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LISTE DES ARTICLES PUBLIES (les articles sont affichés après la liste)

Voyage 2008 en Italie du Nord

(22-30 septembre 2008)

par Charles Costa

 

Après Rome et Naples en 2005, nos adhérents ont souhaité retourner en Italie pour cette fois se concentrer sur le nord du pays. 42 participants se sont ainsi retrouvés à Mérignac, puis à Roissy et enfin à Genève Cointrin dans le courant de l’après midi du 22 septembre.

Notre car italien est là et sans plus attendre nous prenons la direction du tunnel du Mont Blanc. Au détour de virages nous apercevons sa majesté le toit de l’Europe, mais encore scintillant sous le soleil du soir le glacier des Bossons.

À l’entrée du tunnel, un coup d’œil ému au monument commémorant le drame vécu par 40 automobilistes qui périrent là prisonniers des flammes, puis, à l’issue d’une traversée à vitesse réduite, nous débouchons sur Courmayeur et bientôt la vallée d’Aoste autrefois française. Lac Majeur : Isola Madre

Il fait grand nuit lorsqu’enfin, notre car nous dépose devant l’hôtel villa Paradiso sur les rives du lac Majeur où nous retrouvons Cathy, déjà notre guide à Rome et Naples.

Elle nous détaille le programme des deux jours suivants : les rives et les îles des lacs Majeur et d’Orta.

23 septembre : Isola Bella, le joyau des îles Borromées ! Il est vrai que le palais présente un intérêt majeur par ses collections de meubles, de poupées et par les salles traitées à la manière de grottes. Les jardins, dont nous n’avons qu’une vision très brève, vu la pluie qui tombe à seaux sur l’île sont un exemple grandiose du jardin baroque à l’italienne. Les paons blancs, dont on ne sait s’ils sont vivants ou de marbre tant l’eau du ciel les immobilise, sont bien présents ainsi que nous l’annoncent les guides.

L’Isola dei Pescatori, toute petite mais pittoresque sera notre arrêt repas, avant que nos deux bateaux nous conduisent vers l’Isola Madre où nous pourrons, le soleil revenu, nous promener à notre guise au milieu d’une végétation méditerranéenne, où jasmins, bougainvillées et de nombreuses essences rares abritent une faune colorée de faisans aux couleurs chatoyantes. Chacun trouvera le point de vue idéal pour actionner son appareil numérique et ramener pour les amis les clichés dignes d’un Arthus-Bertrand !

 

24 septembre : Le lac d’Orta beaucoup plus modeste que le lac Majeur est enchâssé dans un écrin de montagnes qui se reflètent à sa surface. L’île de San Giulio, dite aussi l’île du silence, se parcourt à pied ; c’est quasiment une île monastère où la crypte de la basilique recèle les reliques de Saint Jules. Dans cette église, un ambon en granite monolithe est impressionnant, à cause des sculptures ciselées dans ce bloc de pierre dure.

Dans le village d’Orta et avant le déjeuner, d’aucuns se détendent un apéritif en main, alors que d’autres plus sérieux s’interrogent devant les sculptures modernes de Arnaldo Pomodoro parsemées dans toute la petite ville.

Nous laissons Orta pour contourner le lac Majeur par le nord et rejoindre ainsi les fameux jardins de la Villa Taranto dont nous parcourons entre autres les allées de l’espace des dahlias en plein épanouissement, qui nous donnent une idée de ce que peut révéler ce lieu en pleins mois de mai et juin.

Nous quittons définitivement le lac majeur pour nous rendre sur les rives du lac de Côme, précisément à Lecco où un hôtel très confortable nous permet de récupérer après une journée bien remplie.

Nous voici déjà le 25 matin et nous prenons la route pour Sirmione cette fois sur le lac de Garde. Quelle belle station thermale où un tour de presqu’île en bateau nous permet d’apercevoir les ruines de Catulle et de découvrir notre premier château construit par la famille Della Scala que nous retrouverons bien sûr à Vérone.

