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Séjour à Argelès-sur-Mer

du lundi 19 au samedi 24 septembre 2011

par Jean-Claude Chevalier

Notre  maintenant traditionnel  séjour automnal en village de vacances a réuni 42 participants.  Ils sont ponctuels à notre rendez-vous sur le parking du CESTA d’où Jérôme notre chauffeur nous emmène vers la Catalogne. La pluie accompagne ce départ mais, rassurez-vous, nous ne la retrouverons que le dernier jour. Nous arrivons en fin d’après-midi au village de vacances d’Azurèva situé sur le coteau à la sortie Sud d’Argelès-sur-Mer non loin du château de Valmy. Accueil, installation, repas et repos bien mérité après le long voyage meublent notre soirée. 

Le programme touristique concocté par Azurèva est bien fourni et dès le premier matin nous prenons la direction de l’Espagne par la route escarpée de la côte Vermeil. Nous roulons entre vignobles à flanc de coteau et bord de mer rocheux érigé en parc sous-marin protégé. Notre première étape sera la baie de Rosas aux 3000 ans d’histoire, la cité ayant été fondée par les Grecs. Un bateau à fond de verre nous y attend pour une longue promenade sur la baie pendant laquelle nous aurons tout le loisir d’admirer la flore et la faune des deux parcs naturels, marin et terrestre, du territoire de Rosas. Après le déjeuner nous visitons la forteresse de Rosas. Cet imposant édifice militaire a été construit en 1543 sur un emplacement déjà largement utilisé antérieurement. Aussi renferme-t-il un important gisement archéologique rassemblant des vestiges des différentes périodes d’occupation. 

Figueras - Musée Salvador Dali

Nous prenons ensuite la route de Figueras où nous visiterons le musée de Dali. Ce théâtre-musée qui a été conçu par Dali lui-même offre un large éventail d’œuvres : ses premières expériences artistiques, ses créations s’inscrivant dans divers mouvements ( surréalisme, futurisme, cubisme…)  et les œuvres des dernières années de sa vie. Thomas, notre guide, nous aidera avec beaucoup de compétence à les décrypter, nous permettant de mieux apprécier la technique et le génie du Maître.

À notre retour une dégustation des produits locaux nous est proposée : le muscat de Rivesaltes y remporte tous les suffrages. 

Le lendemain le directeur du Village, Michel Lagarrigue, nous guide dans Perpignan. Nous visitons en premier la cathédrale Saint Jean-Baptiste. Édifiée en presque deux siècles elle est devenue le siège de l’évêché en 1601 en remplacement de la cathédrale d’Elne. Bâtie en briques et galets de rivière, elle est un bel exemple de style gothique méridional avec sa nef unique et son plafond peint catalan.

 

Perpignan

En cheminant à travers les ruelles du vieux Perpignan aux trottoirs de marbre rose, nous découvrons successivement :

o       La casa Xanxo (1507), bâtisse en briques dotée d’une frise sculptée illustrant une mise en garde contre tous les péchés dont tout bon chrétien doit s’abstenir.

o       La Loge de Mer ou Bourse des Marchands aux gargouilles par lesquelles, au moyen d’émission de fumée, la population était informée du vote de leurs représentants.

o       Le petit Castillet, ancienne porte Notre Dame de l’enceinte de Perpignan qui abrite aujourd’hui le Musée Catalan des Arts et Traditions.

o       La place de Catalogne.

 

Nous nous rendons ensuite au Palais des Rois de Majorque. Appelé au moyen-âge Palais Royal, cet imposant Palais-Forteresse de style gothique est bâti sur la colline du Puig Del Rei   qui domine la plaine du Roussillon et la ville de Perpignan. Il comprend dans son ence Perpignan - Palais des Rois de Majorqueinte des jardins sur deux niveaux au-dessus des remparts. Cet édifice est né de la volonté de Jacques II qui désirait assurer une protection militaire de sa Cour. Commencée avant 1274, sa construction se déroula sur 35 ans et s’acheva par la consécration des Chapelles en 1309. 

La tour des deux chapelles superposées domine les appartements royaux avec lesquelles elle communique par un couloir. Une galerie permet d’accéder à la Chapelle Haute dont la façade de marbres rose, rouge, blanc et bleu s’orne d’une porte de style Mudejar.

L’alimentation en eau du château était réalisée de trois façons :

o       À partir de la nappe phréatique par un puits très profond,

o       Par des norias remontant l’eau de la Têt vers les jardins,

o       À l’aide d’une citerne située au centre de la cour d’honneur. Des travaux récents ont permis de mettre à jour le système de caniveaux assurant la récupération des eaux pluviales.

 

 

Après le déjeuner pris au Village, nous dirigeons nos pas (en réalité les roues du bus) vers la Forteresse de Salses. Cet important ouvrage militaire se situe au nord de Perpignan face à l’étang de Leucate. À cet endroit les massifs des Corbières se rapproche le plus de la côte méditerranéenne en faisant une position stratégique pour contrôler le passage vers la Catalogne.

