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Voyage en Corse (04-11/09/2005)

par Marie-Thérèse et Jean-Claude Vincensini

Le village Paese di Lava (Pays de Lava), propriété de l’ACAS, a accueilli du 4 au 11 septembre un groupe de 30 retraités accompagnés de leur conjoint et de quelques proches. Le groupe a aussitôt eu une première impression du relief de l’île, « montagne dans la mer », en rejoignant le village par des routes raides, virages en épingle donnant des frissons à certains, assis dans le car côté précipice. Le village est situé dans un site préservé qui domine le Golfe de Lava, à proximité d’une longue plage de sable fin. Constitué de petites maisons méridionales en bandes ou en hameaux, il s’intègre parfaitement au site de 6 hectares, plantés de fleurs et d’arbres. La plage est à 300 mètres de l’accueil.

Les logements de 2 ou 3 pièces face à la mer ouvrent sur un balcon. Les moyens nécessaires à la vie et les loisirs sur place sont nombreux : salle de spectacles, salles d’activités, de télévision, 20050904 corse img01La piscine du villagede musculation, club d’enfants, bar, immense terrasse dominant la baie, buanderie, piscine à débordement, etc.

À notre arrivée, nous nous installons et prenons contact avec le village où un pot d’accueil nous est offert avant notre premier dîner en terrasse face à la mer. Un film documentaire sur la Corse terminera cette première soirée. Le programme de la semaine prévoit des journées chargées en excursions, entrecoupées de demi-journées libres.

Lundi 9h : Tour d’orientation d’Ajaccio (principaux sites, en particulier les monuments à la gloire de Napoléon, statue de Pascal Paoli, patriote corse qui lutta contre les Génois), puis l’incontournable route des Sanguinaires). L’après-midi, à 14h, visite de la rive sud du Golfe d’Ajaccio, Porticcio et la magnifique plage de Verghia. Une soirée dansante clôturera la journée.

Mardi : détente le matin. 13h : départ pour la vallée de la Gravona, la forêt de Vizzavona, col de 1170 m, visite de Corte, ancienne capitale de la Corse. Dîner et soirée animée.

20050904 corse img02Les Îles SanguinairesMercredi : 7h : départ pour l’extrême sud : Propriano, Golfe de Valinco, Sartène, la plus corse des villes corses, Bonifacio, dressée sur ses falaises de calcaire, face à la Sardaigne que l’on peut apercevoir par temps clair. Une promenade en bateau nous mène le long des hautes  falaises  de  calcaire  et l’on peut admirer les grottes taillées par la mer, des fonds marins d’une limpidité peu commune. Visite de la citadelle, vieille ville plantée en arrière des falaises, l’ambiance, les petites rues, les points de vue nous ont ravis.

Jeudi : matin, détente. Après-midi, visite des Gorges du Prunelli, circuit du maquis, légèrement entaché par la seule soirée pluvieuse de la semaine. Soirée animée par le groupe corse Isula Bella, chants et guitares.

Vendredi : départ à 6h30, visite du Golfe de Sagone, Cargèse, le village grec, les Calanques de Piana, le Golfe de Porto et l’extraordinaire réserve naturelle de Scandola (balade de 3 heures en bateau), à mon avis la plus belle visite. Extraits de revues : « Nulle partcet ensemble exceptionnel qui s’étend du Golfe de Porto au Golfe de Sagone » et « Des Calanques, à Scandola, la symphonie baroque entre ciel et mer ». L’éblouissement est au rendez-vous : le granit alcalin, base géologique avec sa couleur carminée caractéristique, mouchetée de biotite noire et d’amphibole verte, s’est érodée sous l’action conjuguée du sel marin et des alternances brutales d’hydratation et de dessiccation. Les blocs creusés, sculptés sur20050904 corse img03Ville de Corte des hauteurs impressionnantes plongeant dans une mer intensément bleue, composent un bestiaire fabuleux et dessinent des silhouettes inattendues au gré de la disposition des Tafoni, les anfractuosités formées dans la pierre par l’érosion.

20050904 corse img04Gorges de Prunelli : une partie du groupeOn peut ainsi imaginer toutes sortes de personnages… Contrastant avec le bleu turquoise de la mer et le vert des forêts, les Calanques offrent au regard les multiples déclinaisons du rouge, du rose le plus délicat, au pourpre le plus incandescent… Cette journée est un véritable émerveillement ! La soirée au « village » se terminera en dansant.

Samedi : visite libre d’Ajaccio le matin, détente l’après-midi, plage, piscine, soirée avec le film L’enquête corse.

Dimanche : départ pour l’aéroport après le petit-déjeuner.

En conclusion, les participants, dans l’ensemble, ont apprécié ce séjour qui a été une découverte pour beaucoup et en particulier, le système de valeurs de la société corse découlant de leur insularité.

L’ambiance du séjour entre tous les participants a été un gage de satisfaction et d’intérêt pour l’Ile de Beauté et de ses habitants.

À noter également la participation de Marie-Claude Chevalier, notre caméra woman du séjour, qui n’a pas ménagé son vidéoscope, ni ses séances acrobatiques parfois (Gorges du Prunelli, Piana, entre autres…) pour nous concocter un DVD prochainement, histoire de nous remémorer cette agréable semaine corse. Merci à elle, pour le travail à venir…

 

DE ROUERGUE EN QUERCY

Un chapelet de plus beaux villages de France : Belcastel, Cordes sur Ciel, Najac, Saint-Circq Lapopie, Sauveterre de Rouergue...

par Charles Costa

 

 

On ne peut passer à coté d’un tel programme proposé par les organisateurs de l’ARCEA, quand on connaît la réputation de ces sites hautement touristiques. Et quand le soleil est de la partie, ce voyage devient un enchantement. C’est pourquoi la cinquantaine de participants ont été enthousiasmés par ce séjour dont le prix de surcroît défiait toute concurrence. 

Le 20 s_eptembre 2009 au CESTA à 13 heures pas un seul des inscrits ne manquait à l’appel pour emprunter le car confortable à destination des « hauts de Najac », le village VVF lieu de séjour. Là, chacun s’installe dans des logements dispersés dans une forêt synonyme de grand calme. La piscine spacieuse doit être appréciée par forte chaleur, mais ce n’est plus le cas fin septembre quand bien même le soleil est de la partie. Groupe devant le château de Najac

La journée n’est cependant pas finie, car la plupart d’entre nous, se prêtent au jeu qui consiste à deviner les titres et les auteurs de chansons dont on n’entend que quelques mesures ; c’est l’occasion de s’apercevoir que le groupe recèle quelques championnes en la matière (n’est-ce pas Nicole ?)

Après une première nuit réparatrice, notre équipe sous la houlette du guide accompagnateur  Gaël,  part à  la découverte du village de Najac construit sur une crête. Il nous faut donc déambuler la rue principale en forte déclivité. C’est sur la place de départ que se déroule chaque année la fête de la fouasse. La boulangerie propose d’ailleurs ces gâteaux régionaux qui accompagneront des petits déjeuners futurs. Au fil de notre visite, nous rencontrons des maisons à colombages, la vieille poste créée en 1840 et une fontaine monolithe de dimension impressionnante. Une placette d’où l’on aperçoit dans toute sa majesté le château de Najac permet à tous de souffler un peu, ce qui donne l’occasion de procéder à la rituelle photo de groupe.

« Requinqués », nous repartons vers le château que nous contournons par un chemin abrupt et nous faisons une halte commentée dans l’église où un habitant du village, de surcroît jardinier du VVF, nous présente quelques vénérables statues de bois et une cage en fer forgé destinée à enfermer le cierge pascal . Cette église fortifiée domine la rivière Aveyron (à truites) qui coule en contrebas. C’est là que le car par un savant détour a pu stationner pour attendre nos jambes plus ou moins fatiguées, mais toutes ravies de se reposer pendant le retour au restaurant du VVF au menu copieux. 

