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Découverte de la Rioja, de la Navarre, de l’Aragon et du Pays Basque

Compte rendu de voyage (04-08/09/2019)

par Yves Schmidt (jours 1 à 4) et Roger Lasserre (jour 5)

 image1 Le groupe devant la Costil de Tierra (Bardenas Reales)

 

Le bureau de l’ARCEA-CESTA a demandé à l’agence Loisirs Girondins Voyages d’organiser un voyage à la fin de l’été 2019. Il a permis de découvrir une région du nord de l’Espagne qui couvre plusieurs provinces :

  • la Navarre, fait partie du Pays Basque, sa capitale est Pampelune (superficie : 10 391 km², population : 644 000 habitants) ;
  • la Rioja est une communauté autonome, sa capitale est Logroño (superficie : 5028 km², population : 316 000 habitants)
  • l’Aragon est une communauté autonome, dont la capitale est Saragosse (superficie : 47 719 km2, , population : 1 313 000 habitants) ;
  • l’Alava est une communauté autonome du Pays Basque, dont la capitale est Vitoria-Gasteiz (superficie : 3 047 km² , population : 320 000 habitants).

 

Premier jour. Le 4 septembre à 8 heures, les 28 adhérents de notre section, accompagnés d’une cliente de l’agence de voyage montent à bord du car pour une première étape qui les conduira, après quatreheures de route, à Pampelune, capitale de la Navarre, première destination de notre périple au nord de l’Espagne. Après un tour de la ville, le car nous nous dépose à proximité de la Plaza del Castillo, où nous faisons connaissance avec Carmen, la guide qui nous accompagnera pendant quatre jours. Nous profitons d’un repas apprécié par tous.

La visite commence par la découverte des rues où sont lâchés les taureaux pendant les fêtes de la San Firmin qui se déroulent début juillet : c’est l’encierro au cours duquel, sur un trajet long de 800 m,  le public défie les taureaux en essayant d’éviter les coups de cornes.  Nous passons devant l’hôtel de ville (Ayuntamiento) qui possède une façade baroque de la fin du 17ème siècle.

L’encierro amène les taureaux aux arènes dont une guide nous fait découvrir toutes les facettes. Construites en 1922, elles peuvent contenir 19 000 personnes. Nous découvrons l’organisation très rigoureuse mise en œuvre pour garantir un spectacle de qualité.

Nous quittons les arènes pour nous diriger vers les murs de la ville pour profiter d’une belle vue sur la chaîne des Pyrénées.

Sur le chemin du retour qui nous ramène au car, nous passons devant la cathédrale Sainte-Marie de Pampelune dont nous ne verrons que la façade L’édifice qui se présente à nous a été bâti au 18ème siècle dans les styles baroque et néo-classique, sur les ruines d’une église romane bâtie au 12ème siècle, dont il subsiste des chapiteaux, des portails et le cloître.

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Les arènes de Pampelune

 

 

image3Retable de la cathédrale de Tarazona

Nous quittons Pampelune pour nous diriger vers Alfaro où se trouve l’hôtel qui nous hébergera pendant quatre nuits.

Alfaro est une ville de 10 000 habitants, appartenant à la communauté autonome de la Rioja. Elle est située à proximité des provinces de la Navarre et de l’Aragon. Elle a une particularité dont nous ne profiterons pas : on y trouve la plus grande colonie de cigognes blanches au monde. En effet, elles ne sont présentes que de décembre à août. Par contre, nous pouvons voir une quantité impressionnante de nids posés sur les principaux édifices de la ville.

Deuxième jour. La matinée est consacrée à une excursion dans les Bardenas Reales, désert naturel qui s’étend sur un territoire long de 40 à 45 km et large de 25 à 30 km, à cheval sur la Navarre et l’Aragon. Nous découvrons un paysage semi désertique, façonné par les pluies torrentielles qui ont sculpté ce terrain composé de gypse et d’argile. Nous aurons une vision très limitée de ce site qui ne peut se visiter qu’à pieds ou à vélo tout-terrain. Malgré tout, une route puis un chemin praticable en car nous mènent au pied d’une terrasse que les plus courageux peuvent atteindre grâce à un escalier. Le car nous conduira, un peu plus loin, à un site remarquable : il s’agit de la Castil de Tierra, immense cheminée de fée devant laquelle nous nous regroupons pour la photo du groupe. Le car nous dépose ensuite au centre d’information qui donne de nombreux renseignements sur la faune et la flore du site. Nous quittons le désert pour retourner à l’hôtel où une paella nous attend.

L’après-midi est consacrée à la découverte de Tarazona, ville d’Aragon de 10 500 habitants et de la cathédrale Santa Maria de la Huerta. Cette dernière a été consacrée en 1232 puis détruite au 14e  siècle pour être reconstruites en style mudéjar (nom donné aux musulmans d’Espagne devenus sujets des royaumes chrétiens après le 11e siècle, pendant la période de tolérance). On peut y admirer un magnifique retable impressionnant par sa taille ; il a été érigé entre 1605 et 1614.

Á la sortie de la cathédrale, nous nous dirigeons vers la vieille ville. La mairie, qui date du 16e siècle, offre une imposante façade ornée d’un long haut-relief figurant l’entrée de Charles-Quint à Bologne pour son couronnement. Nous nous dirigeons ensuite vers le quartier juif qui se composait de 52 foyers au 15e siècle, soit 15 % de la population de la ville. Cette communauté disposait au moyen-âge d’une certaine autonomie qui se manifestait par le respect de règlements très stricts que devaient respecter ses membres. Nous passons au pied d’une imposante construction très ancienne, posée en équilibre sur un rocher, dans laquelle vivaient les familles du quartier juif.

Nous terminons notre promenade par la visite des anciennes arènes de Tarazona, inaugurées en 1792. Elles présentent la particularité de leur plan octogonal, sur trois étages qui rassemble aujourd’hui huit groupes de logements alignés, de même hauteur, dont les portes d'accès ponctuent l'extérieur des arènes. On accède à l'intérieur des arènes via les quatre portes ou tunnels, les mêmes utilisés par les cuadrillas et le public les jours de corrida, qui communiquaient avec les torils et l'abattoir. Les arènes du Prado, selon leur nom d'alors, ont accueilli des corridas jusqu'à l'inauguration des arènes actuelles en 1870.

De retour à l’hôtel, un groupe de courageux part à la découverte de la vieille ville d’Alfaro et de son église collégiale San Miguel, à l’imposante façade en briques, de style classique, construite au 17e siècle.

 

 

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Logroño – Paseo del Espolon – Statue du Général Espartero

Troisième jour. Cette journée est consacrée à la découverte de la province de la Rioja. La Rioja est une région et un vignoble du nord de l’Espagne. Couvrant une surface de 55 000 hectares (soit deux fois la surface du vignoble de Bourgogne, ou la moitié de la surface du vignoble bordelais), la Rioja est le vignoble espagnol le plus ancien, le plus connu et le plus noble. Il fut le premier à obtenir l’appellation D.O.C (vin d’origine qualifiée, distinction la plus prestigieuse dans la classification espagnole). La capitale de la Rioja est Logroño. Cette ville est située sur l’Èbre, fleuve long de 928 km qui prend sa source aux Picos de Europa, en Cantabrie, et se jette dans la Méditerranée en Catalogne. Elle compte plus de 150 000 habitants. Elle a été fondée en 905 pour garantir le passage sur l'Èbre et l'accès aux terres reprises aux musulmans. Cette ville est visiblement un point de passage des pèlerins de Compostelle, au vu du grand nombre de coquilles Saint-Jacques qui ornent les rues : en effet, cette ville se situe sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Nous empruntons l'une des principales artères de la ville, la rue Portales où se trouve la cathédrale de Santa María de la Redonda, construite sur un oratoire du 12e siècle. Entreprise au 15e siècle, elle a connu divers agrandissements et remaniements jusqu'au 18e siècle. Sa façade principale, construite comme un retable, est close par une grande grille en fer forgé. Les tours, surnommées « les Jumelles », caractéristiques du baroque régional, sont parentes d'autres clochers de La Rioja.