Forteresse de Salses

Sa construction fut décidée par les Rois Catholiques Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille en 1496 après la destruction par l’armée française du village et du château de Salses. Le commandeur Ramirez, grand artilleur du Roi, et l’ingénieur Francisco Ramero Lopez réalisèrent ce chef d’œuvre d’architecture militaire en un minimum de temps entre 1497 et 1504. Avec son système de fortifications rasantes, cette forteresse fait transition entre le château fort médiéval et le bastion. Ses dimensions sont à la hauteur de l’enjeu : assurer la sécurité et un hébergement confortable à 1500 hommes et une centaine de chevaux. Ces murailles de 6 à 10 mètres d’épaisseur, essentiellement constituées de briques et mortier, sont semi-enterrées dans un fossé inondable. Le dispositif de défense est fractionné en 3 parties autonomes : la partie commune organisée autour d’une cour carrée, le réduit regroupant tous les organes vitaux de la forteresse et le donjon commandant l’ensemble et abritant le logis du Gouverneur. Ce donjon, ultime refuge, est isolé par un habile système de pont-levis et assure sa propre défense par de multiples chambres de tir disposées sous tous les angles.

 

Villefranche de Conflent

Prise et reprise au fil des campagnes franco-espagnoles, au cours desquelles on dénombrera plus de 30 000 morts sur le site, la forteresse de Salses sera définitivement rattachée avec le Roussillon au Royaume de France par le traité des Pyrénées en 1659. Moins stratégique, la forteresse perdra alors de son importance. Partiellement restaurée par Vauban, elle sera tour à tour poste de surveillance, prison puis poudrière avant d’être classée monument historique en 1886.

 Jeudi, nous remontons la vallée de la Têt en direction de la Cerdagne. Ce plateau d’environ 625 km2 dont la moitié ouest est en Espagne s’étale entre 1000 et 3000 m d’altitude. Il jouit d’un climat exceptionnel avec une moyenne  de 2800 heures  d’ensoleillement  annuel. La région a eu une histoire mouvementée qui la vit passer  des mains des comtes de Barcelone à celle des Rois de Majorque  puis d’Aragon avant la partage par le traité des Pyrénées.

Notre première étape sera la cité médiévale fortifiée de Villefranche de Conflent qui, comme le suggère son nom se situe au confluent de 3 rivières : la Têt , le Cady et la Rotja. Cette position stratégique amena le comte de Cerdagne, Guillaume Raymond, a décider de sa construction en 1092. À partir de 1095, les privilèges fiscaux attachés au statut de Villa Franca incitèrent de nombreux artisans à s’y installer. Beaucoup plus tard, des révoltes amenèrent Vauban à remanier la cité. Les remparts furent rehaussés. Une caserne, un hôpital, un bastion et des poudrières furent construites. De plus un fort dominant la ville fut édifié : le Fort Libéria qui, sous Louis XIV, servira de prison à 8 femmes de la cour condamnées comme empoisonneuses ou sorcières pratiquant la magie noire.

 

Odeillo

En cheminant nous admirons les remparts, les grandes portes en marbre rose et les ponts levis. Dans les rues Saint Jacques et Saint Jean parallèles à la Têt nous trouvons de belles demeures datant du

 

 

moyen âge et des échoppes rivalisant par l’originalité de leurs enseignes. Nous remarquons également le portail roman en marbre rose de l’église Saint  Jacques.

En route vers le four solaire d’Odeillo, nous sommes témoins des travaux réalisés par des alpinistes pour sécuriser les parois et surplombons le viaduc Séjourné qui enjambe la Têt et la nationale. La visite du site commence par l’exposition dédiée à l’énergie solaire et la vision d’un film « Le Soleil apprivoisé » réalisé par le CNRS. Enfin le four solaire, mis en service en 1970, nous est présenté. Il est, avec celui de Parkent en Ouzbékistan, l’un des deux plus grands du monde. 63 miroirs plats, les héliostats qui suivent la course du soleil, réfléchissent les rayons lumineux sur une parabole composée de 9130 glaces courbes. De là ils convergent au sommet d’une tour centrale sur une cible circulaire de 40 cm de diamètre. Le four concentre l’énergie lumineuse et permet d’atteindre des températures de 3000° C.

Mont-Louis

 

Après le repas pris au village d’Azurèva-Égat, nous effectuons en guise de promenade digestive, la montée du Chemin de Croix menant au Calvaire de Font-Romeu. De ce point haut, nous disposons d’une vision à 360° sur l’ensemble de la région et de ses divers sommets.

Nous accédons ensuite à Mont-Louis la ville fortifiée la plus haute de France (1600m d’altitude).  Cette place forte fut conçue par Vauban en 1679 pour répondre à la demande de Louis XIV de sécuriser ce territoire nouvellement annexé. L’emplacement fut choisi car naturellement défendu d’un côté par un aplomb. La ville fortifiée constitue une première défense pour la citadelle qui la domine. Cette dernière qui a toujours répondu à sa vocation militaire sert aujourd’hui de siège au Centre National d’Entrainement Commando.

