bandeau 3

LISTE DES ARTICLES PUBLIES (les articles sont affichés après la liste)

VOYAGE EN RUSSIE 2007

De Moscou à Saint Petersbourg en croisière

du 9 au 19 juin

par Charles Costa

 

 

Ce voyage plébiscité par les adeptes de la découverte de l’ARCEA/CESTA était organisé par Loisirs Girondins Voyages.

Les vols réguliers d’Air France de Bordeaux à Roissy puis de Roissy à Moscou nous amenèrent à bon port à l’heure dite. Par contre, il fallut quasiment deux heures pour que le groupe des 43 satisfasse aux formalités de police. Et il y aurait beaucoup à dire des deux membres qui, partant de Perpignan, nous ont retrouvés à bord après d’incroyables péripéties.

 

Nous étions samedi et les moscovites partaient dans leurs datchas en week-end prolongé pour cause de fête nationale le mardi suivant. Nous eûmes ainsi un aperçu de la conduite « kamikaze » des russes dont les véhicules haut de gamme ou vieux tacots étaient un premier reflet de cette société à deux vitesses.

Le Kremlin vu de la Moskova

Notre hôtel flottant, à quai, ne quittera la capitale que deux jours plus tard nous offrant ainsi deux journées de visite de la cité, vidée d’une partie de ses 12,5 millions d’habitants.

Cette ville, chargée d’histoire, autrefois construite de bois - brûlée pour faire échec à Napoléon Ier - ne conserve que très peu d’édifices de son passé lointain.

Le Kremlin au cœur de Moscou renferme une majeure partie des trésors architecturaux relativement récents ; palais et églises aux bulbes dorés ou colorés dans lesquels nous aurons (ce qui sera ensuite rituel), notre premier contact avec les iconostases (murs d’icônes étagées où la vierge occupe une place prépondérante).

Profitant du calme exceptionnel, nous avons pu flâner sur la Place Rouge, admirer l’église mythique de Basile le bienheureux, édifiée par Ivan le Terrible, lequel deviendra moine avant de décéder, parcourir les galeries marchandes du « Goum », longer le Bolchoï en travaux, apercevoir le café Pouchkine (inventé par Bécaud et devenu depuis une réalité !), méditer devant l’ancien siège du KGB et enfin mesurer combien la foi est vive dans toutes les églises orthodoxes de la ville.

 

En dehors du Kremlin, la visite du couvent de Novodievitchi est une étape incontournable de Moscou. Ce complexe est un exemple remarquable de l’architecture religieuse de la ville ; il fut exécuté en mémoire de la libération de la ville de Smolensk. Les épouses et les filles des Boyard rebelles et plus tard des tsars étaient contraintes à y entrer, notamment Sophie, demi-sœur de Pierre Ier. Outre la cathédrale Notre- Dame-de-Smolensk et sa magnifique iconostase, on peut visiter le cimetière où sont enterrées des célébrités russes.

Une bande de cloches au Kremlin

Notre guide nous montrera aussi quelques bâtiments survivance de l’ère stalinienne aux façades obligatoirement grises, que les autorités ont décidé de sauvegarder en témoignage d’une page du vingtième siècle (qu’ils ne voudraient plus jamais vivre).

Par ailleurs Moscou - de par une volonté manifeste de ses dirigeants - veut apparaître comme une grande métropole, à la mode occidentale avec ces chantiers où de nouveaux quartiers d’affaires aux immeubles de verre voient le jour.

À bord de notre bateau Yvan Bunin, (écrivain, poète, décédé en France), il fallait faire preuve d’astuces pour ranger ses affaires ou pour se doucher sans inonder ses serviettes !

Mais le temps assez clément nous incitait à des regroupements, qui sur le pont, qui dans les bars ou pour les dames devant les boutiques du bord à la recherche des plus belles poupées russes ou des bijoux en ambre. À propos de poupées, il en est de vivantes, nombreuses qui déambulaient dans les rues de Moscou, nombril à l’air, taille mannequin, d’une blondeur naturelle (un régal pour les yeux).

