bandeau 3

Voyage en Toscane et Ombrie

(9 - 15 juin 2012)

par Charles Costa


9 juin. Vers midi, le groupe en provenance de Paris, de Bordeaux via Lyon, de Bordeaux via Paris se retrouve complet à l’aéroport de Florence où nous attendent Luciana qui sera notre accompagnatrice pendant tout le séjour, et Enrico le chauffeur du car.

Notre première étape sera pour découvrir l’hôtel Rivoli, installé dans un ancien palais, où nous séjournerons trois nuits.

Après le repas, nous partons à pied en direction du Duomo, la célèbre cathédrale Santa Maria dei Fiori. Cet édifice de renommée universelle est connu pour ses dimensions, son exceptionnel Dôme dû à Brunelleschi, et le Baptistère.

Mais voyons plus en détail : la cathédrale elle-même est entièrement revêtue de marbres polychromes, sa construction est l’œuvre de nombreux architectes qui se sont succédés depuis le 13e siècle. Le plus prestigieux est bien sûr Brunelleschi concepteur de la coupole aux proportions gigantesques, sans charpente, contreforts ni arcs boutant.

 

                       Florence - Le Duomo

Florence - Baptistère du Duomo : coupole

 Sa hauteur atteint 90 m et son diamètre 46 m. Michel-Ange en dira : « Il est difficile de faire aussi bien, il est impossible de faire mieux ». Le campanile, haut de 82 m, fut commencé par Giotto, achevé par Talenti ; il est orné de bas reliefs de Giotto et de Della Robbia entre autres.

Le Baptistère, monument le plus ancien (époque romane) comporte de splendides mosaïques d’inspiration byzantine sous la coupole.

Mais sa popularité est bien liée aux portes de bronze nord et sud. La porte nord, œuvre de Ghiberti qui mettra pas moins de 20 ans pour le sculpter, a été surnommée porte du Paradis par Michel-Ange.

La pluie subite qui a quelque peu perturbé la visite a donné à plusieurs d’entre nous l’occasion d’acheter des parapluies, vendus à la sauvette à n’importe quel prix !

10 juin. Nous rencontrons Sylvia qui sera notre guide pour la journée. Nous traversons avec elle la place de la République, centre de l’ancien forum romain pour atteindre la place de la Seigneurie dont le vieux palais est aujourd’hui l’hôtel de ville de Florence. Mais c’est le musée en plein air qui est l’objet de toute notre attention. Véritable antichambre de la Galerie des Offices, on y voit une copie du David de Michel-Ange et sous la loggia des Lanzi le sublime Persée de Benvenuto Cellini. C’est sur cette place que fut pendu puis brûlé Savonarole, moine dominicain, à la morale rigoureuse, qui dénonçait le gouvernement des Médicis.

Dans la galerie des Offices, un des plus riches musées au monde, nous découvrons de nombreux chefs-d’œuvre de la peinture universelle, parmi lesquels le Printemps et la Naissance de Vénus de Sandro Botticelli, mais aussi l’Annonciation de Léonard de Vinci, la Vénus d’Urbino du Titien, le sacrifice d’Isaac du Caravage, la Madone à l’enfant de Cimabue, et tant d’autres…

 

Florence - Place de la Seigneurie et hôtel de ville

Florence - Ponte Vecchio

Après le repas, nous poursuivons notre visite de Florence en franchissant l’Arno sur le Ponte Vecchio où se pressent depuis des siècles orfèvres et bijoutiers. Une galerie d’un kilomètre court au-dessus des boutiques ; elle permettait aux Médicis de relier le Palazzo Vecchio au Palais Pitti sans se mêler à une foule, pas toujours favorable.

Dans ce palais Pitti, racheté par les Médicis qui s’y installent, on visitera la galerie Palatine où des œuvres magistrales de Botticelli, Raphael, Titien, Rubens, Velasquez sont exposées dans d’immenses salles.  Nous nous arrêterons longtemps devant la Vierge à l’enfant de Filippo Lippi. Des fenêtres s’ouvrent vers les jardins Boboli, à l’italienne, avec grottes et statues.

Notre accompagnatrice propose aux plus courageux, la visite de Santa Croce, non prévue à notre programme initial.

Mais quelle récompense, car cette église de style gothique franciscain est le lieu du dernier repos de gloires de Florence. Michel-Ange, Alfieri, Galilée, Foscolo, Rossini, Machiavel reposent ici ce qui fait surnommer Santa Croce « Panthéon d’Italie » ; mais on y admire aussi l’annonciation de Donatello, les fresques de la vie de Saint François exécutées par Giotto et le célèbre crucifix de Cimabue endommagé par la terrible inondation de 1966.

Florence - Église Santa Croce

11 juin. Nous ne pouvions quitter Florence sans visiter cet autre joyau, à deux pas de notre hôtel, à savoir Santa Maria Novella.

C’est la plus ancienne église de Florence. Sa façade en marbre vert et blanc a été achevée au 15e siècle par l’adjonction de volutes destinées à occulter les contreforts gothiques de la nef.