Un peu de détente, un bon expresso, rien de mieux  avant de repartir  pour découvrir la bastide de Sauveterre de Rouergue.

Construite selon un plan rigoureux où les rues se croisent à angle droit, elle est ceinte de murailles, accessible par plusieurs portes dont les rues  mènent à la place dépourvue de sa halle centrale, sans doute ravagée par le feu comme beaucoup d’autres. Il est intéressant de se promener en levant les yeux pour découvrir ici et là des pierres sculptées illustrant la destination des demeures qui les portent. Un ancien hôpital, plus loin la maison d’un notable et comme toujours dans ces bastides comme on a pu déjà en voir dans le Gers ou dans le Lot-et-Garonne, des arcades encore appelées « couverts » entourent la place. On imagine volontiers l’animation qui devait y régner les jours de marché quand le temps était maussade.

Fondée par Guillaume de Mâcon, sénéchal de Rouergue elle reçut en paréage de Philippe III une suzeraineté partagée sur l’abbaye de Bonnecombe; après moult difficultés et une occupation anglaise de 1362 à 1369, la ville connaît cependant une longue période de prospérité qui  durera  jusqu’au début du 16e siècle. À cette époque, pas moins de 30 prêtres y vivaient ; la collégiale Saint-Christophe en est le témoignage ; on peut y admirer de belles miséricordes dans les stalles sculptées du 15e siècle. Ce sera ensuite le déclin inexorable malgré quelques sursauts pendant la Révolution ou à l’avènement de la IIe République. Elle vit aujourd’hui du tourisme ; de nombreuses festivités l’animent pendant la belle saison.

Non loin de Sauveterre, nous prenons la direction du château du Bosc, demeure qui abrita la jeunesse de Toulouse-Lautrec. C’est la petite nièce de l’artiste, la Comtesse Tapié de Celeyran, (plus qu’octogénaire) qui nous accueille et qui commente cette visite. Les souvenirs de l’artiste abondent et en particulier, dessins et gravures. Toulouse-Lautrec qui tenait de son père et de son oncle ses dons de dessinateur, se plaisait à « croquer » les membres de sa famille, mais avait une prédilection particulière pour les chevaux qu’il dessinait en plein exercice avec maestria y compris sur les murs des communs. Le château est une imposante bâtisse, ancienne forteresse, flanquée de deux tours du 12e siècle. On peut y distinguer des sculptures évoquant l’appartenance occitane de la famille.

Cette première journée bien remplie ne décourage pas les retraités de l’ARCEA qui assistent nombreux au spectacle animé par le personnel du VVF. Abbatiale de Conques

 

Le jour suivant est consacré à la visite de Conques le matin, puis de Belcastel.

Pour atteindre Conques, au fond d’un cirque en forme de coquille (qui a d’ailleurs donné son nom à la cité), il aura fallu endurer quelques méandres de la route rouergate. Mais alors, sous le soleil, quelle merveille que cette abbatiale avec ses clochetons mordorés. Cette cité a eu son apogée au Moyen Age quand les pèlerins arrivant du Puy-en-Velay venaient se recueillir sur les reliques de Sainte-Foy avant de rejoindre Moissac leur prochaine étape en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. (Les reliques de Sainte Foy, martyre agenaise suscitaient de nombreuses convoitises car les posséder signifiait que les pèlerins viendraient à coup sûr les vénérer, drainant ainsi de nombreux visiteurs dans la ville) Ces reliques furent donc dérobées à Agen pour rejoindre Conques où l’effet attendu se produisit, peut-être même au-delà des espérances. Tympan de Conques

L’affluence était telle que les moines ne pouvaient loger et nourrir cette foule, aussi le toit et le couvert étaient-ils proposés moyennant finances aux pèlerins ce qui participait à la richesse de Conques. Les grands chantiers de construction qu’il fallait lancer pour accueillir dignement les pèlerins amenèrent bien entendu une abondante main d’œuvre soit spécialisée et arrivée de l’extérieur , soit locale pour les travaux de manœuvre. 

Conduits par une guide de l’Office du tourisme, très compétente, nous écoutons quelques faits d’histoire assis dans ce qui reste du cloître avant de nous diriger dans un premier temps, face au célèbre tympan du Jugement dernier. Le Christ en mandorle lève le bras droit pour accueillir les élus et désigne, le bras gauche pointé vers le bas, la destination infernale aux damnés. Le but recherché par le sculpteur est sans nul doute de montrer à l’immense majorité d’illettrés, ce qui les attend s’ils fautent. Tous les péchés ou excès sont illustrés par des scènes de châtiment plus horribles les unes que les autres : là un démon arrache la langue d’un calomniateur, plus loin, l’ivrogne pendu par les pieds, vomit le vin dont il a abusé…. Cette débauche de personnages, leur état de conservation font de ce tympan, l’une des œuvres les plus réussies de la sculpture romane.

À l’intérieur de l’abbatiale, la lumière est intense et variée car les vitraux réalisés par Pierre Soulages, confectionnés à partir de billes de verre noyées dans le verre du vitrail, diffractent la lumière et donne ces tons chauds que l’on ne peut soupçonner de l’extérieur. Cette lumière à elle seule meuble l’intérieur de l’édifice maintenant dépouillé de toute ornementation.

La salle du trésor de Conques, l’une des plus riches au monde  nous permet de voir entre autres pièces rarissimes, le « A » de Charlemagne et surtout la statue de Sainte Foy recouverte d’or et de pierres précieuses.

Pont sur l'Aveyron à Belcastel

Après un déjeuner apprécié dans une auberge du voisinage, notre car nous conduit sur les rives de l’Aveyron, dans le bas du village de Belcastel. Un pont vénérable en dos d’âne et pavé de galets ronds est dominé par une belle croix de pierre ; il conduit à l’église paroissiale. Mais il faut monter à l’assaut de la falaise sur les flancs de laquelle se pressent les anciennes maisons du village. La rue escarpée nous permet d’atteindre l’entrée du château que nous n’aurons pas le temps de visiter. Mais à quoi bon puisque le décor tout entier nous séduit. Et s’il nous séduit aujourd’hui c’est grâce à Fernand Pouillon, architecte incontournable de ce qu’il est convenu d’appeler  la période de reconstruction, qui tomba amoureux de ce lieu. Il entreprit la restauration du château qui était en ruine, l’habita et y mourut. Il sauva Belcastel qui ne compte guère que 90 âmes, mais qui accueille de très nombreux touristes toute l’année.

De retour à notre base nous pouvons encore profiter de l’animation proposée par l’équipe du VVF, un marché où l’on peut se procurer les produits locaux et en particulier la fameuse fouasse.

La matinée suivante sera plus relaxe, puisque nous n’irons qu’à quelques kilomètres visiter un élevage d’autruches. S’il est difficile pour les profanes que nous sommes de distinguer entre nandou, autruche ou autre émeu, il est très facile de se faire happer des objets trop attractifs par ces volatils. Le propriétaire, en bon paysan nous explique que « si ça a eu payé, ça paye plus ». Mais il confectionne encore différents produits qui nous seront offerts en dégustation en fin de visite. Maison Renaissance à Cordes sur Ciel

 

 L’après midi, en route pour Cordes-sur-Ciel, encore un village d’exception, une bastide à vrai dire mais qui compte tenu de sa situation sur une sorte de piton ne se prête guère à la configuration géométrique que nous avons découvert par ailleurs. Du village moderne au pied du piton, nous empruntons un petit train qui nous conduit à la porte du bas de la bastide. De là partent deux rues qui montent jusqu’à la place du marché avec sa halle. Depuis une terrasse nous pouvons contempler les lointains du département du Tarn où nous nous trouvons. En parcourant la rue montante on mesure la richesse de Cordes par la qualité des façades des maisons de notables (maison de l’écuyer, maison du grand fauconnier…).

