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BALADE EN PAYS DE COCAGNE 

Compte rendu de notre voyage des 5 et 6 juin 2008 en Montagne Noire

par Georges Fain


 

Eh bien oui, le pays de Cocagne que certains affirment être complètement hypothétique…existe bien : nous l’avons découvert, nous, la quarantaine de retraités de l’ARCEA-CESTA, lors d’un voyage de deux jours, initié par un autre ancien du CESTA, retiré près de Castres dans le Tarn, à savoir André Frède, qui avec son épouse a acheté et remis en état, aux prix de quelques années d’efforts, un ancien moulin à farine actionné par eau. 

C’est ce petit voyage que je vous propose de conter ci-après. 

Le jeudi 5 juin 2008, à l’aube, une bonne trentaine d’anciens du CESTA attendaient donc sur le parking du CESTA l’arrivée de l’autobus, qui ne tarda pas trop à venir et qui compléta son chargement en passant par Gradignan où le restant des participants à ce périple attendait.

Après un voyage sans histoire, nous arrivâmes vers 11 heures à Sorèze, lieu de rencontre prévu avec le couple Frède, accompagné de leur ami Jean Miot, ancien également du CESTA et Castrais d’origine. Un guide nous attendait afin de nous faire mieux apprécier les particularités de Sorèze. 

Cette antique cité, non loin de Revel, au nord de Castelnaudary et à une centaine de kilomètres de Toulouse est située dans les contreforts de la Montagne Noire, qui est en quelque sorte le fournisseur d’eau de la région avec deux rivières principales : l’Agout, passant à Castres et le Dagou, ainsi qu’une multitude d’autres petits cours d’eau qui ont été captés pour fournir l’approvisionnement du canal du Midi.

Sorèze se trouve donc dans une région de riantes collines, de boqueteaux de chênes et de champs cultivés. Sorèze - Abbaye école

La cité, très ancienne, comme en témoignent ses rues aux maisons à colombages, s’est surtout développée au 8eme siècle autour d’une abbaye bénédictine qui a perduré jusqu’à nos jours et a surtout connu un grand développement sous l’initiative du père Lacordaire, père Dominicain, au 19e siècle après être  devenue une école royale militaire sous Louis XVI.

Notre guide, secondée par le maire de Sorèze en personne, nous a retracé en détails, avec brio et passion, l’histoire de cette abbaye-école, qui est actuellement en cours de mutation pour devenir un hôtel-restaurant de prestige et qui figure d’ores et déjà dans les catalogues d’hôtels de luxe.

L’abbaye est située dans un parc de 6 hectares, comprenant une pièce d’eau ayant servi, du temps de l’école, de piscine (non chauffée…) aux élèves. Ceux-ci, bien souvent devenus illustres comme militaires, hommes politiques ou philosophes, devaient supporter une éducation exemplaire dans tous les domaines, formant alors ce que l’on appelait «  des gentils-hommes ». Sorèze - Maison à colombages

La visite de l’abbaye, de son cloître et de son parc terminée, une petite promenade à travers la ville nous permit de connaître un peu cette ancienne cité aux maisons à pans de bois et à encorbellements des XVI et XVIIe siècles, son clocher Saint Martin, son église où repose le père Lacordaire, pour nous mener à la mairie, où un pot de bienvenue nous a été généreusement offert par Monsieur le Maire, qui nous a  retracé l’histoire de sa ville, avec passion et nous a présenté les perspectives d’avenir qu’il prévoyait pour celle-ci.

Ensuite ce fut l’heure de nous restaurer, ce qui fut fait, avec l’enthousiasme et l’impatience de beaucoup…à l’auberge «  Le Tournesol », avec, comme cela devait être, le cassoulet local, le vrai évidemment…Lac de Saint-Ferréol

Pour favoriser notre digestion, la suite du voyage nous amena à aller visiter le lac de Saint-Ferréol, patrimoine mondial de l’UNESCO, ouvrage construit entre 1667 et 1672 par Pierre-Paul Riquet, pour alimenter en eau le canal du Midi, en recueillant les divers cours d’eau venant de la Montagne Noire. Son altitude est de 350 mètres et sa contenance de 6 500 000 m3. Ces eaux sont retenues par un barrage de 786 mètres de long et de 149 mètres de large à sa base, construit en terre, supportant à son sommet une allée promenade assez fréquentée. Notre guide nous fit découvrir une partie de l’aval du barrage dans un décor boisé et rafraîchissant, la température extérieure étant assez élevée.

 

Son altitude est de 350 mètres et sa contenance de 6 500 000 m3. Ces eaux sont retenues par un barrage de 786 mètres de long et de 149 mètres de large à sa base, construit en terre, supportant à son sommet une allée promenade assez fréquentée. Notre guide nous fit découvrir une partie de l’aval du barrage dans un décor boisé et rafraîchissant, la température extérieure étant assez élevée.

Après cette « promenade digestive », l’autobus nous amena à Revel, à travers champs et boqueteaux à environ 5 kilomètres.

REVELRevel - La halle et son beffroi

Ancienne bastide fondée en 1342, cette petite ville est surtout connue pour son industrie des métiers du bois. Aussi la première visite fut consacrée au musée Sylvéa.

Là nous furent expliquées les différentes étapes du travail du bois, avec exposition des différents moyens utilisés depuis de nombreuses années et reproductions miniaturisées de machines plus ou moins complexes. Une démonstration de la confection en marqueterie nous a vraiment fait comprendre la difficulté de cet art.

Le musée comporte aussi des représentations d’art moderne, remarquables pour certaines.

