bandeau 3

FLASH INFOS

   re-affichage page d'accueil icone retour page precedente5

Quelle bizarrerie dans nos jugements

Nous exigeons qu'on s'occupe utilement

Et nous méprisons les hommes utiles.

                   Diderot - L'encyclopédie

Les Arts et Métiers

20020201 arts et metiers img1

par Bernard Bazelaire [Ch 56]

Qu'y a-t-il de commun entre François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld Liancourt (1747-1827), pair de France, et Henri Grégoire (1750-1831), curé de la petite paroisse d'Emberménil en Lorraine ? Qu'ont ils de commun, ces deux personnages dissemblables, avec les Arts et Métiers.

Les arts ou les métiers ou les arts et les métiers ou les arts et métiers ?

Commençons par le commencement. Arts et Métiers. Que signifie cette expression ? D'où vient-elle ? La réponse à ces questions est difficile selon que chacun des termes est pris au singulier ou au pluriel, selon que l'expression est prise dans son ensemble ou selon la période historique considérée. En premier lieu, l'art est un concept totalement abstrait qui n'aurait pas d'existence s'il ne s'incarnait dans les formes prises par les arts. Dans l'antiquité gréco-romaine, on opposait aux arts libéraux - ceux qu'un homme libre pouvait exercer sans déchoir (la grammaire, la rhétorique et toutes activités où n'interviennent ni la main, ni des matériaux quelconques) - les arts mécaniques ou arts manuels réservés aux esclaves. Si au Moyen Âge il ne semble pas y avoir de distinction entre artiste et artisan, à partir de la Renaissance s'opère graduellement un clivage entre le produit de la créativité qui est l'œuvre de l'artiste, et celui de la main qui est l'œuvre de l'artisan. Les notions d'arts et de métiers s'éloignent ; les artistes s'adonnent aux arts, les artisans exercent des métiers. Les uns sont considérés comme un luxe plus ou moins princier, les autre restent une nécessité et se bornent à la production des choses indispensables de la vie. Forte évolution des idées avec Diderot et d'Alembert qui croient au développement de la science et des techniques et cherchent à reconstituer l'antique union de la tête et des mains. Diffusée en 1751, l'Encyclopédie ou Di20020201 arts et metiers abbe gregoire img2Abbé Grégoirectionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers accorde une grande place aux arts mécaniques en les présentant sous le point de vue philosophique de l'efficacité. L'activité de l'homme ne se situe plus dans la dynamique d'une recherche spirituelle, mais d'une recherche de la puissance par un homme qui est son propre dieu.

L'abbé Grégoire et le Conservatoire des Arts et Métiers

Étonnant personnage que cet abbé Henri Grégoire, député aux États-Généraux puis à la Convention, évêque, sénateur, membre de l'Institut, tout à la fois républicain et homme d'église convaincu. Il aura passé sa vie dans un combat constant en faveur de toutes les minorités. Obsédé par le besoin d'améliorer en France l'agriculture et l'industrie, il se bat pour le développement de la science et celui de l'enseignement technique conçus comme instruments de savoirs utiles. C'est à ce titre que celui que l'on a appelé le Carnot de l'instruction Publique propose en 1794 la création du Conservatoire des Arts et Métiers avec pour mission pédagogique de "perfectionner l'industrie nationale, valoriser les arts mécaniques, enseigner à tous et éclairer l'ignorance". Son idée obsédante de "professions utiles" est de créer un dépôt de machines, outils et inventions destinées à être montrés aux artisans/artistes pour stimuler leur curiosité et les conduire à les adopter ou les adapter. Le Conservatoire est effectivement créé par décret le 13 vendémiaire an III (10 octobre 1794) à partir notamment de la collection des machines de Vaucanson et des tours et outils de Louis XVI. Le Conservatoire s'installe en 1798 à Paris dans les bâtiments de l'ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs. Le musée du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers, tel est son nom actuel) s'y trouve toujours et, après une très importante et récente opération de rénovation qui aura duré une dizaine d'années, propose aux amoureux des techniques l'une des plus plus riches collections du monde réparties en sept domaines : instruments scientifiques, matériaux, construction, communication, énergie, mécanique et transports. En 1819 les compétences du Conservatoire sont élargies. Le dépôt des machines exposées pour instruire devient le lieu d'un enseignement technique et industriel supérieur. L'ordonnance royale de Louis XVIII précise : "il [y] sera établi un enseignement public et gratuit pour l'application des sciences aux arts industriels. Cet enseignement se composera de trois cours : un cours de mécanique et un cours de chimie appliquée aux arts, un cours d'économie industrielle...". Depuis lors le Conservatoire n'aura de cesse de se développer : si les cours, dans les premiers temps, se contentaient d'être gratuits et ouverts à tous, ils sont désormais sanctionnés par examens et diplômes, favorisant ainsi la promotion sociale de dizaine de milliers d'élèves chaque année. En 1922, le diplôme d'ingénieur CNAM est créé par décision ministérielle : deux diplômes sont décernés en 1925, 275 en 1969, 1100 en 2000... Par ailleurs, le savoir dispensé par le CNAM se décentralise vers la province avec la création des centres régionaux favorisés par la loi de décentralisation de 1982 : le centre de Lille est créé en 1952, celui de Bordeaux en 1957. Le réseau actuel s'étend à 53 centres.

Le duc de La Rochefoucauld Liancourt et la naissance de l'École des Arts et Métiers

20020201 arts et metiers img3Duc de la Rochefoucauld-Liancourt
Le moment est venu d'évoquer la figure du duc François Alexandre Dominique de La Rochefoucauld. Celui -ci, esprit philanthrope et ouvert aux idées nouvelles, avait une grande passion : contribuer au développement industriel et social de la France, facteur indissociable selon lui de la prospérité nationale. Dans cet esprit, et après plusieurs voyages en Angleterre, il crée dès 1775, sur son domaine, plusieurs fabriques et manufactures (tuileries, briqueterie, filatures) et en 1780 l'école de Liancourt, dans l'Oise, école destinée à former ouvriers et contremaîtres qualifiés. Les élèves sont pour la plupart des orphelins ou des enfants de soldats de son régiment. Cette école constitue le germe de l'enseignement technique en France et c'est le grand mérite du duc de concevoir et mettre en pratique, à l'instar du mouvement du compagnonnage, cette idée-force :  la dualité de l'enseignement théorique et de l'enseignement manuel. Á la suite des bouleversements de la Révolution, le duc émigre et Napoléon fait transférer l'école de Liancourt à Compiègne en 1800 sous le nom de Prytanée Français. En 1803, changement d'appellation : elle prend alors le nom d'école des Arts et Métiers. Sa mission : former des "sous-officiers pour l'industrie". En 1806 l'école est transférée à Châlons-sur-Marne (elle s'y trouve encore et bien vivante...). Dans l'environnement napoléonien, la discipline ne pouvait y être que militaire, uniforme compris, lequel subsiste de nos jours, 200 ans plus tard, bien que les Arts et Métiers n'aient plus aucun lien avec le monde militaire. Le duc rentre en France en 1801 et est nommé Inspecteur Général des Écoles des Arts et Métiers, fonction qu'il exerce jusqu'en 1823 avec beaucoup de sollicitude pour "ses" élèves, lesquels le vénéraient. Depuis ce temps, la personne du duc et le nom de La Rochefoucauld sont considérés par les gadzarts avec le plus profond respect.

