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Deux jours dans le Lot (25 et 26 mai 2004)

par Charles Costa

À l’initiative de Michel Martin et de Jackie sa charmante épouse, répondant aux sollicitations du Président qui souhaite voir organiser par les locaux des visites et voyages, nous avons pris la direction du nord du département du Lot avec un car bien rempli malgré l’heure matinale du départ. Un seul inscrit manquait à l’appel (panne de paupière non avouée sans doute).

20040525 lot img01Autoire : château de LinargueAprès quelques heures passées dans le car et une pause-café sur l’aire d’autoroute nous avons retrouvé les Martin quelques kilomètres avant l’arrivée à Autoire, première étape de cette escapade ensoleillée. Ce village bâti au sortir d’un cirque dominé par une cascade sans eau est un petit joyau avec ses maisons à encorbellement abondamment fleuries et ses toits de tuiles brunes typiquement quercynois. Comme nous autres, l’appareil de photos en main, un groupe de cyclistes à peu près de notre âge arpentait les rues et ruelles de ce havre de paix. Mais notre mentor nous rappelait qu’il ne s’agissait pas de musarder trop longtemps si nous voulions honorer le programme chargé de ces deux jours.

Notre prochaine étape et lieu de résidence n’était autre que Loubressac, encore l’un des plus beaux village de France. Bâti sur un éperon rocheux, Loubressac domine la vallée de la Bave et la plaine de la Dordogne d’où émerge (masse imposante) le château de Castelnau Bretenoux que nous visiterons le lendemain.

La visite de Loubressac fut rapide car il fallait prendre possession de nos chambres et déjeuner dans l’hôtel *** d’où l’on pouvait jouir d’un panorama de toute beauté (bravo les Martin pour le choix de ce site).

Le repas régénérateur après une matinée aussi longue ne put s’éterniser car la guide nous attendait impérativement à 14h30 à Rocamadour.

20040525 lot img02Photo de famille à RocamadourBien joué Michel d’avoir pris le rendez vous au dessus du village et de nous faire descendre le chemin de croix même si c’était à l’envers. Ainsi nous arrivâmes frais et dispos pour apprécier les commentaires sur le parvis des églises. La vierge noire honorée depuis des siècles incite au recueillement dans la chapelle Notre Dame qui l’abrite. On peut aussi y voir les ex votos en forme de bateaux accrochés par les marins dont la vierge noire de Rocamadour est l’une des protectrices, ainsi que la cloche miraculeuse suspendue à la voûte qui tinte d’elle même quand se produit un miracle.

Par contre Durandal, piquée dans le mur depuis que Roland pour la soustraire aux Sarrasins l’a lancée de Roncevaux nous laisse quelque peu sceptiques. Pour gagner le village de Rocamadour construit pour accueillir et commercer avec les pèlerins qui depuis le Moyen âge affluent sur ce site, il faut descendre un escalier dont les pèlerins grimpent à genoux les 249 marches, en récitant un « Je vous salue Marie » à chaque niveau pour venir se prosterner devant la vierge noire.

Bien joué Michel d’avoir pris le rendez vous au dessus du village et de nous faire descendre le chemin de croix même si c’était à l’envers. Ainsi nous arrivâmes frais et dispos pour apprécier les commentaires sur le parvis des églises. La vierge noire honorée depuis des siècles incite au recueillement dans la chapelle Notre Dame qui l’abrite. On peut aussi y voir les ex votos en forme de bateaux accrochés par les marins dont la vierge noire de Rocamadour est l’une des protectrices, ainsi que la cloche miraculeuse suspendue à la voûte qui tinte d’elle même quand se produit un miracle.

Escalier ô combien chargé d’histoire quand on pense par exemple que Saint Louis le monta par deux fois.

Que l’on découvre ce site de Rocamadour pour la première fois où qu’on y revienne, on ne peut que s’émerveiller devant la hardiesse de ces constructions empilées les unes sur les autres qui justifient la phrase qui décrit en raccourci ce lieu le deuxième le plus visité de France après le Mont Saint Michel.

« Les maisons sur le ruisseau, les églises sur les maisons, les rochers sur les églises, le château sur les rochers ».

Nous quittons le village de Rocamadour pour visiter un lieu d’une tout autre nature puisqu’il s’agit d’une ferme modèle où l’on fabrique le fameux cabécou de Rocamadour : La Borie d’Imbert. On ne sait si l’intérêt se porte plus sur la gent caprine dont quelques échantillons mâles ne sont pas sans impressionner la gent féminine de notre groupe  ou sur les précautions imposées par Bruxelles afin d’éviter la listéria ! Où sont donc nos fromages d’antan ? Ce n’est sans doute pas pour cette raison mais par le crémeux et le goût de ces petits fromages que la plupart d’entre nous faisons emplette de ces produits du terroir local.

En nous séparant de nos guides, nous avons plaisir à nous voir remerciés d’avoir posé tant de questions (intelligentes bien sûr) qui manifestaient un intérêt évident pour cette forme d’artisanat ; et qui ose dire que nous n’avons pas l’esprit ouvert ?

