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abeilles00Les abeilles

par Jean-Paul Prulhière

Les informations fournies dans cette fiche sont issues de recherches sur Internet.

 

Le monde des abeilles est mal connu de la plupart d’entre nous et se manifeste essentiellement par la dégustation du miel et laabeilleabeille vision en été de ces petits insectes qui butinent sur les fleurs et qui sont souvent confondus avec des guêpes. Nous avons donc écrit cet article pour mieux vous faire connaitre ce monde mystérieux.

C’est un insecte de la famille des hyménoptères (comme les guêpes et les fourmis), végétarien et butineur. Sa taille et son poids varient selon les espèces : de 9 à 15 mm de long et de 60 à 80 mg. Volant de fleur en fleur à la recherche de nourriture, l'abeille récolte dans la nature :

• le pollen : c’est l'élément fécondant mâle de la fleur ; il est constitué de minuscules graines de quelques dizaines de microns de diamètre. En butinant l'abeille permet la pollinisation, c'est-à-dire le transport du pollen permettant la reproduction des plantes ;

• le nectar : c’est la matière première du miel ; il possède un pouvoir d'attraction sur les insectes ;

• le propolis : cette résine végétale est utilisée par les abeilles comme mortier et anti-infectieux pour assainir la ruche ;

• le miellat : ce liquide épais et visqueux, riche en sucres et acides aminés, est excrété par des pucerons et déposé par eux sur les végétaux. Il est récolté par l’abeille en complément ou en remplacement du nectar afin de produire un miel sombre, moins humide que le miel de nectar (miel de sapin, de forêt, de chêne, miellat du maquis corse...). Bien qu'il provienne d'excréments de pucerons régurgités par des abeilles, ce miel est très prisé, particulièrement dans les pays anglo-saxons, où on l'appelle «honeydew», c'est-à-dire rosée de miel.

Il est facile de la distinguer :abeilles02 pguêpe

• des bourdons, aux mœurs comparables mais plus ronds et généralement plus gros ;

• des guêpes, à la taille fine, sans poils et volontiers carnivores ;

• de certaines mouches rayées (syrphes) également pollinisatrices qui arborent par mimétisme le costume rayé de la guêpe et parfois celui, plus poilu, de l'abeille.

Selon les habitudes de vie des espèces, on distingue plusieurs catégories d'abeilles :

• domestique : c’est l'un des noms usuels de l'abeille européenne (Apis mellifera) mais il est aussi employé pour toute autre abeille domestiquée par l'Homme ;

• sauvage : elle n’est pas domestiquée. Elle peut vivre en colonie (abeille sociale) ou dans des terriers individuels (abeille solitaire).

abeilles09 pLa reine et sa cour L’élaboration du miel

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Il commence pendant le vol de retour de l’abeille vers la ruche grâce à une enzyme présente dans son jabot qui, ajoutée au nectar produit une réaction chimique donne du glucose et du fructose. Arrivée dans la ruche, l’abeille butineuse régurgite le nectar à une receveuse qui, à son tour, régurgitera et ré-ingurgitera ce nectar riche en eau, en le mêlant à de la salive et à des sucs digestifs, ayant pour effet de compléter le processus de digestion des sucres et le stockera temporairement dans des alvéoles de la ruche. Le miel est ensuite déshydraté grâce à la chaleur de la ruche et par une ventilation longue et énergique faite par les battements d’aile des ouvrières ventileuses qui peuvent entretenir un courant d’air pendant 20 minutes. Le miel arrive à maturité lorsque sa teneur en eau devient inférieure à 18 % ; il est alors emmagasiné dans d’autres alvéoles qui seront operculés une fois remplis pour servir de réserve de nourriture.

 

Les ruches

Ce sont des nids plus ou moins élaborés : de simples galeries pour les espèces solitaires, des assemblages complexes de rayons de cire pour les espèces sociales.

L’homme n'élève réellement des abeilles dans des ruches que depuis le 18e siècle, mais la consommation de miel remonte à environ douze mille ans (l’homme pratiquait alors la cueillette, comme le font les ours, qui entraînait souvent la destruction de la colonie). La première ruche fut sans doute issue du prélèvement d’un tronc d’arbre creux contenant un essaim. Les premières fabrications de ruches artificielles, sans doute faites de troncs creusés ou d’écorce de liège, apparurent beaucoup plus tard.

