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Compte-rendu de voyage en Croatie

(19-26/05/2014)

par Jean-Claude Chevalier

 

 

Parc National des Lacs de Plitvice - Le groupe

 

En ce lundi 19 mai, nous sommes une vingtaine d’habitués des voyages organisés par l’ARCEA-CESTA  à nous être levés très tôt. Nous répondons à une convocation à l’aéroport de Mérignac en vue d’un envol vers la Croatie. Après une certaine attente, voir une attente certaine, nous décollons vers Dubrovnik. Nous y sommes accueillis à la descente d’avion par Maria qui sera notre accompagnatrice pour ce séjour. Elle nous emmène déjeuner à Cavtat, jolie station balnéaire située 19 km au sud de Dubrovnik. Une promenade digestive sur le bord de la mer adriatique nous fournit un premier contact avec la côte dalmate. Nous nous dirigeons ensuite vers notre hôtel où Maria, soucieuse de notre repos, nous abandonne en ce début d’après-midi.

La visite des remparts de la vieille ville ne figurant pas à notre programme, nous sommes quelques uns à prendre le bus pour nous rendre porte Pile. Nous passons le portail Renaissance surmonté de la statue de Saint Blaise, patron de l’ancienne Raguse et accédons au chemin de ronde. Les remparts datent des 13e et 14e siècles. Ils s’étendent sur 2 km. L’épaisseur peut en atteindre 6 m et la hauteur 25 m. La ville étant bâtie à flanc de colline, le parcours se révèlera assez sportif car émaillé de nombreux escaliers. Nous l’entamons par le côté sud qui fait face à l’Adriatique. Nous rencontrons d’abord le Fort Bokar

Cavtat

auquel fait face le fort Lovrijenac. Nous dominons ensuite côté est le port protégé par deux forteresses, Saint-Luc et Saint-Jean. À l’angle Nord-est, nous trouvons le Fort Revelin qui défend le deuxième accès de la vieille ville, la porte Ploče. Au nord, nous sommes dominés par le mont Serge et son Fort Impérial, ainsi baptisé en l’honneur de Napoléon 1er. Nous parvenons ensuite au point culminant des remparts le fort Minčeta d’où l’on peut bien observer la vieille cité aux toits de tuiles rouges, ses églises et monastères, ses ruelles escarpées, ses escaliers innombrables et ses passages étroits. On distingue ainsi sa structure : une partie sud à la trame irrégulière et une partie nord plus dense, au quadrillage rigoureux. Elles sont séparées par l’artère principale , la Placa  appelée aussi Stradun qui court d’est en ouest. Éblouis par ce spectacle, nous redescendons vers la porte Pile d’où nous regagnons notre hôtel.

 

Dubrovnik - Le téléphérique

Mardi matin, nous prenons sous un ciel couvert la direction de Zaton, petit port situé à une vingtaine de km au nord-ouest de Dubrovnik. Nous y embarquons pour l’archipel des Élaphites. Ces îles sont au nombre de treize, trois sont habitées. Elles font partie des mille îles et îlots de la côte croate : exactement, mille cent quatre-vingt cinq avec 4058 km de littoral insulaire. Dotées d’une nature luxuriante, de cultures florissantes et d’un riche patrimoine architectural, les Élaphites ne manquent pas d’attraits. Nous débarquerons à Lopud, pour une courte escale. Maria nous oriente vers deux principaux sites situés aux extrémités de la vaste baie autour de laquelle s’est construite la cité de Lopud. Hélas pour nous, l’un, le couvent franciscain du 15e siècle est en travaux et l’autre, le couvent fortifié dominicain, est fermé. Manifestement , Lopud n’était pas encore prête pour la saison touristique !

À bord, lors du trajet de retour, un apéritif, accompagné de spécialités locales, nous est servi en musique. Notre bateau pousse jusqu’à Dubrovnik et il nous est donné d’admirer les remparts vus de la mer. Après le déjeuner à Zaton, nous retournons vers l’ancienne Raguse pour une heure de visite guidée. Notre guide évoque tout d’abord le passé tumultueux de l’antique port de commerce, l’un des plus actifs du sud de l’Adriatique.

Menacé par les arabes dès le 7e siècle, les Ragusains firent appel aux Byzantins. Ils tombèrent avec eux au début  du 13e siècle sous la coupe de Venise. Au 14e siècle, ils devinrent hungaro-croates. Malgré la pression ottomane ils prospérèrent jusqu’au tremblement de terre de 1667 qui stoppa leur essor commercial. En 1806, napoléon envahit la cité qui fut reprise par les Autrichiens en 1814. Elle fut intégrée, en 1918, au royaume des Serbes, Croates et Slovènes, puis à la Yougoslavie après la Seconde Guerre mondiale. Dernier avatar : la guerre d’indépendance de 1991-1992 au cours de laquelle 68% des bâtiments de la vieille ville auraient été touchés directement ou indirectement par les tirs d’obus. Il n’en reste plus de traces aujourd’hui après la restauration financée par l’aide internationale.

Une fois franchie la porte Pile, nous stationnons place Milicevic où trône la Fontaine d’Olofrio alimentée par un aqueduc venant de la rivière Dubrovacka. À l’angle nord-est de cette même place se trouve le Couvent franciscain. Détruit en 1667, il fut rebâti en style baroque. D’origine, ne subsistent que le portail sud, son tympan et sa Piéta. Nous empruntons ensuite la rue Prijeko, voie parallèle au Stradun. Cela nous permet de mieux humer, au travers des nombreuses ruelles que nous croisons, l’atmosphère de la ville. En redescendant sur l’extrémité est du Stradun, nous trouvons la place de la Loge avec au centre la colonne de Roland.

Lopud - Couvent franciscain

Elle est bordée de monuments remarquables : le Palais Sponza, la Tour de l’Horloge, le Palais des Recteurs et l’église Saint-Blaise. Ils mélangent allègrement tous les styles. Avec un coup d’œil à la cathédrale de l’Assomption se termine la visite guidée. Nous utilisons pour certains d’entre nous le temps libre dont nous disposons pour prendre le téléphérique qui mène au Mont Serge. Du terminal nous auront une vue impressionnante sur Dubrovnik et son environnement maritime. Pour ceux qui ont assisté à la soirée folklorique proposée en option, la nuit sera courte. Mercredi matin, dès 7h30, nous partons pour les Bouches de Kotor, au Monténégro. Chemin faisant, nous nous instruisons un peu. Nous apprenons ainsi, que la quantité importante de cyprès qui bordent les routes s’explique par l’existence d’une tradition locale : à chaque mariage, l’époux en plante 24 afin d’assurer la fertilité du couple. Les Croates prêtent aux Monténégrins les « vertus » que nous attribuons aux Corses. Si la Croatie fait partie de l’Union Européenne depuis le 1er juillet 2013, il n’en est pas de même pour le Monténégro. Nous nous plierons donc à des contrôles à la frontière.

Indépendant depuis le 3 juin 2006, ce petit pays des Balkans (620 000 habitants) abrite le joyau du littoral dalmate : les Bouches de Kotor. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Bouches de Kotor ne sont pas un fjord c’est à dire une vallée glacière. Il s’agit d’un golfe encaissé et tortueux où l’Adriatique s’enfonce de 28 km dans les terres. Nous le longeons par l’ouest.

Notre première étape est pour Perast, village de pécheurs qui fut également très actif dans la construction de bateaux. Nous y embarquons pour l’îlot de Notre-Dame du Rocher, petite île artificielle construite par les habitants au 15ème siècle autour d’un rocher où aurait été découverte une icône miraculeuse de la Vierge. Les habitants déposèrent des épaves de navires et des rochers de toutes tailles pour pouvoir y bâtir une église. Un peintre du cru mit 10 ans pour en décorer l’intérieur.

 

Kotor - Fortifications

Nous nous dirigeons ensuite vers Kotor. Cette cité médiévale est bâtie au pied du mont Saint Jean, sur un bassin triangulaire situé entre deux rivières. Ces défenses naturelles ont été complétées par une impressionnante muraille qui s’étire à flanc de montagne sur 4,5 km et culmine jusqu’au bastion Saint Jean à 280 m au dessus de la ville. Munis par Maria d’un plan de la cité, nous nous dispersons à la recherche de ses 14 églises et monastères ainsi que de ses 9 palais. La palme de ces monuments, tous très bien restaurés, revient à la cathédrale romane Saint-Triphon sans que l’église orthodoxe Saint-Nicolas ne lui cède en rien. Après le repas, nous nous rendons plus au sud sur la côte à Budva. Vieille de plus de 2500 ans, c’est l’une des plus anciennes villes de la mer adriatique. Elle est aujourd’hui, avec ses 17 plages et son port de plaisance, la plus importante station balnéaire du littoral, parfois surnommée, le Saint-Tropez du Monténégro. Après avoir traversé un imposant rempart, nous visitons librement le centre historique et parvenons à la citadelle. Pour raccourcir le trajet du retour, nous traverserons les Bouches de Kotor en ferry.

Jeudi matin, nous quittons Dubrovnik en direction de Split, la seconde plus grande ville de la Croatie après la capitale Zagreb. La route suit le littoral. Celui-ci, très découpé et bordé d’îles verdoyantes, nous fournit de façon continue un merveilleux spectacle. À une  soixantaine de kilomètres au nord de Dubrovnik, nous pénétrons brièvement en Bosnie-Herzégovine. Ce pays possède là, sur 10 km, son seul accès à l’Adriatique et son seul port, Neum. La route quitte ensuite la côte pour emprunter la vallée de la Neretva, vaste zone verdoyante de cultures irriguées. Après le déjeuner au bord de la Cetina, nous arrivons à Split. À l’origine, colonie grecque, la ville a été construite à l’intérieur puis autour du Palais de Dioclétien, empereur romain d’origine dalmate. Cet ensemble architectural monumental, bâti en front de mer, est de forme rectangulaire (215 m x 180 m). Il est partagé par deux voies rectangulaires, le Cardo et le Decumanus, se coupant en son centre et aboutissant à 4 portes d’accès (Porte d’Or au nord, d’Argent à l’est, de Fer à l’ouest et de Bronze au sud).

Nous entrons dans l’édifice par la Porte de Bronze qui dans l’antiquité permettait aux navires d’accoster dans le Palais. Elle donne accès aux salles souterraines. Celles-ci servaient de fondations aux appartements impériaux situés au-dessus et dont il ne reste rien aujourd’hui. Elles permettent néanmoins d’en reconstituer le plan. Au cours du temps, ces salles furent comblées de débris et de déchets par la ville qui se développait au-dessus, ce qui assura leur préservation.  Leur déblaiement a commencé en 1956. L’escalier qui nous ramène au niveau supérieur débouche sur le Péristyle, cour à ciel ouvert, entourée sur trois côtés de colonnes, qui marque le cœur du Palais. Côté sud s’y trouve le Vestibule où nous serons accueillis par un groupe de chanteurs a cappella (klapa en croate). Côté est, intégrant l’ancien Mausolée de Dioclétien, maintenant baptistère, ont été édifiés la cathédrale Saint-Dujam et son clocher roman finement ouvragé.Nous quittons le Palais par la Porte d’Argent pour retourner sur le front de mer, la Promenade des Français. Nous terminerons la journée par une visite libre de Trogir. Cette station balnéaire et ville médiévale fut fondée comme la plupart des villes croates par les grecs. Intra muros, nous nous arrêtons devant le splendide portail roman (1240) de la cathédrale Saint-Laurent. Le tour extérieur des remparts, promenade bien dégagée, nous fait passer devant la forteresse Kamerlingo (1420) et la tour Saint-Marc.

 

Split – Porte d’Or

Zadar – Église Saint-Donat

Nous poursuivons vendredi notre remontée de la côte dalmate vers SibeniK et Zadar. Sibenik, ville nouvelle, fut fondée entre les 9e et 10e siècles par les princes croates au bord d’une baie profonde. C’est l’un des ports les mieux protégés naturellement de la côte adriatique. Sa partie médiévale est grande et particulièrement bien conservée. Le joyau en est la cathédrale Saint-Jacques. La cathédrale a été construite en une centaine d’années aux 15e et 16e siècles (1431-1636) par des artisans vénitiens et dalmates dont Georges le Dalmate. Elle est à bien des égards, par les solutions architecturales employées, unique au monde. Sur la corniche de l’abside se remarque une frise de 72 portraits en pierre de gens ordinaires considérée comme une première démonstration en Europe d’une préoccupation humaniste. La façade est à la fois gothique avec son portail en ogive et Renaissance par les ornements de sa rosace. La cathédrale fut en son temps le seul édifice avec une voûte en pierre et un dôme construits sans mortier ni charpente en bois. Le baptistère attribué à Georges le Dalmate servit de première expérimentation de cette technique. Sa voûte s’orne de motifs luxuriants du gothique vénitien tardif. Les chapiteaux corinthiens et les angelots qui supportent la vasque des fonts baptismaux sont les premiers éléments Renaissance qui aient vu le jour en Dalmatie.

Ancienneté oblige, nous évoquerons en premier le forum romain dont subsistent le pavement d’origine et quelques ruines des édifices qui l’encadraient. À proximité immédiate se trouve la cathédrale Saint-Anastasie dont la version actuelle fut achevée en 1324. Sa façade est l’un des plus beaux ouvrages de l’art roman en Croatie. Le tympan du portail principal s’orne d’une Vierge à l’Enfant entourée de Sainte Anastasie et de Saint Chrysogone. Attenant au forum, a été construite, en partie avec des vestiges de récupération disponibles sur place, l’église Saint-Donat. C’est une église préromane, à plan circulaire, dont l’excellente acoustique a fait une salle de concerts.

Nous passons devant le Couvent des Franciscains en nous rendant à l’extrémité de la presqu’île voir deux œuvres architecturales du 21e siècle. Ces curiosités témoignent de la détermination des Zadarois à se tourner vers le futur. Les Orgues Marines (2005) utilisent l’énergie des vagues. Celle-ci, à travers des canalisations, propulse de l’air qui active des sifflets dont le son ressort entre des marches qui bordent la mer. Le Salut au Soleil (2008) est constitué de panneaux photovoltaïques formant un plancher circulaire de 22 m de diamètre. L’énergie emmagasinée est en partie utilisée, dès le coucher du soleil, pour animer une féérie lumineuse qui bat au rythme des Orgues Marines.

 

Samedi matin, nous quittons la côte adriatique et pénétrons à l’intérieur des terres en direction du Parc National des Lacs de Plitvice. D’une superficie de 296 km2, c’est le plus grand de Croatie. Il a été créé en 1949 et inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1979. Ce parc montagneux est couvert de forêts de sapins, épicéas, hêtres, érables et charmes. Il s’organise autour de 16 lacs disposés en escalier. Chacun alimente le suivant par des cascades, 92 au total, dans un dénivelé de 130 m. Nous remontons jusqu’au lac Kozjak, le dernier dans la succession des Lacs Supérieurs. Situé à 530 m d’altitude, il est le plus grand et le plus profond. Nous le traversons sur un bateau électrique avant de regagner, par une longue promenade en forêt, la sortie du Parc. Après le déjeuner nous prenons la route de Pula, en Istrie. Nous dormirons à Rabac dans un confortable hôtel implanté au bord d’une des plus belles baies de la Croatie. Nous y passerons deux nuits et pourrons ainsi profiter de longues promenades digestives en front de mer.

Parc de Plitvice - Cascades

Dimanche matin, nous partons à la découverte de Pula. L’histoire de la ville remonte à près de 3000 ans avec les Argonautes. Partis en quête de la Toison d’Or, ils auraient, selon la légende grecque, fondé Polis, la future Pula. Elle prendra son essor sous l’occupation romaine. C’est pourquoi nous nous rendrons d’abord à l’Amphithéâtre. Construit au cours du 1er siècle sous le règne de Vespasien, en même temps que le Colisée de Rome, il figure parmi les six plus grands amphithéâtres romains encore debout. Il accueillit jusqu’au 5e siècle des combats de gladiateurs et de fauves auxquels pouvaient assister 24 000 spectateurs. Il fut utilisé au Moyen-âge pour des tournois chevaleresques ou des foires. Si l’enceinte est assez bien conservée, les gradins initiaux ont totalement disparus. Leurs pierres ont, comme bien souvent, servis à la construction d’autres monuments de la ville.

 

Pula - Temple d'Auguste

Avant de quitter l’amphithéâtre, nous visitons le musée aménagé dans ses souterrains. De nombreux vestiges de l’époque romaine y ont été rassemblés. Nous assistons ensuite à la sortie de la messe de la cathédrale Saint Thomas puis traversons la place du Forum où se dressent le temple d’Auguste et la Maison Communale. Nous rejoignons, par la très animée rue principale, la Porta Aurea ou Arc des Serges. Nous terminons notre séjour à Pula par la visite de son grand marché coloré et bien achalandé.

L’après midi, après un repas typique dans une ferme auberge, nous remontons la côte ouest de l’Istrie jusqu’à Rovinj. Cette cité, après de nombreuses dominations, a été l’une des premières en Istrie à reconnaître au 13e siècle l’autorité vénitienne. La vieille ville tient presqu’entière sur un îlot rocheux relié au littoral en 1763. Nous en gagnons le sommet par des rues étroites couvertes de voûtes agrémentées de fresques anciennes. Là, se trouve la cathédrale Sainte-Euphémie datant du 8e siècle mais remaniée au 18e dans le style baroque. Son campanile de 63 m de haut est construit sur le modèle de celui de la place Saint-Marc à Venise. Nous croisons dans la sacristie un groupe choral en pleine répétition. Nous apprenons à cette occasion que, ce jour, se tenait une rencontre européenne de chorales dont des françaises.

Au départ lundi matin, nous apprenons, arrivés à l’aéroport de Pula, que nous ferons étape à Dubrovnik avant le retour vers la France en soirée. L’agence locale nous prend en charge et nous ramène à Cavtat pour le déjeuner. Un long temps libre en début d’après midi nous permet de compléter notre  connaissance de la station balnéaire. En fin de journée, nous allons visiter le moulin à eau de Ljuta. Il date du 16e siècle mais, restauré, demeure en état de fonctionner. Un autre dispositif, mu par l’énergie hydraulique, lui est associé. Il sert à apprêter des textiles. Des marteaux frappent les tissus pour serrer et tasser les fibres.

Une copieuse dégustation de produits locaux (vin, fromage et jambon de pays) clôture  la visite. Elle  nous fournit l’énergie nécessaire pour notre retour tardif à Bordeaux !

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