Puis nous avons le privilège de découvrir un musée surprenant puisqu’il s’agit du musée du sucre et du chocolat créé à l’initiative d’Yves Thuries maître chocolatier. On ne peut que s’étonner devant les chefs-d’œuvre présentés qui vont du plateau de fruits de mer à la gerbe de roses et bien d’autres sujets étonnants mais dont la durée de vie est éphémère même si le sucre subi quelques transformations « pâtissières » pour mieux le conserver. Cartes postales, photos et l’incontournable DVD de Marie Claude garderont le souvenir de ce lieu magique.

 

 

À quelques km de là, en plein vignoble de Gaillac, nous faisons une halte sympathique au château Bouscailloux où la maîtresse de céans nous Toits à Saint-Circq-Lapopieconvaincra après quelques dégustations que nous ne pouvons pas partir sans passer par le comptoir, où rouges et blancs, sec ou moelleux pour ces derniers, nous sont proposés ; et de fait, les cartons s’empileront dans le coffre du car.

La soirée se terminera par un loto où plusieurs d’entre nous, seront servis par la chance et repartiront au bercail avec une boite de pâté d’autruche ou un flacon de Gaillac sous le bras.

Le jeudi est dédié au département du Lot avec les visites de Saint-Circq-Lapopie puis de Cahors le chef-lieu.

Saint Circq est bâtie à flanc de rocher. Cette vieille cité qui surplombe le méandre du Lot est dominée par un château hélas en ruine, d’où le point de vue est remarquable. Heureusement qu’en très peu de temps, le brouillard qui noyait le village s’est levé pour faire place à un soleil resplendissant nous permettant de contempler les lointains décrits sur une table d’orientation.

La troupe s’égaye à travers les rues bordées de demeures toutes restaurées et fleuries méritant un arrêt même si l’atelier d’artisan ou d’artiste qu’elles abritent est quelquefois fermé. La consigne du guide et ses explications pour rejoindre le car font, que même les habituels retardataires sont là pour se rendre au déjeuner, en contrebas, tout près d’une plantation de noyers où certains ne résistent pas à la tentation de glaner quelques fruits.

 

Pont Valentré à Cahors

Départ pour Cahors où nous attend un petit train qui en une heure environ nous montre les monuments essentiels de la ville ; le Vieux Cahors en effet mériterait un séjour plus long, car les maisons ou monuments anciens abondent et nous ne faisons que les longer. Cette balade suscite chez bon nombre du groupe un sentiment de frustration et l’envie de revenir… Peut-être est-ce là l’objectif de cette promenade ? Le monument le plus connu de Cahors est bien sûr le pont Valentré que nous parcourons à pied d’une rive à l’autre du Lot. Ses tours élancées sont imposantes et on ne peut s’empêcher de penser au futur pont levant de Bordeaux, même si ici le tablier n’est pas mobile ; il y a fort à parier que sa construction n’a pas suscité autant de polémique et d’atermoiements que pour le franchissement de la Garonne dans la capitale girondine !

Le retour au camp de base n’est pas trop tardif car il nous faut commencer à boucler les valises puis célébrer la fin proche du séjour par un apéritif sympathique préparé par l’équipe du VVF. C’est l’occasion de remercier notre guide accompagnateur Gaël qui par des commentaires éclairés aura participé à nous faire bien connaître cette région aux multiples attraits. Suivra ensuite le menu amélioré avec des spécialités locales qui nous amènera assez tardivement dans nos chambres.

Le dernier matin nous allons dans une ferme dans le village de Monteils où notre ancien collègue Mercadier maintenant disparu fut l’édile durant de nombreuses années. Notre hôte, personnage haut en couleur et commerçant futé comme savent l’être les Aveyronnais (je pense à ceux qui ont conquis la capitale) nous parle de son élevage de canards, le seul, semble–t-il à l’entendre, qui a su conserver les traditions ancestrales. Après avoir vomi une diatribe contre les technocrates de Bruxelles, il nous emmène dans son magasin où préalablement à la vente, il nous propose un apéritif gourmand, bien apprécié avec des produits, il est vrai, délicieux. Et bien entendu devant les foies gras ou autres cous farcis, la nature faiblit une fois de plus et les emplettes vont bon train.

De retour au village, le chargement des provisions diverses (solides et liquides)  s’effectue dans le car après que les responsables aient apurés les comptes avec leVVF. Le repas est mené rapidement afin d’arriver suffisamment tôt au CESTA après toutefois le départ des cars qui conduisent le personnel. Il est environ 18h30 quand nous nous séparons après avoir récupéré nos voitures à l’intérieur du Centre (faveur appréciée que nous accorde la Direction).

 

 

 

Nedde et le Limousin - Compte-rendu de voyage (16-22/09/2012)

par Jean-Claude Chevalier

 

 

 

 

En ce mois de septembre 2012, les retraités du CEA-CESTA poursuivent leur découverte des régions françaises en se rendant en Limousin. Dimanche après-midi, notre chauffeur Florent emmène les 46 participants de Pessac vers le VVF du château de Nedde à partir duquel nos excursions rayonneront.

Le bourg de Nedde se situe quasiment au point triple des trois départements du Limousin : Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Il fait partie du Parc du Lac de Vassivière lui-même au nord ouest du plateau de Millevaches, ce « château d’eau de la France » où prennent leur source de nombreux cours d’eau dont la Vézère, la Vienne, la Corrèze et la Creuse.

chateau de Nedde côté cour

Marie-Christine, la directrice du VVF, nous accueille en fin d’après-midi et nous oriente vers nos hébergements en pavillons répartis autour duchâteau qui regroupe tous les services collectifs. 

À l’occasion du Pelou d’accueil, liqueur de châtaigne et vin blanc, elle nous présente Alain qui sera notre guide pendant notre séjour en Limousin. Ce dernier se rév èlera un érudi t passionné de l’histoire de sa région, de celle de ses habitants et de leur us et coutumes.

Le lendemain, en milieu de matinée, Alain, en nous faisant visiter le château, nous en dresse l’historique. Reconstruit sous le règne d’Henri IV à l’emplacement d’une ancienne forteresse féodale, le château présente un corps de logis principal dont la façade sud, la seule aujourd’hui restaurée,  donne sur une vaste terrasse dominant la Vienne. Il est flanqué côté nord de deux bâtiments perpendiculaires délimitant la cour.

 

 

chateau de Nedde façade sud

La façade côté cour a été remplacée par une structure délibérément contemporaine en façade rideau sur ossature métallique préservant ainsi la possibilité d’une restauration ultérieure. La propriété appartint au Marquisat Garat de Nedde depuis le 18e siècle jusqu’en 1954 date du décès tragique sans descendance  directe du dernier marquis et de son épouse.  Bien que classé monument historique en 1950, le château a été discrètement dépouillé, avant vente, de son mobilier, de ses cheminées, boiseries et tapisseries par le neveu qui en avait hérité. Laissé à l’abandon par les nouveaux propriétaires, il s’est dégradé jusqu’en 1982, date où, à l’initiative de M Leycure maire de Nedde, commencèrent les premières études de réhabilitation. Depuis la fin de celle-ci, en 1989, il remplit son actuelle vocation de centre de vacances.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le bourg de Nedde pour y visiter la seule autre curiosité locale, l’église Saint-Martin. Elle date du 13e siècle et a été classée monument historique en 1912. Elle se distingue par son toit et son clocher revêtu  de bardeaux de châtaignier. À l’intérieur,  les murs portent des litres funéraires aux armes des Garat de Nedde. la Vienne

Après le déjeuner nous entamons le premier volet de notre forum des métiers d’art, avec la visite  à Saint-Léonard de Noblat, des Porcelaines Carpenet. Cette entreprise familiale employant quatorze personnes fut fondée en 1964. Nous y découvrons les différentes étapes de la fabrication des porcelaines :

-élaboration de la barbotine à partir de kaolin, quartz et feltzpath broyés et dilués dans de l’eau ;

-moulage et séchage ;

-cuisson ;

-émaillage et nouvelle cuisson ;

-décoration par stickers ou à la main.