Après la visite nous descendons à la gare de La Cabadasse pour prendre le petit train jaune, aujourd’hui centenaire, dont la création a fortement contribuée au désenclavement de la Cerdagne. Venant de Latour de Carol , il nous ramènera  en un peu plus d’heure à Villefranche de Conflent par un tracé touristique dominant la vallée de la Têt. La ligne compte deux viaducs classés et 19 tunnels dont le plus long fait 380 m. 

Petit train jaune

 

 

Vendredi matin, nous empruntons successivement les vallées de l’Agly et de l’Aude pour nous rendre à Carcassonne. Nous délaisserons la bastide

 

Saint Louis, fondée en 1247 sur la rive gauche de l’Aude, pour nous consacrer à la visite de la cité.  Celle-ci, dont les origines remontent à la période gallo-romaine, est un ensemble architectural médiéval fortifié. La cité fut sauvée de la destruction puis restaurée au XIX siècle, de manière parfois controversée, sous la direction de Viollet-le-Duc. Nous commençons par effectuer en petit train un tour du rempart extérieur de près de 3 km de long. Celui-ci constitue une première protection pour le rempart intérieur dont il est séparé par un espace découvert : les lices.

 

 

Carcassonne

Nous pénétrons dans la cité par la Porte Narbonnaise ornée du buste de Dame Carcas. Cette dernière, rusée Sarrasine, parvint  à convaincre Charlemagne d’abandonner un siège engagé depuis cinq ans. Elle fit alors sonner les cloches de la cité à toute volée, ce qui fit dire Carcas sonne.

Notre parcours dans les rues agrémentées d’échoppes chatoyantes nous conduit à la basilique des Saints Nazaire et Celses construite sur l’emplacement d’une église wisigothe du VIe siècle. Elle a été commencée au XIe siècle, plusieurs fois remaniée, et in fine restaurée par Viollet-le-Duc. Nous avons le plaisir d’y entendre des chants russes interprétés par le Chœur Doros en admirant vitraux et rosaces.

Nous nous rendons ensuite à la brasserie Le Donjon pour y déguster un cassoulet  qui sera incontestablement le temps fort gastronomique de notre séjour. Après le repas nous nous rapprochons du château comtal puis, à la Porte de Rodez, nous empruntons les lices pour ressortir à la Porte Narbonnaise. 

Abbaye de Fontfroide

 

Nous reprenons la route pour nous rendre à l’abbaye Sainte Marie de Fontfroide, nichée discrètement au creux d’un vallon des Corbières à

quelques kilomètres de Narbonne. Fondée au XIème siècle, l’abbaye fut d’abord bénédictine puis adopta la règle cistercienne au XIIème siècle. L’essentiel de ses bâtiments fut édifié au XIIème et XIIème siècle, période où elle connue une grande prospérité.

Le sauvetage  de l’abbaye fut le fruit d’une initiative privée. Abandonnée par les moines en 1901, Gustave Fayet, peintre, grand collectionneur et mécène l’achète avec son épouse Madeleine d’Andoque en 1908. Ils entreprennent alors de gigantesques travaux.

L’ensemble architectural est impressionnant. Il comprend :

- la cour d’honneur avec la porte d’entrée principale, admirable construction d’architecture romane ;

- la très grande Cour de Travail encadré par les bâtiments de vie et de travail des convers ;

- le domaine des moines avec le Cloître et la Salle Capitulaire ;

- l’abbatiale ;

- le cimetière et les jardins.

Groupe à l'abbaye de Fontfroide

 

L’abbatiale, joyaux architectural, respecte le plan basilical traditionnel en forme de croix latine. Elle impressionne par ses dimensions et sa sobriété. La nef, rythmée par cinq travées, élève jusqu’à vingt mètres sa voûte en berceau brisé. Elle est contrebutée par deux collatéraux dont la voûte en demi-berceau monte à quatorze mètres. Les trois travées du transept sont couvertes d’une voûte d’ogive au profil torique. Les verrières cisterciennes, grises à l’origine, ayant disparu, les Fayet ont adopté le parti de faire chanter la couleur. Avec leur ami René Billa, ils installèrent l’ensemble des vitraux. Enfin, autre particularité de l’abbatiale, sa remarquable acoustique que notre chantre préféré nous a permis d’apprécier par son interprétation de l’Ave Maria de Gounod.

La pluie, funeste présage d’une défaite (premier match France-All blacks), vient gâcher la matinée de notre dernier jour en Catalogne. C’est donc sous un ciel bouché que nous entreprenons avec le petit train de Collioure l’ascension des coteaux. Nous aurons néanmoins une belle vue en surplomb de la côte entre Collioure et Port-Vendres.  

 

Après un dernier repas au village Azurèva nous reprenons la direction du CESTA où nous parviendrons avec un peu de retard, la bande de roulement d’un pneumatique arrière droit de notre bus ayant décidé de retrouver son autonomie.  Ainsi se termina un voyage riche en découvertes de paysages et d’histoire.