Il était pas loin de 19 heures quand nous regagnons l’hôtel et vu la fatigue accumulée par cette journée d’une densité20040525 lot img03Loubressac exceptionnelle, seuls quelques courageux sont partis, guidés par Michel et Jackie pour faire le tour du village de Loubressac et découvrir à travers les ruelles des demeures splendides entre autres le château du village dont l’achat fut remboursé à son acquéreur par la revente d’une partie du mobilier qui s’y trouvait, malheureusement dispersé aujourd’hui !

Après le dîner il ne fallut pas nous bercer longtemps, car depuis le lever à 5 heures et la foule de clichés enregistrés, les esprits et les corps réclamaient le repos, pour affronter la deuxième journée de ce voyage.

De fait nous avions rendez vous avec notre guide dès 9 heures trente pour la visite du château de Castelnau Bretenoux, deuxième plus grande forteresse de France ; ce château domine de son imposante silhouette un paysage de vallées, traversées par la Dordogne.

20040525 lot img04Château de Castelnau-BretenouxSelon certains, ce château aurait vu le jour à l’époque mérovingienne ; c’est au 13e siècle que furent construits le donjon et la tour-résidence. Objet de la convoitise des Turenne, le château se mit sous la protection de la couronne de France qui voyait là une place stratégique au cœur du conflit franco-anglais. Des Castelnau aux Caylus puis aux Clermont-Lodève et enfin aux de Luynes, plusieurs familles se succèdent jusqu’à la révolution. Là, commence une période sombre avec la démolition d’une partie de l’édifice ordonnée par les révolutionnaires puis l’incendie de 1851 qui ne laissa qu’une ruine.

Malgré les efforts de Mérimée, le manque d’argent ne permit pas à l’État d’en faire l’acquisition tant les charges paraissaient lourdes.

Il fallut attendre 1896 et l’arrivée d’un chanteur d’opéra, Jean Mouliérat, pour que ce château reprenne vie. Non content d’en faire restaurer une partie, le chanteur collectionneur y entreposa de nombreuses œuvres d’art que l’on peut encore voir disposées à l’identique puisque tel était le vœu de cet homme quand il décida de faire don à l’état de sa propriété. Ainsi peut-on visiter ces lieux chargés d’histoire où mobilier et décors ne datent que d’un siècle ! Il est cependant intéressant de visiter la chambre de Marie Caroline, l’épouse de Mouliérat de même que la sienne appelée salle des états du Quercy, la salle des étains et faïences et le salon de Luynes…. C’est ainsi que « cette ruine la plus mélancolique et la plus grandiose du centre de la France » revit de nos jours. La restauration se poursuit et l’on a pu voir à l’œuvre les ouvriers s’affairant autour d’un tour d’angle

Il nous fallut faire vite pour rejoindre Carennac où nous attendent deux guides :

     En quelque climat que j’erre

     Plus que tous les autres lieux

    Cet heureux coin de terre

    Me plait et rit à mes yeux

Ces quelques vers du grand Fénelon, disent son attachement à ce beau pays. Il fut prieur de Carennac de 1681 à 1695, date à laquelle ses charges d’archevêque le conduisent à Cambrai.

Le prieuré, recèle l’église Saint Pierre et son cloître attenant :
Le tympan au portail principal est une œuvre romane du plus haut intérêt : le Christ en majesté dans une mandorle est entouré des quatre évangélistes représentés par l’homme, le lion, le bœuf et l’aigle.

Les apôtres aux côtés du Christ s’entretiennent deux à deux ; leurs visages souriants sont empreints de réalisme.

Le cloître recèle dans sa salle capitulaire, une remarquable mise au tombeau exécutée au début du 16e siècle. Cette sculpture20040525 lot img05Tympan de l'église de Carennac aux visages émouvants, aux yeux mi-clos est à n’en pas douter l’œuvre d’un maître.

Mais Carennac également « plus beau village de France » regroupe ses pittoresques maisons quercynoises coiffées de tuiles brunes et ses manoirs flanqués de tourelles autour de son prieuré. On y ressent encore la richesse qui fut sienne au temps de sa splendeur quand Fénelon en était le Prieur.

Après le repas pris dans notre hôtel et le chargement des bagages, nous saluons et remercions chaleureusement Michel et Jackie qui nous ont permis de voir ou revoir ces charmants villages qui se rapprocheront encore de Bordeaux avec la mise en service prochaine de l’autoroute Bordeaux-Clermont Ferrand ; puis nous reprenons la route pour Collonges la Rouge où chacun put à loisir découvrir ce village si typique avec ses maisons de pierres rouges où Maurice Biraud aimait vivre et où Brice Lalonde reçoit son cousin John Kerry peut-être futur Président des États-Unis…

Ce n’est pas être sectaire que de ne pas s’appesantir sur ce splendide village qui se situe non plus dans le Lot mais en Corrèze, mais la fatigue aidant et peut-être un peu de saturation devant ces multiples découvertes font que très vite nous rejoignons notre car pour tenter de respecter l’horaire prévu.

Le voyage de trois heures nous ramenait au CESTA vers 19 heures et chacun se déclarait particulièrement satisfait de ces deux journées de détente passées dans une atmosphère d’amitié.