À l’intérieur, crucifix de Giotto, fresques de Ghirlandaio, crucifix de Brunelleschi et surtout la Trinité de Masaccio, première œuvre picturale à appliquer les règles mathématiques de la perspective.Nous poursuivons par l’église Ognissanti, tout près  sur la rive de l’Arno. C’est là que nous verrons un Saint Augustin peint par Botticelli et en vis-à-vis un Saint Jérome, œuvre de Ghirlandaio. Dans une chapelle repose Botticelli et sur le mur du réfectoire, Ghirlandaio nous a laissé, comme c’était la règle dans les couvents, une représentation de la Cène (où ici, Judas est à l’écart).

Florence - Église Santa Maria Novella

L’après-midi est consacrée à la visite de San Lorenzo. La façade en pierres brutes, contraste avec un intérieur très harmonieux composé par Brunelleschi, considéré comme l’un des plus grands architectes initiateur de la Renaissance en Italie. Cette harmonie s’exprime mieux encore dans la vieille sacristie, petit édifice à coupole où il travailla avec Donatello. Une nouvelle sacristie, œuvre de Michel-Ange renferme de célèbres tombeaux dont celui de Lorenzo avec les statues de l’Aurore et du Crépuscule et ceux restés inachevés de Laurent le Magnifique de Julien Médicis avec la Vierge à l’Enfant.

Au retour, quelques minutes de détente dans le spa de l’hôtel, sont du meilleur effet pour dissiper les traces de fatigue et se préparer pour le dîner.

12 juin. Nous quittons Florence pour Arezzo puis Assise. Luciana nous propose un premier arrêt sur les hauteurs de la ville d’où nous pouvons malgré les nuages noirs, embrasser une vue d’ensemble de la capitale de Toscane d’où émergent quelques tours que nous avons appris à bien connaître.

En route, nous traversons ces paysages toscans aux doux reliefs couverts d’oliviers et au sommet desquels culminent des villages perchés.

Florence - Église Santa Maria Novella :

crucifix de Giotto

            Assise - Église Sainte Claire

Arezzo, vieille ville d’origine Étrusque, entourée de remparts, célèbre atelier de céramiques depuis le 1er siècle avant Jésus Christ, vit naître Pétrarque qui séjourna longtemps dans le sud de la France dans l’attente de Laure, son amour inabouti. Nous retiendrons surtout la visite de la Basilique de Saint François où il y a véritablement lieu de s’émerveiller devant les fresques de Piero della Francesca, illustrant la légende de la Sainte Croix selon Jacques de Voragine. Il s’agit là d’une œuvre majeure de la peinture italienne de la Renaissance. Ces fresques ornent les parois du chœur et ne se visitent que par petits groupes.

D’Arezzo, nous partons pour Assise, la cité de Saint François. Perchée sur une colline, nous l’atteignons par un système d’escalators bienvenus pour les genoux souvent arthrosiques des retraités.

Très éprouvée par le tremblement de terre de 1997, elle comporte dans la basilique San Francesco des trésors inestimables :

- l’église inférieure de style roman, abrite, dans une crypte sous l’autel, la dépouille du saint ;

- l’église supérieure, très bien restaurée depuis le séisme repose sur les murs puissants de l’édifice roman. Les deux églises offrent des cycles de fresques juxtaposant des scènes des testaments à la légende du Saint dans une concordance recherchée entre la vie du Christ et celle du « Poverello ». Les auteurs en sont Cimabue et surtout son élève Giotto ;

- la basilique Santa Chiara conserve le corps de Saint Claire, disciple de François, fondatrice de l’ordre des clarisses. Sur le côté droit de la nef, une chapelle abrite le Crucifix peint qui aurait, dit-on, parlé à François.

Né à Assise vers 1182, il était le fils d’un riche marchand de draps dont l’amour de la France l’amena à surnommer son fils Jean le français (Francesco) ; il décide de vivre en ermite (malgré la vive opposition de son père) et célèbre ses fiançailles avec la pauvreté. La règle de l’ordre créé par lui est la pureté, le détachement et la joie totale dans la paix.

Nous quittons la sainte colline pour la ville construite autour de la grandiose basilique de Sainte Marie des Anges, où nous passerons la nuit.

 

13 juin. Nous commençons la journée par un long arrêt sur les bords du lac Trasimeno, là où les armées romaines furent anéanties par les carthaginois d’Hannibal. Le village de Castiglione del Lago, dont  les  boutiques  regorgent  de  céramiques, est dominé par une forteresse du 13e siècle. Sur le lac, un monument rappelle que c’est ici que les aviateurs italiens morts pour leur patrie s’entrainaient à bord de leurs hydravions.

Depuis l’autoroute del Sole (A1) nous apercevons perchée sur la falaise de tuf la ville d’Orvieto dominée par la tore des Moro.

Un ascenseur situé sur le parking des cars nous amène dans le nid d’aigle où notre première rencontre est celle du restaurant taillé dans le tuf où nous aurons l’avantage de goûter notre premier vin blanc local.

