incitées à la parler, souvent avec un accent important. Pour ces ethnies, l’enseignement du mandarin est obligatoire a partir du deuxième cycle du primaire.

Par contre l’écriture, c'est-a-dire les caractères qui la composent, sont les mêmes dans toute la Chine. Cela m’a été très utile quand ma prononciation laissait à désirer.

J’avais préparé, écrits en chinois, tous les lieux ou j’avais prévu d’aller, pour le montrer à un passant ou a un chauffeur de taxi. J’ai conservé cette transcription dans ce récit.

On distingue donc :

    - la langue parlée, en chinois Hanyu 捍御(pinyin: hàn yù)

    - la langue écrite, en chinois Zhongwen 中文 (pinyin: Zhong wén )

En 1958, la République populaire de Chine a adopte le pinyin comme système de romanisation officiel. Utilisé dans l’enseignement (y compris en Chine des 1960), il est devenu la norme internationale vers 1980. Il utilise notre alphabet et permet de visualiser les tons de la langue chinoise.

Il existe quatre tons : le ton uni (ton 1), le ton montant (ton 2) ´, le ton module, descendant puis montant, (ton 3) * et enfin le ton descendant, (ton 4) `.

Au passage, cet aspect de la tonalite, me parait comme étant le plus difficile pour un occidental, dans l’apprentissage du chinois.

Mais le pinyin n’est pas totalement phonétique.

En effet certaines lettres du pinyin ne se prononcent pas comme nous les lisons dans notre alphabet : par exemple d se prononce t, b se prononce p,

j se prononce t, r se prononce j.

Ce qui donne :

Pékin 北京 Pinyin : bei jing phonétique : peï tinn

Le g ne se prononce pas !! 北 signifie ‘Nord’ et 京 signifie « capitale » donc « capitale du Nord »

Pékinois (habitant de Pékin) 北京人 Pinyin : bei jing ren phonétique : peï tinn jenn

Il est néanmoins une aide précieuse pour apprendre à parler. Il fait partie de l’enseignement des petits chinois dès le primaire. Je fais apparaitre la transcription pinyin de temps à autre.

Pour l’écriture et la lecture, la connaissance de 800 caractères (sur plus de 50000), donne une aisance correcte pour des conversations simples.

Le rôle unificateur de l'écriture

Le chinois est une écriture sans alphabet. La Chine possède la plus longue tradition continue d’un mode d’écriture inchangé de la haute antiquité a nos jours. L’écriture chinoise a su jouer un rôle fédérateur et s’imposer a un pays immense.

L’importance de l’écriture, en Chine, est telle que les hommes d’État s’employèrent à maintes reprises a la contrôler. Ces qualités firent de ces graphies des instruments de pouvoir convoites par les empereurs qui souhaitaient avoir prise non seulement sur les hommes mais aussi sur les mots.

La standardisation de l'écriture

L’ingérence de l’Etat dans l’ecriture et l’imposition de styles calligraphiques ou de graphies spéciales est un phénomène récurrent dans l’histoire chinoise. Un cas manifeste d’asservissement des caractères a la politique est fourni par Qin Shihuangdi, le Premier Empereur qui a unifié l’Empire chinois. Sur les conseils de son ministre Li Si, il décréta la standardisation non seulement des unités de poids et de mesure, mais encore de l’écriture.

Les caractères tabous

Une autre prérogative impériale fut l’institution d’un tabou sur le nom personnel des empereurs. Ainsi, le prénom de Tang Taizong qui régna dans le deuxième quart du 7e siècle est Shimin, compose de deux mots usuels qui signifient individuellement “monde” ou “generation” et “peuple”. L’usage de ces mots fut réglementé dans les écrits lorsqu’ils se présentaient en combinaison, moins strictement lorsqu’ils étaient isolés : différentes solutions pouvaient se présenter comme substituer un synonyme, ou atrophier le caractère par l’omission d’un trait. Ces contraintes imposées depuis le sommet de l’État furent généralement respectées car ne pas s’y conformer équivalait a un acte d’insoumission passible de sanctions.

Ces singularités graphiques servent aujourd’hui d’utiles repères de datation. Une utilisation de cette caractéristique sera utilisée pour dater la Premiere Carte Celeste (voir les Grottes de Mogao a Dunhuang dans le tome 2).

Histoire : les dynasties et républiques chinoises

La connaissance des dates des dynasties successives et de l’arrivée de la république

est très utile lors des visites des sites.

La première dynastie, la dynastie des Xia 夏de 2205 av. J.C. à 1767 av. J.C.

La dynastie des Shang 商 de 1766 av. J.C. à 1112 av. J.C.

La dynastie des Zhou 周 de 1111 av. J.C. à 771 av. J.C.

L’époque des Printemps et Automnes 春秋et celle des Royaumes combattants 戰国 770 Av. J.C. à 221 Av. J.C. .Première unification de l’empire

La dynastie des Qin 秦 de 221 av. J.C. à 206 av. J.C.

La dynastie des Han 汉 de 206 av. J.C. à 220 ap. J.C.

Morcellement

La période des trois Royaumes 三国 de 220 à 280

Brève restauration de l’unité

La dynastie des Jin occidentaux 东晋 de 265 à 316

Invasions et morcellement

Chine du Nord : invasions des Huns, des Protos-Mongols et des Turcomans de 316 à 589

Les Seize Royaumes (Nord) 十六国 de 302 à 439

Chine du Sud : succession de dynasties chinoises

La dynastie des Jin orientaux (Sud) 西晋 de 314 à 420

L’époque des dynasties du Sud et du Nord 南北朝 de 420 à 589

Unification

La dynastie des Sui 隋 de 589 à 618

La dynastie des Tang 唐 de 618 à 907

La dynastie des Zhou 周 de 690 à 705

Morcellement

L’époque des Cinq Dynasties et Dix Royaumes 五代十国 de 907 à 960

Unification

La dynastie des Song du Nord 宋 de 960 à 1127

Séparation du Nord et du Sud

La dynastie des Liao 遼 Les Qidan de 916 à 1125

La dynastie des Xia de l’ouest 西夏 Les Dangxiang Qiang 党項 de 1034 à 1227

La dynastie Jin de race toungouse dans le Nord de 1115 à 1234

La dynastie des Song du Sud 宋 de 1127 à 1276

Unification

La dynastie des Yuan 元 Les mongols 蒙 de 1280 à 1368

La dynastie des Ming 明 de 1368 à 1644

La dynastie des Qing 清 Les mandchous 滿 de 1644 à 1911

La République de Chine 中华民国 de 1911 à 1945

La République populaire de Chine 中华人民共和国 de 1949 à aujourd'hui.

La Route de la Soie 丝绸之路 (pinyin : si chóu zhi lù)

Pendant la dynastie Han, 206 av. J.C. à 220 ap. J.C., l’empire était constamment en conflit avec les minorités. L'empereur Wudi (141 av. J.C. - 87 av. J.C. )., 6e de la dynastie, envoya Zhang Qian 张骞 (mort en 113 av. J.C.), à deux reprises, vers les «Contrées occidentales » (aujourd'hui la région du Xinjiang), pour nouer des ententes, de façon a mieux pouvoir lutter contre les barbares du Nord.

Outre leur objectif pacifique, les missions de Zhang Qian amorcèrent des échanges entre la Chine et les pays occidentaux ; ce fut l’ouverture de la ≪route de la soie ≫.

Les caravanes des commerçants des Han transportèrent des tissus de soie vers l’occident qui découvrait ce produit. Des échanges se faisaient avec l’occident qui introduisit en Chine les noix, le verre, le raisin, les épices, etc.