La croissance de l'École des Arts et Métiers

20020201 arts et metiers img04La naissance balbutiante en France, dans la première moitié du 19e siècle, d'une activité industrielle allait conduire les autorités du commerce et de l'industrie à développer le dispositif spécifique d'enseignement Arts et Métiers en créant les Écoles d'Angers en 1815 et Aix et Provence en 1843. Il apparaissait en effet, à l'expérience, que les caractéristiques du gadzarts, nom familier donné depuis cette époque au produit sortant de ces écoles, correspondait aux exigences de l'Industrie et des patrons d'alors. Quelles étaient donc ces caractéristiques si appréciées ? Les unes se rapportent aux compétences techniques, les autres au comportement. L'originalité de l'enseignement étant d'associer étroitement les disciplines théoriques et les applications pratiques, le gadzarts se révèle très rapidement utilisable sur le terrain sous forme d'ouvrier qualifié ou de contremaître ou, après quelques années d'expérience - pourquoi pas ? - de chef de fabrication. Par ailleurs, l'origine sociale en général très modeste du gadzarts et les idées philanthropiques de La Rochefoucauld cherchant à promouvoir chez les élèves un enseignement mutuel dans lequel les anciens servent de mentors aux plus jeunes, permettent aux élèves sortant de l'École de se retrouver de plain pied et sans distance sociale avec les ouvriers des fabriques. Il faut dire que le mode de vie collective menée à l'École, dans un cadre disciplinaire particulièrement strict, contribue à ce que soit mis en œuvre par les élèves eux-mêmes tout un arsenal de méthodes - éventuellement de châtiments - pourdévelopper, même chez le plus rétif, un fort esprit de solidarité. Cet arsenal de méthodes - ce sont pour les gadzarts leurs Traditions

 - est apparu, principalement à l'époque de la Restauration (donc dans les Écoles de Châlons et d'Angers), comme l'expression d'un mode de vie, voire de survie, pour des élèves considérés comme de la graine de républicains qu'il ne fallait pas hésiter à châtier si nécessaire. D'où l'apparition d'un langage codé (l'argot gadzarts), de surnoms, d'un habillement identique (la blouse grise) et de quantité d'autres subterfuges destinés à empêcher l'administration de repérer et identifier dans la masse des élèves d'éventuels perturbateurs. La loi du silence, quelle que soit la sanction encourue par l'élève interrogé, est totale. L'innocent ne doit pas désigner le coupable pour se disculper et le coupable ne doit pas se dénoncer pour innocenter un non fautif accusé à tort. Pour mieux assurer cette loi du silence, les élèves constituent leur propre justice et leur propre police (la Bande Noire) dont les expéditions exclusivement nocturnes s'exercent en direction des locaux de l'administration ou, à titre de punition, à l'encontre d'élèves récalcitrants. Dans le même esprit, les élèves entrant en 1ère année sont invités par leurs anciens à suivre attentivement un ensemble de procédures codifiées en vue de développer la connaissance réciproque des uns et des autres et constituer à terme à une promotion soudée. Inutile de préciser que certaines méthodes ne correspondent plus tout à fait aux mentalités actuelles où il n'est plus question d'utiliser de méthodes considérées comme attentatoires à la dignité de la personne humaine. Il faut donc constamment trouver des adaptations...

L'évolution de l'École des Arts et Métiers

Cela étant, la France commence à s'industrialiser massivement à partir de 1850 : mines, sidérurgie, construction métallique, textiles, chemin de fer... Les besoins en personnels techniques s'accroissent. Les gadzarts continuent à satisfaire aux exigences des industriels. Ils ne rechignent pas au travail, ils ont les pieds sur terre, et l'esprit concret. Ils sont à l'aise dans à peu près tous les domaines de l'activité industrielle (leur formation est véritablement polytechnicienne...). Ils vivent, travaillent et dialoguent naturellement avec le monde ouvrier dont la plupart sont issus. On ouvre donc de nouvelles écoles d'Arts et Métiers : Cluny en 1891, Lille en 1900, Paris en 1912, Bordeaux en 1963 et finalement (mais est-ce vraiment fini ?) Metz en 1997. En 1907, de la formation d'ouvriers et de contremaîtres pour l'industrie qu'elles étaient au départ, la vocation des écoles d'Arts et Métiers évolue : elles deviennent écoles d'ingénieurs. En 1963 les différentes écoles constituent l'École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers (ENSAM), établissement public placé sous la tutelle du Ministère de l'Éducation Nationale avec une direction générale unique, sept centres d'enseignement et de recherche en province (1ère et 2ème année) et un centre d'enseignement et de recherche à Paris (3ème année). Elle forme par an environ 1000 ingénieurs généralistes dans les domaines du génie mécanique et du génie industriel. L'admission à l'ENSAM se fait principalement sur les concours portant sur les programmes des classes préparatoires PT, PSI, TSI, MP et PC. La petite école de Liancourt d'origine est destinée à former quelques 20 à 25 ouvriers et contremaîtres qualifiés par an s'est donc développée en niveau et en taille de façon considérable. En raison de sa longue histoire parsemée de difficultés et de luttes, l'école des Arts et Métiers a contribué à former une image forte du gadzarts, tant sur les plans compétence technique que mentalité et comportement. Qu'en est-il en 2001 où, en France, plus de 200 écoles forment annuellement quelques 25 000 ingénieurs ? Chiffre à comparer aux 75 000 gadzarts formés entre 1780 et 2001. La féminisation à l'ENSAM date de 1964 et se développe depuis avec constance et modération. L'effectif des jeunes filles dans les promotions actuelles est de l'ordre de 10%. Á ce sujet, l'actualité nous apprend, via un décret du Président de la République du 22 juin 2001, la nomination pour la première fois dans l'histoire des Arts et Métiers d'une femme, Marie Régnier, à la tête de l'ENSAM. Cette femme gadzarts de 45 ans, enseignante, agrégée de mécanique et docteur de l'Université de Paris VI, est originaire du Centre ENSAM de Bordeaux. Elle a été notamment détachée pendant deux ans au centre CEA du Ripault.

Et Polytechnique ? Et l'École Centrale ?

Ces deux écoles créées sensiblement à la même époque (Polytechnique en 1794, l'École Centrale des Arts et Manufactures en 1829) ont été, avec les Arts et Métiers, à la base de l'industrialisation de la France, chacune dans son genre et malgré un grand fossé social avec en bas les Arts et Métiers et au sommet Polytechnique. Placée sous la tutelle du Ministère de la Guerre, Polytechnique recrutait les esprits les plus scientifiques de la bourgeoisie et les formait pour la plus haute fonction publique à travers un enseignement qui évitait soigneusement tout ce qui ressemblait à une formation technique. Une fois admis dans un grand corps de l'État, le polytechnicien n'avait plus de compétition à affronter et pouvait donc avoir un style de vie voisin de de celui d'un rentier éclairé. Centrale, école privée née de l'initiative d'un petit groupe d'industriels et de savants de premier plan, visait à former des ingénieurs de haut niveau en s'adressant avant tout aux enfants de la bourgeoisie industrielle. Centraliens et gadzarts travaillaient dans les mêmes secteurs industriels à la différence toutefois que les centraliens se situaient le plus souvent aux postes de commandement alors que les gadzarts occupaient des postes de production. Si de nos jours les polytechniciens ont toujours la faculté d'évoluer dans les grands corps de l'État, les écarts sociaux entre les trois familles d'ingénieurs se sont sensiblement réduits.

