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DE ROUERGUE EN QUERCY

Un chapelet de plus beaux villages de France : Belcastel, Cordes sur Ciel, Najac, Saint-Circq Lapopie, Sauveterre de Rouergue...

par Charles Costa

 

 

On ne peut passer à coté d’un tel programme proposé par les organisateurs de l’ARCEA, quand on connaît la réputation de ces sites hautement touristiques. Et quand le soleil est de la partie, ce voyage devient un enchantement. C’est pourquoi la cinquantaine de participants ont été enthousiasmés par ce séjour dont le prix de surcroît défiait toute concurrence. 

Le 20 s_eptembre 2009 au CESTA à 13 heures pas un seul des inscrits ne manquait à l’appel pour emprunter le car confortable à destination des « hauts de Najac », le village VVF lieu de séjour. Là, chacun s’installe dans des logements dispersés dans une forêt synonyme de grand calme. La piscine spacieuse doit être appréciée par forte chaleur, mais ce n’est plus le cas fin septembre quand bien même le soleil est de la partie. Groupe devant le château de Najac

La journée n’est cependant pas finie, car la plupart d’entre nous, se prêtent au jeu qui consiste à deviner les titres et les auteurs de chansons dont on n’entend que quelques mesures ; c’est l’occasion de s’apercevoir que le groupe recèle quelques championnes en la matière (n’est-ce pas Nicole ?)

Après une première nuit réparatrice, notre équipe sous la houlette du guide accompagnateur  Gaël,  part à  la découverte du village de Najac construit sur une crête. Il nous faut donc déambuler la rue principale en forte déclivité. C’est sur la place de départ que se déroule chaque année la fête de la fouasse. La boulangerie propose d’ailleurs ces gâteaux régionaux qui accompagneront des petits déjeuners futurs. Au fil de notre visite, nous rencontrons des maisons à colombages, la vieille poste créée en 1840 et une fontaine monolithe de dimension impressionnante. Une placette d’où l’on aperçoit dans toute sa majesté le château de Najac permet à tous de souffler un peu, ce qui donne l’occasion de procéder à la rituelle photo de groupe.

« Requinqués », nous repartons vers le château que nous contournons par un chemin abrupt et nous faisons une halte commentée dans l’église où un habitant du village, de surcroît jardinier du VVF, nous présente quelques vénérables statues de bois et une cage en fer forgé destinée à enfermer le cierge pascal . Cette église fortifiée domine la rivière Aveyron (à truites) qui coule en contrebas. C’est là que le car par un savant détour a pu stationner pour attendre nos jambes plus ou moins fatiguées, mais toutes ravies de se reposer pendant le retour au restaurant du VVF au menu copieux. 

Un peu de détente, un bon expresso, rien de mieux  avant de repartir  pour découvrir la bastide de Sauveterre de Rouergue.

Construite selon un plan rigoureux où les rues se croisent à angle droit, elle est ceinte de murailles, accessible par plusieurs portes dont les rues  mènent à la place dépourvue de sa halle centrale, sans doute ravagée par le feu comme beaucoup d’autres. Il est intéressant de se promener en levant les yeux pour découvrir ici et là des pierres sculptées illustrant la destination des demeures qui les portent. Un ancien hôpital, plus loin la maison d’un notable et comme toujours dans ces bastides comme on a pu déjà en voir dans le Gers ou dans le Lot-et-Garonne, des arcades encore appelées « couverts » entourent la place. On imagine volontiers l’animation qui devait y régner les jours de marché quand le temps était maussade.

Fondée par Guillaume de Mâcon, sénéchal de Rouergue elle reçut en paréage de Philippe III une suzeraineté partagée sur l’abbaye de Bonnecombe; après moult difficultés et une occupation anglaise de 1362 à 1369, la ville connaît cependant une longue période de prospérité qui  durera  jusqu’au début du 16e siècle. À cette époque, pas moins de 30 prêtres y vivaient ; la collégiale Saint-Christophe en est le témoignage ; on peut y admirer de belles miséricordes dans les stalles sculptées du 15e siècle. Ce sera ensuite le déclin inexorable malgré quelques sursauts pendant la Révolution ou à l’avènement de la IIe République. Elle vit aujourd’hui du tourisme ; de nombreuses festivités l’animent pendant la belle saison.

Non loin de Sauveterre, nous prenons la direction du château du Bosc, demeure qui abrita la jeunesse de Toulouse-Lautrec. C’est la petite nièce de l’artiste, la Comtesse Tapié de Celeyran, (plus qu’octogénaire) qui nous accueille et qui commente cette visite. Les souvenirs de l’artiste abondent et en particulier, dessins et gravures. Toulouse-Lautrec qui tenait de son père et de son oncle ses dons de dessinateur, se plaisait à « croquer » les membres de sa famille, mais avait une prédilection particulière pour les chevaux qu’il dessinait en plein exercice avec maestria y compris sur les murs des communs. Le château est une imposante bâtisse, ancienne forteresse, flanquée de deux tours du 12e siècle. On peut y distinguer des sculptures évoquant l’appartenance occitane de la famille.

Cette première journée bien remplie ne décourage pas les retraités de l’ARCEA qui assistent nombreux au spectacle animé par le personnel du VVF. Abbatiale de Conques

 

Le jour suivant est consacré à la visite de Conques le matin, puis de Belcastel.

Pour atteindre Conques, au fond d’un cirque en forme de coquille (qui a d’ailleurs donné son nom à la cité), il aura fallu endurer quelques méandres de la route rouergate. Mais alors, sous le soleil, quelle merveille que cette abbatiale avec ses clochetons mordorés. Cette cité a eu son apogée au Moyen Age quand les pèlerins arrivant du Puy-en-Velay venaient se recueillir sur les reliques de Sainte-Foy avant de rejoindre Moissac leur prochaine étape en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. (Les reliques de Sainte Foy, martyre agenaise suscitaient de nombreuses convoitises car les posséder signifiait que les pèlerins viendraient à coup sûr les vénérer, drainant ainsi de nombreux visiteurs dans la ville) Ces reliques furent donc dérobées à Agen pour rejoindre Conques où l’effet attendu se produisit, peut-être même au-delà des espérances. Tympan de Conques

L’affluence était telle que les moines ne pouvaient loger et nourrir cette foule, aussi le toit et le couvert étaient-ils proposés moyennant finances aux pèlerins ce qui participait à la richesse de Conques. Les grands chantiers de construction qu’il fallait lancer pour accueillir dignement les pèlerins amenèrent bien entendu une abondante main d’œuvre soit spécialisée et arrivée de l’extérieur , soit locale pour les travaux de manœuvre. 

Conduits par une guide de l’Office du tourisme, très compétente, nous écoutons quelques faits d’histoire assis dans ce qui reste du cloître avant de nous diriger dans un premier temps, face au célèbre tympan du Jugement dernier. Le Christ en mandorle lève le bras droit pour accueillir les élus et désigne, le bras gauche pointé vers le bas, la destination infernale aux damnés. Le but recherché par le sculpteur est sans nul doute de montrer à l’immense majorité d’illettrés, ce qui les attend s’ils fautent. Tous les péchés ou excès sont illustrés par des scènes de châtiment plus horribles les unes que les autres : là un démon arrache la langue d’un calomniateur, plus loin, l’ivrogne pendu par les pieds, vomit le vin dont il a abusé…. Cette débauche de personnages, leur état de conservation font de ce tympan, l’une des œuvres les plus réussies de la sculpture romane.

À l’intérieur de l’abbatiale, la lumière est intense et variée car les vitraux réalisés par Pierre Soulages, confectionnés à partir de billes de verre noyées dans le verre du vitrail, diffractent la lumière et donne ces tons chauds que l’on ne peut soupçonner de l’extérieur. Cette lumière à elle seule meuble l’intérieur de l’édifice maintenant dépouillé de toute ornementation.

La salle du trésor de Conques, l’une des plus riches au monde  nous permet de voir entre autres pièces rarissimes, le « A » de Charlemagne et surtout la statue de Sainte Foy recouverte d’or et de pierres précieuses.

Pont sur l'Aveyron à Belcastel

Après un déjeuner apprécié dans une auberge du voisinage, notre car nous conduit sur les rives de l’Aveyron, dans le bas du village de Belcastel. Un pont vénérable en dos d’âne et pavé de galets ronds est dominé par une belle croix de pierre ; il conduit à l’église paroissiale. Mais il faut monter à l’assaut de la falaise sur les flancs de laquelle se pressent les anciennes maisons du village. La rue escarpée nous permet d’atteindre l’entrée du château que nous n’aurons pas le temps de visiter. Mais à quoi bon puisque le décor tout entier nous séduit. Et s’il nous séduit aujourd’hui c’est grâce à Fernand Pouillon, architecte incontournable de ce qu’il est convenu d’appeler  la période de reconstruction, qui tomba amoureux de ce lieu. Il entreprit la restauration du château qui était en ruine, l’habita et y mourut. Il sauva Belcastel qui ne compte guère que 90 âmes, mais qui accueille de très nombreux touristes toute l’année.

De retour à notre base nous pouvons encore profiter de l’animation proposée par l’équipe du VVF, un marché où l’on peut se procurer les produits locaux et en particulier la fameuse fouasse.

La matinée suivante sera plus relaxe, puisque nous n’irons qu’à quelques kilomètres visiter un élevage d’autruches. S’il est difficile pour les profanes que nous sommes de distinguer entre nandou, autruche ou autre émeu, il est très facile de se faire happer des objets trop attractifs par ces volatils. Le propriétaire, en bon paysan nous explique que « si ça a eu payé, ça paye plus ». Mais il confectionne encore différents produits qui nous seront offerts en dégustation en fin de visite. Maison Renaissance à Cordes sur Ciel

 

 L’après midi, en route pour Cordes-sur-Ciel, encore un village d’exception, une bastide à vrai dire mais qui compte tenu de sa situation sur une sorte de piton ne se prête guère à la configuration géométrique que nous avons découvert par ailleurs. Du village moderne au pied du piton, nous empruntons un petit train qui nous conduit à la porte du bas de la bastide. De là partent deux rues qui montent jusqu’à la place du marché avec sa halle. Depuis une terrasse nous pouvons contempler les lointains du département du Tarn où nous nous trouvons. En parcourant la rue montante on mesure la richesse de Cordes par la qualité des façades des maisons de notables (maison de l’écuyer, maison du grand fauconnier…).

