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Voyage Rome Naples (3-11 mai 2005)

par Charles Costa

La ville de Rome, Naples et sa région, tout un programme que seuls les 50 premiers inscrits eurent le plaisir d’apprécier.

La journée du 3 mai sera particulièrement longue puisque les 44 aquitains du voyage ont rendez vous dès 5 heures 30 à l’aéroport de Mérignac pour un acheminement vers Roissy où ils retrouveront 6 Parisiens. C’est en effet l’effectif complet de 20 hommes et 30 femmes qui se retrouve dans l’Airbus pour un vol vers l’aéroport Leonardo da Vinci atteint vers 11heures 30.

C’est là que nous faisons connaissance de Cathy qui nous chaperonnera pendant tout le séjour, et Settimio notre chauffeur chanteur.

La première étape sera pour le restaurant où nous dégustons les fameuses pâtes qui elles aussi jalonneront ce séjour.

Sous la conduite de Maurizio, notre premier guide à Rome, nous parcourons ensuite la ville Baroque en commençant par la célèbre place d’Espagne. Son escalier majestueux couvert de fleurs conduit à l’église de la Trinité des Monts puis à la villa Médicis qui abrite les artistes concourant pour le prix de Rome (l’ensemble est une enclave française), l’escalier fut construit à la demande de Mazarin qui ne pouvait supporter les ébats amoureux auxquels se livraient les péripatéticiennes et leurs clients derrière les buissons qui couvraient alors cette colline.

Nous dirigeons ensuite nos pas vers la fontaine de Trevi, monument imposant représentant Neptune sur 20050503 italie img01Rome - La fontaine de Treviun char tiré par des tritons. C’est là qu’Anita Ekberg se baigna sous les yeux de Mastroianni dans le film La Dolce Vita. Certains d’entre nous qui souhaitent revenir à Rome, satisfont à la tradition qui consiste à jeter deux pièces dans le bassin en lui tournant le dos.

Nous pénétrons ensuite dans l’église Saint-Ignace de Loyola où nous restons confondus devant la coupole en trompe l’œil, puis atteignons le Panthéon, construit sous Agrippa, brûlé en 80 et reconstruit sous Hadrien entre 120 et 126. Bien que dépourvu de ses parures de marbre et de ses tuiles de bronze, ce bâtiment impressionne par ses dimensions : 43 mètres de diamètre et 43 mètres de haut, c’est la plus vaste coupole de l’antiquité. À son sommet, un oculus de 9 mètres de diamètre laisse entrer la lumière, et aussi la pluie qui noircit les murs et qui explique les ravalements en cours qui nous privent de nous recueillir devant la tombe de Raphaël.

Avant d’atteindre la place Navona, une brève halte en l’église Saint Louis des Français, nous permet d’admirer trois œuvres remarquables du Caravage et de nombreux tombeaux dont ceux du peintre Claude le Lorrain et de Pauline de Beaumont morte dans les bras de Chateaubriand, l’infidèle. La place installée sur le lieu du cirque de Domitien est animée par trois fontaines dont celle des quatre fleuves surmontée d’un obélisque de granite rose récupéré du cirque de Maxence. Enfin nous regagnons notre hôtel, situé sur les collines dominant la ville.

20050503 italie img02Vatican - Place Saint-PierreLe 4 mai, nous retrouvons Maurizio et une deuxième guide Patricia pour la visite du Vatican. La matinée sera vouée aux musées qui recèlent des œuvres innombrables, dont la moindre ferait la gloire d’un musée de province ! Nous retenons entre autres le groupe du Laocoon et l’Apoxymène l’athlète sortant de la palestre. Après la statuaire nous visitons la pinacothèque qui recèle des œuvres majeures de Michel-Ange et de Raphaël. De celui-ci dans les fameuses « stanze » nous admirons l’école d’Athènes ou encore la bataille de pont Milvius qui vit la victoire de Constantin sur Maxence et qui permit l’instauration de la chrétienté dans l’empire. Après force commentaires détaillés de notre guide devant des reproductions à petite échelle, nous pénétrons dans la chapelle Sixtine occupée quelques jours plus tôt par le conclave. Là, au milieu d’une foule bruyante, constamment rappelée à l’ordre, nous découvrons le fameux plafond commandé par Jules II et réalisé par Michel-Ange.

L’artiste, coincé entre échafaudage et plafond peint couché, les couleurs tombent en gouttes sur son visage. Il confesse : « J’ai plus de fatigue à subir que jamais homme n’en a supportée ». Mais quel résultat, 343 personnages parés de couleurs tendres illustrent la bible de la création du monde au déluge, avec au centre la création de l’homme.