La journée commencée bien de bonne heure et la fatigue commençant à se faire sentir, une courte visite du centre ville suivit, c’est-à-dire de la halle en bois du 14e siècle ayant une charpente « à l’ancienne » remarquable et un beffroi central servant de « pôle » citadin les jours de marché. Arrêt devant la fabrique de boisson GET, aujourd’hui fermée, mais qui fut en son temps, une richesse de la ville, puis visite express de l’église.

 

Le groupe devant le moulin de Lauzy

Nous avions en effet rendez-vous pour la visite la plus originale de cette escapade de deux jours, à savoir le Moulin de Lauzy, moulin à farine actionné par eau, et restauré par ses propriétaires André et Monique Frède.

Après une arrivée quelque peu difficile, notre car ne pouvant tourner dans le chemin d’accès au moulin, nos deux hôtes nous attendaient, en tenue de meuniers traditionnels, et nous firent visiter les extérieurs du moulin et de l’aménagement en eaux approvisionnant celui-ci, dans un espace de frondaison procurant une fraîcheur agréable.

Puis le meunier en chef nous fit un véritable cours détaillé sur la réfection du moulin et sur la meunerie prouvant qu’il avait travaillé la question de longue date et très sérieusement. Cours suivi de la mise en route du moulin et jusqu’à la production de farine démontrant la réalité des travaux accomplis depuis la reprise de ce vieux moulin abandonné. Sorèze - Moulin de Lauzy

CHAPEAU MONSIEUR LE MEUNIER !

Démonstration achevée, suivant un tapis rouge déployé à notre attention nous fûmes conviés à un apéritif des plus conviviaux, où la « marquisette » élaborée par la meunière en chef eut un grand succès.

…Bien sûr nous étions en retard sur le programme, l’autobus attendait et il a fallu se quitter pour quelques instants, jusqu’au restaurant de notre hôtel, l’Hôtellerie du Lac à Saint-Ferréol où le repas du soir nous attendait. Une nuit réparatrice, après cette longue journée, nous permit de repartir le lendemain pour de nouvelles découvertes.

 

 

 

VENDREDI 6 JUIN : CASTRES – CHÂTEAU DE MAGRIN Castres - Les rives de l’Agout et les maisons des tanneurs.

9  heures : départ de l’hôtel pour la visite de la ville de Castres distante d’une trentaine de kilomètres. Castres est sise sur les rives de l’Agout, où se situaient jadis de nombreuses entreprises de tisserands, de teinturiers et de tanneurs, qui ont fait la prospérité de la ville. Il n’en reste que quelques maisons typiques au ras de la rivière. 

La ville est aussi connue pour son musée dit « Goya » mais qui est surtout un musée d’art hispanique, assez riche mais ne comportant que trois œuvres maitresses de Goya. C’est là que nous avions rendez-vous pour la visite à dix heures.

Le musée est installé dans l’ancien palais épiscopal donnant sur un beau parc à la française. Après une heure trente de visite, nous sommes partis écouter, sur les conseils de notre guide, le mini récital du carillon de l’église Notre-Dame de la Platé, donné à notre intention par un organiste qui a dû apprécier son auditoire ! ! !

 

 

 

  Castres - Jardins à la Française du musée Goya

 

 

Rapide visite de la ville de Castres donc avant de repartir avec notre car à Cuq-Toulza à trente kilomètres, au restaurant « La Bombardière » sélectionné par la famille Frède que nous avons retrouvée là et à qui nous avons fait l’honneur de notre chorale improvisée, ayant répété moult fois dans l’autobus « qu’il fait bon chez vous maître Frède, qu’il fait bon dans votre moulin » et qui a eu beaucoup de succès. Déjeuner de détente assez traditionnel et tout à fait agréable qui fut le dernier de cette balade. Château de Magrin

Après un « au revoir » à la famille Frède  et à Jean Miot nous sommes repartis pour notre dernière visite, pas très éloignée, en plein pays de Cocagne cette fois, au musée du pastel au château de Magrin.

Là, sur un promontoire dominant à 330 mètres le Lauragais, ce monument des 11, 16 et 18e siècles abrite le seul musée du pastel en France.

Le guide, Monsieur Rufino, avec une verve féconde, imagée et toute gasconne, nous raconta l’histoire du pastel, qui fit la fortune de ce pays pendant plusieurs siècles (où on s’enrichissait rien qu’en dormant, comme on disait alors !).

Isatis tinctoria

 

La couleur pastel est extraite des feuilles d’une plante sauvage aux fleurs jaunes, l’isatis tinctoria, après séchage et broyage dans des moulins de pierres comme celui que l’on peut voir encore sur place. Puis les feuilles écrasées étaient entreposées dans un local couvert pour égouttage, avant de former une pâte que l’on façonnait à la main pour confectionner un boule appelée « cocagne » d’où le nom de « pays de cocagne ». Ces boules devenaient dures à la longue et étaient entreposées dans un séchoir comme celui existant sous les combles du bâtiment. Après séchage, les coques étaient cassées en trois fragments et subissaient un traitement approprié, assez long, avant sa commercialisation et exportation. Meule à pastel

La visite du château-musée de Magrin vaut vraiment le détour et la visite commentée par notre orateur « très pays d‘Oc » est un vrai régal.

Nous avons perdu un peu de temps à écouter ce chantre du pastel, et nous partîmes quelque peu avec du retard pour notre retour à Bordeaux où nous étions à vingt heures trente, ravis de cette courte mais fructueuse promenade.

 

 

 Photographies :   Yves Schmidt,   Jean Claude Lantrade,   Georges Fain