Puis nous avons le privilège de découvrir un musée surprenant puisqu’il s’agit du musée du sucre et du chocolat créé à l’initiative d’Yves Thuries maître chocolatier. On ne peut que s’étonner devant les chefs-d’œuvre présentés qui vont du plateau de fruits de mer à la gerbe de roses et bien d’autres sujets étonnants mais dont la durée de vie est éphémère même si le sucre subi quelques transformations « pâtissières » pour mieux le conserver. Cartes postales, photos et l’incontournable DVD de Marie Claude garderont le souvenir de ce lieu magique.

 

 

À quelques km de là, en plein vignoble de Gaillac, nous faisons une halte sympathique au château Bouscailloux où la maîtresse de céans nous Toits à Saint-Circq-Lapopieconvaincra après quelques dégustations que nous ne pouvons pas partir sans passer par le comptoir, où rouges et blancs, sec ou moelleux pour ces derniers, nous sont proposés ; et de fait, les cartons s’empileront dans le coffre du car.

La soirée se terminera par un loto où plusieurs d’entre nous, seront servis par la chance et repartiront au bercail avec une boite de pâté d’autruche ou un flacon de Gaillac sous le bras.

Le jeudi est dédié au département du Lot avec les visites de Saint-Circq-Lapopie puis de Cahors le chef-lieu.

Saint Circq est bâtie à flanc de rocher. Cette vieille cité qui surplombe le méandre du Lot est dominée par un château hélas en ruine, d’où le point de vue est remarquable. Heureusement qu’en très peu de temps, le brouillard qui noyait le village s’est levé pour faire place à un soleil resplendissant nous permettant de contempler les lointains décrits sur une table d’orientation.

La troupe s’égaye à travers les rues bordées de demeures toutes restaurées et fleuries méritant un arrêt même si l’atelier d’artisan ou d’artiste qu’elles abritent est quelquefois fermé. La consigne du guide et ses explications pour rejoindre le car font, que même les habituels retardataires sont là pour se rendre au déjeuner, en contrebas, tout près d’une plantation de noyers où certains ne résistent pas à la tentation de glaner quelques fruits.

 

Pont Valentré à Cahors

Départ pour Cahors où nous attend un petit train qui en une heure environ nous montre les monuments essentiels de la ville ; le Vieux Cahors en effet mériterait un séjour plus long, car les maisons ou monuments anciens abondent et nous ne faisons que les longer. Cette balade suscite chez bon nombre du groupe un sentiment de frustration et l’envie de revenir… Peut-être est-ce là l’objectif de cette promenade ? Le monument le plus connu de Cahors est bien sûr le pont Valentré que nous parcourons à pied d’une rive à l’autre du Lot. Ses tours élancées sont imposantes et on ne peut s’empêcher de penser au futur pont levant de Bordeaux, même si ici le tablier n’est pas mobile ; il y a fort à parier que sa construction n’a pas suscité autant de polémique et d’atermoiements que pour le franchissement de la Garonne dans la capitale girondine !

Le retour au camp de base n’est pas trop tardif car il nous faut commencer à boucler les valises puis célébrer la fin proche du séjour par un apéritif sympathique préparé par l’équipe du VVF. C’est l’occasion de remercier notre guide accompagnateur Gaël qui par des commentaires éclairés aura participé à nous faire bien connaître cette région aux multiples attraits. Suivra ensuite le menu amélioré avec des spécialités locales qui nous amènera assez tardivement dans nos chambres.

Le dernier matin nous allons dans une ferme dans le village de Monteils où notre ancien collègue Mercadier maintenant disparu fut l’édile durant de nombreuses années. Notre hôte, personnage haut en couleur et commerçant futé comme savent l’être les Aveyronnais (je pense à ceux qui ont conquis la capitale) nous parle de son élevage de canards, le seul, semble–t-il à l’entendre, qui a su conserver les traditions ancestrales. Après avoir vomi une diatribe contre les technocrates de Bruxelles, il nous emmène dans son magasin où préalablement à la vente, il nous propose un apéritif gourmand, bien apprécié avec des produits, il est vrai, délicieux. Et bien entendu devant les foies gras ou autres cous farcis, la nature faiblit une fois de plus et les emplettes vont bon train.

De retour au village, le chargement des provisions diverses (solides et liquides)  s’effectue dans le car après que les responsables aient apurés les comptes avec leVVF. Le repas est mené rapidement afin d’arriver suffisamment tôt au CESTA après toutefois le départ des cars qui conduisent le personnel. Il est environ 18h30 quand nous nous séparons après avoir récupéré nos voitures à l’intérieur du Centre (faveur appréciée que nous accorde la Direction).