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Compte-rendu de sortie en Tarn et Garonne

(18 et 19/04/2013)

par Christiane Brémond

 

 

 

Après deux petites escapades dans le Lot et Garonne, pourquoi pas le Tarn et Garonne et ses villages perchés, Moissac et son incomparable cloître, Montauban et ses prestigieux hôtels de brique ?

 

Le 18 avril, nous partons de Gradignan à 8h sous un temps maussade mais la joie au cœur . Nous faisons une halte à Penne d’Agenais comme l’ont fait avant nous bien des pèlerins en route pour Compostelle. Ce village perché à quelques 210 mètres au-dessus du Lot, couronné par sa basilique néo-byzantine, marque la frontière de l’Agenais avec le Quercy. Certains d’entre nous, les plus vaillants ou les plus croyants vont monter jusqu’à Notre Dame de Peyragude,  aujourd’hui encore lieu de pèlerinage à la Vierge très vivace, les autres partent à l’assaut des ruelles du village, placides mais pentues aux noms évocateurs du Moyen Age (Place du Mercadiel, Rue Bombecul, Porte de Ferracap) . Peut-être songent-ils que dans cette place forte rebelle où Richard Cœur de Lion avait construit sa puissante forteresse, se sont affrontés dans des batailles sanglantes et des sièges interminables Simon de Montfort et les Albigeois, Blaise de Monluc et les Protestants… Nous avons alors abandonné la vallée du Lot pour gagner Lauzerte où nous devons déjeuner. Nous sommes en plein Quercy blanc c’est-à-dire calcaire avec ses villages perchés ou lovés dans les coteaux, avec sa jolie route serpentine.

Penne d'Agenais

Lauzerte

Lauzerte : La bastide du 13e siècle dominant la vallée apparait bientôt, importante halte sur la Via Podiensis. Un guide de l’Office du Tourisme nous y attend pour nous faire découvrir les  trésors visibles mais aussi cachés  de sa ville. On ressent ici malgré le temps triste et bas, une impression de grandeur et d’opulence due à l’unité architecturale de ses constructions, et à son matériau,  une belle pierre de taille blanche. En son cœur, la place des Cornières bordée d’arcades en plein cintre, sa Grand-rue aux imposantes demeures des marchands des 13e et 14e siècles percées de fenêtres géminées et sculptées, son  imposante église au beau retable baroque en bois doré, nous impressionnent. Insoupçonnée, la cave en ogive d’une maison, véritable cathédrale, nous rappelle que Lauzerte fut longtemps le riche grenier de Cahors. Il est 13 h, le déjeuner du terroir servi dans une vieille auberge de la ville nous fait plaisir et nous plonge en plein cœur de ce pays de cocagne.

Nous repartons pour Moissac après un dernier et vaste regard sur le promontoire de la « Tolède du Quercy ». A 16h30, nous devons visiter la magnifique Abbaye clunisienne, Saint Pierre de Moissac. Certains d’entre nous la connaissent, mais le charme de son cloître roman du 11e siècle opère toujours.  Ses 76 chapiteaux dont 46 historiés (c'est-à-dire qu’ils commentent la Bible ou la vie des Saints) sont tous différents, admirablement conservés malgré le vandalisme des révolutionnaires qui ont saccagé systématiquement les têtes des Saints. La « Crucifixion de Saint Pierre » la tête en bas ou  « Saint Martin partageant son manteau » sont parmi les plus célèbres  et les plus finement sculptés. Les colonnes en marbre coloré de l’époque romaine qu’ils surmontent, sont en alternance simples ou  géminées et confèrent par leur agencement  encore plus de grâce et de légèreté à l’ensemble du péristyle. Un cèdre multiséculaire ajoute à la sacralité du lieu malgré  la proximité incongrue de la voie ferrée Bordeaux – Vintimille.

Abbaye de Moissac

L’église, à l’intérieur   entièrement peint, mais surtout le portail  Sud et son célèbre tympan roman, chef d’œuvre de dentelle et de fantaisie nous ravissent. Ce portail est la porte du ciel : « Je vis une porte ouverte dans le ciel » nous dit Saint Jean dans « L’Apocalypse » au livre IV. La figure hiératique du Christ en gloire domine le tympan par ses grandes dimensions mais aussi par la merveilleuse sculpture de son visage qui exprime à la fois puissance et bienveillance. Tout autour de lui trônent 24 « Anciens » couronnés, tenant en leurs mains une harpe pour chanter les louanges de leur créateur et une coupe de parfums qui sont les prières des Saints. Mais rien de solennel dans la sculpture, les attitudes presque triviales et bonhommes de ces vieillards accentuent l’impression de vie. Quelle chance que ce portail et son beau  tympan n’ait  pas subi les dommages du cloître !  Le joli parvis, restructuré récemment, donne au lieu un faux air Toscan. C’est la fin de la journée. Nous gagnons notre hôtel à Montauban où nous allons dîner et dormir.

Montauban - Place Nationale

Le lendemain 10h, nous nous apprêtons à visiter la ville à pied sous la conduite d’un guide du patrimoine. Il pleut ; qu’importe. Au-dessus des parapluies, la majesté de la ville s’impose.  Montauban, ville d’art et d’histoire, place de sûreté protestante au 16e siècle, orgueilleusement reprise au 17e par les armées catholiques, est parée de majestueux hôtels de brique construits pour les riches soyeux de la ville aux 18e et 19e siècles.

Montauban - Place Nationale : les couverts

Au milieu de cet ensemble rose, tranche la cathédrale Notre-Dame toute blanche et très imposante. Édifiée au 17e siècle en partie par Jules Hardouin-Mansart, elle se veut par son arrogance, le symbole de la Contre-réforme. Peut-être n’a-t-elle pas le charme  de  l’église Saint-Jacques du 13e siècle. Celle-ci rappelle que les pèlerins  passaient par Montauban pour se rendre à Compostelle. Construite en briques, elle est surmontée d’un beau clocher octogonal de type toulousain, et garde les traces des boulets du siège mené par Louis XIII en 1621 contre les Protestants.

Malheureusement, ce sera sous des hallebardes que nous nous rendrons sur l’ancienne Place Royale, aujourd’hui Place Nationale. Difficile d’imaginer combien sa brique est belle lorsque le soleil flamboie. Difficile de se rendre compte de l’unité parfaite de son architecture, un prodige si l’on songe que tous les hôtels sont différents.

C’est avec plaisir que nous rentrons au Mercure où un succulent repas nous attend dans ses salons feutrés. Vaillamment, nous nous apprêtons à repartir dans les musées l’après-midi et, ô divine surprise, la pluie a cessé. Montauban, ville natale du peintre Ingres et du sculpteur Bourdelle, recèle  un magnifique musée dans le Palais Épiscopal. Outre la peinture et la sculpture, c’est aussi un coup de cœur architectural que nous réserve cette visite avec la salle dite du « Prince Noir » qui abrite une collection lapidaire.

Il est 16h ; nous repartons sous un franc soleil. Au passage nous nous arrêtons à Auvillar, « un des plus beaux villages de France » dominant la Garonne. Sa halle sur la place centrale triangulaire, son église romane du XIIème siècle remaniée plus tard est intéressante bien que très abimée par la Guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Il est 18h30 quand nous nous séparons à Gradignan.

Auvilar : la Halle aux grains

 

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