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Sortie en Périgord Vert (2 octobre 2003)

par André Hurvois

C'est un petit miracle ! Il est 7hl5, pas une personne ne manque à l'appel et nous prenons la route de notre nouvelle escapade. La première partie de notre périple n'est pas exceptionnelle car nous suivons principalement l'autoroute jusqu'aux environs de Mussidan. Nous avons cependant pu prendre conscience des gigantesques travaux qu'impose la construction d'un réseau routier permettant aux retraités de bien profiter de leur situation enviable !

Une de nos premières rencontres avec l'architecture locale est Château-l'Evêque, protégé par le Château Saint Vincent, résidence d'été des évêques de Périgueux pendant 400 ans, forteresse bâtie au XIV et XVème siècles mais profondément remaniée à la Renaissance. Le jeune Vincent de Paul y reçut l'ordination sacerdotale par Monseigneur de Bourdeilles, évêque de Périgueux, en 1600.

Suivant la Beauronne, nous poursuivons notre voyage jusqu'à Bourdeilles, siège d'une des quatre baronnies du Périgord, située au bord de laChâteau de BourdeillesChâteau de Bourdeilles Dronne et dominée par le donjon octogonal à mâchicoulis de quelques 35 mètres de hauteur d'un château médiéval des XIIIème et XIVème siècles derrière lequel se cache un Palais Renaissance plus récent du XVIème siècle dont les travaux de construction furent dit-on accélérés dans l'espoir d'une visite de Catherine de Médicis puis interrompus avant leur achèvement dès que la nouvelle fût démentie. Cédé en 1259 par Saint Louis aux anglais, présents en Guyenne depuis le mariage d'Aliéner d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, le château redevient français sous Philippe IV Le Bel qui, craignant que la forteresse ne retombe aux mains des anglais, la fait occuper en 1310.

Le château sera assiégé six fois avant de succomber en 1369 aux assauts du Prince Noir, duc de Galles, et il fallut attendre 1377 pour que Du Guesclin le reprenne en 6 jours. Nous n'avons pas visité ce site chargé d'histoire dont le Palais 20031002 img02BrantômeRenaissance abrite une prestigieuse collection mobilière mais nous en avons fait le tour, admirant au passage les jardins en terrasse, les fortifications impressionnantes, un très beau moulin seigneurial en forme de bateau et un pont gothique à avant-becs sur la Dronne.

Continuant à remonter la Dronne, Brantôme s'offre à nous au détour d'une boucle de la rivière. La Venise du Périgord doit son surnom à l'aménagement réalisé au IXème siècle par les moines qui construisirent un canal jusqu'au moulin de leur couvent, transformant ainsi Brantôme en île.

Après une petite déambulation qui nous permet d'admirer l'harmonie et la sérénité qui entourent la massive abbaye bénédictine dont le clocher à gables, isolé de l'église est cramponné a la roche, nous découvrons les conditions de vie particulièrement spartiates d'hommes qui se sont rassemblés pour fonder sous Charlemagne en 769 une abbaye destinée à abriter les reliques de Saint Sicaire.

Elle verra les Normands la détruire en 849 avant sa reconstruction en 1075 et ses profondes modifications au XIVème et XVIIIème siècles. . .

Les bâtiments conventuels sont occupés par les services de la Mairie et ne se visitent donc pas. Par contre quelques pièces, abritant une exposition de dessins médiumniques de Fernand Desmoulins nous ont été ouvertes.

20031002 img04Château de PuyguilhemAprès cette matinée fort intéressante mais particulièrement éprouvante pour des corps aussi peu entraînés que les nôtres, une halte gastronomique s'imposait et20031002 img03Brantôme l'Hôtellerie du Périgord Vert nous offrit un excellent repas apprécié par tous. Cette pause bienvenue nous permit d'aborder dans d'excellentes dispositions la dernière partie de la journée.

Quittant Brantôme, nous nous dirigeons vers Puyguilhem dont le château, clou de notre visite en Périgord est peu connu de notre groupe. La raison en est sans doute qu'il est d'un accès assez peu commode pour les cars d'excursion mais surtout que sa visite, comme l'indiquait le guide vert de 1963 n'était alors pas possible ce qui enlevait beaucoup de charme au détour. C’est à Mondot de la Marthonie, premier Président au Parlement de Guyenne, conseiller juridique de Louise de Savoie, mère de François 1er puis premier Président du Parlement de Paris, que l'on doit cette demeure prestigieuse, construite à partir 1509 sur une ancienne maison forte dont on dégage actuellement les caves et les souterrains, mais qui avait beaucoup souffert des transformations réalisées au XVIIIème siècle.  La restauration du château qui était proche de la ruine, la remise en état des intérieurs, commencées après la guerre et confiées à de remarquables maîtres compagnons sous la direction d'Yves-Marie Froidevaux architecte en chef des monuments historiques ont redonné une âme à cette demeure que l'on a pu remeubler à l'aide des magnifiques collections du Mobilier National qui trouvent la un écrin à leur mesure.

Nous avons ainsi eu le plaisir d'admirer, adossé à la colline et blotti dans un flot de verdure, un petit joyau d'époque 1ère Renaissance qui n'a rien à envier aux plus belles résidences du Val de Loire de cette époque : lucarnes et frontons délicatement ciselés, cheminées finement sculptées et supportant des décors multiples, fenêtres à meneaux dont les bases sont remarquablement moulurées, mâchicoulis ornés de 20031002 img06Le groupe devant le Château de Puyguilhemfeuilles de chêne20031002 img05Château de Puyguilhem ou d'acanthe, permettent d'évoquer d’autant plus Chambord que certaines dispositions intérieures renforcent encore cette impression : escaliers à vis cheminées dont les manteaux ont été magnifiquement restaurés en particulier celui de la salle dite de réception représentant six des douze travaux d'Hercule, plafonds voûtés à caissons multiples ornés de salamandres ou s'appuyant sur des culots sculptés, clés de voûte décorées des plafonds. L’ensemble particulièrement harmonieux est couronné au dernier étage par une remarquable charpente de chêne en forme de carène de bateau renversée restée intacte avec tous ses assemblages du XVIème siècle.

Mais hélas ! tout a une fin et, après un dernier regard sur cette magnifique demeure que nous ne connaissions pas mais qui nous était presque devenue familière, nous avons repris le chemin du retour en nous promettant de revenir pour faire partager à d'autres le plaisir d'une telle visite.