Nous quittons la Manufacture de Porcelaine pour le centre de Saint-Léonard de Noblat. Place du Champ de Mars trône un imposant taureau de granit rappelant que la ville est reconnue comme le berceau de la race limousine nous retrouvons notre guide local. Celui-ci nous entraine à travers la partie médiévale de la cité.

La ville doit son existence et sa notoriété à l’ermite Léonard qui, au début du 6e siècle s’établit à proximité de l’endroit où un important itinéraire joignant Bourges à Bordeaux franchissait la Vienne. Sa piété et ses miracles firent de Léonard l’un des saints les plus populaires du Limousin. Un village se créa autour de l’ermitage et devint vite un lieu de pèlerinage très fréquenté. Les évêques de Limoges firent bâtir aux 11ème  et 12ème  siècles un château et la Collégiale où fut placé le tombeau du saint. Autour fut construite une enceinte fortifiée dont on peut voir aujourd’hui de rares vestiges : porte Champmain et morceaux de rempart.

Collégiale de Saint-Léonard de NoblatEn cheminant dans la cité, nous découvrons autour de places d’anciens marchés, de superbes maisons du 13e siècle remaniées aux 17, 18 voire 19e siècles : la maison  à la tour ronde, la maison à la tour carrée et la maison des consuls sont les plus remarquables.

La collégiale Saint Léonard est le joyau d’art roman de la ville. D’emblée l’œil est attiré par le clocher-porche de style limousin. D’une hauteur de 52 m, il repose sur un porche ouvert de deux côtés garni de remarquables chapiteaux. La tour présente quatre étages de plan carré surmontés de deux étages en retrait sur un plan octogonal. De belles arcatures s’ouvrent à chaque étage et une flèche en pierre donne la touche finale à l’élégance de l’ensemble. La Rotonde du Sépulcre flanque le clocher. Elle comporte une coupole reposant sur huit colonnes autour de laquelle s’ouvrent quatre absidioles.

À l’intérieur de l’édifice proprement dit nous trouvons : nef voutée en berceau, coupoles du transept sur pendentifs, tour lanterne et vaste chœur à déambulatoire éclairé par sept chapelles rayonnantes.

Nous ne quittons pas Saint Léonard de Noblat sans évoquer des Miauletons célèbres : Louis-Joseph Gay-Lussac et …Raymond Poulidor. Felletin - Tapisserie - Le coq byzantin

Mardi matin, nous reprenons notre forum des métiers d’Art en nous rendant à Felletin, berceau de la tapisserie marchoise, longtemps rivale de sa concurrente et voisine Aubusson. Felletin abrite aussi depuis un siècle le premier lycée conçu en France entièrement consacré aux métiers du bâtiment. 

Notre première visite sera pour la filature Terrade, entreprise familiale installée depuis 1910 à Felletin. Elle emploie sept personnes. C’est une des dernières à transformer artisanalement la toison en fil. Elle est spécialisée dans le « sur mesure » et produit des petites séries. Sa production est notamment recherchée par les tapissiers.

La laine qui arrive en grosses balles passe d’abord dans un « loup-batteur » pour éliminer les pailles et poussières et séparer les fibres. Traitée  avec un mélange d’eau et d’huile, elle est ensuite cardée dans une impressionnante machine vieille de plus d’un siècle ! Les fibres  y sont étirées, démêlées, individualisées et parallélisées. Elles sont finalement tordues dans un « continu à filer » pour passer de l’état de mèche à celui de fil solide.

Les écheveaux passent ensuite dans l’atelier de teinture où s’exprime tout le talent du coloriste pour la réalisation des nuances commandées. L’eau de la Creuse par son acidité aide à la fixation des couleurs. Ceci explique l’implantation d’usines sur cette rivière depuis le 15ème siècle.

Nous suivons ensuite la laine vers un de ses lieux d’utilisation, la manufacture Pinton qui réalise des tapisseries d’Aubusson depuis 1867.

Nous visitons en premier un atelier de fabrication de tapis « tuftés-main ». Dans   cette technique américaine datant de 1950, l’opérateur travaille avec un pistolet à air comprimé sur l’envers d’une toile de polypropylène disposée verticalement. 

Nous pénétrons ensuite le plus discrètement possible dans un atelier où l’on perpétue le savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson, tapisserie de basse lisse sur un métier horizontal.

La manufacture Pinton a tissé les œuvres des plus grands artistes du 20e siècle : Picasso, Miro, Soulages, Le Corbusier…Elle se tourne maintenant vers la création contemporaine.

La maquette, œuvre de l’artiste, sert de modèle au carton qui en retranscrit, aux dimensions de la tapisserie, les formes et les couleurs. Ce dernier est glissé sous le métier pour guider le travail du lissier qui  tisse à l’envers c'est-à-dire en mode strictement inversé. Le lissier ne découvre son œuvre qu’au moment solennel de la « tombée de métier ».

Après être repassés par Nedde pour nous restaurer, nous reprenons la route de Saint-Léonard de Noblat pour y visiter le moulin du Got. Ce dernier, construit au début du 16ème siècle sur le Tard à proximité de sa confluence avec la Vienne, est le dernier témoin de l’importante activité papetière limousine au 18ème siècle. Fermé en 1954, il a été restauré et remis en état de fonctionner à partir de 1997 par l’association « Le moulin du Got » avec le soutien de la municipalité. Ouvert au public depuis 2003, ce musée vivant regroupe sur un seul et même site toutes les étapes de la fabrication d’un livre de l’élaboration du papier à l’impression. La partie papeterie fonctionne aujourd’hui avec des machines installées vers 1865 et rénovées. Une imprimerie typographique a été reconstituée dans l’ancienne partie logement du moulin. Elle présente l’activité d’un petit atelier artisanal des années 1960.

Notre troisième journée d’excursion est réservée à Limoges, capitale du Limousin et des Arts du feu.

La première visite est pour le musée des Beaux Arts, installé depuis 1912 dans le palais de l’évêché  au pied de la cathédrale Saint-Étienne. Il est l’un des plus beaux musées des Beaux Arts de province. Par chance pour nous, il vient d’être entièrement rénové. Nous parcourons successivement ses quatre grandes sections.

La galerie égyptienne est riche de près de 2000 pièces réunies par un industriel limousin A. Périchon qui vécut en Moyenne Égypte au début du 20e siècle. La collection illustre la vie quotidienne en Égypte durant l’époque pharaonique ainsi que les coutumes funéraires grâce à de remarquable modèle en bois.

Au sous-sol se trouve également un parcours de l’histoire de Limoges  dont la chronologie est rythmée par une série de maquettes retraçant son évolution depuis la  création d’Augustoritum  à l’époque gallo-romaine jusqu’au début du 20e siècle.

Musée de Limoges : émailLe fleuron du musée, sa collection de plus de 500 émaux, se trouve au premier étage. Elle permet de suivre l’évolution de la technique des ateliers limousins du 12e siècle à nos jours : émaux cloisonnés, puis émaux champlevés dont la chasse de Thomas Becket et enfin émaux peints à partir de la période Renaissance avec notamment les œuvres de Léonard Limosin. La collection s’enrichit aussi d’émaux contemporains de création française et internationale.

Au rez-de-chaussée la section Beaux Arts propose des peintures allant de la Renaissance au 20ème siècle.  Parmi celles-ci se trouvent des œuvres de Renoir et Valadon, tous deux originaires de la région.

Après le déjeuner, nous effectuons un tour de ville en petit train. Comme étapes, nous citerons l’Hôtel de Ville, les Halles, la rue de la Boucherie, et la célèbre gare des Bénédictins de style Art Nouveau. Notre terminus sera la cathédrale Saint-Étienne.