Le réseau des Écoles d'Arts et Métiers de statut privé

Appartiennent à ce réseau, l'ECAM (École Catholique des Arts et Métiers) de Lyon et les ICAM (Institut Catholique des Arts et Métiers) de Lille, Nantes et Toulouse. Á partir de 1860, les Frères des Écoles Chrétiennes - congrégation enseignante - développent dans leurs écoles professionnelles des sections industrielles préparatoires aux Écoles d'Arts et Métiers. En 1900 ils ouvrent à Reims, soutenus par les industriels de la région, l'École Catholique d'Arts et Métiers proposant un programme d'enseignement technique supérieur et scientifique. Le bombardement de Reims en septembre 1914 détruit complètement l'école. Après un temps d'association avec une école similaire belge entre les deux guerres, l'ECAM se replie à Lyon et s'y fixe définitivement en 1946. Elle forme annuellement une centaine d'ingénieurs généralistes.

L'Estampille Arts et Métiers

Le dispositif Arts et Métiers au sens large s'est donc, en 200 ans, considérablement amplifié et diversifié. Il présente, malgré cette diversification, un certain nombre de points communs :20020201 arts et metiers img05 origine liée à l'apparition et au développement des sciences et des techniques, prise de conscience que ce développement contribue radicalement au progrès humain, mise sur pied d'un ensemble de méthodes pédagogiques originales où concourent théorie et pratique, conviction que la technologie fait désormais partie de la culture humaniste, forte contribution des techniciens et ingénieurs estampillés Arts et Métiers au développement de tous les secteurs industriels du pays - nucléaire compris, évidemment - et, pour finir, son important rôle de promotion sociale. Une lacune toutefois : l'absence d'enseignement artistique aux Arts et Métiers...

Arts et Métiers, CEA et Cesta20020201 arts et metiers img05Les gadzarts de la DAM en Visite au Cesta

Pour fixer les idées, au moins quantitativement, il faut savoir que sur une population de 17 000 personnes, dont 7 000 cadres, le CEA compte quelques 230 ingénieurs Arts et Métiers. Le Cesta aura vu passer, depuis sa création en 1965 - outre le signataire de ces lignes - Maurice Guez [Li 28], Jean Hausdorff [Pa 39], Georges Dastugue  [Ai 46], Michel Guillemet  [An 54], Thomas Desabaye  [Ai 36 ], Charles Vieille [Cl 47], Louis Demus [Cl 57], Bernard Buffenoir [Cl 58]. Quelques 15 gadzarts participent actuellement à la bonne marche du CEA/Cesta. L'un d'entre eux, Serge Durand [Bo 71] n'a-t-il pas récemment eu les honneurs de  la presse en raison de sa nomination aux fonctions de directeur du CEA/Cesta ?

Allons, allons, les Arts ne sont pas morts... 

 

 

Remerciements

Je remercie les personnes suivantes qui m'ont fort aimablement communiqué de très utiles et intéressants renseignements : Véronique Troger de CEA/DRH/RS, Céline Rorato et Isabelle Taillebourg du Conservatoire National des Arts et Métiers et du Musée des Arts et Métiers, Blanche Patanchon de l'ENSAM de Bordeaux, Michèle Six de l'Institut Catholique des Arts et Métiers de Lille, Anne-Marie Patard de l'École des Arts et Métiers de Lyon, Dominique Cauvé du Musée de l'Outil et de la Pensée Ouvrière de Troyes, Nathalie Béghin de l'Association Ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France.

Bibliographie

 - J. D. de La Rochefoucauld Liancourt, Le duc de La Rochefoucauld Liancourt, Perrin (1980)

- Le Livre d'Or du Bicentenaire Gadzarts, Société des Ingénieurs Arts et Métiers (1980)

 - Charles Day, Les É cole des Arts et Métiers, Belin (1991)

 - Jacqueline Martin-Bagnaudez, Les arts, Desclée de Brouwer (2000)

 

L'aventure des essais en vol

synthèse par Bernard Miltenberger

 

L’essentiel des informations ici citées sont extraites de la revue « Les Missiles Balistiques, Champ de Tir et Essais en vol » éditée par l'Ingénieur Général de l'Armement Dominique Chevallier (2004), transmise par Pierre de Riedmatten. La synthèse a été réalisée par Bernard Miltenberger

La plupart d’entre nous connait l’aventure des essais nucléaires, depuis les premiers champs de tirs du Sahara, jusqu’à la dernière campagne de tirs du Centre d’Expérimentation du Pacifique, mais combien savent que dans le même temps se déroulait chez nos partenaires missiliers une aventure similaire de création des champs de tirs des vecteurs, de conception et mise au point des dispositifs de mesures en vol, avec ce même enthousiasme technique général qui a caractérisé tous les acteurs de la constitution de la Force de Frappe Nationale.

Les débuts au Sahara

Cependant que se préparaient à Reggane (600 km au sud de Colomb Béchar) puis à In Ecker les premiers tirs nucléaires (aériens d’abord, puis en galerie), s’installaient à Hammaguir les bases de lancement et d’expérimentation des futurs vecteurs de la FNS.

Existait déjà depuis 1948 le Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux (CIEES), un polygone depuis lequel pourraient être lancés des engins spéciaux, qu'ils soient du type Sol-Air, Air-Sol, Sol-Sol, Air-Air, etc., et effectuées au sol, les mesures indispensables à la mise au point de ces engins. La présence d'une petite oasis et d'une base aérienne rendaient possible la vie du personnel, une bonne piste et deux voies ferrées, dont une à écartement normal, reliaient le Centre à la Côte (700 km au nord).

L'installation d’un champ de tir destiné aux longues portées s'imposant par les besoins de la constitution de la force de dissuasion, on installa en 1951-1952 la base B-2 Hammaguir, nom créé pour la circonstance (contraction de Hamada du Guir), située à 120 km au sud-ouest de Colomb-Béchar, sur un plateau. Hammaguir présentait des dégagements importants. En effet, la Hamada s'étendant sur 200 km environ vers le Sud-ouest, on pouvait prévoir un réceptacle à cette distance au Sud-est et d'autres réceptacles à 500, 1000, 1 500, voire même 3000 km pouvaient être envisagés en raison de l'étendue désertique.

C’est en 1959, avec la création de la SEREB (qui deviendra Aerospatiale) et le lancement des études préliminaires en vue du programme d’ Études Balistiques de Base (EBB) qu’est décidé la création du Champ de Tir du Sahara à partir du CIEES, en utilisant la base d’Hammaguir, complétée par divers moyens de flanquement et des réceptacles secondaires.

Le choix de ce champ de tir en zone désertique se révèle vite particulièrement adapté aux tirs d’engins balistiques. Il dispose de grandes marges de sécurité et l’on n’a pratiquement pas à se préoccuper des questions de sauvegarde. Par ailleurs les étages propulsifs, les têtes de mesures et les ogives peuvent être récupérées sur le terrain, ce qui permet de les expertiser et comprendre les incidents qui ne manquent pas de se produire dans cette période de maturations techniques.