 

 

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ruche sauvage dans un mur

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ruche tronc traditionnelle

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ruche en paille

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ruche industrielle

 

La reine

Elle est indispensable à la vie d’une ruche. Elle mesure de 11,5 à 20 mm de long (le double de la taille des ouvrières). Il ne peut y avoir qu'une seule reine par ruche, sinon cela provoquerait un essaim. S'il y a deux reines, c'est immédiatement la bagarre entre elles jusqu'à la mort. Elle pond environ 2 000 œufs par jour au rythme de parfois 5 à 6 par minute. Pour pondre autant la reine consomme environ 80 fois son poids chaque jour. Elle produit deux types d'œufs : les œufs fécondés qui donnent naissance aux abeilles femelles (ouvrières ou reines), et les œufs non fécondés d'où sortent les abeilles mâles (faux-bourdons) dont le rôle principal est la fécondation des jeunes reines. Le faux bourdon meurt ensuite car son abdomen est arraché en vol pendant l'acte de reproduction. Sa durée de vie est d'environ deux mois. Il est chassé des ruches avant l'hiver, parfois dès les premiers refroidissements nocturnes d'août.

Le langage des abeilles

C’est une danse qui est exécutée dans l'obscurité par l'abeille éclaireuse revenue à la ruche pour renseigner les autres sur la distance, la direction, la quantité et la nature de nourriture. Les autres abeilles, grâce à leurs perceptions tactiles et olfactives, perçoivent l'agitation et viennent s'agglutiner à elle pour décoder les informations contenues dans ces mouvements.

• La nature de la nourriture est indiqué par l'odeur de l'abeille qui s'y est frottée, la quantité dépend du frétillement de l'abeille (plus elle frétille, plus la quantité est importante).

• La distance qui sépare la source de nourriture de la ruche est fonction de la vitesse à laquelle l’abeille tourne. Plus la danse est rapide plus la source est proche.

• La direction (angle entre la source de nourriture et l'aplomb du soleil par rapport à la position de la ruche) est transmise par l'inclinaison de la danse par rapport à la verticale. La précision est ± 3°. Quand la danse se prolonge, l'abeille danseuse corrige son angle en fonction de la course du soleil, et ce malgré l'obscurité complète, dans laquelle elle se trouve.

abeilles08 pRuche en Afrique

L'abeille : une espèce menacée

Les abeilles subissent depuis une dizaine d'années des pertes importantes dans toutes les régions du monde.

Les causes ne sont pas encore parfaitement établies mais toutes les études montrent que les produits phytosanitaires utilisés par l'agriculture intensive affaiblissent (voire tuent) les abeilles qui ont alors plus de mal à lutter contre les maladies et parasitoses, les prédateurs faisant le reste (ex: frelon, et notamment le frelon asiatique invasif, qui a été introduit en France vers 2004). L’hybridation par des importations d’abeilles d’autres espèces, moins adaptées à notre environnement, a rendu les abeilles locales plus fragiles.

La durée de vie des reines est passée de 4 ans il y a quelques décennies à moins de 2 ans maintenant (probablement à cause de la nourriture polluée).

Les disparitions ont atteint de 50 % à 90 % des populations selon les endroits de la planète. La disparition des abeilles met de nombreux écosystèmes en danger car l'abeille est un vecteur essentiel dans le processus de pollinisation (80 % des fleurs, fruits ou végétaux répertoriés, qui constituent la base de l’alimentation mondiale et de la biodiversité, dépendent exclusivement de la pollinisation des abeilles).

Le miel : ses origines, ses utilisations

Déjà présent dans le delta du Nil et à Sumer, il servait à sucrer les aliments. Plusieurs papyrus égyptiens en font mention, le plus vieux datant de plus de 4 500 ans. En plus de sa consommation comme aliment ou condiment, il a été utilisé dès l'Antiquité pour embellir la peau et soigner les blessures. Lors des Jeux olympiques antiques, les athlètes buvaient de l'eau miellée pour retrouver rapidement leurs forces. Hippocrate (le plus grand médecin de l'Antiquité, 460/377 av. J.-C.) disait que l'usage du miel conduisait à la plus extrême vieillesse, et le prescrivait pour combattre la fièvre, les blessures, les ulcères et les plaies purulentes.

À partir du Moyen Âge en Chine, puis en Europe, il sert à la fabrication du pain d'épices.