Notre promenade dans les rues de la vieille ville, dont la rue Laurel, nous conduit à un marché couvert remarquable par ses étals de fruits et légumes aux couleurs chatoyantes. Il ne faut pas oublier que nous nous trouvons dans une région qui a une vocation agricole grâce à la présence d’un fleuve, l’Èbre et de ses affluents. Notre périple s’achève sur le Paseo del Espolon, dominée par la statue équestre du Général Baldomero Espartero (1793-1879), prince de Vergara. Ce militaire, qui a combattu les armées de Napoléon à 16 ans, a fait une grande partie de sa carrière militaire en Amérique du Sud.


Nous remontons dans le bus pour nous rendre à Haro où nous reprenons des forces avant de repartir à Briones, toujours dans la Rioja, pour visiter le Musée Vivanco de la Culture du Vin et son contenu. Ce musée, de l’avis certains membres du groupe, peut être considéré comme complémentaire de la Cité du Vin de Bordeaux. Sur 4 000 m2, le Musée propose cinq salles d'exposition permanente sur cinq niveaux, une salle pour les expositions temporaires et, à l’extérieur, le Jardin de Bacchus, une collection de plus de 220 cépages du monde entier. Le musée présente, entre autres, une collection impressionnante de vieux pressoirs de tous pays ainsi que des outils et engins anciens qui étaient utilisés par les vignerons et une collection de flacons en verre dont certains très anciens. La visite s’achève par une dégustation de vins de la propriété.

Avant de retourner à l’hôtel, le chauffeur nous offre un détour non prévu au programme du séjour. Nous allons à Elciego où se trouve la bodega Marqués de Riscal, une construction remarquable réalisée par l’architecte Frank Gehry, auteur du musée Guggenheim de Bilbao. Malheureusement, il est très difficile de s’approcher de cette construction dont nous ne verrons que les formes et les couleurs originales de la toiture.

 

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Saragosse – Basilique du Pilar vue depuis l’Èbre

Quatrième jour. Cette journée sera entièrement consacrée à la visite de Saragosse, capitale de l’Aragon, peuplée de 675 000 habitants, soit 51 % de la population de cette grande province essentiellement rurale, contrairement à cette ville industrielle. La ville est traversée par l’Èbre. Ce qui surprend sur le trajet qui mène à notre destination, c’est le nombre impressionnant d’éoliennes que l’on peut voit sur toutes les crêtes de cette région très accidentée : on imagine facilement qu’il n’y ait aucun rejet de la part de la population, étant donné qu’elles sont implantées loin de toute habitation !

Toute la matinée sera consacrée à la visite du centre historique. Nous visiterons d’abord la basilique Nuestra Señora del Pilar, imposant bâtiment en briques qui fut construit entre le 17e et le 18e siècle. L'édifice mesure 130 mètres de long, pour 65 de large. Il est couronné de onze coupoles, dix lanternes et quatre tours. Á l'intérieur, on peut admirer le grand retable en albâtre et les fresques de Goya, dans le chœur. Malgré sa taille impressionnante, ce monument est surpassé, du point de vue beauté, par la cathédrale Saint Sauveur, la Seo, située sur la même place. Au 12e siècle, elle a été construite sur les vestiges d’une mosquée. Le temple a ensuite subi de nombreuses transformations. La Seo rassemble ainsi les styles gothique, mudéjar, Renaissance et baroque. La porte principale par exemple, datée du 18e siècle, répond au style baroque. L'intérieur est magnifique, avec son splendide retable en albâtre polychrome et ses tapisseries baroques. Elle compte 18 chapelles richement décorées.

Le reste de la matinée, chacun est libre de visiter les environs, à commencer par la place où sont situées les deux cathédrales. On peut y admirer une belle fontaine aux formes très modernes, ainsi qu’une statue du peintre Francisco de Goya, natif de la région, et dont les œuvres sont visibles dans plusieurs musées de la ville. L’Èbre, qui coule paisiblement non loin de là : il est facile de se rendre compte que le niveau du fleuve est très bas, ce qui permet de douter du projet des régions du sud de l’Espagne qui avaient fondé de grands espoirs en espérant obtenir de détourner le fleuve à leur profit. Ce projet a été heureusement abandonné. Au hasard des rues du vieux quartier, on peut tomber sur un chantier de fouilles : en effet, lors de travaux de terrassement, les vestiges d’un théâtre, d’une capacité de 6 000 places, datant du 1er siècle de notre ère, ont été mis à jour en 1974.

Après déjeuner, le car nous conduit au Parc José Antonio Labordeta. Il se présente comme une oasis urbaine de pelouses, d’arbres, de fleurs, de jardins et de monuments. Les gens viennent courir, faire du sport, du vélo ou tout simplement se promener et profiter du cadre. Il est le plus important de Saragosse avec une superficie de 40 hectares. On peut y admirer l’imposante statue du roi Alfonse Ier d’Aragon, dit le Batailleur, un monarque du 12e siècle.

Nous poursuivons notre découverte de la ville par la visite du Palais musulman de la Aljaferia, l’ancienne résidence des émirs qui régnaient sur l’Arago, construite au 11e siècle, puis des Rois Catholiques, lors de la Reconquista en 1118. Dans le palais islamique on peut admirer des décorations luxuriantes de stuc et d’arabesques et quelques fragments picturaux d’un grand intérêt. Une particularité : sur une fresque, on peut découvrir des visages humains dont la représentation est rigoureusement proscrite par l’islam. Les souverains aragonais ont procédé à des travaux d’agrandissement et d’aménagement tout en conservant les réalisations de leurs prédécesseurs. La Aljaferia est enclose par une puissante muraille, renforcée par une énorme tour carrée, qui servait de donjon, et par des tours semi-cylindriques. En 1492, les Rois Catholiques construisent un palais au-dessus de l’édifice musulman. Il se compose d’un escalier, d’une galerie et d’un ensemble de salles dites des pas perdus, pour aboutir dans le grand Salon du Trône. Ce palais est remarquable par les dallages et les splendides plafonds décorés. Á partir de 1593 le palais se transforme en citadelle dans le but de freiner les éventuelles émeutes de la population. Actuellement, le palais abrite, depuis 1987, le parlement aragonais (cortes).

La visite de Saragosse s’achève par un parcours en car dans le parc de l’exposition internationale de 2008 qui avait pour thème l’eau et le développement durable.

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Saragosse - Palais de la Aljaferia

image9Salines d’Añana

Cinquième jour. Le car emprunte une route étroite et sinueuse lorsque soudain, au sommet d’une côte, se dévoile un paysage incroyable : une vallée tapissée d’une multitude de parcelles blanches comme neige. Ce sont les Salines d’Añana alimentées par une source d’eau très salée (200g/l à comparer aux 30g/l de l’océan) distribuée par un ingénieux réseau de conduites en pin où la saumure coule à ciel ouvert et alimente les bassins carrés.

Après évaporation on recueillera la fleur de sel puis le sel. L’exploitation de cette richesse remonterait aux Romains. Elle atteint une dimension industrielle au 20e siècle. Mais la concurrence des pays émergents conduit cette industrie au bord de la faillite. Fort heureusement une association dynamique subventionnée par la Région, l’État et l’Europe reprend l’exploitation, la remet en état et l’ouvre au tourisme. Le sel d’Añana nous est présenté comme le meilleur du monde. De fait il est utilisé par les chefs triplement étoilés de Saint-Sébastien. Un paquet de la savoureuse poudre blanche est offert à chacun de nous (attention à l’addiction).