Pleinement opérationnel jusqu’en 1967, le Champ de Tir du Sahara a vu le succès de la cinquantaine de tirs du programme EBB, a réalisé le lancement du premier satellite français (Astérix 39kg) par la fusée Diamant le 26 novembre 1965, mais il a aussi vécu les échecs (certains de façon spectaculaire) des deux premiers tirs SSBS en octobre et novembre 1965 ainsi que des deux premiers tirs MSBS en mai juin 1966.

Comme pour les essais nucléaires, au début de 1962, lorsque furent négociés les Accords d’Evian mettant fin au conflit algérien, se posa le problème du remplacement du CIEES. Les installations devaient être évacuées pour la mi-1967, et il fallait assurer la continuité des essais en vol des missiles balistiques.

Le 4 juillet 1962 Pierre Messmer, ministre des Armées signe la décision créant le CEL : « Dans les massifs forestiers de Biscarrosse et de Sainte Eulalie sera installé le Centre d’Essais des Landes… ».

Le Centre d’Essais des Landes 20100402 essais vol img1Nos anciens sur la base de Florès aux Açores

Le CEL (Centre d'Essais des Landes), dont le premier tir aura lieu en février 1966, devait permettre de tester à la fois des engins tactiques, des missiles tactiques nucléaires (300 km de portée) et des missiles stratégiques (3000 km de portée). 

On choisit alors de séparer les activités militaires et civiles, ce qui conduisit à créer la base spatiale de Kourou en Guyane.

Les moyens d’essais nécessaires sont rapatriés du CIEES ou lancés en fabrication. La SEREB réalise la Base de lancements balistiques (BLB) pour la préparation et le tir des missiles SSBS et MSBS tirés de terre. Les tirs de missiles SSBS seront réalisés depuis le silo multicoups de la Base Pré-Opérationnelle (BPO) en direction de l'Atlantique. Ces tirs permettront d'asseoir et démontrer la crédibilité de la force de frappe, de valider les performances du missile et de valider les procédures de mises en œuvre et d'utilisation au sol.

20100402 essais vol img2Le BEM Monge, successeur du Henri Poincaré D'autres installations terrestres viennent compléter celles de l'établissement principal de Biscarosse. Du fait de l’atténuation des ondes radioélectriques par la flamme du missile et des risques de perte de trajectographie qui en découlent, une station de flanquement est créée à Hourtin, à 100 km au nord, pour prendre le relais des moyens de Biscarosse après quelques dizaines de secondes de vol propulsé. Une station dite de grand flanquement est créée en Bretagne, près de Quimper, pour les tirs du missile M4 (sous-marin)  pour lesquels la station de Hourtin est insuffisante. (La station de Quimper rendait en outre possibles les tirs à très longue portée à partir de sous-marins en plongée à proximité des côtes bretonnes). Une station annexe, implantée dans l'île portugaise de Florès, dans les Açores, a pour fonction principale la trajectographie des objets en phase balistique.

Des moyens navals et aériens viennent compléter le dispositif. Situés au réceptacle – zone de retombée des principaux objets de la charge utile du missile – ils auront pour mission de recueillir les mesures relatives aux divers objets durant les soixante secondes qui s'écoulent entre la rentrée dans l’atmosphère et les impacts en mer. Le bâtiment Henri Poincaré, équipé de radars de trajectographie, d'antennes de réception des télémesures et de moyens optiques, constituera le principal moyen naval, remplacé en 1992 par le Monge, encore mieux équipé et qui conduira à une simplification du dispositif aérien et naval et à la fermeture l'année suivante de la station de Florès. Avec les avions AMOR et les avions de patrouille maritime, l’ensemble de ce dispositif constituera le Champ de Tir de l’Atlantique.

En parallèle à la même époque la DAM transportait ses moyens d’essais dans le Pacifique, pour un premier tir programmé en juillet 1966.

Si les essais de missiles tactiques commencent au CEL dès mars 1964, le premier prototype d'IRBM (S112 mono-étage) n'est lancé que le 15 février 1966, c'est un échec, la tuyère est perdue en vol.

On se souvient que ce jour là le poste de commandement du champ de tir n’était pas encore disponible et qu’un PC provisoire et exigu avait été mis en œuvre, dont les fenêtres avaient été laissées ouvertes pour permettre à un certain nombre de visiteurs de suivre la chronologie du tir depuis l’extérieur. Il gèle très fort ce matin là. De belles photos sont faites, jusqu’au moment où l’engin, à quelques centaines de mètres d’altitude, quitte sa trajectoire et … rejoint le rond de condensation créé par l’onde de choc supersonique en fond de silo à l’allumage du propulseur ! L’engin retombe à la mer et pourra être récupéré sur le fond. Malgré la perte par le missile d’une tuyère après seulement 40 secondes de vol, ce premier tir permit de valider la sortie de silo du missile et de qualifier le dispositif d’essais. Le tir suivant sera nominal, par contre le tir du 30 juin sera de triste mémoire : sans qu’aucune anomalie ait été détectée, le propulseur explose à la 13eme seconde, provoquant l’incendie le plus grave de toute l’histoire du CEL.

20100402 essais vol img3Tir du Missile M51 depuis le CEL

20100402 essais vol img4

Tir SSBS

L’ensemble des versions balistiques S1, S2 et S3 poseront de multiples problèmes aux expérimentateurs du CEL permettant notamment de mettre à jour les effets du vieillissement des blocs de poudre et la nécessité de mise en place de stratégies de maintenance adaptées. C’est le tir S3E 11 (Cobra) qui le 3 novembre 1993 mettra fort brillamment le point final à l’activité des programmes stratégiques sol-sol du champ de tir (deux ans plus tard le démantèlement du système S3 est décidé, la fin d’alerte du système intervenant en septembre 1996).

Ce n’est qu’à la fin des années 1970 que le CESTA interviendra de façon importante dans la préparation des essais en vol. La DAM avait alors reçu la responsabilité technique de l’ensemble de la tête nucléaire, avec le démarrage du programme M4.

Certains se souviendront des premiers tirs d’études pré-M4, les fameux EBE (Etudes de Base d’Espacement) qui avaient pour objet la validation en vol des techniques d’espacement des têtes, suivis des EBR (Etudes de Base de Rentrée) dont le but était d’étudier en vol le phénomène d’ablation des matériaux constitutifs des corps de rentrée, ainsi que le comportement thermique et la mécanique de vol de ce qui allait devenir la TN70. Les missiles utilisés étaient alors des vecteurs M20, retirés du service opérationnel, et équipés d’une partie haute préfigurant la future partie haute M4. Les deux premiers essais EBE ne purent être exploités en raison du manque de fiabilité de la centrale inertielle du vecteur, mais le troisième essai EBE ainsi que deux essais EBR furent effectués avec succès.

Les essais en vol suivants se feront avec le missile M4 complet.

 
20100402 essais vol img5

Le CEL (vue aérienne)

20100402 essais vol img6

Une délégation du Cesta sur le BEM Henri Poincaré

Une première série est effectuée de fin 1980 à mi 1982 depuis la base de surface du CEL, et dés que le Gymnote (sous marin d’essais dont il a fallu refondre les installations en version M4) est disponible, une seconde série d’essais prend la relève.

Les tirs M4 se distinguent notamment par le plus grand poids attaché aux mesures faites par les moyens de mesures du Henri Poincaré sur le cortège balistique. De très fines analyses des signatures radioélectriques et infrarouges des TN sont faites par les équipes spécialisées d’Aerospatiale Mureaux et transmises au CESTA pour exploitation.

Quatorze essais suffiront pour qualifier en vol le système M4 : sept effectués au sol, et sept du Gymnote. Treize sont réussis, le troisième subissant un incident au moment de la séparation des deux premiers étages propulsifs (on retrouvera l’un des corps de rentrée de ce missile dans les filets d’un chalutier quelques années plus tard : sur le plateau continental, rien n’est définitivement perdu…).

Vient alors le système M4-71, directement dérivé du système M4 (ou M4 70). En 1985 et au début 1986 le Gymnote lance trois missiles expérimentaux pour valider la nouvelle partie haute. Le dernier de ces tirs, l’opération Guillaumet (4 mars 1986), réalisera le record de portée de l’ensemble des tirs effectués depuis le champ de tirs de l’Atlantique. Après plus de 25 minutes de vol, les têtes de ce missile atteindront, à  6 000 km de distance, le réceptacle prévu au large des côtes du Brésil. Toute la réserve de puissance dont dispose le missile n’a cependant pas été utilisée, sinon - telles Henri Guillaumet – les têtes auraient pu suivre leurs trajectoires vers la Cordillère des Andes. Ce tir marque aussi la fin des activités opérationnelles du Gymnote qui en 20 ans aura procédé au lancement de trente trois missiles expérimentaux ou d’exercice. Deux tirs M4-71 seront - à la demande et sous maitrise d’œuvre DAM – mis à profit pour récupérer en mer (ou tenter de récupérer) certains corps de rentrée. En 1987 un de ces corps de rentrée est récupéré, flottant à la surface de la mer, par les moyens du Henri Poincaré. Relativement peu endommagé, il sera expertisé par les spécialistes du CESTA.

20100402 essais vol img7

Encore nos anciens sur "Le Basque" en 1969

Un nouveau développement est alors lancé : le programme M45 qui générera neuf essais à partir de fusée-sonde, quatre à partir de vecteurs M20 retirés du service opérationnel, et six avec le missile M45 dont les tirs de synthèse et d’acceptation effectués depuis le SNLE Le Triomphant en 1995 et 1996.

En 2003 le CEL et le CEM (Centre d’Essais de Méditerranée) fusionnent pour rassembler leurs synergies, améliorer leur efficacité et réduire leurs coûts de fonctionnement. Ils constituent alors un établissement unique : le CELM (Centre d’Essais des Landes et de la Méditerranée).

En 2004 Dominique Chevallier (qui fut Sous-directeur Technique du CEL entre 1984 et 1987) écrivait :

« Berceau des missiles stratégiques et tactiques nationaux, le CELM a depuis ses débuts tiré plus de 20 000 engins dont 214 missiles ou vecteurs balistiques. Mais on peut dire que la grande période des opérations balistiques est révolue et appartient maintenant au passé. En effet, depuis le début des années 1990, le nombre relatif des tirs balistiques a fortement décru. La station de Florès a été désarmée, la station de Quimper a été mise en sommeil.

Le CELM s’est engagé dans une démarche de diversification et d’ouverture à l’International qui le conduit à proposer ses prestations une clientèle plus large. »

Comme à la DAM après l’arrêt définitif des essais, une certaine nostalgie s’exprime vis-à-vis des aventures passées.

On ferme un livre, on en ouvre un autre…

Depuis 2005 la relève est prise au CELM (désormais Centre d’Essai de Lancement de Missiles) par les essais de développement du M51 remettant sur le devant de la scène aquitaine, ces installations techniques de pointe, quasiment uniques en Europe.

 

 

Un ancien du Cesta nous raconte ...

par Claude Saubignac

De ses études, de la vie frais émoulu

entre parents et enfants ayant bien vécu

l’employé, avant l’âge n’ayant pas prévu,

fut fort surpris quand la retraite fut venue.

 

 

20061001 afrique img1

Sûr de mes possibilités d’intégration dans différents domaines et de la multitude d’activités ludiques existantes, je ne me suis guère soucié de ma future disponibilité. Après avoir participé à diverses activités, force me fut de constater qu’il me manquait quelque chose…

Par le passé, j’avais songé à coopérer avec des associations participant à l’aide humanitaire ; après réflexion et examen attentifs du fonctionnement de ces ONG, j’avais conclu que ce n’était pas ce que je recherchais. En effet les structures de ces organismes sont telles qu’il est difficile de mesurer l’impact de ses propres actions et d’influer sur leur politique générale. En conséquence, j’avais abandonné cette idée.

Un jour de l’an 2000 en lisant le journal régional (Sud-Ouest) et en parcourant la rubrique locale, j’ai découvert qu’il existait une association œuvrant au profit des populations déshéritées. Le Président demeurant à 200 mètres de mon domicile, je me suis précipité toutes affaires cessantes chez lui. Cet homme était rentré le matin même du BURKINA FASO et n’aspirait qu’au repos, il a dû d’abord répondre à mon flot de questions. De cet entretien est né mon engagement total aux vues de cette association : 

·  aides menant à l’autonomie,

·  bénévolat sans concession

·  transparence et responsabilité vis-à-vis des bienfaiteurs.

Devenu membre de MAMOU SOLIDARITÉ PARTAGE, j’ai participé dans un premier temps à un travail très important : recherche de subventions, de dons, de matériel, information dans les écoles, collèges, lycées, etc.…. 

Durant cette période, les « anciens » m’ont transmis leurs réflexions nées de leurs expériences sur le terrain et je m’en suis imprégné. Une des grandes leçons que j’en ai retirée, c’est que l’aide humanitaire se prépare et n’est pas aussi facile à mener qu’il y parait. Pour illustrer mon propos, je citerai  le cas de l’aide alimentaire : si celle-ci a un effet bienfaiteur à court terme, elle a pour résultat la disparition des agriculteurs qui ne trouvent plus à vendre leur récolte. C’est pourquoi l’association investit un maximum localement, seuls les produits manufacturés introuvables sur le marché échappent à la règle. Confucius disait : « Quant un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner un poisson. ». En résumé, l’aide efficace est celle qui mène au savoir et à l’autonomie, il faut être très vigilant sur le sujet. 

20061001 afrique img2

Quelques mots sur mon cheminement au sein de l’association : en premier lieu je fus chargé d’étudier l’électrification du bâtiment de santé et d’en choisir le type : éolien ou photovoltaïque. Lors de mon premier séjour (2002), j’avais apporté avec moi un anémomètre  pour effectuer quelques mesures sous le regard des vieux du village qui croyaient dur comme fer que j’essayais de faire pleuvoir…Les vents au BURKINA FASO étant des vents thermiques, l’éolien a été abandonné. Par ailleurs je me suis fortement motivé pour la scolarisation, le primaire en particulier manque, de façon criante, de moyens pédagogiques. L’association  a fait un effort conséquent en ce sens et permis aussi d’aider les enfants entrant au collège.

Investi des fonctions de correspondant officiel, je me suis attaché à promouvoir notre action par la participation aux différentes manifestations : marché africain de La Teste de Buch, marchés de Noël, réunions d’associations,  information auprès du Conseil Général, etc. J’ai développé un site Internet résumant nos actions, nos objectifs et nos espoirs (http://site.voila.fr/mamoumsp) et qui, je l’espère, répondra aux questions que vous pourriez vous poser. Également un diaporama nous permet de répondre à toutes les demandes d’information ou d’explication des collectivités quelles qu’elles soient. 

