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Compte-rendu du voyage en Andalousie  (2-10 octobre 2006)

par Charles Costa

Il fait encore sombre quand ce 2 octobre 2006, 34 membres ou amis de l’ARCEA-CESTA encore ensommeillés, quittent Pessac à bord d’un car tout neuf pour une longue journée…

À Saint-Jean de Luz, nous changeons de chauffeur (amplitude exige…) et c’est avec Didier que nous poursuivrons notre voyage. À Biarritz, nous retrouvons M. et Mme Berthoumieu.

L'arrêt déjeuner à Burgos, ne sera pas une surprise, ni pour le décor, ni pour la nourriture pour ceux d’entre nous qui étions passés20061002andalousie img01Cordoue - Vue extérieure de la mosquée par là en direction du Portugal en 2004 !

C’est là que Miguel notre guide espagnol nous attend pour nous prendre en main jusqu’à notre retour à Burgos.

L’après-midi sera particulièrement long ; nous contournerons Madrid pour atteindre vers 19 heures, l’hôtel Beatriz à Tolède.

Le 3 octobre, nous roulons à travers villes et campagnes de la Castilla la Mancha et enfin de l’Andalousie.

C’est ainsi que nous arrivons à Cordoue vers 14 heures pour déjeuner. Après ce repas attendu nous débutons la visite de cette ville par l’extraordinaire mosquée aux dimensions impressionnantes (179X128 mètres) C’est le troisième plus grand édifice religieux au monde après le temple d’Angkor et Sainte-Sophie d’Istanbul, devant Saint Pierre de Rome.

Construite entre le 8e et le 10e siècle par les califes successifs, la mosquée ne comporte pas moins de 850 colonnes soutenant des arcs doubles ornementés de pierres et de briques. En son sein fut érigée la cathédrale entre 1523 et 1766. Son style est bien sûr évolutif entre gothique tardif et Renaissance avec des décors plateresques et baroques. On y remarque de superbes stalles en acajou. L’ensemble est érigé dans une enceinte où l’on trouve le minaret couronné d’un clocher qui culmine à plus de 40 mètres et la cour des orangers entourée de trois portiques.

Le 4 octobre, nous visitons la synagogue construite en 1315, période de coexistence pacifique des trois religions, coranique, judaïque et chrétienne. La juderia, quartier juif, qui entoure la synagogue de même que le quartier mauresque qui jouxte la mosquée sont faits d’un dédale de petites rues ou impasses qui rivalisent de charme avec leurs patios fleuris cernés de grilles en fer forgé et les fontaines qui distillent une impression de fraîcheur sans doute bien venue quand la température flirte avec 45 °C à l’ombre au cœur de l’été.

Avant le déjeuner, un moment de quartier libre permet de visiter l’Alcazar des Rois Chrétiens. Construit sur des ruines romaines, il conserve de précieuses et très belles céramiques ; ses jardins agréables parfaitement irrigués exhalent des senteurs de jasmin.

20061002andalousie img02Séville - Place d’EspagneDépart vers Séville que nous atteindrons très vite par l’autoroute, ce qui nous autorise une première découverte de la capitale andalouse. Sous la conduite d’une guide blonde, nous traversons les espaces où se déroula l’exposition universelle de 1992. Malgré la vétusté de certains édifices dans l’ensemble hétéroclites, comme il se doit pour une exposition universelle où chaque pays veut briller, on imagine facilement l’activité qui y régnait et on peut mesurer par ailleurs l’impact que cette manifestation a pu avoir pour le développement de la ville.

L’exposition ibero-américaine de 1929, notre second lieu de visite avec ses bâtiments  d’une facture différente aura été, elle aussi un moment fort pour Séville. La place d’Espagne et sa galerie de portiques dont la base évoque par des panneaux de céramiques toutes les provinces d’Espagne, fut le cœur de l’expo. La place d’Amérique et ses multiples palais aux styles différents sera l’occasion d’une courte pause bien appréciée.  

Notre hôtel, situé en pleine ville, permettra à ceux qui ont encore quelque énergie de découvrir à pied l’animation nocturne d’une ville espagnole et d’admirer ses monuments superbement illuminés.

Notre deuxième journée à Séville débute par la maison  Pilatos, somptueuse demeure renaissance construite en 1519. Ce palais comporte un patio central décoré de sculptures d’origine romaine avec en son centre une fontaine de marbre. À l’intérieur, le mélange de styles et de matériaux, si caractéristiques de l’Andalousie, conserve cependant un équilibre très discret.