La cathédrale est l’un des rares grands monuments gothiques du sud de la Loire.  Commencée en 1273, elle ne fut achevée qu’en 1888 lorsque le clocher est rattaché à la nef. Nous en retiendrons :

- le portail Saint Jean du 16e siècle en gothique flamboyant ;

- le jubé très richement orné, de style renaissance, en calcaire de Basse Corrèze ;

- le tombeau de l’évêque Jean de Langeac , mausolée de style Renaissance ;

- la Vierge Noire, Notre Dame de la Pleine Lumière, remarquable pièce d’émail et d’orfèvrerie.

 

En sortant nous parcourons, trop rapidement hélas, les jardins de l’évêché qui se déploient sur 5 hectares. Ils contiennent un jardin à la française, un vaste jardin botanique et un espace écologique présentant les environnements naturels du Limousin. Ses terrasses étagées offrent un point de vue remarquable sur la Vienne.

Limoges - la Cour du Temple

 

 

Au cœur du quartier du Château nous pénétrons dans la Cour du Temple. Cet ancien hôtel particulier à colombages avec des galeries à arcades du 16ème siècle est un véritable joyau. Nous y visitons enfin l’église Saint Michel des Lions. Cette église-halle, sans transept ni abside, se distingue par ses vitraux du 15e siècle et son autel de pierre sculptée. Ce dernier recèle à son envers une châsse abritant les reliques de Saint Martial, l’apôtre du Limousin.

 

 

 

Lac de Vassivières

 

Pour notre quatrième journée, marquée par une bonne gelée matinale, nous nous dirigeons à travers un paysage de tourbières vers le lac de Vassivière. Rien, dans le cadre préservé de collines boisées où il s’inscrit, ne laisse soupçonner le caractère artificiel de ce lac de mille hectares. Il n’a pourtant été créé que voilà 60 ans par l’érection d’un barrage poids fermant le bassin de la Maulde.

Au fil de la croisière commentée que nous y effectuons, nous découvrons les divers aménagements qui en font le premier pôle de loisirs et de sports de la région. Le long de ses quarante cinq kilomètres de rives très découpées alternent plages, presqu’îles, criques où se sont installées centres de vacances et bases nautiques.

 

Des îles émergent du lac : la petite île aux Serpents , l’île Vauveix d’une superficie boisée de quatre hectares Lac de Vassivièreset l’île de Vassivière forte de ses quatre-vingt hectares. Cette dernière n’a pas perdu sa vocation agricole initiale. Toutefois, elle s’agrémente d’un château d’architecture néo-classique datant de 1901, d’un centre d’Art Contemporain flanqué d’un phare et d’un parc de sculptures. Accueillant des œuvres d’artistes français et étrangers, ils assurent la fonction culturelle de l’île.

Après le déjeuner, le tourisme vert cède le pas au tourisme de mémoire. Nous nous rendons à Oradour sur Glane. Là nous attend une visite commentée du Centre de Mémoire. Celui-ci rassemble documents, témoignages et photos relatifs à cet horrible massacre.

Il reste difficile de cerner les motivations des décideurs qui ont lancé d’une manière dûment  planifiée la horde sauvage de la division Das Reich sur ce paisible village. Rien ne justifiait une opération de représailles.

Pour quelles raisons les auteurs du massacre auraient-ils tenté d’effacer les traces de leur passage ou tout au moins d’en retarder la découverte si le but en avait été de déclencher la terreur dans la population limousine ? Par ailleurs justice n’a pas été rendue aux 642 victimes et à leurs familles.  En effet, par respect du politiquement correct de l’époque (ne pas blesser les alsaciens dont les Malgré-nous figuraient parmi les acteurs du massacre), les députés  en ont amnistié les auteurs des peines déjà bien légères décidées par le tribunal de Bordeaux. La visite des ruines de l’ancien village conservées en l’état nous permet de recenser les lieux où les hommes furent abattus et brûlés et d’entrer dans l’église où à leur tour femmes et enfants furent  massacrés.  

Pour notre dernier jour d’excursion en Limousin, nous retournons en Creuse pour visiter Bourganeuf. Ce bourg fut fondé à la fin du 12e siècle  par les Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. C’est à cette époque que fut construit le château primitif démoli et remplacé fin du 14e siècle par l’édifice actuel. Ce dernier se distingue essentiellement par deux tours :

- la Tour de l’Escalier qui est l’une des portes d’entrée de la mairie ;

- l’imposante Tour Lastic, tour d’angle ajoutée au château en 1439.

Notre première visite est pour la célèbre Tour Zizim. Cette imposante tour fortifiée fut édifiée par le chevalier Guy de Blanchefort pour accueillir le prince Zizim qui avait demandé la protection des Hospitaliers pour échapper aux foudres de son frère Bajazet. Le prince résida dans cette prison Château de Bourganeufdorée de 1486 à 1488. Ce bref séjour a néanmoins fortement marqué la population de Bourganeuf qui découvrit à cette occasion les raffinements de l’Orient. La tour comporte cinq étages et un galetas mâchicoulisé doté d’une remarquable charpente en bois de châtaignier.  Elle fut transformée en prison sous la révolution et désaffectée  en 1926. Sa restauration est en cours.

L’église, contemporaine du château, abrite une relique de Saint Jean-Baptiste, un os de la main. Son orgue, le plus ancien de la région, est classé au titre des Monuments Historiques.

 

De retour à Nedde, nous consacrons l’après-midi à la préparation de la soirée médiévale : cours de danse et choix des costumes.

Nous sommes conviés le soir à un repas offert en l’honneur de la reine de France par le Marquis Jean Claude de Bouliac. Ce festin est placé sous le haut patronage de l’évêque Roger de Gradignan. La sécurité alimentaire de la Reine et la nôtre en conséquence est assurée par le gouteur Michel de l’Aiguillon. Celui-ci n’hésitera à prendre tous les risques et grâce à Dieu le bourreau Pierre de Biganos n’aura pas à intervenir. Au cours de ces festivités la Reine adoubera Chevalier le « jeune » jouvenceau Jacques de Gujan-Mestras. Tout se terminera par des danses et des chansons.

Ainsi se clôtura fort agréablement notre séjour en Limousin qui, nous l’espérons, aura suscité beaucoup de vocations pour les métiers d’art.

 

 

Le groupe du banquet médiéval

 

 

 

 .

 

 

 
 

Voyage au cœur de la France

Découverte d’un peu d’Auvergne

par Charles Costa


L’Auvergne s’étend de l’Allier au nord, au Cantal au sud en passant par le Puy de Dôme et même un peu de Corrèze, ce n’est donc qu’une partie de cette belle région que nous rencontrons au cours de ce séjour à Vendes du 5 au 10 septembre 2010.

Notre camp de base, un centre VVF construit sur un ancien village minier, est situé entre Bort les Orgues et Mauriac, tout près des gorges de la Dordogne, frontière locale entre les départements du Cantal et de la Corrèze ; le Puy de Sancy, le Puy Mary et le Plomb du Cantal, trois anciens volcans importants qui ont modelé les paysage nous entourent.

Notre première visite est pour un village corrézien du 15e siècle reconstitué par un passionné de l’histoire de son pays : la Xaintrie. Ce plateau granitique est très enclavé, ce qui lui a permis de préserver une qualité de vie rurale, un patrimoine traditionnel et un environnement naturel. On a ainsi passé deux heures « comme au 15e siècle » en découvrant combien la vie était rude mais les activités gratifiantes.

Après le repas pris au VVF, notre guide nous conduit à la découverte de 3 des 92 églises romanes d’Auvergne :

Saint Martin de Jaleyrac, de style romano byzantin à nef unique date du 12e siècle. Son portail occidental avec motifs en losange et volutes est considéré comme un prototype de cette région. On a récemment découvert des peintures murales du 13e siècle dont un Saint Georges terrassant le dragon et encore un Saint Martin partageant son manteau. Une magnifique vierge sculptée est classée monument historique. Groupe devant l'église d'Ydes

Après un passage rapide à Bassignac, nous gagnons le site d’Ydes-Bourg où l’église Saint Georges présente bien des richesses, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Le porche est précédé d’une grande arcature sur laquelle on s’amuse à deviner les signes du Zodiaque. Quelques manques cependant dus à l’usure du temps ou à une démolition préventive, ne nous autorisent pas à donner à chacun le plaisir de retrouver son signe ascendant. Sur les parois, dans des niches, des sculptures de David dans la fosse aux lions et une Annonciation sont remarquablement conservées. Le portail à double battants comporte des peintures datées du 12e siècle. Le chevet est orné de multiples modillons et de colonnes aux chapiteaux et embases richement ornés. À l’intérieur, bénitier monolithe, stalles de chêne et châtaignier possédant de riches dossiers sculptés, aucune miséricorde ne manque.