Enfin en 2005 notre président nous a quittés pour rejoindre son nouveau poste professionnel à MAYOTTE., la « vox populi » m’a demandé de le remplacer. Soucieux du devenir de l’association, conscient de m’engager dans une tâche délicate et exigeante, j’ai donc accepté en espérant ne pas décevoir tous nos amis.

Et l’Afrique dans tout cela ? Pour qui sait la voir, l’entendre et la comprendre, elle est source d’enseignements : respect des vieux, des traditions et entraide totale. Les Burkinabés sont des gens merveilleux, toujours heureux et souriants malgré leur grand dénuement, nous nous y sommes faits de grands et solides amis. Leur devise et expression familière est : « Il n’y a pas de problème ». 

Ma première mission devait avoir lieu en novembre 2001. Nous étions douze personnes impatientes de partir : valises bouclées, vaccins à jour, passeports en règle et programme de travail en poche. Quelques jours avant le départ, patatras, notre transporteur la SABENA avait déposé son bilan, il était trop tard pour en trouver un autre, une histoire belge en somme. La mise en œuvre d’une mission de cette importance étant relativement lourde nous ne sommes repartis qu’en novembre 2002. Entre temps, mon épouse a décidé de m’accompagner dans mon aventure : cette décision sera source de quelques situations cocasses nous concernant. 

20061001 afrique img3

Réalisation d'une réserve d'eau

À notre premier atterrissage à OUAGADOUGOU, ville bleuie par les gaz d’échappement  des mobylettes et noyée dans un bruit infernal, nous avons logé à l’hôtel « Le Grillon ». À l’équipement très sommaire et aux sanitaires défaillants s’est ajouté la présence de cafards et d’autres insectes vous courant sur le corps en l’absence de moustiquaires ; quant aux margouillats ils faisaient la sarabande sur les tôles de la toiture. J’ai donc passé ma première nuit au Burkina la savate à la main, écrasant, chassant tout en réconfortant ma moitié qui souhaitait reprendre l’avion pour Paris le matin même.

20061001 afrique img4

La corvée de bois

Cette histoire ne s’arrête pas là, en effet au retour, nous n’avons  pas eu d’autre solution que de revenir à cet hôtel ; par chance et après quelques  palabres, on nous a donné une chambre moins délabrée que lors de notre arrivée. Le jour de notre départ, avant notre transfert à l’aéroport, nous sommes allés  déjeuner  après avoir soigneusement fermé notre porte à clef. Au retour nous n’avons pu ouvrir celle-ci. Gros émoi, pas moyen de récupérer nos bagages et surtout nos papiers, « pas de problème, on va ouvrir la porte », le réceptionniste, le cuisinier, la femme de chambre et nos amis s’y sont mis. Rien à faire, la porte restait obstinément close. L’heure avançant, il a fallu casser le mur autour de la serrure pour entrer et prendre nos affaires. Trois ans après, ce n’est toujours pas réparé et nous logeons ailleurs bien sûr. Après ces aventures, que croyez-vous que fit ma femme ?  Elle est revenue, revenue, revenue …car entre temps, elle a découvert le dénuement, la pauvreté et quelques fois la misère des  broussards et elle s’est passionnée pour les actions de notre association.

Lorsque l’on parvient dans un village, après avoir emprunté une piste de savane on découvre l’absence totale de pollution. La nuit, peu ou pas de lumière, quelques feux pour cuire les repas ; on a pu constater que les gens circulaient à bicyclette sans problème au milieu des pierres alors que nous avions besoin de nos torches électriques simplement pour marcher.

Évidemment la télévision ne leur brûle pas les bâtonnets (éléments de l’œil essentiels à la vision de nuit), parmi les jeunes peu d’entre eux ont des problèmes de vision. Le plus impressionnant reste l’absence de fond sonore, à tel point qu’il est souvent difficile de s’endormir, on est en manque ! Par contre le moindre bruit se trouve « amplifié » et c’est parfois surprenant. Une nuit sous la tente nous parvint un bruit de lourde galopade « Les éléphants » s’écrie ma chère et tendre en me secouant. Me voici hors de la tente, nu comme un ver en raison de la température,  prêt  à stopper ou à dévier cette horde galopante, mais comment faire ? J’ai sur le moment fortement regretté l’absence de Tarzan pour m’aider dans cette  tâche délicate. Soudain le ridicule de ma situation m’est apparu quand j’ai pu discerner  passant assez loin des tentes un zébu (bœuf) et deux ânes échappés sans doute d’un enclos et profitant de la nuit pour faire un petit galop perturbateur. 

20061001 afrique img5

Une classe à Yamou

Un projet de four solaire (voir le site Internet) a nécessité que nous préparions la venue de 4 enseignants et de 16 élèves. Pour ce faire, nous avons  effectué un déplacement de 250 km pour nous rendre au collège de Karankasso Vigué dans la province du Houet. Partis de très bonne heure et malgré notre désir d’être de retour avant la nuit, la présence de « coupeurs de route » dévalisant les voyageurs n’étant pas étrangère à ce souhait, nous avons dû honorer les différentes cérémonies de bienvenue des locaux, ce qui fait que la nuit nous a surpris sur le chemin du retour. Évidemment, nous avons crevé. La roue de secours qui nous avait été donnée n’était pas celle du véhicule ; pour la rentrer dans son logement, nous l’avons dégonflée partiellement. Une fois mise en place, cette roue salvatrice avait triste mine et nous pensions qu’elle ne tiendrait pas très longtemps. Mise à droite du véhicule nous avons essayé de la soulager en mettant un maximum de poids à gauche. À l’arrière, ma femme est venue sur mes genoux et devant, notre toubib était accroché au cou du chauffeur.

20061001 afrique img6

Réalisation d'un puits

Nous sommes repartis à petite vitesse. Au bout de quelques kilomètres, celui-ci s’est arrêté et a disparu dans la nuit en nous demandant de l’attendre ; nous pensions qu’il nous abandonnait là et nous n’étions pas très fiers car la fraîcheur nous tombait dessus. Finalement il est revenu, à notre grand soulagement, avec une pompe à pied et tout un village amusé de nous voir dans la peine. Le raccord n’était pas le bon, mais ces gens ingénieux l’ont adapté et réussi à gonfler cette maudite roue et nous sommes enfin repartis. Craignant qu’elle ne se dégonfle, notre pilote a roulé à tombeau ouvert. Nous nous attendions à tout moment, par cette nuit sans lune, à percuter un animal ou une personne ou bien à faire des tonneaux, vu l’état de la piste. Nous avons éprouvé alors tous les trois une terrible peur. Quand nous aperçûmes les lumières du campement, nous avons poussé un ouf de soulagement. Nos amis inquiets de notre retard avaient veillé pour nous attendre et pouvoir nous « enguirlander ».   

