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Découverte de la Rioja, de la Navarre, de l’Aragon et du Pays Basque

Compte rendu de voyage (04-08/09/2019)

par Yves Schmidt (jours 1 à 4) et Roger Lasserre (jour 5)

 image1 Le groupe devant la Costil de Tierra (Bardenas Reales)

 

Le bureau de l’ARCEA-CESTA a demandé à l’agence Loisirs Girondins Voyages d’organiser un voyage à la fin de l’été 2019. Il a permis de découvrir une région du nord de l’Espagne qui couvre plusieurs provinces :

  • la Navarre, fait partie du Pays Basque, sa capitale est Pampelune (superficie : 10 391 km², population : 644 000 habitants) ;
  • la Rioja est une communauté autonome, sa capitale est Logroño (superficie : 5028 km², population : 316 000 habitants)
  • l’Aragon est une communauté autonome, dont la capitale est Saragosse (superficie : 47 719 km2, , population : 1 313 000 habitants) ;
  • l’Alava est une communauté autonome du Pays Basque, dont la capitale est Vitoria-Gasteiz (superficie : 3 047 km² , population : 320 000 habitants).

 

Premier jour. Le 4 septembre à 8 heures, les 28 adhérents de notre section, accompagnés d’une cliente de l’agence de voyage montent à bord du car pour une première étape qui les conduira, après quatreheures de route, à Pampelune, capitale de la Navarre, première destination de notre périple au nord de l’Espagne. Après un tour de la ville, le car nous nous dépose à proximité de la Plaza del Castillo, où nous faisons connaissance avec Carmen, la guide qui nous accompagnera pendant quatre jours. Nous profitons d’un repas apprécié par tous.

La visite commence par la découverte des rues où sont lâchés les taureaux pendant les fêtes de la San Firmin qui se déroulent début juillet : c’est l’encierro au cours duquel, sur un trajet long de 800 m,  le public défie les taureaux en essayant d’éviter les coups de cornes.  Nous passons devant l’hôtel de ville (Ayuntamiento) qui possède une façade baroque de la fin du 17ème siècle.

L’encierro amène les taureaux aux arènes dont une guide nous fait découvrir toutes les facettes. Construites en 1922, elles peuvent contenir 19 000 personnes. Nous découvrons l’organisation très rigoureuse mise en œuvre pour garantir un spectacle de qualité.

Nous quittons les arènes pour nous diriger vers les murs de la ville pour profiter d’une belle vue sur la chaîne des Pyrénées.

Sur le chemin du retour qui nous ramène au car, nous passons devant la cathédrale Sainte-Marie de Pampelune dont nous ne verrons que la façade L’édifice qui se présente à nous a été bâti au 18ème siècle dans les styles baroque et néo-classique, sur les ruines d’une église romane bâtie au 12ème siècle, dont il subsiste des chapiteaux, des portails et le cloître.

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Les arènes de Pampelune

 

 

image3Retable de la cathédrale de Tarazona

Nous quittons Pampelune pour nous diriger vers Alfaro où se trouve l’hôtel qui nous hébergera pendant quatre nuits.

Alfaro est une ville de 10 000 habitants, appartenant à la communauté autonome de la Rioja. Elle est située à proximité des provinces de la Navarre et de l’Aragon. Elle a une particularité dont nous ne profiterons pas : on y trouve la plus grande colonie de cigognes blanches au monde. En effet, elles ne sont présentes que de décembre à août. Par contre, nous pouvons voir une quantité impressionnante de nids posés sur les principaux édifices de la ville.

Deuxième jour. La matinée est consacrée à une excursion dans les Bardenas Reales, désert naturel qui s’étend sur un territoire long de 40 à 45 km et large de 25 à 30 km, à cheval sur la Navarre et l’Aragon. Nous découvrons un paysage semi désertique, façonné par les pluies torrentielles qui ont sculpté ce terrain composé de gypse et d’argile. Nous aurons une vision très limitée de ce site qui ne peut se visiter qu’à pieds ou à vélo tout-terrain. Malgré tout, une route puis un chemin praticable en car nous mènent au pied d’une terrasse que les plus courageux peuvent atteindre grâce à un escalier. Le car nous conduira, un peu plus loin, à un site remarquable : il s’agit de la Castil de Tierra, immense cheminée de fée devant laquelle nous nous regroupons pour la photo du groupe. Le car nous dépose ensuite au centre d’information qui donne de nombreux renseignements sur la faune et la flore du site. Nous quittons le désert pour retourner à l’hôtel où une paella nous attend.

L’après-midi est consacrée à la découverte de Tarazona, ville d’Aragon de 10 500 habitants et de la cathédrale Santa Maria de la Huerta. Cette dernière a été consacrée en 1232 puis détruite au 14e  siècle pour être reconstruites en style mudéjar (nom donné aux musulmans d’Espagne devenus sujets des royaumes chrétiens après le 11e siècle, pendant la période de tolérance). On peut y admirer un magnifique retable impressionnant par sa taille ; il a été érigé entre 1605 et 1614.

Á la sortie de la cathédrale, nous nous dirigeons vers la vieille ville. La mairie, qui date du 16e siècle, offre une imposante façade ornée d’un long haut-relief figurant l’entrée de Charles-Quint à Bologne pour son couronnement. Nous nous dirigeons ensuite vers le quartier juif qui se composait de 52 foyers au 15e siècle, soit 15 % de la population de la ville. Cette communauté disposait au moyen-âge d’une certaine autonomie qui se manifestait par le respect de règlements très stricts que devaient respecter ses membres. Nous passons au pied d’une imposante construction très ancienne, posée en équilibre sur un rocher, dans laquelle vivaient les familles du quartier juif.

Nous terminons notre promenade par la visite des anciennes arènes de Tarazona, inaugurées en 1792. Elles présentent la particularité de leur plan octogonal, sur trois étages qui rassemble aujourd’hui huit groupes de logements alignés, de même hauteur, dont les portes d'accès ponctuent l'extérieur des arènes. On accède à l'intérieur des arènes via les quatre portes ou tunnels, les mêmes utilisés par les cuadrillas et le public les jours de corrida, qui communiquaient avec les torils et l'abattoir. Les arènes du Prado, selon leur nom d'alors, ont accueilli des corridas jusqu'à l'inauguration des arènes actuelles en 1870.

De retour à l’hôtel, un groupe de courageux part à la découverte de la vieille ville d’Alfaro et de son église collégiale San Miguel, à l’imposante façade en briques, de style classique, construite au 17e siècle.

 

 

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Logroño – Paseo del Espolon – Statue du Général Espartero

Troisième jour. Cette journée est consacrée à la découverte de la province de la Rioja. La Rioja est une région et un vignoble du nord de l’Espagne. Couvrant une surface de 55 000 hectares (soit deux fois la surface du vignoble de Bourgogne, ou la moitié de la surface du vignoble bordelais), la Rioja est le vignoble espagnol le plus ancien, le plus connu et le plus noble. Il fut le premier à obtenir l’appellation D.O.C (vin d’origine qualifiée, distinction la plus prestigieuse dans la classification espagnole). La capitale de la Rioja est Logroño. Cette ville est située sur l’Èbre, fleuve long de 928 km qui prend sa source aux Picos de Europa, en Cantabrie, et se jette dans la Méditerranée en Catalogne. Elle compte plus de 150 000 habitants. Elle a été fondée en 905 pour garantir le passage sur l'Èbre et l'accès aux terres reprises aux musulmans. Cette ville est visiblement un point de passage des pèlerins de Compostelle, au vu du grand nombre de coquilles Saint-Jacques qui ornent les rues : en effet, cette ville se situe sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Nous empruntons l'une des principales artères de la ville, la rue Portales où se trouve la cathédrale de Santa María de la Redonda, construite sur un oratoire du 12e siècle. Entreprise au 15e siècle, elle a connu divers agrandissements et remaniements jusqu'au 18e siècle. Sa façade principale, construite comme un retable, est close par une grande grille en fer forgé. Les tours, surnommées « les Jumelles », caractéristiques du baroque régional, sont parentes d'autres clochers de La Rioja.