Á midi, déjeuner dans une cidrerie, établissement typique du pays basque espagnol. Menu traditionnel (omelette, morue, côte de bœuf) arrosé de cidre à volonté tiré à même d’un des gigantesques fûts qui ornent la salle. Ainsi s’achève ce séjour espagnol. Le car ramène tous ses passagers dans la soirée, à Pessac

Photos de Jean-Claude Lantrade, Bernard Le Bot et Yves Schmidt

 

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COMPTE-RENDU DU VOYAGE DANS LES PAYS BALTES (08-14/06/2018)

par Jany CATALAN et Serge DEGUEIL

Le chaînon manquant de notre histoire 

Notre regard se tourne plus volontiers vers le sud et nous connaissons parfaitement les Hittites, les Égyptiens, les Grecs et les Romains. Au nord rien ou pas grand-chose. Pour moi, passé Stockholm ou Oslo ce n’était que des grandes plaines couvertes de neige et de forêts où vivaient quelques peuplades et où il fait nuit la moitié de l’année. Quand est arrivé le drame de Marie Trintignant à Vilnius, il m’a fallu regarder sur une carte pour savoir où était Vilnius. J’ai alors découvert trois petits pays en bordure de la Mer Baltique de quelques millions d’habitants chacun avec son identité sa propre langue, le letton, l’estonien et le lituanien. Pourquoi cette ignorance ?

Parce qu’il a fallu attendre le 12e siècle pour que soit fait mention dans les écrits l’existence de ces peuplades et qu’il n’existe aucune trace visible antérieure pour attirer l’attention des historiens et des archéologues. Pourquoi cette absence de témoin ? Le matériau de base de construction, dans ces pays couverts de forêt a longtemps été le bois et si ce matériau est en abondance et idéal pour se protéger du froid, il est peu pérenne d’autant plus que l’art de la guerre de ces peuples devant une agression, était de brûler leur village pour dissuader l’adversaire. Si Napoléon avait connu cette stratégie guerrière il ne se serait pas engagé dans la campagne de Russie.

Depuis le 12e siècle ces régions n’ont jamais eu d’entité propre. Après l’arrivée des chevaliers porte-glaive puis chevaliers teutoniques venus évangéliser ces païens, elles ont toujours fait l’objet de conquête et de partage entre leurs puissants voisins les suédois, les polonais, les russes, les allemands. Enfin en 1989 une chaîne humaine a relié les trois capitales Vilnius, Riga et Tallinn pour montrer la soif d’indépendance de ces peuples et avec la chute du mur de Berlin l’indépendance est proclamée en 1991. Encerclés par la Russie et la Biélorussie, ces trois pays se sont alors immédiatement tournés vers l’Europe pour des questions de sécurité : ils adhérent en 2004.

Pourtant notre histoire est souvent liée à ces pays. En 1573 le futur roi de France Henry III est élu « souverain d’Estonie et de Lettonie » mais il n’y restera qu’un an pour prendre le trône de France à la suite de la mort de son frère.
Au retour de la campagne de Russie la grande armée s’est échouée à Vilnius. Des travaux de terrassement en 2001 ont mis à jour des fosses d’où furent exhumés plus de 2 000 corps de soldats de la grande armée. On estime à 10 000 le nombre de soldats morts de froid aux portes de la ville.
Sait-on que le 15 mai 1944 un convoi de 878 juifs est parti de Drancy pour le camp d’extermination de Kaunas parmi lesquels il y avait le père et le frère de Simone Veil ? Mais tout le monde connaît le nom de ce fleuve qui traverse la Lituanie : le Nemunas qu’immortalise l’escadrille française Normadie-Niemen.

Et maintenant que sont devenus ces trois pays : en 20 ans ils ont rattrapé le retard de la domination soviétique. Leur économie est essentiellement tournée vers les technologies d’information, de communication et le tourisme. Les grands complexes vitrines de l’industrie soviétique sont maintenant en ruine. Les trois pays ont tous rejoint la zone Euro entre 2011 et 2015.

L’arrivée à l’aéroport de Riga nous met immédiatement dans l’ambiance de pays modernes et dynamiques. En ce jour du mois de juin nous nous préparons à partir pour un périple dans la Pays Baltes.

Les Pays Baltes c’est quoi ? C’est où ? Trois petits pays de l’ex. URSS devenus indépendants intégrés à l’Union Européenne et la Zone Euro entre 2004 et 2015. L’aire Balte est délimitée par la Pologne au sud, la Biélorussie et la Russie à l’est, et la Finlande au nord.

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Cette zone s’étend sur 650 km de la pointe de l’Estonie à la frontièrede la Lituanie. Une faible altitude caractérise les paysages n’excédant pas 318 m.
Les côtes sont découpées au nord (1 521 îles) dont les plus grandes couvrent près de 10 % du territoire de l’Estonie. Creusée autour du golfe de Riga le littoral s’adoucit au sud le long de la péninsule de Courlande (Lituanie). L’intérieur se partage entre les plaines et les forêts denses dont l’expansion fut favorisée par l’abandon des terres agricoles consécutives à la collectivisation pendant la période soviétique. Les glaciers qui couvraient la région vers 12 000 av. J.-C. ont laissé derrière eux des paysages ondulés, constellés de plus de 9 000 lacs, étangs, rivières et marais qui occupent à eux seuls près de 20 % de la zone.

L’adhésion des États Baltes à l’Union Européenne en 2004 est l’aboutissement d’un long processus qui, pétri d’influences allemande, polonaise, russe et scandinave, ancre leur histoire au cœur de l’Europe. En dépit de destins croisés et de cinquante ans d’occupation soviétique, chacune de ces nations a construit son identité sur des références singulières et de la Russie.

Descendant de tribus finno-ougriennes, les Estoniens ne sont pas des Baltes, comme les Lettons et les Lituaniens d’origine indo-européenne. Leur histoire les rapproche de la Scandinavie.
La Lettonie n’apparaît pas avant le 18e siècle quand intervient l’idée de nation. Jusque-là, la Livonie est une province germanisée, centrée autour de Riga, limitée au sud par l’état lituanien, et mordant très largement sur l’Estonie actuelle.
Précocement soudée autour de l’idée de nation, la Lituanie affiche des ambitionseuropéennes dès l’époque du grand-duché, puissant et éclairé. À partir du 14e siècle le sort du pays qui a longtemps résisté à la christianisation, se confond avec celui de la Pologne. Cette influence déterminante est encore sensible aujourd’hui.

20180614 pays baltes img24Le groupe devant le château de Trakaï

Le voyage

LETTONIE et RIGA

Jeudi 14 juin nous arrivons à Riga capitale de la Lettonie. Dès l’aéroport nous faisons connaissance avec notre guide, Raymonda, qui nous accompagnera durant notre séjour. Nous nous installons au « Grand Poet Hôtel » dans le centre de Riga.

Le lendemain, nous partons, pour une promenade à pied dans la Vieille Ville de Riga qui nous permettra de découvrir la cathédrale, la Grande et la Petite Guilde, la Tour Poudrière, la Porte Suédoise, La Maison des Trois Frères, Le château des Chevaliers Porte-Glaive, les églises Saint-Jacques, Saint-Jean et Saint-Pierre. Tout d’abord nous découvrons le quartier « Art Nouveau ». L'Art nouveau à Riga correspond à une période architecturale du début du 20e siècle qui a vu la réalisation dans la vieille ville médiévale ainsi que dans le centre historique entourant cette vieille ville, d'un grand nombre de constructions qui font de la capitale de la Lettonie l'une des villes les plus importantes du courant Art Nouveau. Cette importante concentration d'immeubles de style Art Nouveau a contribué à l'inscription du centre historique de Riga sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

20180614 pays baltes img01Art nouveauLe château de Riga situé au bord de la Daugava a été construit par les Chevaliers Porte-Glaive* comme20180614 pays baltes img02Le château de Riga forteresse pour protéger la partie Nord de la ville.(*Ordre religieux et militaire étroitement lié aux débuts de la christianisation de la région située sur les rives orientales de la mer Baltique)
Depuis 1995 le château abrite les services de la présidence de la République.
Le centre historique s’organise autour de la place de la cathédrale. C’est là, dit-on, en face de la vieille Bourse que les premiers arbres de Noël auraient vu le jour comme le relate les chroniques du 14e siècle. C’est la plus imposante des cathédrales des Pays Baltes. Elle date de 1211. D’abord édifiée en style roman, elle hérita en 1776 d’un clocher de 90 m et d’un élégant pignon baroque.