La Route de la Soie partait de Chang'an (Xi'an d'aujourd'hui), ancienne capitale de la Chine, et se dirigeant vers l'ouest arrivait sur la cote est de la Méditerranée et finissait a l'Empire romain. Elle est longue de plus de 7 000 km, dont 4000 km en Chine. Dans sa partie chinoise elle passe par le corridor du Hexi entre le désert de Gobi a l’est et le désert du Taklamakan à l’ouest, elle se sépare en deux (une voie nord et une voie sud de part et d’autre du désert du Taklamakan) ; les deux routes se rejoignent a Kashgar avant de quitter la Chine.

Zhang Qian prenant congé de l’empereur Wudi , pour son expédition en Asie centrale de 139 Av. J.C. à 126 Av. J. C.

Peinture murale des grottes de Mogao à Dunhuang ( grotte 323), réalisée durant la dynastie des Tang 618-907

L'Empire romain et l'Empire byzantin étaient très demandeurs de soie chinoise. Les Romains qui savaient que la soie venait de chez les Seres (nom qu’ils donnaient aux habitants de la Chine) croyaient par contre que son origine était végétale (voir dans ce Tome 1, Hotan, Atelier de soie).

La Chine resta longtemps la seule productrice et exportatrice de soie dans le monde. La soie constituait donc le principal produit exporte vers l’occident. La soie eut même un usage de monnaie au même titre que l’or. Mais rapidement le trafic sur la Route de la Soie devint très intense. Il véhicula également : des arts, des techniques et connaissances scientifiques, certaines inventions chinoises (papier, procédés d’imprimerie, poudre, etc.)

Route de la Soie, elle fut aussi Route de la Foi dans la mesure ou c’est par elle que les religions telles que le bouddhisme (bouddhisme mahayana ), le christianisme nestorien, le manichéisme d'origine perse et l’islam s’implantèrent en Chine. Cette appellation de ≪ Route de la Soie ≫ est due au Baron Ferdinand von Richthofen (1833- 1905) géographe et géologue allemand.

Mon itinéraire

Les moyens de transport sont représentés : avion ou voiture avec chauffeur.

Ce choix de la Route de la Soie, entait donc une très forte envie personnelle mais il fut renforcé par les avis de mes contacts chinois qui m’ont dit que c’était « le plus beau voyage que l’on pouvait faire dans leur pays ».

L’itinéraire a été facile à établir. J’avais tous les éléments en main :

- cartes très détaillées fournies par l’Office de Tourisme de Chine (cartes routières et plans de certaines villes).

- sélection des villes en fonction des informations sur Internet.Je pouvais ensuite définir le temps a passer dans chaque ville

Mon emploi du temps était modifiable à volonté en cas d’imprévu, puisque je maitrisais mon programme dans une ville donnée.

J’ai parcouru la Route de la Soie dans le sens ouest vers est, c’est-a-dire de Kashgar a Xi'an. Par contre, j’ai pris des libertés avec la logique stricte pour des facilites de liaison. L’essentiel était de faire les bonnes étapes.

Le périple ainsi défini représente 10450 km en Chine (de Pékin a Pékin) dont 1800 en voiture. Il passe dans 3 provinces : Xinjiang, Gansu et Shaanxi en commençant et finissant a Pékin.

La partie Route de la Soie proprement dite est de 6600 km. Il faut ajouter 1050 km pour Xi'an - Pékin puisque cette dernière ville ne fait pas partie de la Route de la Soie.

Départ de Bordeaux - Londres - Beijing ( j’ai choisi British Airways, presque moitié prix d’Air France)

Province du Xinjiang

• Ürümqi (1 nuit)

• Turpan

• Hotan

• Kashgar

• Ürümqi

Province du Gansu

• Dunhuang

• Jiayuguan

• Lanzhou

• Linxia

• Xiahe

Province du Shaanxi

• Xi’an

• Beijing

Retour Beijing - Londres - Bordeaux