En continuant notre promenade pédestre, nous débouchons dans le quartier de Santa Cruz blotti autour de sa place et de sa sainte croix. Le fer forgé ne manque pas en ces lieux pleins de charme où les patios apparaissent derrière les grilles protectrices. C’est ici que vécut et mourut Murillo dont la sépulture se trouve sous la place de Santa Cruz.

Quelques détours et nous arrivons devant la majestueuse cathédrale, dont nous réservons la visite après le déjeuner, préférant20061002andalousie img03Séville - La cathédrale et sa giralda opter pour les arènes de la maestranza.

Relativement récentes, puisque achevées en 1881, elles peuvent contenir 14000 aficionados. L’enceinte est dominée par la loge du prince.

Au sous-sol, est aménagé un musée de la tauromachie où l’on peut évoquer les grands noms de toreros et voir les têtes encornées des plus fameux toros. Dans une minuscule chapelle où viennent se recueillir les toreros avant le combat, on peut lire leur prière qui implore l’assistance de la vierge.

L’après-midi est donc consacré à la visite de la fameuse cathédrale de Séville. Fameuse, elle l’est déjà par ses dimensions qui la placent juste après Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres.  Elle  ne comporte pas moins de six nefs.

Initialement et après la Reconquête de la ville, la cathédrale s’installe dans l’ancienne mosquée dont il ne reste que la cour des orangers et le minaret devenu après quelques transformations le campanile, symbole de la ville : la célèbre giralda.

20061002andalousie img04Ronda et son pont prisonAprès une nuit réparatrice, valises chargées dans le car, nous nous dirigeons vers l’Alcazar, haut lieu de visites si on en juge par la queue aux guichets ! Ses palais construits pour les rois sévillans par des architectes et artistes, influencés par le style mauresque (ou arabes eux-mêmes), nous montrent une fois encore combien cette civilisation qui domina l’Espagne des siècles durant était raffinée. Dans les jardins aux parfums envoûtants et aux essences rares, où l’irrigation et le soleil permettent la croissance de ces multiples espèces, il fait bon s’y attarder avant le déjeuner et le départ pour Ronda.

Nous atteindrons cette ville située sur un promontoire dans le courant de l’après-midi, ce qui nous autorise à enchaîner par une visite :
Ronda, ville de caractère, construite de part et d’autre d’un profond ravin, doit son unité à un pont majestueux dont les piliers renferment une ancienne prison. Des vues impressionnantes de nombreux endroits de la ville, nous expliquent qu’elle était difficilement prenable. Outre son site particulier,  Ronda possède des arènes construites entièrement en pierres. C’est ici que Romero créa en 1700 le cérémonial de la corrida à pied. Le lieu historique et la qualité des courses présentées en saison font converger vers Ronda, chaque année tous les aficionados qui auront pris soin de réserver leurs places au moins un an à l’avance. Nous visitons aussi l’église de Santa Maria la Mayor et le vieux quartier juif.

Le lendemain 7 octobre, départ pour Grenade. La route est longue d’autant que jalonnée de quelques arrêts. Le premier pour admirer au loin le site de Gibraltar et son fameux rocher, puis Marbella qui se dévoile avec ses villas somptueuses et son port où les yachts rivalisent de luxe et de longueur. La jet-set hante les lieux, c’est évident. De Nerja nous n’aurons qu’un aperçu décevant car le restaurant (usine à touristes) est situé loin de la ville. À partir de Malaga, l’autoroute se dirige vers le nord pour atteindre Grenade au pied de la Sierra Nevada.

Grenade, ultime bastion maure pris par la Reconquête, conserve avec l’Alhambra un ensemble de palais et de jardins qui font sa renommée.

L’hôtel, bien que situé hors les murs, s’avère décevant (accueil, confort et table quelconques…). La visite de Grenade  commence par l’Alhambra avec ses palais et jardins. Alhambra signifie la rouge, couleur de la terre de la colline sur laquelle elle est bâtie. Nous y pénétrons par la porte de la justice pour arriver très vite au palais de Charles Quint, enceinte circulaire à deux étages supportés par des colonnes.