Puis à 60 ans, c’est Paul III qui sollicite Michel-Ange pour orner le mur d’autel de la chapelle. C’est le jugement dernier qui demandera 6 ans de travail ininterrompu pour créer ces deux grappes humaines, l’une ascendante vers le paradis, l’autre descendante vers les abîmes où attendent Caron et Minos ; tout cela sous l’œil implacable du Christ.

Après le déjeuner nous visitons la place Saint-Pierre puis la basilique. C’est d’abord la découverte de la célèbre colonnade du Bernin qui encadre cette place en ellipse de 240 mètres de large, au centre se trouve un obélisque du 1er siècle avant J.C. ramené d’Egypte à Rome comme les onze autres que l’on peut découvrir dans la ville. Au dessus des 284 colonnes doriques de 13 mètres de haut, 140 statues de saints couronnent l’attique.

La façade de la basilique que nous avons vue et revue lors du décès de Jean-Paul II, nous paraît un peu lourde ; à ses pieds on ne voit plus la coupole que Michel-Ange voulait plus dégagée. La porte centrale est un pur chef d’œuvre d’orfèvrerie qui provient de l’ancienne basilique. À droite, se trouve la porte sainte ouverte tous les 25 ans par un coup de marteau symbolique du Pape.

L’immensité de la basilique n’apparaît pas à première vue ; il faut pour l’apprécier examiner sur son sol les longueurs des autres cathédrales de par le monde. Très baroque, fait d’une débauche de sculptures, l’intérieur est un véritable musée où les tombeaux des papes béatifiés rivalisent d’ornements. Mais là encore le génie de Michel-Ange est époustouflant : après l’auteur des décorations de la Chapelle Sixtine, on peut ici par la coupole qui égale celle du Panthéon découvrir ses talents d’architecte, et derrière son blindage de verre (installé à la suite de la profanation de l’œuvre par un déséquilibré en 1983) la Pièta sublime l’œuvre du meilleur sculpteur de tous les temps. Pour ceux qui n’hésitèrent pas à faire une demi-heure de queue la descente à la crypte permit de se recueillir quelques brefs instants devant la sépulture en marbre blanc de Jean Paul II.

Après le dîner, une visite impromptue des monuments illuminés et la dégustation d’un gelato près de la fontaine de Trevi achèvent cette belle journée.

Le jeudi 5 sera dédié à la Rome antique. Néanmoins puisque nous y accédons par la20050503 italie img03 place du Capitole, l’introduction sera toute Renaissance ; les commentaires de Patricia nous ferons une fois encore nous enthousiasmer devant ce bijou de place dessiné par…. Michel-Ange.

En contournant le bâtiment central et après une brève rencontre avec la louve allaitant Romulus et Remus nous découvrons la vallée du forum qui s’étend entre le Capitole et le Palatin. Elle s’ouvre par l’arc de triomphe de Septime Severe. C’était le centre de vie de la cité. Au gré de notre promenade, nous découvrons la prison où Vercingétorix fut enfermé avant sa strangulation, la curie de César, vaste bâtiment de brique où se réunissaient les sénateurs, le miliarum aurem (borne d’où étaient calculées les distances avec les villes de l’empire), des temples, l’atrium des vestales et enfin l’arc de triomphe de Titus à l’extrémité de la voie sacrée. Puis c’est l’imposant Colisée…

20050503 italie img04Rome - Le ColiséeCe qui était en vérité l’amphithéâtre de Flavien d’une capacité de 50 000 spectateurs répartis sur 4 niveaux selon leur classe, s’appela colosseo, allusion à une très haute statue de Néron qui jouxtait l’amphithéâtre. Ce monument, symbole de Rome, fut construit rentre 72 et 80 après J.C.. L’arc de Constantin, tout proche, remonte à 312, il fut érigé pour célébrer la victoire de Pont Milvius déjà évoquée plus avant.

À deux pas, le mont Palatin ; c’est là selon la légende que Romulus fonda Rome en 743 avant J.C.. Sous la République, Cicéron parmi d’autres y fit construire sa demeure et bien d’autres temples y furent érigés. À l’époque impériale, on éleva des palais, notamment le premier d’entre eux pour Tibère. De la colline, on domine le circus maximus, stade immense pouvant accueillir jusqu’à 250 000 spectateurs.

Nous descendons du Palatin au travers des jardins Farnèse, mais on ne verra pas le fameux palais, siège de l’ambassade de France en Italie.

Un court repos à l’hôtel, nous permet de récupérer et de se préparer pour un dîner typique dans le quartier du Trastevere. Dans une cave, un groupe de chanteurs accompagne notre repas et en guise de transition nous interprète « Arrivederci Roma » et déjà le folklore napolitain « O sole mio », « Santa Lucia », « Funiculi, funicula » que nous reprenons en chœur et que nous entendrons et réentendrons bientôt.