Pendant le temps libre qui nous est proposé après une visite rapide de la forteresse, il fait bon flâner sous le soleil dans les ruelles pittoresques et animées de la ville, et bien entendu comment résister aux « gelati » ?

Après le déjeuner, nous poursuivons sur la côte est du lac pour atteindre Malcesine, ville pleine de charme avec ses ruelles médiévales et son château fort, évidemment appartenant en son temps à la famille Della Scala. Malcesine est située au pied d’une montagne culminant à 2200 mètres, le Mont Baldo. Nous emprunterons un téléphérique à cabine rotative pour atteindre l’altitude de 2000 mètres où nous découvrons des pâturages. Quelle belle vue sur le lac et Malcesine, mais aussi quel contraste entre l’aspect méditerranéen des bords du lac et la végétation alpine du sommet.

En gravissant à pied cette montagne on trouve une flore qui, dit-on, conduit des bords de la Méditerranée aux zones arctiques.

Au bord du lac de Garde,

Quand on le regarde

Que Malcesine est beau

Du haut du mont Baldo !

Notre hôtel à Arco au nord du lac nous procure quelques soucis (surbooking), mais tout rentre dans l’ordre grâce à Cathy, et frais et dispos, nous pouvons prendre la route de la Vénétie.

26 septembre : Vérone est proche. Notre chauffeur nous arrête sur la place Bra où sont situées les arènes, les plus grandes d’Italie après le Colisée. Elles peuvent contenir pas moins de 25000 spectateurs ; chaque année on y donne Aïda de Verdi.

Vérone : Le balcon de Juliette

 

La ville ancienne était ceinturée de murailles très hautes toujours debout en maints endroits.

Les centres d’intérêt où, bien sûr, se pressent les touristes sont la place des herbes (Piazza delle Erbe) qui était et reste le site du marché aux légumes. On peut admirer de riches demeures avec colonnades de marbre ou ornées de fresques. C’est ici que se trouve le Palazzo communale, autrement dit l’hôtel de ville.

La Piazza dei Signori (place des seigneurs) où nous découvrons la Loggia del Consiglio est un joyau de le Renaissance. En son centre, la statue de Dante, lequel trouva refuge à Vérone au début et à la fin de son exil et où, dit-on, il écrivit « Le Paradis », ultime partie de sa Divine Comédie.

Tout près, bien qu’entourés d’échafaudages, nous admirons les tombeaux de la famille Della Scala qui régna sur la ville de 1261 à 1387 et notamment celui de Cangrande caracolant sur son cheval. L’échelle sculptée, emblème de la famille (scala) orne bien sûr ces tombeaux extraordinaires situés en pleine ville.

On ne saurait quitter Vérone sans se frayer un passage à travers la foule de curieux qui viennent admirer le soi-disant balcon de Juliette ! Situé dans la cour du palais des Capuletti, il peut donner loisir à chacun d’imaginer les moments forts de l’œuvre de Shakespeare.

Shakespeare s’inspira d’une nouvelle, œuvre d’un conteur italien, Matteo Bandello qui fut entre autre évêque d’Agen et qui termina sa vie avec nombre de ses compatriotes à Bassens formant là une petite cour de savants et d’artistes !

Après déjeuner nous reprenons la route à destination du Lido de Jesolo. Avant d’atteindre notre hôtel Orient et Pacific, il faut à notre chauffeur s’armer de patience pour se défaire des bouchons traditionnels de la région de Mestre. La température fraîche en ce mois de septembre ne permet pas d’envisager un bain dans l’Adriatique et c’est plutôt en anorak que beaucoup s’en vont se dégourdir les jambes sur la plage. Venise sera pour demain….

Et le lendemain 27 septembre, levés de grand matin, nous prenons car puis bateau pour rejoindre la Sérénissime. À notre arrivée, tous ceux qui n’ont pas encore découvert cette ville si particulière, sont surpris par le va et vient de bateaux de toutes tailles qui déversent leurs cargaisons de touristes, ou qui simplement s’affairent au trafic local.