Orvieto - Cathédrale

La ville étrusque qui fut rasée par les Romains est sillonnée de vieilles rues et ruelles qui nous conduisent à la place de la Cathédrale dont la façade  gothique est un pur joyau de couleurs. Ses mosaïques, ses bas reliefs en marbre et la rosace finement sculptée font de cette façade peut-être la plus achevée d’Italie.

A l’intérieur que Luciana pris l’initiative de nous faire visiter, nous découvrons de remarquables fresques commencées par Fra Angelico et Godoli et achevées par Luca Signorelli dont son œuvre majeure : Le Jugement dernier.

 

Sienne - Groupe sur la place du Campo

14 juin. Au programme, la visite de Sienne. Cette ville au riche passé, longtemps rivale de Florence, est cernée de remparts ; elle est bâtie sur trois collines d’argile rouge (terre de Sienne) qui se rejoignent là où nous nous dirigeons pour visiter la Cathédrale et la place du Campo. Mais bien entendu, il nous faut commencer par gravir les pentes par des petites rues étroites bordées de palais.

La Cathédrale, est surtout connue pour son pavement en marbre polychrome (noir, blanc et rouge) qui se décline en 56 panneaux relatant l’ancien testament. La chaire de marbre blanc est supportée par neuf colonnes  de granite et porphyre.

La ville de Sienne est divisée en 17 quartiers. Dix d’entre eux peuvent participer aux épreuves du palio qui se  déroulent le 2 juillet et le 16 août chaque année.

Il s’agit d’une course de chevaux très brève, organisée sur la place du Campo, mais précédée et suivie de cérémonies qui en font certainement la fête la plus célèbre de la péninsule.

Cette place du Campo en forme de coquille Saint-Jacques est un bijou dans la ville ; en pente douce, entourée de cafés, restaurants et immeubles dont les fenêtres se louent à prix d’or pour le palio, elle se ferme en contrebas par le palais public et sa tour Mangia.

C’est bien ici que se retrouvent non seulement les nombreux touristes mais aussi les Siennois qui adorent y flâner.

La ville de Sienne vit naître Sainte Catherine dite de Sienne.

Nous la quittons pour Lucques, vieille ville entourée de quatre kilomètres de remparts continus qui avait pris parti pour les gibelins tout comme Pise, Arezzo ou encore San Gimignano. Elle offre le parfait modèle italien en matière d’urbanisme de par ces remparts qui séparent le tissu urbain de la campagne environnante.

Lucques - Statue de Puccini

Quand on pénètre dans ces lieux, on est saisi par le charme qui se dégage de ses rues et ruelles bordées de maisons du 14e siècle et de nombreuses boutiques.

 Nous découvrons la maison natale de Puccini, la place du marché de forme ovale, de nombreux édifices publics et des églises romanes dont le Duomo di San Martino qui abrite le célèbre tombeau d’Ilaria del Carretto exécuté par un des maîtres du quattrocento.

La place de l’amfiteatro se trouve comme son nom l’indique à l’emplacement d’un amphithéatre romain. La visite libre qui nous est offerte permet d’acheter les derniers cadeaux, voire même une valise !

Lucques dut son développement au commerce de la soie et à l’activité d’un système bancaire bien organisé.

15 juin. Nous voici au terme du voyage avec la visite de Pise, autre rivale de Florence. Au Moyen Âge, Pise domine la Méditerranée, mais l’envasement de son port, puis une épidémie de peste dévastatrice, eurent raison de cet essor, et c’est Gênes qui prit le relais. Pise fut ensuite assujettie à Florence en 1405.  En 1063 quand sa flotte revint victorieuse de l’expédition contre les musulmans à Palerme, la ville accueillit triomphalement ses navires et décréta la construction d’une cathédrale dédiée à la Vierge ; ainsi prend naissance, ce qui deviendra la place dei miracoli avec la cathédrale, le baptistère, le campanile et le cimetière.

Dans le baptistère cylindrique, au décor gothique et à l’acoustique remarquable, nous écoutons religieusement notre ami Robert qui accepte d’y faire résonner sa belle voix de basse.

La cathédrale perd l’aspect des édifices romans grâce à la superposition de plusieurs étages à colonnades qui aèrent la façade. Á l’intérieur, une très belle chaire en marbre est l’œuvre de Pisano.

Pise - Cathédrale : la chaire

Pise - La Tour penchée

Mais naturellement c’est vers la tour penchée (torre pendante) que convergent tous les regards, car ce campanile célèbre dans le monde entier est toujours debout alors que dès le début de sa construction, il commença à s’incliner.

 « Derrière la cathédrale, le campanile, éternellement penché, comme s’il allait tomber, gêne ironiquement le sens de l’équilibre que nous portons en nous » disait Guy de Maupassant de cette tour de Pise.

 Galilée, enfant de la cité, y étudia la chute des corps. 

Et c’est par la traditionnelle photo de groupe devant la tour que notre séjour italien s’achèvera.