L'escalier d'écluses

Notre deuxième arrêt Yaroslavl (jumelée avec Poitiers) sur les rives de la Volga. C’est une ville de 600 000 habitants, la plus grande de l’Anneau d’Or, traversée par le transsibérien. Des terrasses boisées, nous avons pu jouir d’un beau panorama sur le fleuve. Le monastère de la Transfiguration du Sauveur et sa Cathédrale, nous a montré un ensemble dont on nous avons pu mesurer le lustre d’antan à travers la riche iconostase. L’aubade nous a été donnée ici par un carillonneur d’un genre un peu spécial qui s’affairait à tirer ses ficelles par des mouvements pleins de souplesse des poignets et des doigts.

Sur la place principale de la ville, où trônaient encore la faucille et le marteau en façade de ce qui doit être la mairie sinon un bâtiment officiel, tout le groupe se retrouva au marché pittoresque où à côté des marchands de vêtements ou de poupées gigognes, s’étalaient des montagnes de fruits frais ou secs suscitant bien des convoitises.

À propos du commerce, rien ne manque aujourd’hui en Russie, les produits occidentaux sont omniprésents, qu’ils soient de luxe ou de première nécessité. Seule la monnaie fait encore défaut pour que cette société, qui en a été longtemps privée, puisse consommer à satiété.

 

Notre prochaine étape, le 14 juin sera pour Goritsy. Au débarcadère, les marchands se pressent. Nous ne les honorerons de notre curiosité qu’après la visite du monastère de Saint Cyrille dit du lac blanc à cause de la couleur que prend son eau quand la surface est agitée. Pour parvenir au monastère nous emprunterons des autobus d’une autre époque dont les chauffeurs n’en imitent pas moins Alain Prost.

Nous découvrirons un ensemble imposant de bâtiments où vivaient les moines et leurs lieux de prière et de dévotion. Des fresques bien conservées nous laissèrent à penser que des artistes vivaient là (dont le grand peintre Dionisis). Ce monastère, élevé dans une région isolée, pouvait attirer des envahisseurs, aussi était-il entouré d’une enceinte de protection dont le périmètre atteint 2 km et demi. Parmi ses treize tours, certaines sont en assez bon état, d’autres qui ont besoin d’une restauration, attendent que les subsides arrivent pour retrouver leur aspect d’autrefois.

Au retour, les marchands nous proposèrent divers objets plus ou moins anciens et surtout de beaux ensembles de fourrure dont on peut douter de nos jours de l’utilité.

 

Kiji - Église de la Transfiguration

Nous reprendrons la navigation pour atteindre le lac Onega situé environ 80 mètres plus bas en altitude. Pour cela il nous faudra descendre un escalier de géant constitué d’écluses enchaînées les unes aux autres. Nous traverserons sud/ nord ce lac- le deuxième plus grand d’Europe après le lac Ladoga que nous verrons bientôt- pour atteindre l’île de Kiji. Sous le soleil du nord, avant d’accoster, nous subirons le choc de la vision de l’église de la Transfiguration. Le village avec son église et ses maisons est inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Toutes les constructions sont en bois et ne comportent ni clous ni vis ; les éléments étant enchevêtrés les uns aux autres. L’église, que nous ne pourrons malheureusement pas visiter à cause de travaux comporte 22 bulbes ; non chauffée, elle n’est utilisée que l’été, contrairement à celle de l’intercession plus petite qui présente le plan caractéristique des églises orthodoxes avec le porche suivi du réfectoire puis de la nef.

Nous quitterons Kiji alors que le jour décline lentement et que le vent qui se lève agite la surface du lac. Malgré ses 120 mètres et lorsque nous aurons quitté l’abri des îles pour retrouver le grand large, notre bateau commencera à tanguer et rouler à tel point qu’il nous est demandé d’arrimer nos affaires dans les cabines ; affolement inutile car la tempête annoncée fut moins sévère que prévu et ne nous empêcha pas, soit d’assister au spectacle, soit de dormir paisiblement.

Samedi 16 juin, nous ferons escale à Mandroga, spécialement créée pour le tourisme par des investisseurs privés qui tentent de donner une connotation folklo-historique à cet ensemble voué au commerce artisanal.

 

C’est enfin la dernière étape avant la traversée du lac Ladoga puis l’arrivée à Saint-Petersbourg. Aussi le commandant nous fait-il ses adieux. Pour la circonstance nous aurons un menu amélioré et le repas sera suivi d’un spectacle donné par les passagers. C’est ainsi que nous entendrons des chants du folklore autrichien, sud africain, britannique et que les francophones belges et français nous gratifierons d’une comédie fort appréciée. Nous sommes tout près du solstice et les journées sont longues. C’est ainsi que nous nous retrouverons nombreux, vers 23 heures 30, sur le pont, pour filmer le coucher de soleil qui n’en finit pas de disparaître à l’horizon !