Notre première halte est pour l’église Saint Zacharie qui renferme une merveilleuse Vierge à l’Enfant de Bellini. Venise : gondoles…

À l’angle du palais des doges et de la basilique Saint Marc, alors que l’eau de la lagune suinte sous nos pas, nous faisons connaissance de Barbara, une blonde italienne, tout de blanc vêtue qui est la chef des guides de Venise. Son commentaire très riche est relayé par des récepteurs individuels. Malheureusement nous ne pouvons rester longtemps à l’intérieur de la basilique tant la foule est dense. Bien sûr, chacun sera ébloui par la richesse de la décoration d’inspiration byzantine faite de marbres polychromes et de somptueuses mosaïques à fond or. A l’extérieur, le fameux quadrige que Napoléon emmena dans notre pays a retrouvé sa place…. Non pas sur la façade où l’on ne peut voir que des répliques mais dans le musée de la basilique.

Au sortir de Saint Marc, notre groupe contourne la queue pour prendre l’ascenseur qui conduit au sommet du campanile d’où l’on peut jouir d’une vue panoramique de la lagune. Mais on ne voit aucun canal sauf à peine le grand canal ! À l’horizon, dans le  port de commerce, sont amarrés   deux   bateaux de croisière pour lesquels Venise est une étape incontournable en Méditerranée. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’en voir passer plusieurs devant la place Saint Marc. Après le déjeuner dit amélioré mais frugal, nous visitons la Scuola di San Rocco (école de Saint Roch) Cette église est presque entièrement décorée par Tintoret dans un style réaliste qui tranche avec les œuvres de Véronèse ou du Titien. L’ancien et le nouveau testament ou Saint Roch en gloire sont des œuvres majeures et grandioses de ce fils de teinturier vénitien.

Pour rejoindre l’embarcadère nous disposons de temps mis à profit pour approcher cette ville musée.

La population de Venise est en rapide décroissance, elle ne compte plus aujourd’hui que 60 000 habitants. Il faut beaucoup d’argent pour s’y loger. En effet il s’agit de palais dont le maintien en état nécessite des travaux quasi permanents. Aujourd’hui les seuls palais restaurés sont transformés en Hôtels de luxe où abritent des fondations comme celle créée par François Pinault pour abriter sa collection d’art moderne. Les musées et églises sont entretenus par l’état italien qui engage aussi des sommes importantes dans la construction d’une digue sensée protéger la ville de la montée des eaux de l’Adriatique.

Le 28 septembre, notre deuxième journée à Venise sera consacrée le matin au palais des doges ; nous retrouvons Barbara qui nous fait découvrir les splendeurs des salles d’apparats. Le doge élu parmi les grandes familles de Venise devait symboliser la puissance et la richesse de la Sérénissime. L’escalier d’honneur surmonté d’une statue du doge qui s’agenouille devant Saint Marc mais pas devant le Pape mettait d’emblée ses visiteurs dans l’ambiance. Venise : Le Doge agenouillé devant Saint Marc

Il arrivait que le doge les fasse attendre plusieurs jours dans l’antichambre pour les recevoir. Nous parcourons différentes salles décorées par les plus grands peintres pour déboucher dans la salle du grand conseil : Ses dimensions osées ont été permises par la suspension de l’édifice à des portiques reposant directement sur les pieux. Ce qui frappe dans cette salle, outre ses dimensions sont le plafond à caisson et le gigantisme de la toile du Tintoret (la plus grande du monde) appelée le Paradis ou encore le couronnement de la vierge où sont traitées des centaines de personnages.

Par le pont des soupirs nous gagnons les prisons où fut enfermé entre autres le célèbre Casanova, le seul qui réussit à s’en échapper...