Le Trio inséparable Petite Guilde, Grande Guilde, Maison du Chat. La Petite Guilde était à l'origine la maison des artisans de Riga, alors que la Grande Guilde, juste à côté, était celle des marchands, donc plus noble. Les deux bâtiments actuels sont du 19e siècle. Mais ces deux guildes sont indissociables de la Maison des Chats, en face, où deux chats montrent de façon méprisante leur arrière-train aux guildes, réaction d'un marchand letton qui n'avait pas été admis à la guilde, encore dominée par les commerçants allemands, et qui a traduit ainsi son mépris. Procès, retournement des chats et admission du marchand !

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La cathédrale Les Guildes L'Église Saint-Pierre

La Maison des Têtes Noires

L’église Saint-Pierre : la plus haute église de Riga, avec son clocher s'élevant à 124 mètres. Belle construction en briques, avec une façade baroque à trois portails, et avec trois nefs à l'intérieur.

La Maison des Têtes noires. La Grande Guilde, association de marchands, était toute puissante quand le port actif de Riga adhéra à la Ligue Hanséatique. Cette maison fut bâtie au 14e siècle pour être son siège. Au 15e siècle, la maison passa aux mains des Têtes Noires, association de marchands célibataires qui lui donnèrent son aspect actuel (fin du 18e siècle).
Départ pour Rundale où nous visiterons le Palais. De Style rococo du 18e siècle, Rundale est l’une des merveilles du pays. Favori de l’impératrice Anne, le Duc de Courlande, acquiert le domaine en 1735, le baptise Ruhetal « Val de Paix » et embauche l’italien Francesco Bartolomeo Rastrelli, futur auteur du Palais d’Hiver de Saint-Petersbourg, pour concevoir cette résidence.

Notre visite se poursuit par la découverte du parc de Gauja : réserve naturelle appelée « Suisse lettone », la visite des ruines du château médiéval de Sigulda construit par les chevaliers Porte glaive, la grotte de Gutmanis et ses graffiti vieux de plus de trois siècles.

Depuis la grotte à 10 mn à pied les murailles et la Tour en brique de Turaida pils (Château de Turaida) émergent de la cime des arbres. Il ne subsiste rien d’autre de cette forteresse, la foudre s’étant abattue sur la poudrière au 17e siècle. Dans la langue des anciens Lives qui peuplaient cette vallée Turaida signifiait « Jardin des Dieux ».

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Le château de Rundale Le château de Sigulda 

La grotte de Gutmanis


ESTONIE ET TALLINN

Notre première étape en Estonie sera Talllinn via Pärnu ancienne ville hanséatique* dont la fondation remonte au 13e siècle. Aujourd’hui elle est plutôt une ville de tourisme et de thermalisme. Elle accueille une majorité de touristes finlandais et estoniens. Tallinn, capitale dynamique de l'Estonie située sur la côte nord, en est aussi le port principal ouvert sur le golfe de Finlande, à quelques encablures d'Helsinki. Les origines de Tallinn remontent au 13e siècle, lorsqu'un château fut édifié par les croisés de l'Ordre Teutonique. La cité s'est développée pour devenir un poste clé de la Ligue Hanséatique et sa prospérité s'est traduite par l'opulence des édifices publics (en particulier ses églises) et l'architecture domestique des maisons de marchands. La combinaison de la ville haute perchée sur la colline de calcaire et de la ville basse au pied de celle-ci, avec les nombreux clochers de ses églises, dessine une silhouette singulière qui se voit de loin, depuis la mer comme depuis l’intérieur des terres. La ville haute (Toompéa) avec son château et sa cathédrale est depuis toujours le centre administratif du pays alors que la ville basse conserve le tissu urbain médiéval avec ses ruelles tortueuses qui ont souvent conservé leur nom médiéval et ses beaux bâtiments publiques et bâtiments bourgeois, y compris les murailles de la cité, l'Hôtel de ville, la pharmacie, les églises, les couvents, les guildes de marchands et d’artisans, l'intérieur des maisons de marchands, tout cela remarquablement préservé. La visite commence par le Château de Toompéa et ses quatre tours, le Palais Pikk Hermann du 18e siècle qui abrite le parlement de la République.

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  Le château de Toompéa La cathédrale orthodoxe Nevski

Face à cet ensemble la cathédrale orthodoxe Nevski. Cette construction spectaculaire avec ses dômes en bulbes, perchée au sommet de la colline de Toompéa, est la principale cathédrale orthodoxe russe d’Estonie. Non loin, la cathédrale du Dôme (principale église luthérienne d’Estonie) fondée après l’arrivée des Danois en 1219. Une immense collection de blasons domine le décor baroque. Ils accompagnaient traditionnellement les cercueils durant les processions funéraires. L’église les a conservés.

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La cathédrale du Dôme L’Hôtel de ville

Après avoir emprunté la rue Jambe Longue nous arrivons dans la ville Basse pour découvrir la pittoresque place de l’Hôtel de Ville : elle est le centre de la Vieille Ville depuis huit siècles. Elle est entourée des demeures raffinées des marchands et encombrée en été par les tables des cafés. Parmi les bâtiments remarquables sur le pourtour de la place, on compte L’Hôtel de ville et la Pharmacie de l’Hôtel de Ville.
En sortant de la ville, à l’ouest se trouve le quartier côtier de « Rocca Al Mare ». Le musée en plein air « Rocca Al Mare » se situe à 4 km à l’ouest de Tallinn, dans une forêt au bord de la Baltique. Il abrite la plus grande collection architecturale d’Estonie avec 72 bâtiments (moulins à vent, moulins à eau, écoles, villages de pêcheurs, fermes, caserne de pompier, chapelle). Ce surprenant musée est une magnifique reproduction d’un village typique estonien composé de bâtisses traditionnelles des quatre coins de l’Estonie.


LITUANIE et VILNIUS


La capitale de la Lituanie se perd au milieu des terres, excentrée au sud-est du pays et à une vingtaine de kilomètres seulement de la frontière biélorusse. Née sur une colline surplombant la Neris, près de son confluent avec la Vilnia, Vilnius a opposé sa place forte à l’avance des chevaliers teutonique, puis aux tatars de Crimée. La légende raconte qu’au cours d’une halte dans les forêts de Sventaragis, le grand-duc Gediminas vit dans son sommeil un loup de fer au sommet d’une colline. Bouleversé par ce présage, il consulta le grand prêtre et bâtit la ville. Négligée au fil de longues décennies, Vilnius n’en possède pas moins une remarquable Vieille Ville parmi les plus vastes d’Europe Orientale.

La Place de la cathédrale. Jadis consacrée au dieu du tonnerre Perkunas, la place de la cathédrale héberge également un ancien campanile du 13e siècle (de 57 m de haut) distinct de la cathédrale, lieu de rencontre habituel des habitants de Vilnius, à deux pas de la statue de bronze du Grand-Duc Gediminas.