Nous arrivons ensuite aux palais Nasrides, de loin les plus intéressants :20061002andalousie img05Grenade - Palais de l'Alhambra - La cour des lions

- Le palais Muxuar avec sa salle dorée donnant sur la cour de la mosquée fermée par la remarquable façade  du palais Comares.

- Celui-ci est le centre le plus important des constructions de l’Alhambra avec sa salle des ambassadeurs, la cour des myrtes où étaient organisées les grandes réceptions d’ambassades, et aussi où les notables attendaient pour être reçus par le sultan ; Son plan d’eau est un miroir où se reflètent les murs des bâtiments qui l’entourent . La cour est fermée par la galerie sud.  La longue salle entre la galerie et la salle du trône comporte des plafonds sculptés qui rappellent les stalactites d’une grotte où régnerait la fraîcheur . Dans l’espace suivant, salle des rois et salle des deux sœurs, nous découvrons mieux encore, les extraordinaires coupoles en dentelle de stuc !

- Enfin nous découvrons la cour des lions , dont l’appellation vient de la grande vasque supportée par des lions cracheurs d’eau.

20061002andalousie img06Soirée FlamencoL’après-midi , la guide nous conduit à la cathédrale. Sa construction a débuté en 1518 sous le règne de Charles Quint, elle combine les styles gothique puis renaissance. Dans sa nef, nous remarquons les orgues majestueuses aux trompettes horizontales et des tableaux de Cano, du Greco et de Ribera. Mais c’est surtout la grande chapelle qui retiendra notre attention : elle fut construite pour abriter les cénotaphes  de la reine Isabelle et de Ferdinand, les artisans de la Reconquête de Grenade. Cette visite est quelque peu écourtée par notre guide dont l’objectif non avoué était de nous conduire à la boutique de ses parents pour y faire provision de souvenirs !

La soirée s’achèvera dans une grotte du quartier de l’Albaïcin où des purs gitans nous produiront un spectacle de flamenco.

Après une dernière nuit à Grenade nous prenons le chemin du retour.

Premier arrêt à Jaen. Cette ville, située au pied d’une colline abrupte, est à l’évidence la capitale mondiale de l’olivier. L’Espagne ne compte pas moins de 300 000 000 d’oliviers dont la plus grande partie en Andalousie. Il faut dire que les Espagnols n’ont en rien suivi les injonctions de Bruxelles qui préconisait l’arrachage des oliviers ; ces arbres fixent le sol qui aurait sinon une forte tendance à s’éroder. C’est pourquoi l’Espagne fournit de l’huile d’olive au monde entier y compris aux italiens qui eux, ont arraché massivement pour toucher les primes afférentes. Autour de Jaen, les oliveraies s’étendent à l’infini. Nous visitons la vaste cathédrale de la ville qui allie les styles renaissance et baroque ; on y honore la Sainte Face du Christ qui serait conservée sur une pièce d’étoffe. Puis notre car gravit la pente qui nous conduit au château (maintenant Parador) qui domine la ville et au-delà, les champs d’oliviers qui s’étendent à l’infini.20061002andalousie img07Vue générale de Tolède

L’eau est omniprésente. Elle descend de la Sierra Nevada pour rafraîchir, décorer ou s’agissant des espaces verts, irriguer.

C’est effectivement le cas dans les fameux jardins du Generalife où nous faisons une promenade enchanteresse.

Après le repas, l’ordinateur de bord du car nous indique un défaut de fermeture de la porte avant, cependant bien close. Les tentatives vaines pour remédier à ce défaut (sans aucun doute de capteur) nous feront perdre près d’une heure, que nous ne récupérerons pas. C’est ainsi qu’à l’arrivée à Tolède, il sera trop tard pour admirer le chef-d’œuvre du Gréco,  l’enterrement du comte d’Orgaz. Il nous restera cependant le temps de jouir d’un panorama exceptionnel sur la cité bâtie sur une colline ceinturée par le Tage. Un bref tour de ville sera suffisant pour admirer la belle façade de la cathédrale et s’initier à la gravure. sur métal dans un atelier boutique (bien connu de notre guide !)                                             

L’hôtel Beatriz que nous retrouvons avec plaisir nous permettra de recharger les batteries avant la dernière étape qui, via Burgos (où  Miguel notre accompagnateur nous quittera), puis Biarritz pour saluer les Berthoumieu et Saint-Jean de Luz pour récupérer un nouveau chauffeur, nous ramènera à Pessac terme de ce voyage ô combien intéressant.

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