L’église d’Ydes est souvent considérée, notamment par la profusion de ses sculptures extérieures, comme la plus belle du roman cantalien. Notre groupe décide donc de poser devant un tel édifice !

 

Mairie de Salers

Salers, ville qui a donné son nom à ces vaches à robe rouge et cornes en forme de lyre, à un délicieux fromage et une célèbre liqueur apéritive à la gentiane…La petite ville est connue et visitée par de très nombreux touristes qui viennent découvrir ce « plus beau village de France ». Manque de chance pour nous qui sommes obligés ce jour de parcourir la cité sous une pluie battante  protégés par des mini, voire micro-parapluies qui n’ont rien à voir avec ceux d’Auvergne que l’on vend ici. Il est vrai que ces bâtisses de pierre sombre surmontées de donjon, beffrois, tours à poivrières et les sombres poternes évoquent un passé glorieux. La place Tyssandier d’Escous dédiée au rénovateur de la race Salers est entourée de maisons Renaissance comme l’ancien baillage, la maison Flogeac, l’hôtel de la Ronade… Un peu plus à l’écart la maison Jaussein appartient à un membre de notre section ! D’une immense terrasse, on devrait sans la brume et les nuages embrasser une vue splendide sur les volcans avoisinant. Mais… Alors il fait bon se précipiter dans le restaurant où chaud et sec redonnent de l’appétit !

À quelques kilomètres de Salers, sur la route du Puy Mary, nous faisons halte dans un des derniers burons qui demeurent et évoquent l’élevage d’autrefois. C’est dans ces lieux en effet, qu’on élaborait le fameux fromage   et l’apéritif de Salers qui ressemble à s’y méprendre à la Suze dont certains raffolent « au Moulin » ; rien d’étonnant, l’une et l’autre étant élaborées avec des racines amères de gentiane.

Perdu dans les nuages, le fier Puy Mary ne se montrera pas, et même les plus alertes du groupe resteront au col du Pas de Peyrol attendant une vaine éclaircie qui leur aurait permis au prix d’une courte escalade d’apercevoir les 7 vallées qui partent du sommet. On se promet donc de revenir…par temps clair. Il faut bien dire que nous sommes sur les plus hautes montagnes depuis l’océan, qui reçoivent en moyenne 2,5 mètres d’eau par an !

Déçus, nous gagnons les basses terres et plus précisément Cheylade où là aussi, nous attend une église romane du 12e siècle. Ici l’intérieur mérite le détour. Un Christ en bois du 14e siècle, un bénitier du 15e siècle et un écusson aux armes de la famille d’Estaing dont l’un des membres s’illustra auprès de Philippe Auguste à la bataille de Bouvines (1214), passeraient presqu’inaperçus car le regard est captivé par la voûte, tapissée de 1386 caissons de bois polychrome, où fleurs, animaux, personnages, formes naïves seraient l’œuvre d’artistes italiens du 16e siècle.

 

Château de Val

Troisième jour. Notre premier objectif est le barrage de Bort-les-Orgues, où plan Vigipirate l’exigeant, il nous faut décliner nos identités. L’usine électrique, alimentée par une retenue de près de 500 millions de m3 créée par la Dordogne et la Rhue fournit 240 MW au réseau. Le lac arrive aux pieds du château de Val qui le domine de sa silhouette hardie.

Outre la fourniture d’énergie électrique, ce barrage fait partie d’un ensemble de retenues qui régularisent le cours de la Dordogne, ainsi trouve-t-on en aval les retenues de Marèges, de l’Aigle, du Chastang qui participent à ces mêmes objectifs en amont d’Argentat.

Bort-les-Orgues possède une tradition de tanneries et naturellement on y a créé un musée que nous visitons. On peut ainsi s’initier aux techniques particulières à cette industrie comme par exemple le refendage qui consiste à trancher les peaux dans l’épaisseur donnant la fleur et la croûte.

 

Le qualificatif des orgues vient d’un ensemble de roches phonolithes de forme prismatique due au refroidissement rapide d’une coulée de lave ; elles dominent la vieille ville de Bort. Spectaculaire !Le soleil est de la partie pour une traditionnelle et reposante promenade en gabarre où une charmante gabarrière nous chante le refrain : des gabarriers ! Cette activité, tuée par l’arrivée du chemin de fer, permettait sur ces embarcations à fond plat de transporter jusqu’à Bordeaux les produits d’Auvergne comme le vin (eh oui avant le Phylloxera), le bois, les cuirs, les châtaignes… La gabarre qui ne pouvait remonter le fleuve était vendue sur place comme bois de chauffage. Il en allait de même sur la rivière Allier, la Loire, le Canal de Briare, le Loing et la Seine. Les auvergnats vendaient leurs gabarres à Bercy, puis peu à peu se débrouillèrent eux-mêmes donnant ainsi naissance aux générations de cafetiers et marchands de bois et charbon, bougnats de la capitale.

 

Vierge en Majesté d'OrcivalQuatrième jour. Notre séjour nous conduit plus au nord, dans le massif du Sancy où notre première étape sera la basilique romane Notre-Dame d’Orcival, l’une des cinq « majeures » d’Auvergne. Cet édifice, bâti à flanc de montagne, présente aux fidèles son chevet d’une harmonie inégalée de par l’étagement des abside et absidioles. La façade sud où s’ouvre le portail principal nous montre accrochés au mur des boulets et chaînes, exvotos de captifs délivrés. Le portail d’origine (12e siècle) est ornementé de pentures en fer forgé, richement ouvragées et décorées. En pénétrant dans cette église, on est surpris par la hauteur qui lui confère une indéniable majesté. Le chœur lumineux, entouré de piliers élancés est impressionnant ; juste derrière le maître-autel trône la célèbre Vierge de Majesté, la seule Vierge noire recouverte de son parement d’orfèvrerie d’origine ; elle présente aux fidèles l’enfant Jésus. Elle est l’objet de nombreux pèlerinages dont le plus célèbre a lieu à l’Ascension.

Non loin d’Orcival, notre car fait halte sur un belvédère bien aménagé, face aux Roches Tuilière et Sanadoire d’origine volcanique dont les noms évoquent respectivement la carrière de lauzes et le caractère phonolithe de la roche. Le lac de Guéry est dit de barrage car il est apparu après qu’une coulée de lave ait obstrué le cheminement naturel de plusieurs ruisseaux. Poissonneux, on y pêche la truite et l’omble chevalier (pour les initiés, rien à voir avec Monsieur Fellini !). Continuant notre route, nous traversons la station du Mont-Dore d’où l’on accède au sommet du Sancy, pour arriver au restaurant où un repas typique suivi d’une majestueuse omelette norvégienne nous est servi.Remis sur pied, nous pouvons dans un musée revivre le passé de ces régions autrefois reculées en assistant à une extraordinaire présentation exploitant les plus modernes artifices multimédias, relatant la vie émouvante d’une certaine Toinette au du 18e siècle. Au-delà de l’intérêt historique, on découvre ainsi les décors évolutifs commandés par ordinateur.

Le VVF étant éloigné, il est temps de rentrer et c’est la tête et l’estomac bien remplis que nous nous assoupissons pendant le trajet de retour.