Le palais des souverains et le musée. En 2000-2001, le Parlement et le Gouvernement de Lituanie décidèrent la reconstruction du Palais des souverains de Lituanie du Château Bas. La reconstruction avait pour but de restituer le symbole de la souveraineté de la Lituanie dans la mémoire historique et la conscience nationale. Au Palais des Grands-Ducs de Lituanie, le Musée national, on l'on peut voir deux expositions permanentes reflétant les fonctions de la résidence historique.

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La place de la cathédrale Le Palais des souverains 

Nous arrivons dans le surprenant quartier artistique « Užupis dans les anciens faubourgs». C'est un peu une ville dans la ville, où les bâtiments à l'abandon ont été réhabilités. Il s'agit d'une république fantaisiste dotée d'un drapeau, d'une constitution et d'un parlement. Quartier décalé, artistique et animée, Užupis possède un accord de coopération avec le quartier de Montmartre à Paris.

L’ambre. Ne pas oublier de parler de l’ambre qui est partout sur les rives de la Baltique ! À l’état brut, roulé par les marées, la pierre se distingue à peine des autres galets ! L’ambre n’est pas une pierre, mais la résine fossilisée des pins préhistoriques. Des filons de 60 à 90 cm d’épaisseur, qui remontent à 40 millions d’années, s’étirent sous les fonds argileux de la mer. Le musée de l’ambre nous permettra d’admirer des très belles pièces d’ambre de diverses couleurs.

L’ensemble des Bernardins et l’Église Sainte-Anne : Un des monuments architecturaux des plus renommés à Vilnius est l’Église Sainte-Anne typique de l'influence de20180614 pays baltes img16L’ensemble Sainte-Anne et les Bernardins l'architecture gothique en brique, qui s'est répandue autour de la mer Baltique à partir des villes hanséatiques. Pendant la campagne de Russie de 1812, Napoléon en voyant Sainte-Anne et sa façade en dentelle de briques (33 sortes différentes), se serait exclamé qu'il était dommage qu'il ne pût la transporter en France (il aurait voulu la transporter à Paris dans le creux de sa main), mais les troupes françaises s'en servirent comme d'une écurie, brûlant l'intérieur !)

L’ensemble des Bernardins. Le nom complet de l’église des Bernardins est l’Église Saint-François d’Assise. La construction est massive et trapue. Elle pouvait, le cas échéant, servir non seulement pour la prière mais aussi pour la défense. C’est ce dont témoignent 19 meurtrières dans la façade nord.

Nous quittons Vilnius pour nous rendre à Trakaï (situé à 28 km). Trakaï est l’une des anciennes capitales de la Lituanie (après Kernavé), résidence des souverains du pays aux 14e et 15e siècles. La cité est entourée de tout un chapelet de lacs. Deux châteaux se trouvaient à Trakaï celui de la presqu'île, qui n'est pas encore restauré, et le château-fort gothique, véritable livre d’histoire de cette époque, implanté sur une île du lac Galvé. Reconstruit à l’époque soviétique, ce dernier est aujourd’hui l'unique château sur eau de toute l'Europe orientale et le centre d'attraction de Trakaï. Un musée est installé dans le château et, en été, des spectacles folkloriques et représentations théâtrales y sont donnés.Trakaï est aujourd’hui un centre touristique et de villégiature. Nous déjeunons dans un restaurant situé dans le quartier caraïte (curieuse religion judéo-musulmane).

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 Le château de Trakaï Le château de Kaunas

Continuation vers Kaunas, capitale provisoire du pays entre les deux guerres. Proche de la place de la cathédrale la Basilique Saint-Pierre et Saint-Paul. La plus grande église de Kaunas. Sa construction s’effectua au tournant des 15e et 16e siècles et s’est étirée dans le temps. C’est pourquoi elle a l’intérieur gothique et des traits baroques à l’intérieur. Elle obtint le titre de cathédrale en 1895 et d’Archi-Cathédrale en 1926, quand la Lituanie fut reconnue province de l’Église. Nous continuons vers le Château de Kaunas et l’église Saint-George le Martyr en cours de réfection. Direction la ville nouvelle et arrêt au Fort IX et l’impressionnant et émouvant monument dédié aux victimes du génocide.

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 Le monument du Génocide La Porte de l’Aurore

De retour à Vilnius une ballade à pied nous amène à la Porte de l’Aurore : une des dix portes autrefois aménagée dans les remparts. La seule qui ait survécu. L’église orthodoxe du Saint-Esprit avec ses reliques des Saints Antoine, Jean et Eustache.

Un détour vers l’Hôtel de Ville et le Palais Présidentiel. Nous passons par le ghetto juif de Vilnius mis en place par le Troisième Reich allemand dans la ville de Vilnius, au cours de la Seconde Guerre mondiale. Puis l’ensemble architectural de l’Université de Vilnius qui se compose non seulement de bâtiments anciens mais aussi de l’église Saint-Jean et de son clocher. Il fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Notre voyage se terminera par Kernavé qui fut la première capitale connue du Grand-Duché de Lituanie situé à une trentaine de kilomètres de Vilnius. C'est aussi un site archéologique très important sur lequel se trouvent les ruines de la plus ancienne ville. Le roi Mindaugas y fut couronné en 1253. À l’issue de cette visite nous terminons notre périple dans un ancien kolkhoze, vestige de l’ère soviétique transformé en site touristique.
Un banquet campagnard accompagné d’une animation musicale clôturera cette journée bien remplie.

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L’ensemble architectural de l’Université Le kolkhoze Repas au kolkhoze

Le lendemain nous repartons vers Riga et reprenons l’avion pour Bordeaux. Ce voyage nos aura permis de découvrir ces trois petits pays pleins de charme au passé historique tourmenté et encore en convalescence de l’époque post-soviétique. Nous y serions bien restés un peu plus longtemps !

(*) Nés au Moyen-Orient dans la fureur des affrontements entre chrétiens et musulmans, les Chevaliers Teutoniques (moines guerriers fanatiques) font partie des figures emblématiques de la chevalerie médiévale. Rejetés de Terre Sainte, ils vont trouver un second souffle dans l'évangélisation des contrées païennes d'Europe de l'Est, jusqu'en1410. Ils ont pris la suite des Chevaliers Porte-Glaive.

(*) La Hanse, Ligue Hanséatique, Hanse Germanique ou Hanse Teutonique était l'association des villes marchandes de l'Europe du Nord autour de la mer du Nord et de la mer Baltique.La  Hanse ou Ligue Hanséatique prit naissance en 1241 afin de protéger leur commerce contre les pirates de la Baltique et de défendre leurs franchises contre les princes voisins. La croissance de la ligue hanséatique a lieu dans un monde où colonisation et évangélisation vont de pair.

Diaporamas

par Jany CATALAN

Diaporama n° 1 : voyage en Lettonie (164 vues) icone photo4

Diaporama n° 2 : voyage en Estonie (101 vues) icone photo4

Diaporama n° 3 : voyage en Lituanie (168 vues) icone photo4

 

 

icone photo4Compte rendu de l'escapade en Cantabrie schmidt yvespar Yves Schmidt

du 24 au 28 septembre 2018

 

20180924 28 cantabrie image0Comillas - Groupe dans le parc du Palais de Sobrellano - Au fond, l'Université Pontificale

Lundi 24 septembre. Nous sommes 31 adhérents, auxquels se sont ajoutés sept clients de l’agence de voyage, à embarquer aux aurores à bord du car à destination de l’Espagne. Un ciel gris entrecoupé de passages pluvieux nous accompagne durant tout le voyage, mais, lorsque nous arrivons à Santander, le ciel se dégage : nous aurons par la suite la chance de bénéficier d’un temps clément durant tout le séjour !
Nous avons d’agréables surprises en arrivant dans cette région. Le réseau routier est très bien entretenu : la zone côtière est bien desservie en autoroutes et sur les routes secondaires, de nombreux carrefours sont remplacés par des giratoires. Les villes et les villages sont très propres : ce n’est pas un hasard si la Cantabrie est appelée la Suisse espagnole. Nous sommes surpris par la fraîcheur des prairies qui n’ont visiblement pas souffert de la canicule, bien que situées 200 km au sud de Bordeaux. La région est caractérisée par la prédominance des zones montagneuses : nous en ferons vite l’expérience

Vers 13h, nous débarquons à l’hôtel Marfrei, à Hinojedo, petit village situé à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Santander. Ce sera le point de départ de toutes nos sorties. Après un rapide déjeuner,20180924 28 cantabrie image2 nous faisons connaissance avec notre guide, Amelia (Camélia pour certains, peut-être un peu durs d’oreille !) qui nous accompagnera dans toutes nos visites, puis nous montons dans le car à destination de Santander. Cette ville est la capitale de la petite province de la Cantabrie, peuplée de 600 000 habitants et d’une superficie de 5 326 km2.