Après déjeuner nous nous retrouvons séparés en deux groupes pour la visite de la Ca Rezzonico. Ce palais, racheté par la riche famille Rezzonico, alors qu’un seul étage était construit, lui permit de faire étalage de son opulence et ainsi d’accéder au rang des nobles  familles vénitiennes.  Les meubles  et les peintures qui y sont exposés révèlent des coutumes de la vie au 18e siècle. Mais on y voit aussi des œuvres allégoriques notamment de JB Tiepolo et des toiles intéressantes de Guardi dont le parloir des religieuses de San Zacharia.

La majeure partie du groupe se sépare dans plusieurs taxis pour un tour de ville à travers les canaux qui permet de découvrir un aspect moins rutilant de Venise et notamment le ghetto juif. Deux couples partent à la découverte de l’église de Santa Maria dei Frari qui contient de splendides peintures (vierge de Bellini et Assomption du Titien). Un christ sculpté par Donatello et divers tombeaux (Monteverdi, Titien, Canova).

Puis tout le monde se retrouve à l’embarcadère à l’heure dite pour le retour à l’hôtel. Venise : Le groupe devant la basilique Saint Marc

Le 29 septembre : Avant dernier jour dédié aux îles de la lagune.

Notre bateau privé nous conduit d’abord à Murano pour la visite traditionnelle d’un atelier de verrerie. Nous avons une démonstration époustouflante par un Maître verrier qui, en quelques minutes réalise un beau cheval cabré, et inévitablement nous sommes acheminés vers la boutique pour effectuer quelques achats. La basilique de Murano est très intéressante non seulement par sa très belle façade, son chevet, mais aussi par le sol intérieur revêtu d’un pavement de mosaïques du 12e siècle.

Départ pour Burano, l’île au campanile penché, mais surtout l’île aux maisons colorées et aux dentellières. Dans ce lieu très animé où le siège du parti communiste est le rendez-vous incontournable des autochtones, certains du groupe flânent à la recherche d’une bonne affaire, alors que d’autres s’attablent autour d’une bouteille de pino griggio accompagnée de friture en guise d’apéritif.

Après le repas, départ pour Torcello qui fut avant Venise l’île la plus habitée de la lagune. Ses habitants la quittèrent quand la vase rendit la navigation difficile et que la malaria s’y propagea. Ils y laissèrent un édifice de grand intérêt, la Cathédrale Santa Maria Assunta fondée en 639 ; l’intérieur laisse pantois à cause des revêtements de mosaïques du 12e siècle dont un gigantesque jugement dernier, divisé en 6 registres. Dans le cul de four du chœur tapissé de mosaïques d’or, trône une madone debout.

En dehors de la Cathédrale, seuls quelques restaurants témoignent d’un reste de vie des derniers habitants, une soixantaine.

De retour à l’hôtel, il faut préparer les valises pour le départ du lendemain. Notre avion pour Paris n’étant programmé qu’en fin d’après midi, nous avons décidé Cathy à organiser une courte échappée à Padoue.

C’est le 30 septembre notre dernière étape en Vénétie. Nous découvrons la basilique de Saint Antoine (le saint sans langue !) nous retenons de cette visite, la profusion des décors et dans la chapelle des reliques des restes du Saint et notamment sa langue et ses cordes vocales (importantes car il était brillant prédicateur). Nous contournons la place du Prato Della Valle (le pré sans herbe !) ceinturée de 87 statues d’hommes illustres de Padoue et nous atteignons le centre ville. L’université qui date du 13e siècle a de tout temps été un centre intellectuel de la péninsule : les noms de Dante, de Copernic et de Galilée ne lui sont–ils pas attachés ? Nous assistons même à un bizutage !

Tout près le fameux café Pedrocchi (le café sans porte !) à la façade néo classique était fréquenté par les romantiques dont Alfred de Musset.

Le repas final sera l’occasion de remercier Cathy qui nous chaperonna pendant ces 8 jours lesquels resteront inscrits au chapitre des excellents souvenirs.