Des aventures de ce type nous en avons eu quelques unes, mais permettez-moi de vous en raconter une dernière. Toute l’équipe médicale, soignants locaux compris, répondant  à une invitation du médecin-chef de Dédougou (distante de 60 kilomètres), s’était absentée. Nous nous sommes retrouvés seuls, mon épouse et moi, au campement. Tout à coup, un jeune est venu réclamer notre aide car une jeune femme accouchait. Imaginez notre stupeur et notre émoi devant un tel problème, considérant que je ne pouvais rien apporter et certain que les femmes sont plus expertes que nous en la matière j’ai donc délégué ! L’accouchement s’est bien passé. Par contre, il y a eu un petit problème avec le cordon ombilical. Que faire ? Un échange vocal s’est déroulé à distance : 

Elle : « Que dois-je faire ? »

Moi : « Coupe le cordon »

Elle : « C’est risqué »

Moi : « Fais un noeud ». 

N’entendant plus rien, je pensais que l’affaire était réglée. En fait, le bébé vagissant, encore rattaché à la mère, était dans les bras de son accoucheuse. Qu’attendait-elle ? Sans doute le retour de l’équipe médicale qui, heureusement, n’a pas tardé. Le Major lui a expliqué comment procéder en utilisant des clamps. Donc, maintenant sa formation s’est  sensiblement améliorée. Il y a au Burkina une petite fille prénommée Muriel en souvenir de Muriel qui a aidé sa maman à la mettre au monde. 

Serions nous les seuls à vivre ce type d’aventure ? que nenni !  

Arrivant de France dans le village, une jeune infirmière  a eu besoin d’utiliser les latrines (lieux d’aisances sommaires excluant toute installation sanitaire). Soudain un grand cri. Elle est ressortie complètement effarée et choquée. Tout d’abord, nous avons pensé à un voyeur ou un homme qui s’était trompé de lieu. Quand elle a pu nous parler distinctement, nous avons appris l’origine de son émoi : il y avait dans la fosse un serpent noir avec des bagues jaunes ! Que faisait-il en ce lieu ? C’est un mystère. Toujours est-il qu’il a été immédiatement puni de son indélicatesse. Quant à notre amie, durant le séjour, elle n’a plus jamais utilisé les latrines. 

20061001 afrique img7

Corvée de bois sur le chemin de l'école

Nos amis, travaillant dans un autre village, attendaient le soir une voiture pour rentrer au campement. Ne la voyant pas arriver, ils ont décidé de faire le chemin à pied. La dernière  partie du trajet s’est effectuée de nuit, l’équipe discutant et blaguant. Un individu,  dénommé Coco, marchant d’un bon pas, avait pris un peu d’avance et aimant faire des farces, il s’était caché dans de hautes herbes. Au passage du convoi, il est sorti de sa cachette et a poussé un épouvantable rugissement de lion. Dans l’obscurité il y a eu débandade, même si ces animaux ne sont pas signalés dans le pays. La farce a failli tourner en drame, car notre ancien président a heurté de plein fouet un panneau routier : il est resté un petit moment sans savoir où il habitait… 

Il n’y a ici qu’un petit raccourci des anecdotes  parfois désopilantes nous concernant. Celles-ci cimentent notre équipe et j’ai trouvé là ce que je cherchais au début de mon exposé : une nouvelle famille motivée, ouverte aux discussions et à l’entraide. Si le CEA reste présent à mon esprit comme ayant été ma première famille d’intérêts, j’ai maintenant tourné une page et je ne me sens plus orphelin.

Les nouvelles lampes

par Serge Degueil

À partir du 30 juin 2010 a commencé le retrait de nos bonnes veilles lampes à incandescence inventées par Thomas Edison le 22 octobre 1879. Plus de 4 milliards de lampes vont ainsi disparaître. Elles seront progressivement remplacées par des lampes dites à « efficacité énergétique ». L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) estime qu’à l’horizon 2016, lorsque toutes les lampes seront changées, la France pourra économiser 6TWh par an et éviter le rejet d’un million de tonnes de CO2. En effet, bien que la majorité de l’électricité française ne soit pas productrice de gaz à effet de serre, en hiver le poste éclairage nécessite, en complément du nucléaire et de l’hydraulique, la mise en route des centrales à gaz ou à charbon [1].

Mais que sont ces fameuses lampes à efficacité énergétique ? On les classe en trois catégories, les lampes à incandescence améliorées du  type halogène, les lampes fluorescentes compactes (LFC) ou lampes à basse consommation (LBC) et les diodes électroluminescentes (LED).

Les lampes halogènes nouvelle génération

Elles restent des lampes à incandescence, mais permettent une économie d’énergie de l’ordre de 25 % grâce à un meilleur rapport énergie lumineuse énergie thermique. Le principe est le suivant : le courant électrique chauffe un filament de tungstène qui émet la lumière comme pour une lampe à incandescence classique. Les atomes de tungstène libérés par la chaleur sont captés par le gaz halogène près des parois plus froides puis redonnés au filament lorsqu’ils s’en rapprochent. Ce mécanisme permet de régénérer le filament d’où une plus grande durée de vie de ce type de lampe (3 000 h au lieu de 1 000 pour une lampe à incandescence classique). L’ajout de Xénon au gaz halogène, dans les lampes de nouvelle génération, permet une meilleure isolation des parois d’où un gain thermique. 

20091102 nouvelles lampes sd img1

Les lampes fluocompactes

Les électrons, qui circulent dans le tube entre l’anode et la cathode sous tension, sont captés par les atomes de mercure contenus dans le tube avec émission d’un photon UV (ultraviolet). Cette lumière invisible traverse la couche de poudre fluorescente déposée sur les parois et se transforme ainsi en lumière visible. La durée de vie de ces dispositifs est importante (de 6 000 à 12 000 h) avec un rapport énergie lumineuse énergie thermique nettement plus favorable (25/75 ) . Mais ces ampoules contiennent 3 mg de mercure ce qui nécessite un recyclage pour éliminer ce poison. Le problème deviendra d’autant plus critique que le nombre de lampes sera important. Elles émettent également un rayonnement électromagnétique dans un rayon de 20 cm gros sujet de polémique à l’heure actuelle sans que l’on sache exactement l’impact sur la santé. Actuellement, on ne sait pas mesurer le rayonnement au-delà de 30 cm car les champs électromagnétiques ne sont pas formés. 

20091102 nouvelles lampes sd img2

Les diodes électroluminescentes

Le semi-conducteur, matière active de la diode, est constitué d’une couche en excès d’électrons (couche -) et d’une couche en déficit d’électrons (couche +). Le passage d’un courant électrique fait transiter les électrons de la couche – vers la couche + avec émission d’un photon (lumière). Si la durée de vie de ces dispositifs est très importante (50 000 h) le flux lumineux reste faible et peu adapté à un usage domestique. L’évolution des techniques et des technologies laisse espérer que d’ici 5 ans on puisse disposer d’un produit compétitif.   Mais la fabrication de ces composants est très polluante (solvants, acides et composés dangereux) et comme toute l’industrie des semi-conducteurs va nécessiter un recyclage en fin de vie. Sa fabrication est très énergétivore et actuellement l’écobilan est très négatif. 

20091102 nouvelles lampes sd img3

Quelques conseils pour changer nos ampoules

D’ici 5 ans on aura changé toutes nos ampoules. Mais ne nous précipitons pas. Car actuellement, comme il n’existe pas de norme précise, c’est la jungle dans les étiquetages. Méfiez-vous des produits venus d’Asie pour lesquels les performances sont souvent surévaluées. Actuellement se sont les lampes fluocompactes qui présentent le meilleur taux de retour sur investissement et le gain environnemental est important malgré les inconvénients liés à la présence de mercure. 