Un circuit en car à travers les principales voies de la ville nous permet d’en voir les principaux édifices remarquables, dont la cathédrale, l’hôtel de ville et le Grand Casino. Cette ville est situé en bordure d’une très vaste baie que nous n’allons pas tarder à découvrir. En effet, nous embarquons à bord d’un bateau qui nous permet de contempler les abords de la ville vus de l’océan. Nous profitons ainsi d’une vue panoramique de son port de pêche, de son planétarium et de son centre nautique. Nous découvrons les somptueuses résidences Santander construites par les riches Espagnols à partir de la deuxième moitié de 19e siècle et au début du 20e siècle avant d’être abandonnées en 1937 lors de la guerre civile. Puis le bateau se dirige vers la péninsule de la Magdalena où se trouve le palais royal de la Magdalena qui fut la résidence d’été de la famille royale entre 1913 et 1930.

20180924 28 cantabrie image3Mardi 25 septembre. Après un sommeil réparateur, départ pour le parc Cabárceno. Nous traversons de grandes forêts d’eucalyptus qui ont remplacé les chênes d’origine qui ont été utilisés au 19e siècle par les grands chantiers navals de Santander pour la construction des grands vaisseaux en bois. Situé dans un paysage montagneux aménagé par l’homme sur un territoire de 750 hectares d'une ancienne exploitation minière à ciel ouvert qui a été abandonnée en 1989, le parc héberge aujourd’hui environ 115 espèces animales dont certaines sont en voie de disparition, telles le zèbre de Grévy ou le rhinocéros blanc.

Les animaux évoluent en semi-liberté dans des espaces sécurisés, le plus important étant celui des ours bruns qui occupent à eux seuls 35 hectares. Le parc enregistre régulièrement de nouvelles naissances, ce qui est très réconfortant pour le personnel dont une des missions est de veiller à la sauvegarde des espèces dont ils ont la responsabilité. 25 km de routes permettent de circuler d’un enclos à l’autre avec le car ou la voiture Il existe même un réseau de télécabines qui permettent de profiter d’une vue aérienne du parc. Nous terminerons la visite par le reptilarium qui contient de nombreuses espèces, plus impressionnants les unes que les autres. Nous n’aurons évidemment que le temps d’avoir une vue d’ensemble en deux heures de visites et ne voir qu’une partie des animaux.

20180924 28 cantabrie image1Santillana del Mar - Groupe devant l'église collégiale Santa Juliana


L’après-midi sera consacré à la visite de la cité médiévale de Santillana del Mar. Cette petite ville, est située à l’ouest de Santander sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Elle s’est développée autour de l’église collégiale de Santa Juliana et de son cloître datant de 12e siècle, dont Amelia nous commentera en détail l’histoire. À l’intérieur, nous pouvons admirer un magnifique retable sculpté et peint et un autel masqué par un parement en argent du Mexique. Nous disposerons ensuite d’une bonne heure pour découvrir les ruelles bordées de nombreux palais et maisons à blasons, dont certains ont été transformés en hôtels de luxe.

Notons que, dans les environs proches, se trouve la grotte d’Altamira qui propose aux visiteurs de découvrir des peintures rupestres qui rappellent la grotte de Lascaux. Il n’est pas prévu de la visiter.

Mercredi 26 septembre. Départ pour un circuit qui va nous mener assez loin de notre hôtel. En effet, nous allons découvrir la partie20180924 28 cantabrie image4 montagneuse de la province et son point culminant, les Picos de Europa, dont la visite est prévue pour l’après-midi. Auparavant, nous empruntons les gorges encaissées de la Hermida pour nous rendre au monastère de Santo Toribio de Liébana.

Ce monastère abrite le Lignum Crucis, qui est, selon les catholiques, le fragment le plus grand de la « Vraie Croix » sur laquelle Jésus-Christ fut crucifié. C'est avec Jérusalem, Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle et Caravaca de la Cruz un des lieux saints du christianisme. Ce ne fut qu'au 8e siècle, lors des invasions arabes, qu'il acquit son importance actuelle. À cette époque, la Liébana, protégée par les montagnes, accueillit alors de nombreux réfugiés catholiques ainsi que le Lignum Crucis. Celui-ci avait en fait été ramené de Palestine au 6e siècle par l'évêque Thuribe d’Astorga. Afin d'échapper aux profanations de l'envahisseur, il fut transféré au monastère qui le conserva jusqu'à nos jours. Le monastère tomba en décadence au 19e siècle et il faut attendre 1961 pour que le bâtiment soit rénové et retrouve son prestige.

Après cette visite, nous nous rendons à Potes, capitale de la Liébana. Ce bourg, très pittoresque, est situé à quelques kilomètres au nord des Pics d’Europe. Il se compose d’un dédale de ruelles bordées de maisons médiévales. C’est dans cette ville qu’on nous servira la spécialité du pays, le pot-au-feu de Montaña, qui n’est pas sans rappeler le cassoulet.

L’après-midi est consacré à la découverte des Picos de Europa. Cette chaîne montagneuse tire son nom des navigateurs qui venaient d’Amérique et découvraient au loin ces sommets qui leur annonçaient leur arrivée en Europe. Le car nous dépose au départ du petit téléphérique de Fuente Dé, installé à 1000 mètres d’altitude. Après une montée de 800 m le long des pentes escarpées, réalisée en 3 minutes, nous pouvons admirer le panorama ainsi que les sommets qui culminent à plus de 2 600 m (2 648 m pour le Torre de Cerredo). Notons que trois provinces se partagent ces sommets : les Asturies, la Castille-et-León et la Cantabrie.

Le soir, après dîner, Amelia nous propose une soirée folklorique animée par trois musiciens qui font partie d’une tuna, groupe musical traditionnel costumé. En fait, côté musique, nous aurons surtout droit à un répertoire composé de chansons du domaine de la variété. Nous assisterons à la présentation d’une mariée un peu spéciale, splendide dans sa robe blanche. Nous ne dévoilerons pas son identité, mais nous avons remarqué, en regardant de plus près, que son menton était garni d’un bouc blanc. Il nous a semblé reconnaître notre spécialiste de la culture des olives !

20180924 28 cantabrie image5Jeudi 27 septembre 2018. La journée se partagera entre la visite de la Costa Occidental le matin et la visite des grottes de Soplao l’après-midi.
Nous traversons les cités balnéaires de la côte occidentale qui offre aux touristes de magnifiques plages, dont la plus remarquable est celle de San Vincente de la Barqueira. Nous revenons sur nos pas pour nous arrêter à Comillas, cité balnéaire située à 50 km à l’ouest de Santander pour visiter le Palais de Sobrellano ou du Marquis de Comillas, après être passés devant son annexe, une construction désigné sous le nom de « El Capricho » et réalisée entre 1883 et 1885 par Antoni Gaudi, l’architecte de la cathédrale de la Sagrada Familia à Barcelone. Ce bâtiment est caractérisé par ses murs couverts de céramique. Antonio López est parti faire fortune à Cuba : son amitié avec la famille royale lui valurent la concession du titre de Marquis de Comillas.