Le miel de romarin aussi appelé « Miel de Narbonne » était un des multiples constituants de la pharmacopée maritime occidentale au XVIII siècle. Durant les première et seconde guerres mondiales, on l'utilisait pour accélérer la cicatrisation des plaies des soldats. Il a également été utilisé pour confire les fruits et les légumes en l'associant au vinaigre et à la moutarde, mais aussi à adoucir les mets. Il a permis la conservation de la viande. Il a de même servi pour la fabrication de l'hydromel (eau+miel) : par fermentation des levures présentes dans ledit miel, apparition de la boisson alcoolisée. Il y a 400 ans, avant la découverte du maïs, de la culture de la canne à sucre et de la betterave, le miel était avec les fruits le seul édulcorant.

Pourquoi existe-t-il autant de sortes de miel ?

C'est parce que les abeilles butinent à différentes saisons des champs de fleurs respectifs et le miel prend la saveur caractéristique des plantes où les abeilles ont butiné. Il suffit de récolter le miel juste après une floraison particulière de végétaux.

Le miel est dit « monofloral » lorsque son origine provient en grande partie d’une seule variété de fleurs (18 % mini). Les autres miels sont dits « toutes fleurs » et peuvent être également désignés par leurs origines géographiques.

• Le miel de romarin, aussi appelé « Miel de Narbonne », était considéré par les romains comme le meilleur miel du monde. De couleur blanche et très rare en France, il est principalement produit dans les Corbières.

• Le miel de sapin des Vosges ou du Jura est aussi très réputé. De couleur très sombre, il est issu du miellat se déposant sur les branches de sapins.

• Le miel du Yémen, en particulier celui de la région d'Hadramaout où fleurissent des jujubiers (Ziziphus zizyphus), peut coûter jusqu'à 150 € le kilogramme selon son niveau de qualité.

• Le miel de Pitcairn est considéré comme le plus rare et pur du monde car il n'y a pas de pollution dans l’île.

À l'extraction, le miel est liquide. Avec l'entreposage, il peut se figer, car il contient du glucose qui se candit. Plus il contient de glucose, plus il se fige vite (miel de trèfle par exemple). Si le fructose est plus abondant (miel d'acacia entre autres), le miel reste liquide un ou deux ans. On observe chez les miels qui cristallisent vite la formation d'une « fleur » à la surface. Il s'agit de micro-bulles qui remontent en surface lors de l'entreposage - en seaux ou en pots. C'est un phénomène naturel qui ne nuit pas à la qualité. Il est déconseillé de donner du miel à un enfant de moins d'un an, car une bactérie, qui n'affecte pas ou peu les adultes ou les enfants plus âgés, peut y être présente.

Quelques chiffres

Pour produire un kg de miel, les abeilles doivent effectuer plus de 34 000 voyages, visiter 17 400 000 fleurs, le tout représentant plus de 14 000 heures de travail. Elles parcourent ainsi une distance équivalente à 4 fois le tour de la terre.

Une abeille peut aller jusqu'à 4 kilomètres de la ruche et y revenir. Si elle se trompe de ruche elle peut se faire massacrer par les autres abeilles qui voient en elle une intruse, une pilleuse.

Une abeille vit environ 6 semaines en période d'activité.

• Nourrice les dix premiers jours, elle va d’abord s’occuper de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle pourra nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu’elle sécrète. À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.

• Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées ; elle participe alors à l’agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, au nettoyage et à la régulation thermique de la ruche, puis à sa protection contre les prédateurs (guêpes et frelon notamment) et les voleurs (abeilles étrangères, etc.).

• Butineuse à partir du vingtième jour jusqu’à la cinquième ou sixième semaine de sa vie, elle va parcourir la campagne afin d’approvisionner la ruche Après quoi, sa vie s’achèvera : en général, elle meurt pendant un dernier voyage de butinage (ou de portage d'eau dévolu aux plus anciennes), ou pendant qu'elle dort.

Une ruche contient de 40 000 à 80 000 abeilles.

Un apiculteur possède plusieurs centaines de ruches, voire des milliers et même quelques dizaines de milliers (USA).

L'abeille ne perçoit pas les couleurs comme nous.

• Elle ne distingue pas le rouge, il lui parait gris foncé.

• Elle confond le vert avec le jaune et l'orange et le bleu avec le bleu-violet.

• Elle est très sensible à l'ultraviolet (donc les nuages cachant le soleil ne sont pas gênants pour elles)

• Son blanc est un mélange d'ultraviolet, de jaune et de bleu. Les fleurs blanches lui apparaissent bleu-vert et les rouges lui semblent noires.

Elle reconnaît facilement les formes massives des formes découpées mais peut confondre un rond et un carré ou un carré et un triangle.

Elle distingue le salé, l'acide, l'amer et bien sûr le sucré.

Albert Einstein aurait dit (non prouvé) : « Si l'abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans »