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Découverte de l'Alsace

(16-22/09/2013)

par Marie-Thérèse Fernandez et Charles Costa

 Le groupe à la sortie des galeries souterraines de la Ligne Maginot

 

Il suffit de monter dans le train et de se laisser bercer entre 5 et 6 heures par le TGV pour relier Bordeaux à Strasbourg et se retrouver transplantés dans une région de France, ô combien différente de l’Aquitaine !

C’est pourquoi l’ARCEA-CESTA a programmé du 16 au 22 septembre 2013, ce séjour en VVF (formule appréciée par ses membres et devenue rituelle chaque année en fin d’été).

Cette année 2013, c’est bel et bien la fin de l’été et il nous faudra parcourir ce beau pays, munis de parapluies et chaudement vêtus. Mais quand on a encore la jeunesse en soi et l’enthousiasme des anciens de l’ARCEA, ce genre de considérations n’atténue en rien le désir de découverte.

Le camp de base à Obernai est donc atteint en milieu d’après-midi, et après une rapide prise de possession des locaux qui nous sont affectés, une majorité du groupe descend vers le centre ville pour admirer ces maisons si typiques que nous retrouverons tout au long du séjour. Certains, imprévoyants, en profitent pour acheter un parapluie, alors que d’autres ingurgitent bière ou muscat au verre !

Après la découverte du restaurant qui nous est dédié et son personnel de service fort aimable, puis une première nuit réparatrice, nous nous retrouvons tous au lieu de rendez-vous où nous attend Gianni qui sera notre guide la semaine entière.

Et c’est pédestrement que nous partons à la découverte plus approfondie d’Obernai : son origine remonte aux Romains, ville active par ses foires et marchés, elle s’est protégée des convoitises étrangères par une double enceinte encore fort bien conservée. A partir de 1354, elle fut l’une des villes impériales de la Décapole Alsacienne. Gianni nous explique devant les maisons à colombages qu’elles sont démontables et transportables (mobil-homes avant l’heure) et que la disposition des boiseries extérieures traduit le statut des habitants. La nappe phréatique ne permettant pas la construction  de caves pour y stocker les vivres, ces maisons se terminent par des toits élevés qui servent encore de greniers ou de chambres (à la manière des soleilhos que l’on trouve à Figeac par exemple).

Obernai

Aujourd’hui Obernai est une ville très vivante avec notamment des brasseries dont Kronenbourg et la Bière du Pêcheur.

L’après midi nous embarquons dans le car pour la découverte de l’Alsace agricole. Nous sillonnons de vastes étendues avec beaucoup de champ de maïs, de betteraves et par endroit de choux destinés évidemment à la fameuse choucroute. Cette région dénommée, le « grenier de l’Alsace » est à vrai dire un peu monotone et heureusement la visite s’achève dans une chèvrerie où le propriétaire au verbe haut nous explique pourquoi il est le meilleur dans sa spécialité. Après avoir assisté à la traite des bêtes qui se rangent sagement les unes après les autres la tête dans des râteliers successifs pour y manger quelques grains de maïs alors que la trayeuse est en action, nous passons au magasin où la dégustation nous prouve que les produits sont effectivement très goûteux et bien entendu proposés à la vente qui fera nombre d’adeptes.

Pour ce troisième jour nous prenons le chemin de Colmar, situé à une trentaine de kilomètres plus au sud. C’est une ville hautement touristique qui

accueille bon an, mal an, plus de 3 millions de visiteurs. Une garnison de 6500 hommes est une de ses richesses. Pour une bonne partie piétonnières, il est agréable de sillonner ces rues et ruelles bordées de maisons au style typique que nous avons déjà découvertes à Obernai. Les plus célèbres comme la maison Pfister avec ses peintures et son oriel, le Koïfhus (ancienne douane), la maison Adolph, nous sont révélées par Gianni. La collégiale Saint Martin construite en grès jaune des Vosges est de style gothique, on y voit de très beaux vitraux. La maison des têtes, de style Renaissance allemande est ainsi nommée de par les masques grotesques qui ornent sa façade. Le quartier dit de la Petite Venise aux maisons colorées (en fonction de l’activité des propriétaires situées de part et d’autre de la rivière Lauch, est particulièrement photographié ; il faut dire aussi que  la profusion de géraniums qui décorent fenêtres et balcons n’y est pas pour rien !