En face du Palais du Marquis de Comillas se trouve un bâtiment impressionnant : il s’agit de l’Université Pontificale, un monument néogothique construit entre 1883 et 1889 avec l’appui économique du Marquis de Comillas.
Nous revenons à l’hôtel où nous reprenons des forces en dégustant une paëlla bienvenue.
L’après midi est consacré à la visite d’une grotte splendide : de l’avis unanime, il s’agit d’un temps fort de ce séjour. La grotte du Soplao a été20180924 28 cantabrie image6 découverte par hasard en 1968 sur le site de mines de fer de La Florida à l’occasion du creusement d’une galerie qui a débouché sur la cavité de la grotte. La mine de fer est aujourd’hui abandonnée. Un petit chemin de fer permet d’arriver rapidement dans la grotte où un cheminement de 1,5 km permet d’admirer les trésors qui s’offrent à nos yeux sans trop d’efforts. Comme dans toutes les grottes, on peut admirer une profusion de stalactites et de stalagmites, mais certaines d’entr’elles ont une particularité : elles sont dites excentriques, ce qui signifient qu’elles croissent dans toutes les directions, se défiant des lois de la pesanteur. La grotte mesure 14 km, dont la visite est, en majorité, réservée à un public très limité et bien équipé.

La soirée est animée par Amelia qui nous propose un loto.
Vendredi 28 septembre 2018. La dernière matinée nous ramènera sur le chemin du retour, avec une escale au Pays Basque, dans la ville de Bilbao. L’agglomération de Bilbao compte 900 000 habitants. En opposition avec la région que nous venons de quitter, ce qui frappe, c’est son développement industriel. Le car nous conduit dans un circuit touristique dans les quartiers anciens avec la cathédrale, la place d’Espagne, le théâtre Arriaga, le grand marché couvert de la Ribera.

20180924 28 cantabrie image7La dernière étape nous conduit au musée d’art contemporain Guggenheim dans lequel nous ne pénétrons pas, faute de temps. On doit l’architecture spectaculaire de ce bâtiment à Frank Gehry, architecte américano-canadien. Certaines œuvres sont exposées à l’extérieur du musée, tel le chien géant Puppy, d’une hauteur de 11 m, réalisé sur une structure métallique que viennent recouvrir une multitude de fleurs multicolores disposées dans des pots disposés sur la structure depuis l’intérieur.

Après un tour dans ce quartier dont l’urbanisation est récente, nous nous retrouvons au restaurant avant de reprendre la route vers Pessac que nous atteindrons en fin d’après-midi.

Durant ce séjour, nous avons découvert un certain nombre de sites très intéressants, pour ne pas dire exceptionnels, dont, pour la plupart d’entre nous, nous ignorions l’existence alors qu’ils ne se trouvent qu’à quatre heures de voiture de Bordeaux.

 

Photos Marie-Thérèse Fernandez, François Sellon et Yves Schmidt

 

Pour consulter le diaporama réalisé à partir de photographies communiquées par les participants, cliquer iciicone photo4

Voyage en Sicile du 5 au 12 juin 2009

par Charles Costa

On dit volontiers que pour découvrir l’art grec antique, il faut visiter la Sicile. Certes, mais les guides nous apprennent aussi que cette province italienne, recèle de nombreux autres trésors légués par les Romains, les Arabes, les Normands, les Espagnols, le Duc de Savoie… C’est pourquoi, 27 membres de l’ARCEA-CESTA ont décidé d’affronter la mafia pour connaître ce pays aux si multiples facettes.

Un avion affrété par Aeroviaggi,  quitte Bordeaux à 6 heures du matin et nous dépose deux heures plus tard à Palerme. 20090605 sicile img01Palerme : Carrefour des quattro contiConduits par Giulio notre guide accompagnateur à notre hôtel, nous en apprécions la situation au cœur du quartier historique de la ville, autrement dit à pied d’œuvre pour commencer ce voyage. Ragaillardis par notre premier plat de pâtes, nous pouvons, à notre guise, attaquer cet après midi de liberté par les découvertes d’églises, d’oratoires, de marchés, du parc botanique, du bord de mer…et avant tout pour approcher cette grande ville (la 5e d’Italie) et s’imprégner de son ambiance caractéristique. Nous y découvrons l’emblème de la Sicile, la gorgone aux trois bras qui symbolisent les trois pointes de cette île triangulaire.

Le lendemain commence une visite guidée qui nous conduit vers la cathédrale de Monreale dans laquelle la profusion de mosaïques nous laisserait pantois si nous n’avions pas déjà connu l’intérieur de la basilique San Marco, l’année dernière à  Venise. Le Christ Pantocrator, les motifs arabes, l’évocation de l’Ancien et du Nouveau Testament, la lumière, la couleur, nous confirment que bien après les grecs, entre 12e et 13e siècle, les artistes siciliens étaient férus de beauté. Le cloître, très harmonieux et dans un état de conservation (voire de restauration) impeccable, parachève cette œuvre inscrite au patrimoine de l’humanité.

Nous poursuivons par la visite du palais des Normands et ses nombreuses salles diversement décorées. Dans son enceinte, la chapelle Palatine, véritable joyau, récemment restaurée nous éblouit par l’art de la céramique qui atteint réellement là, son apogée.

L’après midi, notre guide nous conduit sur le mont Pellegrino pour découvrir outre la grotte où se réfugia Sainte Rosalie, patronne de Palerme, un panorama splendide sur la côte à quelques encablures de la grande ville.

Mais Palerme, c’est aussi cette ambiance toute italienne dont nous nous imprégnons en arpentant le marché où poissons, légumes, fruits  débordent des étals, ou en admirant la façade du théâtre Politeama surmontée d’un char tiré par six chevaux d’airain, ou encore en mesurant combien les arts d’époques si lointaines peuvent se compléter et même se fondent harmonieusement comme dans la Martorana, église aux céramiques arabo-byzantines et à l’architecture normande. Face à notre hôtel, la place Pretoria dont la fontaine entourée de femmes nues lui valut le surnom de « fontaine de la honte » à une époque où il était bon de « cacher ce sein que nous ne saurions voir », nous est vite devenue familière tout comme les façades des immeubles du carrefour dit des quattro conti. 

La visite de la Sicile, c’est un tour de l’île qui commence pour nous direction ouest vers Erice. Cette petite ville est perchée à 700 mètres d’altitude sur un rocher que notre car devra gravir par une route dont les lacets vertigineux font frémir plus d’un d’entre nous. Mais du sommet nous découvrons un magnifique point de vue sur la mer et la ville de Trapani. Les églises sont en grand nombre à Erice. Nous visiterons la cathédrale dès notre arrivée. C’est un grand plaisir de cheminer dans ces rues aux pavés bien ordonnés et de s’arrêter devant les nombreuses boutiques ou l’on vend notamment vin et macarons. Quelques membres du groupe accablés par la chaleur se régalent d’une bière bien fraîche servie devant des monuments ancestraux.

C’est tout près du téléphérique qui plonge vers le niveau de la mer que se trouve le restaurant où nous sont servies  en premier plat les sempiternelles pâtes dont le goût est toujours renouvelé.

Rassasiés, et aussi un tantinet assoupis, nous restons impassibles pendant que notre chauffeur plonge vers la plaine….Si  bas !

20090605 sicile img02Segeste : le temple doriqueMais bien vite la curiosité reprend ses droits et nous nous apercevons que cette île que l’on imagine si aride, est en fait une riche terre agricole ; autrefois grenier à blé de l’Italie, elle pratique aujourd’hui la polyculture où la vigne occupe désormais une place de choix. Après avoir avalé des kms à travers champs, nous débouchons sur Segeste dont le fameux temple dorique, nous apparaît dans sa splendeur blonde au sommet d’une colline. Segeste, qui a conservé son sol, toute sa colonnade, son fronton,  a-t’il  jamais été achevé ? Contrairement aux autres temples grecs, ses colonnes ne possèdent pas  de cannelures, son fronton aucun décor. Il en possède d’ailleurs une âme qui ne laisse pas indifférent puisqu’il semble bien que nous le voyons en 2009 comme les insulaires le voyaient déjà il y a 23 siècles. Films et photos permettent d’emporter son image, car il nous faut à regret quitter ce site remarquable pour rejoindre Sciacca et son centre de vacances Aeroviaggi où nous sommes hébergés. Nous pourrons profiter qui à l’intérieur, qui au dehors d’un premier bain en piscine. La température flirte avec les 30 degrés et il fait bon se rafraîchir…

Le lendemain, dès l’aube, nous quittons Sciacca pour  une longue journée. Notre premier arrêt sera pour Agrigente :20090605 sicile img03Le groupe à Agrigente dès 10 heures le soleil nous brûle et les casquettes ou autres chapeaux sont bien utiles pour parcourir la vallée des temples, située à vrai dire sur une colline. Le site d’Agrigente est bordé de rochers dans lesquels furent creusées de nombreuses sépultures paléo-chrétiennes. Devant ces temples, nous mesurons quelle a été la passion des grecs pour cette île pour y avoir laissé autant de souvenirs :

- Temple d’Héra épouse de Zeus

- Temple de Jupiter et ses télamons (grandioses statues qui devaient servir de colonnes)

- Temple de la Concorde

- Temple de Castor et Pollux quasiment intact pour  avoir abrité pendant des siècles une église chrétienne.

Après un parcours en car sur une route sinueuse nous gagnons Piazza Armerina pour une visite de la célèbre villa romaine du Casale mise à jour en 1929. Le soleil brûle mais les toits sont protecteurs.

Dans cette villa, ensevelies au 12e siècle ; sous les alluvions qui les ont préservées nous découvrons les mosaïques de facture artistique indéniable qui ornaient cette riche demeure. Comme à Pompéi, on croit partager un moment de la vie des occupants d’il y a 20 siècles qui avaient inventé le bikini sans connaître la destinée de cet atoll du Pacifique.

Après le déjeuner nous  prenons la direction du centre de vacances Aeroviaggi de Brucoli où nous séjournerons trois nuits. Mais notre route passant par la rocade de Catane, notre guide Giulio nous propose un léger détour pour découvrir  cette ville, ce qui nous permettra  de gagner une demi-journée de détente.

20090605 sicile img04Le cratère de l'EtnaCatane dominée par  l’Etna dont elle a du subir les colères est  la seconde ville de Sicile. C’est un port très actif. La ville possède bien un amphithéâtre romain, témoin d’un passé lointain, mais ses monuments sont essentiellement baroques car construits postérieurement à l’éruption de 1693. Certains quartiers sont construits sur des coulées de lave, ce qui donne une allure quelque peu surprenante à la cité. Nous nous arrêtons longuement sur la place principale où se situe la cathédrale à la façade richement décorée et au centre de laquelle trône un éléphant de pierre, symbole de la ville, sensé éloigner les fureurs de l’Etna

La matinée suivante sera consacrée à la visite de Syracuse, et chacun fredonne déjà l’air célèbre d’Henri Salvador.

Nos pas vont d’emblée vers le théâtre grec de dimensions impressionnantes. Son acoustique toujours appréciée permet d’y donner des représentations comme ce festival de cinéma en plein air qui s’y déroule actuellement.

Les Latomies sont d’anciennes carrières de pierres géantes exploitées par les Grecs. C’est là que l’on découvre l’oreille de Denys (immense grotte à l’acoustique particulière que testera pour nous Robert Granet qui y interprète Hegoak) . Tout près, se trouve l’amphithéâtre romain où l’on donnait les spectacles de gladiateurs, d’animaux ; c’est par ses dimensions le troisième du monde romain, bien après le Colisée cependant.

Dans l’île d’Ortygie, nous nous arrêtons devant la fontaine Aréthuse, source d’eau pure où poissons et canards se disputent la vedette en batifolant au milieu des papyrus. Au milieu de la place nous sommes surpris par une immense sculpture contemporaine  contre la pollution menaçante. Mais la cathédrale baroque focalise nos regards. Elle est en effet construite à l’emplacement d’un temple  dorique dont elle a conservé la colonnade pour appui de ses murs. Nous voilà bien devant un exemple de la continuité artistique des siciliens qui n’ont pas connu l’obscurantisme.

L’après-midi libre nous permet de prendre  un bain de mer et de recharger les batteries.

Il faut en effet être en forme pour partir le lendemain à l’assaut de l’Etna qui culmine à quelques 3300 mètres. Le car nous achemine jusqu’à 1900 mètres à travers un paysage de plus en plus hostile où la végétation disparaît  peu à peu. De cette altitude c’est en 4X4 que nous montons à 3000 mètres. Le spectacle est grandiose et impressionnant. Les nombreuses éruptions du volcan le plus actif d’Europe sont mémorisées sur ses flancs par des collines qui sont autant d’anciens cratères, et par des ouvertures béantes pour les éruptions les plus récentes. Le guide local a choisi le tour du cratère de l’éruption de 2002. Bien que le feu couve sous nos pieds comme en témoignent les fumeroles, il y fait froid et nous ne nous étonnons pas de voir des skieurs dévaler les pentes enneigées.

Après un déjeuner pris à 1900  mètres, nous redescendons vers la mer et précisément à Taormina. Ce site enchanteur, choisi par les Grecs et les Romains qui y ont construit et exploité un théâtre demeure un très haut lieu de tourisme.  La ville, son site, ses jardins, ses rues en pente bordées de commerces de toute nature sont inoubliables. Comme il ferait bon y séjourner plus longtemps ! Mais nous devons repartir vers le sud pour une dernière nuit à Brucoli.

C’est déjà l’avant dernier jour de ce voyage et il nous faut commencer le cheminement vers Palerme. La route côtière nous amène d’abord à Messine, non pas pour pécher la sardine ! mais bien pour une visite à notre gré un peu courte. Nous verrons cependant la cathédrale baroque et son campanile enrichi d’une horloge construite récemment par des horlogers

de Strasbourg. Hélas, il ne nous sera pas possible d’en voir la principale animation qui s’y déroule à midi. Messine c’est son détroit qui sépare la Sicile de la botte italienne par 3 km de mer ; ce détroit où l’on pouvait comme Ulysse écouter le chant des Sirènes, a rappelé aux plus anciens d’entre nous l’épopée de la Seconde Guerre Mondiale.

Après Messine et un arrêt déjeuner dans un restaurant qu’aucun car français n’oserait jamais atteindre tant il est périlleux d’y accéder, nous gagnons Cefalu, dont la cathédrale, le port de pêche, la plage et les rues étroites sont dominées par un rocher calcaire caractéristique de ce site  où le club Med a depuis longtemps élu domicile.

De retour dans la capitale, nous avons droit à un spectacle de marionnettes typiques de Sicile qui ferraillent à qui mieux mieux sans trop savoir qui est vainqueur ou perdant ; le tour de la ville soit disant illuminée est par contre bien décevant.

Le dernier jour, au matin,  chacun peut profiter du temps libre pour parfaire sa connaissance de la ville, et comme au premier jour choisir son programme, artistique, bucolique, gastronomique selon les goûts…mais aucun n’oublie le rendez vous d’un dernier déjeuner en commun avant de prendre la direction de l’aéroport pour le retour chez nous.

Il fait beau et chaud aussi à Bordeaux et pourtant c’est déjà si loin la Sicile !

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