Notre promenade dans les rues de la vieille ville, dont la rue Laurel, nous conduit à un marché couvert remarquable par ses étals de fruits et légumes aux couleurs chatoyantes. Il ne faut pas oublier que nous nous trouvons dans une région qui a une vocation agricole grâce à la présence d’un fleuve, l’Èbre et de ses affluents. Notre périple s’achève sur le Paseo del Espolon, dominée par la statue équestre du Général Baldomero Espartero (1793-1879), prince de Vergara. Ce militaire, qui a combattu les armées de Napoléon à 16 ans, a fait une grande partie de sa carrière militaire en Amérique du Sud.


Nous remontons dans le bus pour nous rendre à Haro où nous reprenons des forces avant de repartir à Briones, toujours dans la Rioja, pour visiter le Musée Vivanco de la Culture du Vin et son contenu. Ce musée, de l’avis certains membres du groupe, peut être considéré comme complémentaire de la Cité du Vin de Bordeaux. Sur 4 000 m2, le Musée propose cinq salles d'exposition permanente sur cinq niveaux, une salle pour les expositions temporaires et, à l’extérieur, le Jardin de Bacchus, une collection de plus de 220 cépages du monde entier. Le musée présente, entre autres, une collection impressionnante de vieux pressoirs de tous pays ainsi que des outils et engins anciens qui étaient utilisés par les vignerons et une collection de flacons en verre dont certains très anciens. La visite s’achève par une dégustation de vins de la propriété.

Avant de retourner à l’hôtel, le chauffeur nous offre un détour non prévu au programme du séjour. Nous allons à Elciego où se trouve la bodega Marqués de Riscal, une construction remarquable réalisée par l’architecte Frank Gehry, auteur du musée Guggenheim de Bilbao. Malheureusement, il est très difficile de s’approcher de cette construction dont nous ne verrons que les formes et les couleurs originales de la toiture.

 

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Saragosse – Basilique du Pilar vue depuis l’Èbre

Quatrième jour. Cette journée sera entièrement consacrée à la visite de Saragosse, capitale de l’Aragon, peuplée de 675 000 habitants, soit 51 % de la population de cette grande province essentiellement rurale, contrairement à cette ville industrielle. La ville est traversée par l’Èbre. Ce qui surprend sur le trajet qui mène à notre destination, c’est le nombre impressionnant d’éoliennes que l’on peut voit sur toutes les crêtes de cette région très accidentée : on imagine facilement qu’il n’y ait aucun rejet de la part de la population, étant donné qu’elles sont implantées loin de toute habitation !

Toute la matinée sera consacrée à la visite du centre historique. Nous visiterons d’abord la basilique Nuestra Señora del Pilar, imposant bâtiment en briques qui fut construit entre le 17e et le 18e siècle. L'édifice mesure 130 mètres de long, pour 65 de large. Il est couronné de onze coupoles, dix lanternes et quatre tours. Á l'intérieur, on peut admirer le grand retable en albâtre et les fresques de Goya, dans le chœur. Malgré sa taille impressionnante, ce monument est surpassé, du point de vue beauté, par la cathédrale Saint Sauveur, la Seo, située sur la même place. Au 12e siècle, elle a été construite sur les vestiges d’une mosquée. Le temple a ensuite subi de nombreuses transformations. La Seo rassemble ainsi les styles gothique, mudéjar, Renaissance et baroque. La porte principale par exemple, datée du 18e siècle, répond au style baroque. L'intérieur est magnifique, avec son splendide retable en albâtre polychrome et ses tapisseries baroques. Elle compte 18 chapelles richement décorées.

Le reste de la matinée, chacun est libre de visiter les environs, à commencer par la place où sont situées les deux cathédrales. On peut y admirer une belle fontaine aux formes très modernes, ainsi qu’une statue du peintre Francisco de Goya, natif de la région, et dont les œuvres sont visibles dans plusieurs musées de la ville. L’Èbre, qui coule paisiblement non loin de là : il est facile de se rendre compte que le niveau du fleuve est très bas, ce qui permet de douter du projet des régions du sud de l’Espagne qui avaient fondé de grands espoirs en espérant obtenir de détourner le fleuve à leur profit. Ce projet a été heureusement abandonné. Au hasard des rues du vieux quartier, on peut tomber sur un chantier de fouilles : en effet, lors de travaux de terrassement, les vestiges d’un théâtre, d’une capacité de 6 000 places, datant du 1er siècle de notre ère, ont été mis à jour en 1974.

Après déjeuner, le car nous conduit au Parc José Antonio Labordeta. Il se présente comme une oasis urbaine de pelouses, d’arbres, de fleurs, de jardins et de monuments. Les gens viennent courir, faire du sport, du vélo ou tout simplement se promener et profiter du cadre. Il est le plus important de Saragosse avec une superficie de 40 hectares. On peut y admirer l’imposante statue du roi Alfonse Ier d’Aragon, dit le Batailleur, un monarque du 12e siècle.

Nous poursuivons notre découverte de la ville par la visite du Palais musulman de la Aljaferia, l’ancienne résidence des émirs qui régnaient sur l’Arago, construite au 11e siècle, puis des Rois Catholiques, lors de la Reconquista en 1118. Dans le palais islamique on peut admirer des décorations luxuriantes de stuc et d’arabesques et quelques fragments picturaux d’un grand intérêt. Une particularité : sur une fresque, on peut découvrir des visages humains dont la représentation est rigoureusement proscrite par l’islam. Les souverains aragonais ont procédé à des travaux d’agrandissement et d’aménagement tout en conservant les réalisations de leurs prédécesseurs. La Aljaferia est enclose par une puissante muraille, renforcée par une énorme tour carrée, qui servait de donjon, et par des tours semi-cylindriques. En 1492, les Rois Catholiques construisent un palais au-dessus de l’édifice musulman. Il se compose d’un escalier, d’une galerie et d’un ensemble de salles dites des pas perdus, pour aboutir dans le grand Salon du Trône. Ce palais est remarquable par les dallages et les splendides plafonds décorés. Á partir de 1593 le palais se transforme en citadelle dans le but de freiner les éventuelles émeutes de la population. Actuellement, le palais abrite, depuis 1987, le parlement aragonais (cortes).

La visite de Saragosse s’achève par un parcours en car dans le parc de l’exposition internationale de 2008 qui avait pour thème l’eau et le développement durable.

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Saragosse - Palais de la Aljaferia

image9Salines d’Añana

Cinquième jour. Le car emprunte une route étroite et sinueuse lorsque soudain, au sommet d’une côte, se dévoile un paysage incroyable : une vallée tapissée d’une multitude de parcelles blanches comme neige. Ce sont les Salines d’Añana alimentées par une source d’eau très salée (200g/l à comparer aux 30g/l de l’océan) distribuée par un ingénieux réseau de conduites en pin où la saumure coule à ciel ouvert et alimente les bassins carrés.

Après évaporation on recueillera la fleur de sel puis le sel. L’exploitation de cette richesse remonterait aux Romains. Elle atteint une dimension industrielle au 20e siècle. Mais la concurrence des pays émergents conduit cette industrie au bord de la faillite. Fort heureusement une association dynamique subventionnée par la Région, l’État et l’Europe reprend l’exploitation, la remet en état et l’ouvre au tourisme. Le sel d’Añana nous est présenté comme le meilleur du monde. De fait il est utilisé par les chefs triplement étoilés de Saint-Sébastien. Un paquet de la savoureuse poudre blanche est offert à chacun de nous (attention à l’addiction).

Á midi, déjeuner dans une cidrerie, établissement typique du pays basque espagnol. Menu traditionnel (omelette, morue, côte de bœuf) arrosé de cidre à volonté tiré à même d’un des gigantesques fûts qui ornent la salle. Ainsi s’achève ce séjour espagnol. Le car ramène tous ses passagers dans la soirée, à Pessac

Photos de Jean-Claude Lantrade, Bernard Le Bot et Yves Schmidt

 

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