 

Colmar - La petite Venise

Mais cette visite de Colmar qui a débuté par un tour de ville en petit train, nous réserve un autre moment de grand plaisir avec la visite impromptue du musée Unterlinden où un des joyaux de la peinture, le retable d’Issenheim de Grünewald y est présenté de façon magistrale.

Nous quittons cette ville musée pour Riquewhir, village incontournable pour qui visite l’Alsace et surtout le vignoble alsacien. Cette cité est classée « plus beau village de France ».

La rue principale, bordée de boutiques de winstub et restaurants est très animée même en cette fin septembre. En été, c’est parait-il la cohue. Le restaurant nous propose une tartiflette bien appréciée mais peu roborative, heureusement suivie d’autre pitance qui n’a rien de bien typique.

Pendant le moment de balade qui nous est proposé, il est intéressant de découvrir cette extraordinaire boutique qui propose des objets de Noël variés à l’infini. Après Riquewhir, nous faisons halte au parc des cigognes de Hunawihr.  Ce lieu se propose de les sédentariser car elles sont de moins en moins nombreuses en Alsace. Et pourtant on voit encore des pylônes qui surmontent clochers ou même maisons, capables de supporter ces nids particuliers où les excréments des petits sont systématiquement recouverts de branchages, ce qui leur donne des épaisseurs qui peuvent atteindre le mètre, et entraîne des poids de plusieurs centaines de kg. Dans ce parc, nous assistons dans un immense bassin, à un spectacle orienté vers les techniques de  pêche de certaines espèces : cormorans,  loutres, manchots et otaries.

 

Plutôt que de rentrer directement au VVF, Gianni, nous propose un détour par le château de Haut-Koenigsbourg, dont malheureusement nous ne verrons que les extérieurs, et encore de loin compte tenu de la pluie qui exclut toute sortie du car ! Á Orschwiller nous faisons un arrêt dégustation dans une cave, où le « Gewurztraminer vendanges tardives » que beaucoup achètent sera un délicieux accompagnement des foies gras de fin d’année en lieu et place du traditionnel Sauternes. (Il n’y a pas de trahison à vouloir s’initier à la gastronomie française hors Sud-ouest). Après cette journée longue et variée, le retour à « la maison » est bienvenu.

 

Rosheim - Église Saint Pierre et Paul

Nous voici maintenant jeudi et nous partons à la découverte de deux villages fortifiés :

- Rosheim, comme son nom l’indique c’est la ville à la rose. On accède à cette petite cité par une porte du 13e siècle. Une splendide église romane bâtie en grès jaune, Saint Pierre et Paul, sera l’objet de commentaires de Gianni qui nous montre en particulier deux sculptures sur le clocher octogonal : un mendiant évoquant l’argent et un ermite évoquant la spiritualité. Á l’intérieur, des chapiteaux massifs représentent des motifs floraux ou géométriques, à l’exception de l’un d’eux qui est composé de 21 visages humains (expressions de la vie). Á l’extérieur, une gravure sur le mur permettait aux drapiers de mesurer leurs tissus. Nous verrons également dans ce petit village l’hôtel de ville, l’ancienne prison, le puits à six seaux, la Laube (anciennes boucheries et maison de justice), devenue office de tourisme, les halles, la porte de l’horloge et la synagogue dans l’ancien quartier juif ;

- Le village de Boersch est tout proche sur la route des vins. Nous y pénétrons par la porte basse qui abrite une statue de la Vierge. On voit de nombreuses maisons de vignerons des 16e et 17e siècles. L’hôtel de ville Renaissance est flanqué d’un oriel sur deux étages, ici on a à faire à un puits à seulement 3 seaux. La visite s’achève à l’extrémité du village par la maison des chevaliers teutoniques et nous sortons par la porte Saint Médard, le patron de la ville.