Le Palais de l'Ermitage à Saint-Petersbourg

Saint-Petersbourg s’offrira à nous dès l’aube et nous accosterons parmi une quinzaine de bateaux identiques au nôtre, qui arrivent de Moscou ou s’apprêtent à y partir.

Nous aurons deux jours et demi de visite, ce qui est bien peu pour cette ancienne capitale et ses palais aux alentours.

Bâtie au débouché de la Neva dans la mer Baltique, Saint-Petersbourg, construite par la volonté de Pierre le Grand au début du 18e siècle, bénéficie de ce fait d’une unité architecturale qui contribue à sa beauté. Les multiples canaux qui la traversent, lui ont valu le surnom de Venise du nord ; mais ici, on ne navigue pas en gondole, surtout l’hiver quand tout est pris par les glaces.

Par contre, en juin, quand les jours ne finissent pas, la température peut atteindre des sommets ; nous nous contenterons de 15 à 20°C, agréables pour les visites.

Notre première halte sera pour Saint Nicolas-des-Marins, qui renferme des icônes de ce saint très vénéré en Russie ; nous arriverons pendant un office qui nous interdira la visite complète mais nous donnera un aperçu de la ferveur des croyants orthodoxes.

Ce sera ensuite le musée de l’Ermitage, dont le palais d’hiver s’élève face à l’édifice monumental de l’État-Major. Complètement restauré, c’est un écran somptueux qui accueille des œuvres d’art renommées tels des Léonard de Vinci, Rembrandt, Rubens, des impressionnistes, des Matisse et des objets inestimables dont la fameuse horloge du paon.

Nous apprécierons aussi la forteresse Pierre et Paul, construite sur un îlot, dominée par la cathédrale Saint Pierre et Paul qui renferme bien évidemment de superbes icônes et les monuments funéraires ou tombeaux de Pierre le Grand, Alexandre II, Nicolas II et sa famille exécutés par la révolution.

La perspective Nevski avec la cathédrale de Kazan et à son extrémité la flèche de l’Amirauté est le must de Saint-Petersbourg. On y trouve bien entendu tous les magasins de luxe. La jeunesse se presse sur ses larges trottoirs.

En soirée, nous assisterons à un spectacle des chœurs de l’armée russe.

 

Sur les canaux de Saint-Petersbourg

Notre visite de la ville s’achèvera par une promenade en bateau à travers les canaux et sur la Neva. Ce fut un grand moment, car mieux qu’en car nous découvrirons les palais harmonieux, les ponts décorés et au débouché des canaux sur la Neva, la majesté du grand fleuve, traversé notamment par une réplique du pont Alexandre III de Paris. Le croiseur Aurore qui fit tonner ses canons pour déclencher la révolution d’octobre, est amarré le long des quais.

Au retour, notre guide nous permit un bref arrêt devant l’église de la Résurrection du Christ aux bulbes multicolores.

Notre programme nous conduira aussi en dehors de la ville dans les demeures d’été des tsars :

Peterhof, résidence de Pierre le Grand, voulait à l’évidence imiter Versailles. Au-delà du palais somptueux, le parc est une splendeur. Le temps malheureusement peu clément ce jour, ne nous permettra pas d’en faire la visite complète. Nous retiendrons en particulier les escaliers monumentaux et la débauche des cascades et jeux d’eaux avec des statues revêtues d’or.

Sarskoe Selo, résidence de Catherine la Grande dont nous ne pourrons voir que la façade harmonieuse possède un parc paysagé que nous traverserons à pied en logeant un lac.

Pavlosk, palais que Catherine II fit ériger pour son fils Paul. Cette somptueuse demeure aux pièces remarquables date de la fin du 18e siècle, elle fut construite en un temps record.

 

Notre guide nous assura que la ville que nous avons découverte pendant les nuits blanches, présente un visage complètement différent sous la neige et nous incite à y revenir pour en goûter tout le charme hivernal… Il y a tant à voir ailleurs, qu’il est bien peu probable que l’ARCEA-CESTA organise un tel voyage sous les frimas.

 

Au retour nous retrouverons Paris et ses embouteillages pour changer d’aéroport, puis Bordeaux où, nous ne le savions pas encore, nous attendait un été digne des bords de la Baltique !