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Visite du quartier Sainte-Croix le 10/04/2008

par Marie-Thérèse Fernandez

Les participants à cette visite étant nombreux malgré le temps frisquet, 57 environ, deux groupes sont constitués autour de nos guides féminines.

Départ derrière le centre Malraux, devant le vestige du rempart, rue Peyronet. Ce mur est rescapé de la 3e20080410 sainte croix img11 enceinte de la ville élevée en 1302. Au XVIe siècle, cette rue était un chemin de ronde, qui courait entre le rempart et le ruisseau Sainte-Croix qui se jetait dans la Garonne. Au n° 16 de cette rue reste un pavillon de l’ancien hôpital de la Manufacture.

Derrière le rempart se trouve la Fontaine, construite en 1735 par les abbés de l’abbaye Sainte-Croix (détail de rocaille, PAX sur la croix), à côté deux statues Junon et Thalie « originaux » du théâtre, les autres sont éparpillées entre autres devant l’école des Beaux Arts !

Ce quartier, longeant les quais, est un des plus anciens de Bordeaux.

20080410 sainte croix img01Il fut en grande partie bâti au Moyen-Âge par les moines défricheurs, il n'a longtemps été qu'un vaste enclos monastique. Le VIIe siècle a vu le développement du premier monachisme bordelais et l'abbaye Sainte-Croix pourrait même avoir été construite dès le VIe par les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Située aux abords de la Garonne, elle était plantée au milieu d'un marécage, sans aucune liaison praticable avec le centre de Bordeaux. Par la suite détruite lors des invasions barbares des Normands, l'abbaye a été reconstruite au XIe siècle.

C’est dans cette abbaye que mourut Saint Monmolin. L'église Sainte-Croix,qui était le siège de la paroisse dès 1130,n’est ouverte au public que le jeudi matin. Elle est de style roman. Le clocher à droite du portail remonte au XIIe siècle, son porche au XIe. Le clocher de gauche a été rajouté au XIXe siècle par l'architecte Abadie.

Sa restauration, contestée, de sa façade qui a inclus des moulages des tympans de Vézelay (Christ) et de20080410 sainte croix img07 Moissac, une frise de musiciens, une des signes du Zodiaque. Sur les deux portails latéraux, un représente la luxure avec les femmes à droite, à gauche l’avarice avec les hommes (se reporter au livre de l’abbé Brun). Le moulin était établi sur l’estey Sainte-Croix.

Le bâtiment, ancien couvent des bénédictins jusqu’à la révolution, ensuite affecté à un asile de vieillards lui-même transféré vers l’hôpital Pellegrin vers 1880, est devenu École des Beaux Arts en 1889. Le bâtiment a été modifié avec des verrières pour les étudiants.

Devant se trouvent les vestiges d’un fronton et des statues du Grand-Théâtre. Le café Pompier fait partie de l’École des Beaux-Arts.

À l’angle de la place, nous trouvons le vestige de la chapelle des Jésuites du noviciat du XVIIe qui sera bientôt restaurée.

20080410 sainte croix img02Ce quartier populeux n’a été englobé dans l’enceinte fortifiée qu’au début du XIVe siècle.

Nous attaquons la visite du quartier : la place occupe l’ancien fort Louis (construit en 1676 pour intimider les bordelais restés fidèles à la couronne d’Angleterre), à l’époque les moines y entretenaient potagers, vergers et plantes médicinales.

Le fort fut rasé en 1826 pour construire les abattoirs (architecte Durand) qui fonctionnèrent de 1831 à 1930. Autour de cette place : l’école de Santé Navale, la faculté des Sciences en 1901.

La rue du Noviciat : domaine des Jésuites avec jardin, échoppes, aujourd’hui y est situé le presbytère des paroisses Sainte-Croix, Saint-Michel, Saint-Eloi, Saint-Paul et Saint-Pierre.

Place Léon Duguet, ancienne Place de la Monnaie : bel hôtel de la Monnaie qui abritait les fonctionnaires, les ateliers de fabrications, des locaux sécurisés (poinçons etc..), c’est un ensemble sur cour et jardin. C’est à cette époque que fut construite la Porte de la Monnaie, dans l’axe de l’hôtel, qui conduisait directement aux quais. Tout autour bel ensemble de maisons bourgeoises ou de hauts fonctionnaires, dépouillées mais d’une architecture harmonieuse avec balcons de ferronnerie.

Rue des officiers de la Monnaie (ancienne rue anglaise où d’après la rumeur, les marins anglais profitaient20080410 sainte croix img03 de la prostitution de cette rue).

Rue Camille Sauvageau (algologiste) où se trouvent de belles façades (médaillons des propriétaires), une maison crépie en rose est du XVIsiècle : on y remarque l’implantation des fenêtres de l’époque, une maison d’époque où on peut voir les pierres apparentes qui provenaient de délestage des gabarres en particulier.

Rue Carpenteyre (charpentiers de marine et de fûts) : les gabarres déchargeaient le bois à Saint-Michel pour alimenter ces ateliers.

Rue Beyssac suivant le tracé d’une ruelle du XIIIe siècle.

Rue Andronne* où se situe un beau bâtiment F.O. qui donne aussi sur les quais.

Rue Le Peynard

Rue des Vignes

20080410 sainte croix img05Rue Saint-Benoît où se situait un couvent de religieuses ouvert après la révolution en 1794

Rue du Port, ouverte par les Bénédictins au Moyen-Âge

Dans ce quartier on trouvait la rue des Bouviers, ceux qui entretenaient les bœufs dont les attelages servaient à tirer les marchandises sur les quais ; les cordiers qui tressaient le chanvre, les cordonniers travaillaient le cuir du Bazadais, les potiers exerçaient rue du Four.

L’I.U.T. de journalisme s’est implanté récemment dans le quartier, place Renaudel.

Nous revenons vers le T.N.B.A. (théâtre national de Bordeaux en Aquitaine) qui a été construit sur l’emplacement d’une ancienne filature de coton rue Jacques D’Welles (architecte).

Le temps nous a épargné de la pluie, ce qui nous a permis de suivre avec intérêt l’exposé de la guide et de prendre des photos pour immortaliser cette visite de Bordeaux. C’est toujours un plaisir de se retrouver pour échanger quelques nouvelles et accueillir les nouveaux retraités dont c’est la première sortie, en attendant le prochain voyage.

 

 

 

* « andronne » est un passage étroit, servant de canal d’écoulement des eaux de pluie, aménagé entre deux maisons quand les bâtiments n’étaient pas accolés et avaient pignon sur rue.