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Visite de la cathédrale Saint-André de Bordeaux (20 octobre 2004)

par  Charles Costa

 

Il n’est point nécessaire de traverser l’Atlantique pour profiter de l’été indien ; une sortie à Bordeaux le 20 octobre peut avantageusement le remplacer.

Merci donc à Paul d’avoir choisi le lendemain et la veille de journées maussades pour organiser cette visite du quartier de la cathédrale saint André.

Cependant cet après midi avait mal commencé pour tous ceux qui avaient décidé d’emprunter le tramway et qui durent terminer à pied à cause du malencontreux malaise d’un passager d’une rame précédente.

20041020 saint andre img01C’est donc vers 15 heures 15  seulement que nos deux guides purent commencer leurs commentaires.

Hors les murs et au nord de la cathédrale, nous foulions sans nous en soucier les restes d’un sanctuaire préroman dont les fondations ont été mises à jour lors des travaux du tram. Recouvertes depuis d’un béton provisoire, elles resteront en l’état tant que les crédits pour des recherches archéologiques poussées ne seront pas débloqués par la DRAC.

Mais tournons nous plutôt vers cette façade nord  de la cathédrale pour y découvrir deux portails.

Le portail nord, entrée principale de nos jours qui fait face à la rue Vital Carles est en fait le bras du transept septentrional. Sa rénovation achevée permet de bien distinguer les sculptures qui le décorent, sans pour autant lever l’énigme du prélat qui se trouve au trumeau et où certains ont cru reconnaître le pape Clément V, Bertrand  de Goth,  « régional de l’étape ».

On y remarque  comme fréquemment en Languedoc, juxtaposés au tympan, l’Ascension et la Cène., ainsi que de nombreuses grandes statues où l’on peut reconnaître Saint André, patron de la cathédrale.

Le portail royal appelé ainsi en souvenir des rois et reines qui l’ont franchi date de 1250. Aujourd’hui muré, il présente sur20041020 saint andre img02Tympan du Portail Royal l’extérieur une statuaire des plus intéressantes dont 10 grandes statues d’apôtres qui ornent les ébrasements et que Viollet le Duc fit mouler pour les reproduire au portail central de Notre Dame de Paris. Ce portail percé au niveau ancien du sol de la nef, est aujourd’hui en contrebas du pavement de la place, ce qui contribue à le maintenir dans une ambiance humide. La présence d’immeubles construits au 18ème siècle contre la façade nord du vaisseau a permis sa protection à l’époque révolutionnaire. Au tympan on remarque un jugement dernier comptant parmi les plus belles œuvres gothiques.

En contournant la cathédrale vers l’ouest, on découvre un mur sans décoration qui jouxtait autrefois les bâtiments de l’évêché lesquels s’étendaient jusqu’aux murs de la ville (actuellement le portique à arcades du palais Rohan). Au 19ème siècle une entrée a été aménagée dans l’axe de la nef après qu’à l’intérieur on eût  supprimé un pilier qui participait au soutien de la tribune remaniée à cette occasion 

20041020 saint andre img03Christ de JordaensMais entrons dans la cathédrale pour y découvrir une nef sans bas côtés dont la grande largeur et la hauteur relativement faible n’ont pas permis la création de grandes ouvertures. En se retournant sous la tribune, on peut admirer deux bas reliefs en pierre  d’inspiration romaine représentant la résurrection et la descente aux limbes.

Le buffet d’orgues a été « emprunté »  à la priorale de La Réole, mais ce n’est que de nos jours qu’enfin on a su réaliser des tuyaux donnant tout leur effet sonore dans le volume de la nef.

En poursuivant dans la nef on découvre un banc d’œuvres, place réservée aux autorités qui géraient les dons et les legs.

Une chaire en acajou et marbre de Sarrancolin adossée au portail royal maintenant muré. Derrière elle, parmi trois têtes sculptées dans la pierre du linteau on reconnaît Louis VII, futur roi de France et son épouse Aliénor (qui dira de lui qu’il était plus moine que roi). À droite, face à la chaire, un superbe tableau de Jordaens représente une crucifixion de style janséniste, bras verticaux et pieds non croisés.

En pénétrant dans le chœur, on est frappé par un élancement différent de la nef (hauteur supérieure et largeur plus faible). Avec son déambulatoire, il est inspiré des cathédrales gothiques de l’Europe du nord.

Dès la fin du 13ème siècle et tout au long du 14ème, les évêques, et notamment Bertrand de Goth qui devait devenir pape, voulurent donner à la ville une cathédrale moderne inspirée de Reims. Mais autant l’argent apporté par leur immenses propriétés vinicoles ne leur manquait pas au début, autant leur fit-il défaut par la suite (guerre de cent ans), ce qui les obligea à interrompre les travaux . Ainsi le chœur, son chevet et son transept avec ses portails et ses tours durent-ils être reliés à la nef du 12ème siècle. C’est pourquoi on peut observer un léger désalignement du chœur et de la nef  et un système de raccordement des deux parties assez disgracieux.

Cependant dans ce chœur et ses chapelles rayonnantes on peut admirer de belles statues : Sainte Anne et la vierge, une vierge à20041020 saint andre img04La tour Pey Berland l’enfant dite vierge de la nef dont la coloration primitive  bleu, rouge et blanc lui a valu d’être épargnée par les révolutionnaires et un beau Saint Martial, ces deux dernières en albâtre en provenance d’ateliers anglais.
Quand on voulut plus tard construire le clocher, on s’aperçut à cause de fissures que le sous sol ne supporterait pas le poids correspondant. En effet cette zone baignée par les eaux du Peugue et de la Devèze était trop marécageuse. D’ailleurs on dut construire de nombreux contreforts qui ajoutés les uns après les autres rompent l’harmonie de l’édifice à l’exception du chevet gothique beaucoup plus homogène.

On décida donc de bâtir le clocher en dehors de la cathédrale.
La tour Pey Berland (du nom de l’archevêque de Bordeaux qui décida et finança son édification) est surmontée d’une vierge d’allure flambant neuf depuis sa tout récente restauration ; on note une augmentation de la richesse décorative au fur et à mesure où la vue s’élève.
Cette cathédrale, construite et remaniée au fil des siècles depuis sa consécration en 1096  (sans doute de la première pierre) par le pape Urbain II, jusqu’au 19ème, ne peut assurément pas être référencée par son style. Elle recèle toutefois de très intéressants aspects qu’il convient de découvrir comme nous l’avons fait grâce à nos guides de l’Office de Tourisme de la ville.
Mais le quartier de l’Hôtel de ville ne se réduit pas à la cathédrale Saint André, le palais Rohan notamment et de nombreuses rues adjacentes sauront captiver nos regards et notre ouïe lors d’une prochaine visite.

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