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Balade dans le Langonnais médiéval (21 octobre 2010)

Yves Schmidt

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Les participants : Serge Anatole, Rolande et Pierre Béchade, Dominique Biaut, Liliane et Charles Costa, Georges Fain et Mme, Guy Feidt, Annick et Robert Granet, Yolande et Jean-Claude Lantrade, François Mer et Mme, Marie José et Alain Michaud, Yves Schmidt, Nicole Stéphan

Le programme préparé par Robert Granet prévoyait un rendez-vous à l’entrée du château de Roquetaillade situé à 0Mazères, entre Langon et Bazas. Nous sommes accueillis par la châtelaine, Rosalind Baritault du Carpia qui, avec un accent anglais très prononcé, nous explique que le nom des propriétaires du château, qui a toujours appartenu à la même famille, n’a changé que quatre fois en 600 ans. La visite débute par un détour du côté du Château Vieux (12e siècle) dont il reste une tour et des murs. Le Château Neuf a été construit au 14e siècle par le Cardinal de la Mothe, neveu du pape Clément V : il fait partie des châteaux clémentins construits dans les environs par cinq neveux du pape.

20101021 langonnais img03C’est au 16e siècle que le château de Roquetaillade connut sa première restauration ; de nombreuses fenêtres sont ouvertes, permettant à la lumière de pénétrer dans les grandes salles qui deviennent ainsi plus habitables. Ces dernières, très vastes, se dotent de superbes cheminées.

Sous le Second Empire, la famille Mauvesin choisit l’architecte le plus prestigieux de son temps, Viollet le Duc, pour restaurer le château : il avait déjà opéré à Pierrefonds, Mont Saint-Michel, Carcassonne et Notre-Dame de Paris. Il est aidé dans ses travaux par l’architecte Duthoit à qui l’on doit la restauration de la chapelle. Les travaux restent inachevés en 1870 en raison de la guerre et de la ruine des propriétaires.

Après la visite de la chapelle, nous pénétrons à l’intérieur du château, profondément marqué par le passage de Viollet le Duc qui a rajouté un grand escalier dans le donjon et décoré les grandes salles. La visite se termine par la cuisine qui propose une collection remarquable d’ustensiles.

Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre Saint-Macaire où un copieux repas nous attend. À la fin du repas, nous sommes rejoints par notre guide, Joël Baudet qui nous fait partager sa passion pour sa cité.

Au 5e siècle, c’est un moine grec, Makarios, qui donna le nom à la ville construite dans un méandre de la Garonne. C'est sous le protectorat anglais que Saint-Macaire connaît aux 13e et 14e20101021 langonnais img04 siècles sa plus grande période de prospérité. En effet, la cité, comme toute la région bordelaise, profite largement du commerce du vin avec l’Angleterre. Deux ports situés à l’est et à l’ouest de la ville permettent d’acheminer vers Bordeaux les marchandises à bord de gabarres sur un fleuve encombré par un trafic difficile à imaginer aujourd’hui. Il faut rappeler que la navigation est facilitée par la marée dont les effets se font sentir jusqu’à La Réole.

Au 16e siècle, la ville est confrontée à un certain déclin dû aux ravages de la Guerre de Cent Ans puis des Guerres de Religion. La situation se complique 20101021 langonnais img05encore au 17e siècle, lorsque le cours de la Garonne se déplace vers le sud : l’activité du port périclite ce qui provoque l’exode de la quasi-totalité des bourgeois d’une ville qui a compté jusqu’à 5 000 habitants.

Heureusement, il reste un grand nombre de témoignages du passé florissant de la ville dont la municipalité tente de valoriser le patrimoine. Il faut souligner le rôle très important joué par une poignée de bénévoles qui ont réalisé un travail remarquable avant que les pouvoirs publics prennent le relais, évitant ainsi des20101021 langonnais img06 dommages irréversibles.  Notre guide nous fait passer dans les rues de la vieille ville où ont peut encore admirer de belles demeures qui datent de l’époque médiévale. Nous nous arrêtons sur la place du Mercadiou (13e et 14e siècle) : elle est encadrée par des arcades qui s’ouvrent au pied des maisons qui abritaient les étals des commerçants au Moyen-âge.

Le guide nous fait pénétrer dans la cour du Relais de poste Henri IV qui a été aménagé au 20e siècle en musée régional de la Poste : une tour polygonale a échappé récemment à la destruction. La légende veut qu’Henri IV soit passé dans cette demeure.

Après un crochet pour voir la Porte du Thuron qui donnait accès au premier port sur la Garonne, nous nous dirigeons vers une prairie qui a remplacé l’ancien cours de la Garonne et nous longeons les remparts de la vieille ville avant de remonter vers l’église Saint-Sauveur-et-Saint-Martin (12e-17e siècles) à l’entrée de laquelle on peut admirer un portail  en bois sculpté datant du 13e siècle.

La visite s’achève par une dégustation de vin local  place du Mercadiou.