Calendrier des retraits

LIC Lampe à incandescence classique

Halogènes standards : Ces lampes n’englobent que les halogènes de nouvelle génération

 Date du retrait

Types d'ampoules retirés

30 juin 2009 LIC ampoules claires ≥100 W
1er septembre 2009 Halogènes standards claires ≥ 75W, LIC opaques
31 décembre 2009 LIC  75 W
30 juin 2010 LIC  60 W
1er septembre 2010

Halogènes standards 60 W

1er septembre 2011 LIC 40 W,  Halogènes standards 40 W
1er septembre 2012 LIC claires 25 W et halogènes standard 25 W

 

 Réf : Illustrations Sciences et Avenir

[1] Le photovoltaïque est bien sûr inadapté pour l’éclairage sauf stockage de l’énergie dans des batteries électriques. Se pose alors le problème da la pollution et la nécessité impérative du recyclage (matériaux lourds, acides). L’éolien pour sa part est trop aléatoire et nécessite donc son  équivalent en énergie fossile.

Bibliographie :

Synthèse articles Internet « Lampes à basses consommation »

Encyclopédie Wikipédia

Sciences et avenir n° 748

Fusion froide en Italie, Grèce, États unis

par Bernard Miltenberger 

Lors d’une conférence de presse à Athènes le 21 juin dernier la compagnie grecque Defkalion Green Technologies a annoncé la mise en production d’un nouveau type de générateur baptisé Hyperion utilisant « l’effet catalytique » mis au point par Andrea Rossi, controversé depuis plus de 20 ans, et que certains d’entre nous ont connu sous le vocable médiatisé de « fusion froide ».

De quoi s’agit-il ? (Extraits de Wikipédia)

La presse a nommé fusion froide ce qui semblait être une fusion nucléaire réalisée dans des conditions de température et de pression ambiantes, utilisant des techniques dérivées d'une expérience réalisée par Martin Fleischman et Stanley Pons en mars 1989.  

Cette expérience se caractérisait par un dégagement de chaleur non explicable par la quantité d'énergie électrique reçue (faisant fondre l'électrode).

Difficilement reproductible et ayant déclenché une polémique mondiale sur la vérification effectuée par divers laboratoires, le principe de la fusion froide reste aujourd’hui  controversé au sein de la communauté scientifique, certains n'hésitant pas à assimiler ces expériences à celles d'alchimie et de tentative de "transmutation du plomb en or". 

On se souvient peut-être que le CEA par la voix de son Haut Commissaire avait émis un avis très négatif sur le sujet, autorisant toutefois les ingénieurs du  CEA à travailler sur le sujet « à condition de le faire chez eux et à leurs frais ». (Le CESTA, à l’époque avait vu se développer des polémiques passionnées).   

Indépendamment, en 1989, en observant des échantillons de matière organique (des gangliosides) placés dans une atmosphère d'hydrogène sur un support de nickel, le professeur italien Francisco Piantelli a remarqué une production de chaleur anormale.

]Avec Sergio Focardi et Roberto Habel, il a alors étudié ce phénomène et ils sont arrivés à une expérience parfaitement vérifiable, dont le développement a conduit en 2011 à la réalisation du Catalyseur d’Énergie de Rossi et Focardi.

Ils ont toujours estimé que ce phénomène était différent de celui de Fleischmann et Pons et le désignaient plutôt comme une réaction nucléaire à basse énergie.

C’est ce « Catalyseur d’Énergie » qui fait aujourd’hui l’objet d’un développement industriel. 

En janvier 2011, le Professeur Sergio Focardi et l’ingénieur Andrea Rossi (Université de Bologne) faisaient une démonstration publique du fonctionnement d’un « réacteur de table Nickel-Hydrogène » capable de fournir 10 KW d’énergie thermique.

En fonctionnement normal, il fournit 8 unités d’énergie pour 1 unité d'énergie d’entrée. Coût estimé de l’énergie produite par l’appareil : inférieur à 1 centime le kWh dans le cas d’électricité faite avec le cycle de Carnot et en dessous de 1 centime par 4.000 MJ dans le cas où l’on produit de la chaleur pour des besoins de chauffage. C’est bien moins cher, et de loin, que l’énergie produite à partir des sources de carburant fossiles ou de gaz naturel.

Au cours de cette manifestation A. Rossi déclarait : « Les controverses sont derrière nous, notre juge sera le marché… Dès lors que nous possédons la technologie, nous n’avons plus à argumenter, mais à la mettre en œuvre et à la vendre…» 

20111105 fusion froide bm img1A. Rossi et son réacteur

Le projet grec Hyperion (extraits de presse)

20111105 fusion froide bm img2

Le réacteur Hyperion fabriqué par Defkalion Green Technologies sera disponible en deux versions. Une version « mini » sous la forme d’un boitier 56x46x35 cm avec une « sortie chaleur » réglable entre 5 et 30 KW thermiques. L’autre plus importante (conteneurs de 6m de diamètre) est capable de délivrer jusqu’à 3,45 mégawatts ( !).

Ces modules peuvent être associés avec divers types de turbines ou microturbines pour réaliser des «unités CPH » (Combined Power and Heat) fournissant chaleur et électricité.

Un ou plusieurs (selon la sortie souhaitée) catalyseurs d’énergie sont placés dans une enceinte en plomb (protection rayonnements alpha et gamma) et thermiquement isolée. La chaleur est transportée par un circuit primaire fermé (glycol par exemple) vers l’extérieur de l’enceinte.

Le réacteur essentiellement constitué de Nickel pulvérulent et d’un catalyseur (secret non révélé) est alimenté sous pression d’hydrogène.  La chaleur est recueillie par un circuit secondaire. 

La société grecque annonce en juin 2011 la mise en service, au quatrième trimestre 2011 (octobre ?), d’une unité pilote d’un mégawatt, obtenue par assemblage d’unités CPH de base. Elle n’attendrait pour le moment que le feu vert des commissions de sécurités nationales et européennes.

 L’usine de fabrication des éléments de ces modules est déclarée en cours de construction à Xanthi, dans le nord de la Grèce, avec une capacité de produire jusqu’à 300.000 modules par an. Une deuxième usine est prévue à Xanthi avec une capacité double.

Les parties « secrètes » du réacteur seront fournies par Cypriot Company Praxen pour assemblage par Defkalion.

Oui, mais voila que tout s’écroule :

Patatras ! Le 4 août la presse annonce le divorce d’A. Rossi et de Defkalion. Rossi précise qu’aucun transfert de technologie n’a été réellement fait et qu’il reste toujours seul à posséder son secret. L’Italien ne donnera plus rien au Grec, précisant que la cause du désaccord est strictement financière et non technique. La crise aurait elle eu raison de cet espoir nouveau de solution au problème de l’énergie ? Qui va maintenant finir l’unité de 1 MW, quand et où la verra-t-on fonctionner ?

Les journaux font part de discussions nouvelles ouvertes par A. Rossi  avec des sociétés américaines…

20111105 fusion froide bm img3

Andrea Rossi

Le feuilleton va pouvoir reprendre.

En attendant, et cela n’est qu’une coïncidence, on notera que Grèce, États Unis et Italie ont vu leur note de confiance dégradées, amusant non ?

                                     

                                                     

Les dix derniers articles publiés ( # selon que vous êtes connecté ou pas)