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Fusion froide en Italie, Grèce, États unis

par Bernard Miltenberger 

Lors d’une conférence de presse à Athènes le 21 juin dernier la compagnie grecque Defkalion Green Technologies a annoncé la mise en production d’un nouveau type de générateur baptisé Hyperion utilisant « l’effet catalytique » mis au point par Andrea Rossi, controversé depuis plus de 20 ans, et que certains d’entre nous ont connu sous le vocable médiatisé de « fusion froide ».

De quoi s’agit-il ? (Extraits de Wikipédia)

La presse a nommé fusion froide ce qui semblait être une fusion nucléaire réalisée dans des conditions de température et de pression ambiantes, utilisant des techniques dérivées d'une expérience réalisée par Martin Fleischman et Stanley Pons en mars 1989.  

Cette expérience se caractérisait par un dégagement de chaleur non explicable par la quantité d'énergie électrique reçue (faisant fondre l'électrode).

Difficilement reproductible et ayant déclenché une polémique mondiale sur la vérification effectuée par divers laboratoires, le principe de la fusion froide reste aujourd’hui  controversé au sein de la communauté scientifique, certains n'hésitant pas à assimiler ces expériences à celles d'alchimie et de tentative de "transmutation du plomb en or". 

On se souvient peut-être que le CEA par la voix de son Haut Commissaire avait émis un avis très négatif sur le sujet, autorisant toutefois les ingénieurs du  CEA à travailler sur le sujet « à condition de le faire chez eux et à leurs frais ». (Le CESTA, à l’époque avait vu se développer des polémiques passionnées).   

Indépendamment, en 1989, en observant des échantillons de matière organique (des gangliosides) placés dans une atmosphère d'hydrogène sur un support de nickel, le professeur italien Francisco Piantelli a remarqué une production de chaleur anormale.

]Avec Sergio Focardi et Roberto Habel, il a alors étudié ce phénomène et ils sont arrivés à une expérience parfaitement vérifiable, dont le développement a conduit en 2011 à la réalisation du Catalyseur d’Énergie de Rossi et Focardi.

Ils ont toujours estimé que ce phénomène était différent de celui de Fleischmann et Pons et le désignaient plutôt comme une réaction nucléaire à basse énergie.

C’est ce « Catalyseur d’Énergie » qui fait aujourd’hui l’objet d’un développement industriel. 

En janvier 2011, le Professeur Sergio Focardi et l’ingénieur Andrea Rossi (Université de Bologne) faisaient une démonstration publique du fonctionnement d’un « réacteur de table Nickel-Hydrogène » capable de fournir 10 KW d’énergie thermique.

En fonctionnement normal, il fournit 8 unités d’énergie pour 1 unité d'énergie d’entrée. Coût estimé de l’énergie produite par l’appareil : inférieur à 1 centime le kWh dans le cas d’électricité faite avec le cycle de Carnot et en dessous de 1 centime par 4.000 MJ dans le cas où l’on produit de la chaleur pour des besoins de chauffage. C’est bien moins cher, et de loin, que l’énergie produite à partir des sources de carburant fossiles ou de gaz naturel.

Au cours de cette manifestation A. Rossi déclarait : « Les controverses sont derrière nous, notre juge sera le marché… Dès lors que nous possédons la technologie, nous n’avons plus à argumenter, mais à la mettre en œuvre et à la vendre…» 

20111105 fusion froide bm img1A. Rossi et son réacteur

Le projet grec Hyperion (extraits de presse)

20111105 fusion froide bm img2

Le réacteur Hyperion fabriqué par Defkalion Green Technologies sera disponible en deux versions. Une version « mini » sous la forme d’un boitier 56x46x35 cm avec une « sortie chaleur » réglable entre 5 et 30 KW thermiques. L’autre plus importante (conteneurs de 6m de diamètre) est capable de délivrer jusqu’à 3,45 mégawatts ( !).

Ces modules peuvent être associés avec divers types de turbines ou microturbines pour réaliser des «unités CPH » (Combined Power and Heat) fournissant chaleur et électricité.

Un ou plusieurs (selon la sortie souhaitée) catalyseurs d’énergie sont placés dans une enceinte en plomb (protection rayonnements alpha et gamma) et thermiquement isolée. La chaleur est transportée par un circuit primaire fermé (glycol par exemple) vers l’extérieur de l’enceinte.

Le réacteur essentiellement constitué de Nickel pulvérulent et d’un catalyseur (secret non révélé) est alimenté sous pression d’hydrogène.  La chaleur est recueillie par un circuit secondaire. 

La société grecque annonce en juin 2011 la mise en service, au quatrième trimestre 2011 (octobre ?), d’une unité pilote d’un mégawatt, obtenue par assemblage d’unités CPH de base. Elle n’attendrait pour le moment que le feu vert des commissions de sécurités nationales et européennes.

 L’usine de fabrication des éléments de ces modules est déclarée en cours de construction à Xanthi, dans le nord de la Grèce, avec une capacité de produire jusqu’à 300.000 modules par an. Une deuxième usine est prévue à Xanthi avec une capacité double.

Les parties « secrètes » du réacteur seront fournies par Cypriot Company Praxen pour assemblage par Defkalion.

Oui, mais voila que tout s’écroule :

Patatras ! Le 4 août la presse annonce le divorce d’A. Rossi et de Defkalion. Rossi précise qu’aucun transfert de technologie n’a été réellement fait et qu’il reste toujours seul à posséder son secret. L’Italien ne donnera plus rien au Grec, précisant que la cause du désaccord est strictement financière et non technique. La crise aurait elle eu raison de cet espoir nouveau de solution au problème de l’énergie ? Qui va maintenant finir l’unité de 1 MW, quand et où la verra-t-on fonctionner ?

Les journaux font part de discussions nouvelles ouvertes par A. Rossi  avec des sociétés américaines…

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Andrea Rossi

Le feuilleton va pouvoir reprendre.

En attendant, et cela n’est qu’une coïncidence, on notera que Grèce, États Unis et Italie ont vu leur note de confiance dégradées, amusant non ?