C’est effectivement le temps de parler de retour car le séjour s’achève et le Cesta sera rejoint dès demain. Rien n’étant prévu en matinée, nous improvisons une visite de la ville de Mauriac que la Direction du VVF accepte bien volontiers. Nous pénétrons donc dans cette sous-préfecture du Cantal plusieurs fois traversée lors de nos va-et-vient, pour découvrir la basilique et les vestiges du monastère Saint Pierre dont les pierres ont été réutilisées après la Révolution Française pour construire sur le même emplacement des maisons d’habitation. C’est ainsi que le parcours initiatique qui nous est proposé nous montre un assemblage hétéroclite de murs anciens en pierres sèches surmontées de briques ou de béton. Cependant, vu son extension, ce monastère a eu un rayonnement certain au cours du passé. Notre-Dame des Miracles renferme une cuve baptismale romane et une Vierge à l’oiseau (16e siècle) ; le tympan ouest est orné de sculptures représentant l’Ascension et cette fois-ci un ensemble complet des signes du Zodiaque !

C’est ainsi que se termine la découverte de cette région d’une France profonde qui regrette de ne pas être mieux considérée.

 

 

Séjour à Argelès-sur-Mer

du lundi 19 au samedi 24 septembre 2011

par Jean-Claude Chevalier

Notre  maintenant traditionnel  séjour automnal en village de vacances a réuni 42 participants.  Ils sont ponctuels à notre rendez-vous sur le parking du CESTA d’où Jérôme notre chauffeur nous emmène vers la Catalogne. La pluie accompagne ce départ mais, rassurez-vous, nous ne la retrouverons que le dernier jour. Nous arrivons en fin d’après-midi au village de vacances d’Azurèva situé sur le coteau à la sortie Sud d’Argelès-sur-Mer non loin du château de Valmy. Accueil, installation, repas et repos bien mérité après le long voyage meublent notre soirée. 

Le programme touristique concocté par Azurèva est bien fourni et dès le premier matin nous prenons la direction de l’Espagne par la route escarpée de la côte Vermeil. Nous roulons entre vignobles à flanc de coteau et bord de mer rocheux érigé en parc sous-marin protégé. Notre première étape sera la baie de Rosas aux 3000 ans d’histoire, la cité ayant été fondée par les Grecs. Un bateau à fond de verre nous y attend pour une longue promenade sur la baie pendant laquelle nous aurons tout le loisir d’admirer la flore et la faune des deux parcs naturels, marin et terrestre, du territoire de Rosas. Après le déjeuner nous visitons la forteresse de Rosas. Cet imposant édifice militaire a été construit en 1543 sur un emplacement déjà largement utilisé antérieurement. Aussi renferme-t-il un important gisement archéologique rassemblant des vestiges des différentes périodes d’occupation. 

Figueras - Musée Salvador Dali

Nous prenons ensuite la route de Figueras où nous visiterons le musée de Dali. Ce théâtre-musée qui a été conçu par Dali lui-même offre un large éventail d’œuvres : ses premières expériences artistiques, ses créations s’inscrivant dans divers mouvements ( surréalisme, futurisme, cubisme…)  et les œuvres des dernières années de sa vie. Thomas, notre guide, nous aidera avec beaucoup de compétence à les décrypter, nous permettant de mieux apprécier la technique et le génie du Maître.

À notre retour une dégustation des produits locaux nous est proposée : le muscat de Rivesaltes y remporte tous les suffrages. 

Le lendemain le directeur du Village, Michel Lagarrigue, nous guide dans Perpignan. Nous visitons en premier la cathédrale Saint Jean-Baptiste. Édifiée en presque deux siècles elle est devenue le siège de l’évêché en 1601 en remplacement de la cathédrale d’Elne. Bâtie en briques et galets de rivière, elle est un bel exemple de style gothique méridional avec sa nef unique et son plafond peint catalan.

 

Perpignan

En cheminant à travers les ruelles du vieux Perpignan aux trottoirs de marbre rose, nous découvrons successivement :

o       La casa Xanxo (1507), bâtisse en briques dotée d’une frise sculptée illustrant une mise en garde contre tous les péchés dont tout bon chrétien doit s’abstenir.

o       La Loge de Mer ou Bourse des Marchands aux gargouilles par lesquelles, au moyen d’émission de fumée, la population était informée du vote de leurs représentants.

o       Le petit Castillet, ancienne porte Notre Dame de l’enceinte de Perpignan qui abrite aujourd’hui le Musée Catalan des Arts et Traditions.

o       La place de Catalogne.

 

Nous nous rendons ensuite au Palais des Rois de Majorque. Appelé au moyen-âge Palais Royal, cet imposant Palais-Forteresse de style gothique est bâti sur la colline du Puig Del Rei   qui domine la plaine du Roussillon et la ville de Perpignan. Il comprend dans son ence Perpignan - Palais des Rois de Majorqueinte des jardins sur deux niveaux au-dessus des remparts. Cet édifice est né de la volonté de Jacques II qui désirait assurer une protection militaire de sa Cour. Commencée avant 1274, sa construction se déroula sur 35 ans et s’acheva par la consécration des Chapelles en 1309. 

La tour des deux chapelles superposées domine les appartements royaux avec lesquelles elle communique par un couloir. Une galerie permet d’accéder à la Chapelle Haute dont la façade de marbres rose, rouge, blanc et bleu s’orne d’une porte de style Mudejar.

L’alimentation en eau du château était réalisée de trois façons :

o       À partir de la nappe phréatique par un puits très profond,

o       Par des norias remontant l’eau de la Têt vers les jardins,

o       À l’aide d’une citerne située au centre de la cour d’honneur. Des travaux récents ont permis de mettre à jour le système de caniveaux assurant la récupération des eaux pluviales.

 

 

Après le déjeuner pris au Village, nous dirigeons nos pas (en réalité les roues du bus) vers la Forteresse de Salses. Cet important ouvrage militaire se situe au nord de Perpignan face à l’étang de Leucate. À cet endroit les massifs des Corbières se rapproche le plus de la côte méditerranéenne en faisant une position stratégique pour contrôler le passage vers la Catalogne.

Forteresse de Salses

Sa construction fut décidée par les Rois Catholiques Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille en 1496 après la destruction par l’armée française du village et du château de Salses. Le commandeur Ramirez, grand artilleur du Roi, et l’ingénieur Francisco Ramero Lopez réalisèrent ce chef d’œuvre d’architecture militaire en un minimum de temps entre 1497 et 1504. Avec son système de fortifications rasantes, cette forteresse fait transition entre le château fort médiéval et le bastion. Ses dimensions sont à la hauteur de l’enjeu : assurer la sécurité et un hébergement confortable à 1500 hommes et une centaine de chevaux. Ces murailles de 6 à 10 mètres d’épaisseur, essentiellement constituées de briques et mortier, sont semi-enterrées dans un fossé inondable. Le dispositif de défense est fractionné en 3 parties autonomes : la partie commune organisée autour d’une cour carrée, le réduit regroupant tous les organes vitaux de la forteresse et le donjon commandant l’ensemble et abritant le logis du Gouverneur. Ce donjon, ultime refuge, est isolé par un habile système de pont-levis et assure sa propre défense par de multiples chambres de tir disposées sous tous les angles.

 

Villefranche de Conflent

Prise et reprise au fil des campagnes franco-espagnoles, au cours desquelles on dénombrera plus de 30 000 morts sur le site, la forteresse de Salses sera définitivement rattachée avec le Roussillon au Royaume de France par le traité des Pyrénées en 1659. Moins stratégique, la forteresse perdra alors de son importance. Partiellement restaurée par Vauban, elle sera tour à tour poste de surveillance, prison puis poudrière avant d’être classée monument historique en 1886.

 Jeudi, nous remontons la vallée de la Têt en direction de la Cerdagne. Ce plateau d’environ 625 km2 dont la moitié ouest est en Espagne s’étale entre 1000 et 3000 m d’altitude. Il jouit d’un climat exceptionnel avec une moyenne  de 2800 heures  d’ensoleillement  annuel. La région a eu une histoire mouvementée qui la vit passer  des mains des comtes de Barcelone à celle des Rois de Majorque  puis d’Aragon avant la partage par le traité des Pyrénées.

Notre première étape sera la cité médiévale fortifiée de Villefranche de Conflent qui, comme le suggère son nom se situe au confluent de 3 rivières : la Têt , le Cady et la Rotja. Cette position stratégique amena le comte de Cerdagne, Guillaume Raymond, a décider de sa construction en 1092. À partir de 1095, les privilèges fiscaux attachés au statut de Villa Franca incitèrent de nombreux artisans à s’y installer. Beaucoup plus tard, des révoltes amenèrent Vauban à remanier la cité. Les remparts furent rehaussés. Une caserne, un hôpital, un bastion et des poudrières furent construites. De plus un fort dominant la ville fut édifié : le Fort Libéria qui, sous Louis XIV, servira de prison à 8 femmes de la cour condamnées comme empoisonneuses ou sorcières pratiquant la magie noire.

 

Odeillo

En cheminant nous admirons les remparts, les grandes portes en marbre rose et les ponts levis. Dans les rues Saint Jacques et Saint Jean parallèles à la Têt nous trouvons de belles demeures datant du

 

 

moyen âge et des échoppes rivalisant par l’originalité de leurs enseignes. Nous remarquons également le portail roman en marbre rose de l’église Saint  Jacques.

En route vers le four solaire d’Odeillo, nous sommes témoins des travaux réalisés par des alpinistes pour sécuriser les parois et surplombons le viaduc Séjourné qui enjambe la Têt et la nationale. La visite du site commence par l’exposition dédiée à l’énergie solaire et la vision d’un film « Le Soleil apprivoisé » réalisé par le CNRS. Enfin le four solaire, mis en service en 1970, nous est présenté. Il est, avec celui de Parkent en Ouzbékistan, l’un des deux plus grands du monde. 63 miroirs plats, les héliostats qui suivent la course du soleil, réfléchissent les rayons lumineux sur une parabole composée de 9130 glaces courbes. De là ils convergent au sommet d’une tour centrale sur une cible circulaire de 40 cm de diamètre. Le four concentre l’énergie lumineuse et permet d’atteindre des températures de 3000° C.

Mont-Louis

 

Après le repas pris au village d’Azurèva-Égat, nous effectuons en guise de promenade digestive, la montée du Chemin de Croix menant au Calvaire de Font-Romeu. De ce point haut, nous disposons d’une vision à 360° sur l’ensemble de la région et de ses divers sommets.

Nous accédons ensuite à Mont-Louis la ville fortifiée la plus haute de France (1600m d’altitude).  Cette place forte fut conçue par Vauban en 1679 pour répondre à la demande de Louis XIV de sécuriser ce territoire nouvellement annexé. L’emplacement fut choisi car naturellement défendu d’un côté par un aplomb. La ville fortifiée constitue une première défense pour la citadelle qui la domine. Cette dernière qui a toujours répondu à sa vocation militaire sert aujourd’hui de siège au Centre National d’Entrainement Commando.

Après la visite nous descendons à la gare de La Cabadasse pour prendre le petit train jaune, aujourd’hui centenaire, dont la création a fortement contribuée au désenclavement de la Cerdagne. Venant de Latour de Carol , il nous ramènera  en un peu plus d’heure à Villefranche de Conflent par un tracé touristique dominant la vallée de la Têt. La ligne compte deux viaducs classés et 19 tunnels dont le plus long fait 380 m. 

Petit train jaune

 

 

Vendredi matin, nous empruntons successivement les vallées de l’Agly et de l’Aude pour nous rendre à Carcassonne. Nous délaisserons la bastide

 

Saint Louis, fondée en 1247 sur la rive gauche de l’Aude, pour nous consacrer à la visite de la cité.  Celle-ci, dont les origines remontent à la période gallo-romaine, est un ensemble architectural médiéval fortifié. La cité fut sauvée de la destruction puis restaurée au XIX siècle, de manière parfois controversée, sous la direction de Viollet-le-Duc. Nous commençons par effectuer en petit train un tour du rempart extérieur de près de 3 km de long. Celui-ci constitue une première protection pour le rempart intérieur dont il est séparé par un espace découvert : les lices.

 

 

Carcassonne

Nous pénétrons dans la cité par la Porte Narbonnaise ornée du buste de Dame Carcas. Cette dernière, rusée Sarrasine, parvint  à convaincre Charlemagne d’abandonner un siège engagé depuis cinq ans. Elle fit alors sonner les cloches de la cité à toute volée, ce qui fit dire Carcas sonne.

Notre parcours dans les rues agrémentées d’échoppes chatoyantes nous conduit à la basilique des Saints Nazaire et Celses construite sur l’emplacement d’une église wisigothe du VIe siècle. Elle a été commencée au XIe siècle, plusieurs fois remaniée, et in fine restaurée par Viollet-le-Duc. Nous avons le plaisir d’y entendre des chants russes interprétés par le Chœur Doros en admirant vitraux et rosaces.

Nous nous rendons ensuite à la brasserie Le Donjon pour y déguster un cassoulet  qui sera incontestablement le temps fort gastronomique de notre séjour. Après le repas nous nous rapprochons du château comtal puis, à la Porte de Rodez, nous empruntons les lices pour ressortir à la Porte Narbonnaise. 

Abbaye de Fontfroide

 

Nous reprenons la route pour nous rendre à l’abbaye Sainte Marie de Fontfroide, nichée discrètement au creux d’un vallon des Corbières à

quelques kilomètres de Narbonne. Fondée au XIème siècle, l’abbaye fut d’abord bénédictine puis adopta la règle cistercienne au XIIème siècle. L’essentiel de ses bâtiments fut édifié au XIIème et XIIème siècle, période où elle connue une grande prospérité.

Le sauvetage  de l’abbaye fut le fruit d’une initiative privée. Abandonnée par les moines en 1901, Gustave Fayet, peintre, grand collectionneur et mécène l’achète avec son épouse Madeleine d’Andoque en 1908. Ils entreprennent alors de gigantesques travaux.

L’ensemble architectural est impressionnant. Il comprend :

- la cour d’honneur avec la porte d’entrée principale, admirable construction d’architecture romane ;

- la très grande Cour de Travail encadré par les bâtiments de vie et de travail des convers ;

- le domaine des moines avec le Cloître et la Salle Capitulaire ;

- l’abbatiale ;

- le cimetière et les jardins.

Groupe à l'abbaye de Fontfroide

 

L’abbatiale, joyaux architectural, respecte le plan basilical traditionnel en forme de croix latine. Elle impressionne par ses dimensions et sa sobriété. La nef, rythmée par cinq travées, élève jusqu’à vingt mètres sa voûte en berceau brisé. Elle est contrebutée par deux collatéraux dont la voûte en demi-berceau monte à quatorze mètres. Les trois travées du transept sont couvertes d’une voûte d’ogive au profil torique. Les verrières cisterciennes, grises à l’origine, ayant disparu, les Fayet ont adopté le parti de faire chanter la couleur. Avec leur ami René Billa, ils installèrent l’ensemble des vitraux. Enfin, autre particularité de l’abbatiale, sa remarquable acoustique que notre chantre préféré nous a permis d’apprécier par son interprétation de l’Ave Maria de Gounod.

La pluie, funeste présage d’une défaite (premier match France-All blacks), vient gâcher la matinée de notre dernier jour en Catalogne. C’est donc sous un ciel bouché que nous entreprenons avec le petit train de Collioure l’ascension des coteaux. Nous aurons néanmoins une belle vue en surplomb de la côte entre Collioure et Port-Vendres.  

 

Après un dernier repas au village Azurèva nous reprenons la direction du CESTA où nous parviendrons avec un peu de retard, la bande de roulement d’un pneumatique arrière droit de notre bus ayant décidé de retrouver son autonomie.  Ainsi se termina un voyage riche en découvertes de paysages et d’histoire.

 

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