Vendredi 6 mai, au programme les catacombes de Saint Calixte. Mais auparavant, notre guide Patricia nous accompagne pour la visite de Saint Paul hors les murs, après Saint Pierre, sainte Marie Majeure et Saint Jean de Latran c’est la quatrième des basiliques majeures qui sont propriétés du Vatican. C’est là que le disciple du Christ est enterré. Ce monument nous permet d’imaginer ce que devaient être les temples de l’époque antique avec colonnades et plafonds à caissons. Cette basilique recèle quelques curiosités tels un candélabre pascal du 12ème siècle et 264 médaillons à l’effigie de tous les papes jusqu’à Jean Paul II. Elle est en outre flanquée d’un très beau cloître des 12ème et 13ème siècles.

La nécropole de Saint-Calixte date du 13ème siècle. Les papes y furent enterrés jusqu’à Constantin. On visite une partie du deuxième étage où le guide nous montre quelques symboles de la chrétienté peints sur les murs (poissons, colombes, monogrammes du Christ) notamment dans ce que aujourd’hui, on qualifierait de caveaux de famille et une sculpture de Sainte Cécile, dans la position exacte où elle a été retrouvée décapitée dans le quartier du Tastevere. Au retour nous passons devant l’église du Quo Vadis, lieu où Saint Pierre reconnaissant le Christ lui aurait lancé « Domine quo Vadis ? » Où vas-tu Seigneur ?

Après déjeuner et avant de quitter Rome, nous gagnons Saint-Jean de Latran. C’est notamment le siège de l’évêché de Rome dont l’évêque est le Pape…Dommage, la visite de cette splendide œuvre d’art est tronquée de par la préparation de la venue de Sa Sainteté Benoît XVI prévue le lendemain. Ici comme dans les autres basiliques majeures, la porte sainte n’est ouverte que tous les 25 ans pour les années jubilaires.

Il est presque 15 heures 30 quand Settimio nous invite à regagner notre car direction20050503 italie img05Le groupe sur fond de Vésuve Napoli !

Après 1 heure 30 d’autoroute, après avoir laissé sur notre gauche le célèbre Mont Cassino, nous découvrons à l’horizon celui qui dorénavant sera omniprésent, le Vésuve… Mais les faubourgs de Naples sont étendus et pour atteindre Sorrento, un vendredi soir, il nous faudra être patients… C’est si facile quand les points de vue sont enchanteurs, la baie, avec ses côtes escarpées et à l’horizon les îles, Ischia et la perle Capri…

L’hôtel Michel-Angelo en plein centre ville, s’avèrera luxueux, et à sa table, fait rarissime en voyage organisé, nous pourrons manger à la carte. Ce sera une base agréable pour découvrir cette région d’Italie que tant de célébrités ont fréquentée.

Le samedi 7, c’est la San Genaro dont le sang séché doit se liquéfier précisément ce jour là. Dans le cas contraire, ce sera dit-on une catastrophe pour Naples. Nous partons cependant visiter cette ville de 1 300 000 habitants, dans laquelle les français, Charles de Bourbon et Murat ont laissé maints souvenirs. Le deuxième port d’Italie assure des liaisons commerciales avec toutes les places de Méditerranée et de grands bateaux sont à quai, en partance vers des horizons évocateurs. Là, se trouve le fameux château de l’œuf. Dans le quartier de Mergellina, une courte halte suggérée par notre guide, sera mise à profit pour déguster les meilleures glaces de Naples. Mais notre découverte se poursuit avec la région de Pozzuoli et son fameux volcan la Solfatare où fumeroles, bouillonnement de boue et soufre, nous rappellerons que nous foulons une région éminemment instable où se produit le phénomène de bradysisme (sorte de respiration de la terre qui monte ou descend de plusieurs mètres selon la pression du sous sol) . La dernière manifestation est encore trop récente et les travaux de restauration non achevés, si bien que nous ne pourrons pas nous aventurer dans les zones de fouilles. Nous saurons plus tard que cette visite eût été sans risque puisque effectivement le sang de San Genaro s’est liquéfié… Tout paraît donc en ordre pour que notre séjour puisse se poursuivre selon le programme.

Et justement ce programme du dimanche nous conduira comme prévu sur la côte amalfitaine. Mais déjà pour y parvenir, il nous faudra passer la montagne et redescendre vers la mer. À peine sorti de la brume, nous sommes en mesure d’apprécier les talents de notre chauffeur qui maîtrisera les nombreux virages en épingle à cheveux, depuis lesquels, nous découvrons des perspectives sublimes. Nous ferons une longue halte à Amalfi, port chargé d’histoire qui fut en son temps un des comptoirs les plus riches de la Méditerranée. Mais le joyau de la ville est sans conteste, la cathédrale dédiée à Saint André qui repose dans la crypte. Un riche cloître du 13ème siècle complète l’ensemble. Dans les boutiques alentour, on peut faire emplette du réputé corail rouge de la Méditerranée.