Nous regagnons Obernai après avoir traversé Klingenthal où fut fondée une grande manufacture d’armes blanches. C’est jour de marché dans toute la ville, aussi Gianni nous accorde’ ¾ d’heure pour flâner et éventuellement acheter les produits locaux. Notre ami Jean Claude Mertz, en fin connaisseur nous recommande un pâté présenté dans un tuyau plastique qui n’est pas sans surprendre, plus d’ailleurs par la présentation que par le goût …

L’après midi, sur la route du Mont Sainte Odile, nous faisons halte à Steiger dans la distillerie Nusbaumer. Nous sommes accueillis par un membre de la famille qui nous propose une visite des lieux agrémentée de riches commentaires : par exemple, on apprend qu’il faut 10 kg de fruits pour élaborer un litre d’eau de vie et que les eaux de vie de raisins représentent 2,5% du vignoble alsacien. Puis, naturellement comme toujours en pareille circonstance, nous passons par la salle de dégustation et vente. Pour une dégustation, ce ne fut pas mesquin, il suffisait de réclamer pour se faire plaisir. Car c’était réellement un plaisir que de tremper ses lèvres dans ces produits finement élaborés, à base de fruits en provenance des collines et montagnes toutes proches (nous sommes dans le massif vosgien). L’entreprise qui emploie 20 personnes est importante pour ce petit village.

Puis, en serpentant, nous montons à l’assaut du Mont Sainte Odile culminant à 764 mètres. Ce lieu dont beaucoup ont appris l’existence par l’accident de l’Airbus A320, est célèbre par le monastère dédié à la Sainte. Nous y resterons environ une heure ce qui permettra de découvrir des points de vue sur la plaine d’Alsace et même la Forêt Noire outre Rhin, et à l’intérieur des édifices, différentes chapelles et le tombeau de la Sainte. Ce haut lieu qui a reçu la visite du Pape Jean-Paul II accueille chaque année de l’ordre de 1 300 000 visiteurs.

Une belle alsacienne d’Albi

Église Saint Georges à Sélestat

Nous voici déjà vendredi et nous prenons la direction de Sélestat ; bâtie dans la plaine, la ville s’est développée sur la rive gauche de l’Ill. C’est ici qu’est née la coutume du sapin de Noël vers 1521. Á l’origine le sapin était installé dehors, là où se tenait le marché de Noël dont le premier date de la même époque. Nous visiterons l’église Sainte Foy classée monument historique depuis 1862. Son histoire mouvementée, due à l’assassinat  du neveu du pape alsacien Léon IX, explique pourquoi on retrouve trace des moines de l’abbaye  Sainte Foy de Conques, d’où l’appellation de l’église.

L’église Saint Georges par contre est de style gothique ; les magnifiques verrières du chœur et un bel orgue  retiennent l’attention. Pendant un peu de temps libre, certains en profitent pour visiter la bibliothèque humaniste installée dans l’ancienne halle aux blés. C’est l’occasion de découvrir une collection passionnante de manuscrits et d’incunables dont une édition complète des œuvres d’Erasme.

Sur le retour vers Obernai, Gianni nous propose une halte à l’église abbatiale Saint Maurice d’Ebersmunster. C’est l’unique exemple en France de style baroque autrichien. L’intérieur et la voûte sont recouverts de peintures consacrées à la vie de Saint Maurice. Devant l’entrée, un arbre aux formes étonnantes propose un ombrage dont la nécessité ne s’impose pas en ce jour de temps maussade sinon pluvieux.

Suite à un certain mécontentement lors de la visite de l’Alsace agricole, Gianni nous propose la découverte d’un ouvrage de la ligne Maginot, en lieu et place du circuit des villages fleuris.

Ainsi, après avoir parcouru environ 80 Km essentiellement d’autoroutes, nous atteignons Lembach où se trouve l’entrée de l’ouvrage là où existait un four à chaux. Un guide bénévole à l’accent très prononcé, nous fait parcourir les galeries souterraines et nous commente avec passion l’organisation du système de défense. L’entretien des lieux par l’équipe de bénévoles, permet de retrouver à l’identique, les postes de commandement, les lieux de vie et toujours à même de fonctionner, les batteries de canons de 75. Cette visite qui suscite un intérêt évident est d’autant plus appréciée qu’elle ne figurait pas au programme initial.. Rappelons que ce système de défense qui couvrait les frontières avec l’Allemagne et l’Italie, ne servit à quasiment rien puisque Hitler ne se gêna pas de le contourner en traversant la Belgique. Nous y consacrons deux heures environ, ce qui avec les délais de route nous ramène au VVF à l’heure du dîner.

Le dernier jour de ce bref séjour alsacien sera consacré à la visite de la capitale : Strasbourg.

Un premier circuit en car, nous permet de découvrir des quartiers d’influence architecturale germanique, d’autres à l’aspect parisien dus aux constructeurs français. C’est une ville très aérée avec de larges avenues, les bâtiments universitaires témoignent d’une intense activité estudiantine, on nous dira qu’il n’y a pas moins de   70 000 étudiants à Strasbourg.

Plan de la ligne Maginot

La Flèche de la cathédrale de Strasbourg

Nous laissons le car pour poursuivre à pied en écoutant les commentaires de Gianni. Nous cheminons de la ville prussienne vers la Petite France où nous retrouvons les maisons typiques et plus qu’ailleurs avec des encorbellements dont on sait l’avantage fiscal, mais dont on connaît moins l’avantage protecteur pour les piétons, envers tout ce qui peut être jeté par les fenêtres !

Nous longeons le temple protestant où venaient se recueillir Pasteur comme Schweitzer, l’église prussienne où l’on pouvait pénétrer à cheval et nous saluons la statue de Gütenberg.

L'Ill dans le quartier de la La Petite France

Nous arrivons ainsi place de la cathédrale pour une visite un peu trop brève pour en découvrir tous les trésors. Nous ne pourrons pas attendre les douze coups de midi pour voir tous les personnages de la célèbre horloge astronomique en mouvement, mais nous admirerons la belle rosace et le buffet d’orgues de 24 m de haut et ferons un arrêt devant la chaire pour y chercher la petite tête de chien.

L’édifice est impressionnant par son élancement vertical. La construction commencée en 1176, se poursuivra jusqu’en 1439, date d’achèvement de la flèche qui culmine à 142 mètres (Saint Michel à Bordeaux n’atteint que 114 mètres) Au sommet de la structure, on a installé une station météo toujours active mais qui détonne dans cet univers gothique pour peu qu’on élève la vue.

Après le déjeuner pris à quelques pas, nous embarquons sur un batorama qui nous conduit avec d’autres groupes sur l’Ill d’où nous reverrons certains monuments et découvrirons l’ensemble des bâtiments européens (Conseil de l’Europe, Parlement, Cour européenne des droits de l’homme, et aussi le siège de la chaîne TV franco-allemande ARTE).

Gianni, comme nous avons shunté les villages fleuris au profit de la ligne Maginot aura à cœur de nous en faire découvrir un magnifique exemple à Itterviller après que nous ayons fait un arrêt programmé à Gertwiller dans une fabrique de pain d’épices dont la tradition remonterait à 1453 !

Ici, l'Europe

Pour le tourisme on use de beaucoup d’imagination pour élaborer des produits de toutes formes et de tous parfums… Et ça marche si on en juge par les achats faits par quasiment tous les membres du groupe qui y voient l’occasion de faire au retour, quelques cadeaux originaux.

Ainsi s’achève cette rapide découverte d’une province qui se sent tellement française mais qui a du subir pour en arriver là les convoitises des deux partenaires de part et d’autre du Rhin. Certaines traces restent encore bien présentes telle celle des « Malgré Nous », ces soldats enrôlés de force dans la Wehrmacht et qui périrent pour la plupart sur le front Russe pendant la deuxième guerre mondiale.

Retour sans problème par TGV à Bordeaux où la température est estivale !