Après le déjeuner sur le port, il ne faut pas perdre de temps car une tout autre visite est programmée : en effet nous allons voir de près la gueule du monstre qui n’hésita pas à rayer de la carte Herculanum et Pompéi. La fin de l’ascension que l’on doit faire à pied, au milieu des pentes dénuées de toute végétation et couvertes de pouzzolane, se fera sous le soleil grâce à San Genaro qui a bien voulu chasser au dernier moment, les nuées qui recouvraient le sommet… À vrai dire, cet épisode était planifié par l’agence organisatrice…Bref, nous découvrons le cratère béant et profond duquel s’échappent quelques fumeroles. Sur les pentes, une station de surveillance ausculte en permanence sa majesté, et dispose de 48 heures pour faire évacuer les quelques 700 000 napolitains qui vivent en zone rouge. La dernière éruption importante dont on voit s’étendre la coulée de lave, date de 1944, elle fut suivie de phénomènes moins dangereux, notamment en 1980.

20050503 italie img08Pompéi - L'OdéonLe lendemain, justement nous nous rendons successivement sur les sites de Pompéi et Herculanum. Notre guide s’appelle Angelo, c’est une figure, amateur de plaisanteries qu’il s’enorgueillit d’exprimer en Français. Nous ne découvrirons qu’une faible partie de cette ville, dont malheureusement les sites célèbres comme la maison des Vitti ou des Ménandre sont fermés… Impossible également de pénétrer dans un lupanar…Bien qu’ayant découvert de nombreux témoignages de la vie de cette époque, nous nous sentons un peu frustrés et avons quelques regrets en quittant le site. Ces regrets seront vite dissipés car la visite d’Herculanum est plus impressionnante. Il faut dire que Pompéi a été recouverte de cendres chaudes, alors qu’Herculanum a été enfouie sous la boue et bien entendu les effets ne sont pas du tout les mêmes. Là on ressent beaucoup mieux ce que devait être la vie alors.

Des boiseries d’époque sont encore visibles et que dire de ces thermes dont les détails architecturaux, expriment l’ingéniosité des constructeurs d’alors. Cette ville portuaire d’Herculanum nous laissera une forte impression.

Le soir, sortie dans un cabaret où nous assisterons à un fort réussi spectacle folklorique, la « Tarentella ». Dans une salle semi circulaire évoluent sous nos yeux, chanteurs et artistes qui tous excellent ( comme c’est toujours le cas en Italie ) dans la chanson. Et encore de belles voix mâles nous font entendre les classiques napolitains « O Sole mio », « Santa Lucia » ou encore « Funiculi, funicula ».

Pour notre dernière journée, nous irons découvrir Capri l’enchanteresse. Embarquement20050503 italie img09 au port de Sorrento, atteint au moyen d’un minibus qui descend la falaise à toute vitesse, nous brinquebalant à qui mieux mieux… Belle mise en condition avant de prendre le bateau qui nous conduira à Marina Grande en 20 minutes. Là le groupe se divise en deux soit pour un tour de l’île par la mer soit pour accéder à la grotta azzura. Quand nous nous retrouvons une heure plus tard, à travers les impressions des uns et des autres, on sent bien que personne n’est déçu de son choix, mais que tous auraient apprécier de participer aux deux options…À Marina grande nous partons à nouveau en minibus (que l’on devrait plutôt qualifier de minibolide) destination Capri, la ville située à mi hauteur de l’île. C’est là que nous apprécions les téléphones portables grâce auxquels nous récupérons un égaré qui avait omis de prendre le minibus et qui pourra ainsi partager notre repas et visiter le cœur de Capri où le luxe n’est pas un vain mot. Boutiques, jardins et surtout points de vue… Chacun y trouve son compte…

Et nous partons vers Anacapri pour déguster un verre de limoncello et visiter la fameuse villa San Michele, construite par un médecin suédois, Axel Munthe. C’est un véritable musée d’antiquités rassemblées ici par ce passionné de Capri. Chacun aura à cœur de faire un vœu en caressant la croupe et la queue du sphinx en marbre. Il ne faisait pas très chaud à Capri (un temps pas du tout de saison) mais nous en conserverons un souvenir intense et pour la plupart, l’envie d’y revenir. À l’aide de minibus et de bateaux, nous regagnons notre hôtel pour cette dernière soirée qui sera si vite arrivée…

Le retour s’effectue par deux vols, l’un au départ de Naples, l’autre au départ de Rome, puis retrouvailles à Roissy où il faudra s’armer de patience pour profiter du prochain vol vers Bordeaux, plus de 4 heures plus tard…À l’année prochaine….Arrivederci.